Contes de la La Wachau et de la Strudengau danubienne…

La chasse sauvage (Die Sage von der wilden Jagd)

Les forêts obscures ont toujours été source de peur pour les populations locales et sont à l’origine de nombreux contes.

Il était une fois un paysan qui arrivait d’Achleiten dans une auberge d’Aumühle. Le temps passa très vite en bonne compagnie et le paysan fut surpris par la tombée de la nuit. Il se munit d’une lanterne pour rentrer chez lui. Tandis que son chemin le menait à travers une forêt très sombre, il entendit soudain un cliquetis de chaîne parmi des hurlements de loups, des sifflement de serpents, des aboiement de chiens et des cris perçants de chouettes. Ces voix s’élevaient et se mélangeaient en un horrible tumulte. Un immense effroi traversa tout le corps de l’homme : il ne pouvait s’agir que de la chasse sauvage. Il se jeta aussitôt au sol, cacha sa tête dans ses mains et commença à prier.

Le paysan ne se souvint pas combien de temps il était resté ainsi. Lorsqu’il se redressa avec hésitation, il remarqua que le cauchemar nocturne avait disparu et qu’il n’y avait plus aucun bruit.

Quand il rentra chez lui, personne ne voulut croire à cette histoire étrange mais le paysan ne cessa, durant tout le reste de sa vie, d’évoquer cette épouvantable aventure.

Le chevalier pillard du château de Säbnich (Der Raubritter auf der Burg Säbnich)

Au moment où régnait encore la loi du plus fort sur nos provinces vivait au château de Säbnich en Strudengau un chevalier pillard redouté. Avec l’aide de ses valets, il verrouillait le Danube au moyen de chaînes et pillait sans scrupule les navires marchands qui remontaient le fleuve, prenant en otage de riches commerçants et demandant une forte rançon en échange. Lassé de ces agressions et alors qu’il venait de nouveau de piller des bateaux de pèlerins, un noble seigneur des environs s’avança avec une importante armée et assiégea son château. Les vivres ne tardèrent pas à manquer et la faim s’installa derrière les remparts.Le château fut pris d’assaut. Peu après, avant fait fait prisonnier, le chevalier pillard banda les yeux de son cheval et s’élança avec lui dans le précipice. Son château fut incendié. La vallée de la Strudengau Danube redevint sûre pour la navigation.

Au cours de la guerre de Trente ans (1618 – 1648), le château fut détruit par les Suédois. Il est depuis en ruine et il ne reste plus aujourd’hui de la forteresse de  Säbnich  que quelques décombres et ce conte.

L’ermite de l’île de Wörth (Der Einsiedler auf der Insel Wörth)

Un joli conte est associé à la grande et belle croix de l’île de Wörth, visible de loin et bien connue autrefois des passagers des bateaux à vapeur.

« Le fameux tournant d’eau ou gouffre Strudel dans le Danube » et l’île de Wörth, gravure colorée, 1781

L’histoire se déroule en 1540 : un comte du Tyrol voulait faire un beau voyage vers la ville de Vienne avec son épouse. Ils montèrent sur un bateau avec de nombreux passagers, descendirent l’Inn puis le Danube et s’approchèrent des redoutables tourbillons du Strudengau. Dès la ville de Grein, on avait prévenu le capitaine du navire qu’il fallait embarquer un pilote pour traverser les tourbillons sans encombre, mais le fier commandant du bateau refusa la proposition, prétextant que c’était inutile et qu’il avait déjà traversé bien des endroits difficiles. On entendit bientôt le mugissement de l’eau agitée et de l’écume blanche commença à recouvrir le pont du bateau. Le commandant regardait avec dédain la surface de l’eau. Il ne pouvait naturellement pas voir les différents récifs qui se cachaient insidieusement sous les vagues. Suite à un choc et à un craquement brutal, de l’eau pénétra à travers les planches fendues. Le navire se mit à à tourner sur lui-même, la proue pencha et, en quelques minutes, comme attirée par des forces souterraines entraînant de nombreuses personnes effrayées vers le fond du navire ! Juste après, on vit un homme sortir la tête du tumulte des flots et, à grand-peine, tenter et parvenir à secourir un passager inconscient en le ramenant sur la plage de l’île de Wörth toute proche.

Rochers dans le Danube à la hauteur de l’île de Wörth avec sa croix pour protéger les bateaux, 1721, Bibliothèque Nationale d’Autriche, Vienne

Le passager sauvé de la noyade était le comte du Tyrol et le sauveteur son valet. Lorsque le comte reprit connaissance et qu’il ne vit ni son épouse, ni l’équipage ni les autres voyageurs, ni le bateau, il comprit qu’il s’était noyé et abasourdi par l’immense douleur d’avoir perdu sa chère épouse, il décida de ne plus quitter ces lieux. Il désirait y vivre et y mourir comme un ermite. Le comte vécut en effet pendant 12 années avec son valet sur l’île. Ce dernier  apporta son aide à un paysan qui s’était installé sur l’île. Le comte avait quant à lui élu domicile dans les ruines du château de Wörth et, lorsqu’un bateau descendait le Danube en provenance de Grein, il montait sur la tour et, par des gestes et des appels éloquents, avertissait l’équipage de la présence des dangers du courant et leur indiquait précisément où passer en toute sécurité. C’est ainsi que l’«ermite de l’île de Wörth» devint une personnalité bien connue de tous les marins qui n’hésitaient pas à remercier de ses services le pauvre homme en lui offrant de nombreuses provisions.

Plan pour la navigation, Joseph Walcher. Wien, 1791

La comtesse que le pauvre comte pensait noyée pendant le naufrage, était en fait restée en vie grâce au merveilleux effet de la providence. Évanouie seulement, ses poumons avaient été vidés de leur eau à Sarmingstein. Des gens bienveillants s’occupèrent de son corps inanimé. En la regardant de plus près, ils remarquèrent toutefois que la comtesse respirait encore et ils parvinrent par miracle à la réanimer. Elle fut amenée à l’hôpital de Saint-Nicolas où elle reprit des forces grâce à des soins attentionnés, de sorte qu’elle put reprendre son voyage. Mais elle ne se rendit pas chez son frère à Vienne. Après avoir remercié et largement récompensé ses sauveurs, elle rentra prudemment au Tyrol où elle vécut retirée dans le deuil de son mari qu’elle pensait noyé.

Georg Matthäus Vischer « Topographia Austriae superioris », Les ruines de la forteresse de Werfenstein et l’île de Wörth en Haute-Autriche, 1674

La nouvelle qu’un ermite s’était installé sur l’île de Wörth  à proximité des redoutables  tourbillons de la Strudengau, si dangereux pour la navigation, ermite qui avait failli lui-même mourir à cet endroit de nombreuses années auparavant, était parvenue par l’intermédiaire des bateliers qui naviguaient sur l’Inn dans le Tyrol, aux oreilles de la comtesse. Elle se demanda alors si l’ermite n’avait pas par hasard des informations sur ce terrible naufrage d’il y avait a 12 années. Elle  lui envoya son valet qui, longtemps après, revint avec l’étrange message selon lequel l’ermite serait bien le comte qui était porté pour mort depuis longtemps ! La comtesse se rendit alors rapidement sur l’île de Wörth. Le comte et son épouse tombèrent en larmes dans les bras l’un de l’autre et  retournèrent alors dans leurs propriétés du Tyrol. En souvenir du sauvetage de ce naufrage, ils firent ériger sur l’île de Wörth cette belle croix en pierre que l’on peut encore voir aujourd’hui.

Le conte de la tour du diable (Die Sage vom Teufelsturm)

La tour du diable se dressait sur la façade ouest du château en ruine de Werfel. Une grosse chaîne y était attachée. Elle permettait de fermer le Danube lorsque les marins n’avaient pas payé auparavant. S’ils ne pouvaient pas payer, ils étaient jetés dans le cachot de la tour du diable ou noyés. Même lorsque la tempête déchaînait les flots contre le mur du rivage, on pouvait entendre encore leurs complaintes. Aucun navire ne longeait ce mur noir sans toucher un crucifix pour se protéger contre les mauvais esprits.

Selon le conte, un fantôme, un moine noir ou gris rôdait dans cette tour du diable. Ce moine est également apparu en 1502 devant l’empereur Maximilien Ier au château-fort de Werfenstein où il passait la nuit. Il s’est manifesté deux fois parmi les vassaux mais fut seulement visible de l’empereur, et lui fit signe de le suivre. Après une longue hésitation, l’empereur partit derrière lui. À peine était-il sorti de la salle que le plafond s’écroula. Il fut sauvé tandis que le moine noir avait disparu. En guise de reconnaissance, l’empereur ordonna de dire une messe sacrée à l’église de Struden.

L’église Notre-Dame de Struden

Comme l’atteste un document de l’ancien tribunal libre de Struden du 16 novembre 1790, l’empereur Maximilien est effectivement le fondateur de l’église Notre-Dame de Struden. Il entendait en effet offrir aux mariniers et aux transporteurs de sel qui remontaient et descendaient le fleuve la possibilité d’écouter une messe à cet endroit les dimanches et les jours fériés. Il d’ailleurs lui-même fait dire une messe en 1502, laquelle devait être répétée tous les ans le jour de son sauvetage, financée par le percepteur impérial et royal des péages et comptabilisée dans les dépenses. Le maître-autel de cette chapelle a été financé par les charpentiers de marine de Struden et différents bienfaiteurs. L’office religieux a été confié à un  prêtre de Saint- Nicolas ou, en cas d’empêchement, à un moine franciscain de Grein les siècles suivants. Durant l’automne, 52 messes sacrées ont été dites dans cette église Notre-Dame conformément aux engagements.

En 1784, sur ordre de l’empereur Joseph II, cette église a été fermée au culte. Le nouveau propriétaire l’a transformée en logements, son actuelle fonction. Le maître-autel avec le tabernacle a rejoint l’église paroissiale de Saint-Nicolas tout comme la statue de la vierge Marie, les vêtements liturgiques, le ciboire, les chandeliers et le linge d’église. Le petit orgue est par contre revenu à l’église de Klam. Les deux cloches ont été transportées à Kreuzen. Cette ancienne église gothique de mariniers se reconnaît aujourd’hui encore par son extrémité polygonale sous forme de tourelles et ses fenêtres maçonnées en ogive.

Devant l’ancienne église se trouve une petite place où se dressait autrefois le symbole de la justice du marché et du tribunal libre, le Pranger, aujourd’hui à tort au château de Werfenstein auquel avoir il n’appartient pas et où il ne s’est jamais trouvé par le passé.

Un bateau de pèlerins sombrait  à hauteur de  Struden lors d’une tempête en faisant route vers la basilique de  Maria Taferl. Une messe fut donnée dans l’église et le prêtre demanda si quelqu’un dans l’assemblée n’avait pas commis une mauvaise action. Une paysanne se souvint alors avoir cousu son tablier le lundi de la Pentecôte. On lui versa de l’eau et la tempête s’arrêta.

Sources : Josef Petschan, Contes et curiosité du Strudengau, 1929

Traduction et adaptation :
Yves Minsart et Eric Baude

Alimentation du fleuve et régime des niveaux

Le Haut Danube est alimenté en premier lieu par la fonte des neiges des Alpes, surtout en été, et par des précipitations atmosphériques. Les affluents du Moyen Danube apportent les eaux provenant de la fonte printanière des neiges des Carpates via la Tisza et des précipitations atmosphériques d’été. En automne, pendant la période sèche et en hiver, le Moyen Danube est alimenté par des eaux souterraines.

Le Bas Danube est en principe un secteur de transit à travers lequel s’écoulent les eaux provenant du secteur amont auxquelles s’ajoutent également la fonte des neiges dans les Carpates et les précipitations atmosphériques. Tout comme sur le Moyen Danube, les eaux souterraines contribuent à l’alimentation du fleuve en automne et en hiver.

Ces particularités que l’on relève dans l’alimentation du Danube déterminent le régime des niveaux du fleuve.

Le cours supérieur du Danube est caractérisé par de brusques variations du niveau d’eau dont le maximum se situe en été et le minimum en hiver.

Sur le Moyen Danube, les crues venant de l’amont s’étalent et leur caractère est plus égal. La Tisza et la Sava modifient dans une certaine mesure le régime des niveaux du Danube. Elles apportent d’autres grosses crues provoquées surtout par les averses tombées dans les Alpes Dinariques et les vagues durables de crues printanières alimentées par la fonte des neiges dans les Carpates.

Le Bas Danube se caractérise par des variations de niveaux modérées et déterminées par l’évolution des vagues de crues venant des cours supérieur et moyen du Danube.

Bien que le niveau maximum annuel puisse survenir à n’importe quel mois, il est toutefois observé le plus souvent en été sur le Haut Danube et le Moyen Danube, et au printemps sur le Bas-Danube.

Les niveaux minima annuels sont relevés pendant la période où le Danube est alimenté principalement par des eaux souterraines, en général en automne ou en hiver.

L’amplitude des variations des niveaux d’eau varie le long du fleuve dans de larges proportions. Dans les régions montagneuses étroites elle peut aller jusqu’à 10 m. Les mêmes valeurs sont observées aux endroits où se forment des embâcles.

Dans les secteurs de plaine où le lit majeur est plus large, l’amplitude est de 3 à 5 m. Elle s’atténue vers l’embouchure du Danube où elle n’ atteint plus qu’un à un mètre et demi.

Sources :
Commission du Danube

Parcs et réserves naturels du Danube : une protection et une gestion d’écosytèmes fragiles et menacés

Ces structures, outre leur travail d’observation, de recensement, d’évaluation, de protection, de gestion de la biodiversité et d’échanges d’informations, missions réalisées par des des équipes scientifiques compétentes et motivées, mènent de nombreuses actions de sensibilisation. Elles bénéficient toutefois d’organisations administratives, de financements et de moyens d’action hétérogènes.
Les périmètres protégés sont trop rarement inaccessibles au public.

Un aménagement fluvial trop souvent réalisé au détriment de l’environnement et de la biodiversité
Les travaux spectaculaires d’aménagement du fleuve pour la navigation et la protection contre les inondations puis pour la production d’énergie, aux XIXème et XXème siècles, notamment sur les Haut et Moyen-Danube, ont considérablement modifié le cours du fleuve (endiguement, coupure des méandres, aménagement des berges, drainage du lit du fleuve…) et restreint drastiquement les zones naturelles et inondables, les forêts alluviales ancestrales qui jalonnaient autrefois son cours et celui de ses affluents. Il a été constaté de plus à plusieurs endroits un enfoncement du lit du fleuve.

Les forêts alluviales du Parc National des Prairies Alluviales Danubiennes (Basse-Autriche), photo © Danube-culture, droits réservés

À peine la moitié de la totalité du cours du Danube peut encore être considérée comme une zone naturelle et seules 20 % des zones naturelles existantes au XIXème siècle ont pu être préservées jusqu’à aujourd’hui, parfois avec beaucoup de difficultés et au prix d’une mobilisation importante de scientifiques et de la population riveraine comme en Autriche quand il fut question de construire, dans les années 1980, une nouvelle centrale hydro-électrique à la hauteur de la petite ville de Hainburg (Basse-Autriche), faisant du fleuve « un désert de béton de Vienne jusqu’à Bratislava, une succession d’eaux stagnantes, une retenue d’eau trouble avec des vannes et des barrages de béton de dix mètres de haut »1 et détruisant une grande partie des prairies et forêts alluviales de cette région avec leur exceptionnelle biodiversité. Le projet de barrage de Nagymaros, par les mêmes acteurs économiques en Hongrie, fut aussi ultérieurement abandonné en raison de la détermination de la population hongroise à préserver l’environnement.

Anciens projets d’aménagement du Danube slovaco-hongrois. Si le projet de barrage de Gabčikovo, sur le Danube slovaque, a vu le jour, celui de Nagymaros, sur le Danube hongrois, fut heureusement abandonné.

Un fleuve désormais mutilé
L’homme a ainsi détourné le cours du fleuve et modifié les paysages sans en mesurer avec pertinence les conséquences sur le moyen et long terme. La paranoïa de plusieurs générations de décideurs politiques et économiques, obsédés par le développement de la civilisation industrielle, la notion de « progrès » et des régimes totalitaires au XXème siècle, peu amènes envers le moyen et le bas-Danube, ont ainsi laissé leurs empreintes et cicatrices indélébiles sur les rives danubiennes : industries lourdes, industries chimiques, pollutions récurrentes et diverses, centrales nucléaires en mauvais état, agriculture intensive, exploitation de graviers et de sable, rejets des eaux usées et autres à certains endroits, braconnage et surpêche de certaines espèces dont l’extraordinaire esturgeon et plus récemment, l’aménagement et le bétonnage des berges suite à un développement touristique anarchique, ont mis et continuent à mettre le fleuve et son patrimoine environnemental à rude épreuve. Celui-ci a de plus commencé désormais à subir les conséquences des modifications climatiques qui impactent l’écosystème du fleuve et modifient le cycle de vie de nombreuses espèces végétales et animales.

1 Franz Weber, Le paradis sauvé, « Un appel de Vienne », Éditions Pierre-Michel Favre, Lausanne, 1986

Guépier d’Europe (Merops Apiaster), un des symbole de l’avifaune danubienne, photo © Jitka Havlová, droits réservés

Patrimoine mondial de l’Unesco
Deux territoires baignés par le Danube ont été classés, à divers titres, au patrimoine mondial de l’Unesco : la moitié de son delta (Roumanie et Ukraine) en tant que réserve de biosphère et la région de la Wachau (2000) au titre des paysages.

De nombreux autres sites naturels et paysagers du fleuve mériteraient une protection plus vigilante de leur biodiversité mais toutes les conditions ne semblent pas encore actuellement pour faire aboutir de telles initiatives.

Pélican frisé sur le bras de Sfântu Gheorghe, photo © Danube-culture, droits réservés

Une collaboration transfrontalière
Une  des parcs nationaux avec les parcs et réserves naturels danubiens se sont regroupées dans une plateforme qui a pris le nom de Danubeparks et ce dans une logique transnationale de protection du Danube, de ses espaces naturels et de sa biodiversité. Cette plateforme permet la mise en commun de connaissances scientifiques, une collaboration pour des recherches et des actions de prévention et d’information ainsi qu’une réflexion commune sur le développement du tourisme de nature autour du fleuve.
Danubeparks, fondé en juin 2009 par la déclaration de Vienne, bénéficie de financements européens.
www.danubeparks.org

Dans la réserve de biosphère du delta du Danube, village de Letea, photo © Danube-culture, droits réservés

Réserve de Biosphère du delta du Danube (Roumanie)
580 000 hectares du delta du Danube sont classés en réserve de biosphère, réserve inscrite au Patrimoine mondial de l’Unesco.

Année de création : 1990
Le delta est un univers danubien à part et, malgré des pollutions récurantes qui descendent souvent depuis l’amont, un impressionnant paradis pour de nombreuses espèces de plantes et d’animaux. Son territoire est un des plus importants espaces de migrations pour les oiseaux d’Europe et d’Asie. Il abrite plus de 1200 espèces de plantes, de rares variétés de plantes aquatiques, plus de 300 espèces d’oiseaux et plus de 150 espèces de poissons dont quelques rares spécimens du légendaire esturgeon et du béluga européen, deux espèces malmenées par les pécheurs du delta. 
www.ddbra.ro
https://goo.gl/images/ARRPtv

Spatules eurasiennes (Platalea leucorodia) dans la réserve de biosphère du delta, photos droits réservés

Réserve Naturelle du Prut inférieur, lac de Beleu, petit delta de la République moldave (Moldavie)
1 755 hectares
Année de création : 1991

Parc Naturel Rusenski-Lom (Bulgarie)
3 408 hectares
Année de création : 1980
http://lomea.org/

Parc Naturel de Persina (Bulgarie)
21 762 hectares
Année de création : 1980
Ce parc est le plus grand espace naturel protégé de Bulgarie. Il est constitué en particulier de nombreuses îles préservées sur le Danube dans lesquelles nichent des aigles de mer (Pygargue à queue blanche).
www.persina.bg

Pygargue à queue blanche ou aigle de mer, un des plus majestueux oiseaux du Danube, photo droits réservés

Réserve de Biosphère de Srebarna (Bulgarie)
Cette structure ne fait pas partie de Danubeparks

Cette petite réserve de 9 km2 à l’écosystème fragile et qui fait la part belle à la faune ornithologique mais pas seulement, a été constituée dès 1942 autour du lac d’eau douce de Srebarna. Cette réserve est gérée par le bureau régional de l’environnement et de l’eau de Ruse.
www.riosv-ruse.org

Réserve Naturelle de Kalimok – Brushlen (Bulgarie)
Cette structure ne fait plus partie de Danubeparks

Administration de la Réserve Naturelle de Kalimok – Brushlen (ONG)
www.iber.bas.bg

Parc Naturel des Portes-de-Fer (Roumanie)
Surface : 115 665,80 ha
Année de création : 1990, déclaré en 2000
www.pnportiledefier.ro

http://www.facebook.com/pages/Parcul-Natural-Portile-de-Fier/126629447364212?sk=wall

Ile de Moldova-Vecche, Parc Naturel des Portes-de-Fer (Roumanie), photo Parc Naturel des Portes-de-Fer

Parc National de Djerdap (Serbie)
63 000 hectares

Année de création :
Ce parc ne fait pas partie de la plateforme commune Danubeparks.
Ce parc national magnifique de 63 000 hectares sur la rive méridionale du fleuve est, grâce à son relief, un belvédère au dessus du fleuve qui pénètre dans l’impressionnant défilé des Portes-de-Fer. Le site archéologique de Lepenski Vir témoigne quant à lui de la présence de l’homme dans ces lieux depuis des temps anciens. Sur la rive roumaine d’en face se trouve le Parc National des Portes de Fer.
www.npdjerdap.org

Parc National de Djerdap, Serbie, photo Danube-culture, droits réservés

Réserve Naturelle de Gornje Podunavlje (Serbie)
19 648 hectares

Année de création : 2001
Située à la frontière de la Serbie, de la Croatie et de la Hongrie, la Réserve Naturelle de Gornje Podunavlje est un modèle régional de collaboration transfrontalière dans le domaine de la protection de l’environnement. En partenariat avec le Parc Naturel de Kopački Rit (Croatie) et le Parc National Duna Dráva (Hongrie), il protège notamment, au sein de son territoire, des aires de nidification d’aigles de mer et de cigognes noires.
Institut National de Protection de la Nature
Administration des forêts
www.vojvodinasume.co.rs

Parc Naturel de Kopački Rit (Croatie)
23 891 hectares

Année de création : 1993 (1967)
Le Parc Naturel Kopački Rit était à l’origine une réserve de chasse. Il se trouve au confluent de la Dráva et du Danube (Km 1383) dans un paysage de zones inondables, de forêts alluviales primitives propices aux oiseaux migrateurs et aux poissons. Ce parc fait également partie de la réserve de biosphère de l’Unesco « Mura-Drava-Danube, créé en 2012.

Le parc propose un programme d’animations et de promenades dans l’environnement du parc, à pied, à bicyclette ou en bateau.
Administration du Parc Naturel de Kopački Rit :
www.pp-kopacki-rit.hr

Entre Mura, Drava et Danube, photo Parc Naturel de Kopacki Rit (Croatie)

Parc National Duna-Dráva (Hongrie)
50 000 hectares

Année de création : 1996
Le Parc National Duna Dráva (Duna-Drava Nemzeti Park en hongrois) s’étend tout au sud de la Hongrie, du confluent de la Sió (rive droite du Danube). jusqu’à la frontière avec la Croatie. Sa surface est un impressionnant labyrinthe de puszta, de prairies, forêts, bras secondaires, marais, étangs îles et îlots en permanente évolution. Le symbole du parc est la grue qu’on peut observer par millier volant au dessus du paysage au moment des migrations.
http://ddnp.nemzetipark.gov.hu//
www.ddnp.hu

Parc National Duna – Ipoly (Hongrie)
60 314 hectares

Année de création : 1997
Le Parc National Duna-Ipoly est l’autre grand parc des bords du Danube hongrois. Le fleuve traverse de superbes paysages de collines boisées et de grottes.
www.dinpi.hu

Zone de protection des paysages des prairies danubiennes (Slovaquie)
12 284 hectares
Année de création : 1998
La Morava est l’un des principaux affluents de la rive gauche du Danube. La réserve englobe une zone de prairies alluviales le long de la frontière slovaco-autrichienne.
Administration Nationale pour la protection de la nature
BROZ, Organisation Régionale pour la Protection de la Nature et le développement durable
www.broz.sk
Administration Nationale pour la protection de la nature
www.sopsr.sk

Parc National des Prairies Alluviales Danubiennes (Autriche)
9 300 hectares

Année de création : 1996
Centre d’accueil et d’information

Château d’ ORTH Nationalpark-Zentrum
2304 Orth/Donau, Autriche
Voir également sur ce site la présentation du Parc National des Prairies Alluviales Danubiennes
www.donauauen.at

Aire de protection des paysages culturels de la Wachau (classement Unesco)
18 387 hectares et zone tampon 2 949 hectares

Année de classement à l’Unesco : 2000
https://whc.unesco.org/fr/list/970/.

Aire de protection de la vallée étroite du Danube/Passau
1  776 hectares

Année de création : 1996-1986
www.hausamstrom.de
www.donaugigant.com
www.passauer-land.de

Centre d’études des prairies alluviales de Neuburg sur le Danube (Allemagne)
2 997 hectares

Année de création : 2005
Ville d’Ingolstadt

District de Neuburg-Schrobenhausen
Le cours du Danube est en Allemagne, à l’exception de la partie encore naturelle située entre Straubing et Vilshofen, fortement dégradé par une succession de barrages et d’usines hydroélectriques. Une démarche de revitalisation et de gestion des forêts alluviales subsistantes a toutefois commencé à être initiée. Le Centre d’études des forêts alluviales de Neuburg-sur-le-Danube travaille en collaboration avec les services de protection de l’environnement de cette commune et de ceux d’Ingolstadt à la mise ne place d’initiatives de développement durable.
District de Neuburg-Schrobenhausen

www.auenzentrum-neuburg-ingolstadt.de

Ville d’Ingolstadt :
www.ingolstadt.de

 

Le Danube : frontière ou trait d’union entre les peuples d’Europe centrale et orientale ?

Le Danube c’est évidemment bien plus qu’une frontière ou plutôt qu’une superpositions de frontières presque invisibles, parfois fluctuantes mais toujours palpables. Ce fût (mais n’est pas encore ?) le symbole d’affrontements, de confrontations douloureuses, d’enjeux entre un monde sédentaire à l’ouest et un univers longtemps nomade et de migration à l’est, entre des empires, entre des peuples, entre des régimes politiques opposés ? C’est en même temps une voie de vie, de civilisation et d’échanges. Ont été édifiées dès l’antiquité au long de ses rives des routes de marchandises, sont passés et passent sur celles-ci dans les deux sens des chemins d’invasions, de conquêtes, de pillards, de croisés, de migrants, de pèlerins, d’aventuriers de toutes sortes mais aussi et sur ces mêmes chemins des voies de diffusion de nouvelles cultures. Les abords du fleuve en sont toujours les mémoires vivantes, témoignent.

Le Danube : une impressionnante succession de paysages et d’horizons

Ruines de la forteresse d’Aggstein en Wachau

Le bassin danubien raconte aussi plusieurs histoires extraordinaires, celle de la formation du continent européen, celle de la nature d’abord puis celle d’une relation tumultueuse entre l’homme prométhéen et une divinité de la nature à la force, à la ténacité opiniâtre, au caractère ombrageux, indocile, colérique. Rien ne fut et ne sera jamais gagné définitivement par l’homme sur le fleuve impérial. Celui-ci, encore aujourd’hui, et malgré de nombreux et pharaoniques aménagements des deux derniers siècles avec ces cathédrales fluviales que sont les gigantesques barrages d’Autriche et des Portes de fer, sort régulièrement de son lit, provoquant des inondations sur des espaces considérables, rappelant à l’homme que lui seul décide. Comment vivre le mieux possible en composant avec ces incertitudes fut sans doute la question permanente des hommes depuis leur installation au long de ses rives.

Le Danube se tient bien au-delà de l’histoire humaine mais il la façonne continuellement. Le Danube est ainsi au sein de cette histoire tout à la fois le fleuve des émotions, des passions, de la démesure et du simple quotidien, des dangers de la nature, des légendes, des fêtes, du vivre ensemble ou parfois aussi… du ne plus vivre ensemble.

Chacun a « son » Danube ou le voit selon sa place, ses rêves, ses besoins, ses projets, sa propre histoire. Mille et un métiers, mille et une manières d’être et de faire déclinent l’incroyable attractivité du fleuve, mille et un regards se posent sur le Danube et le questionnent. Le fleuve génère sans le vouloir un incessant tourbillon de vies entremêlées.

C’est dans cet esprit que ce site francophone souhaite s’organiser et raconter le fleuve.

La France et le Danube : une histoire ancienne

Ce site francophone veut aussi se faire l’écho de la présence française au bord du fleuve et de son dialogue avec les pays riverains et leurs cultures. La France a eu le souci permanent, depuis la révolution, de permettre au Danube d’acquérir un statut de fleuve international justement partagé entre tous, statut illustré en particulier par des règles de navigation et protégé par une Commission du Danube ad hoc qui siège aujourd’hui à Budapest et dont l’une des quatre langues officielles est toujours le français.

Vive la France II
Ce site regroupera également des sources et des informations en langue française liés à l’histoire du fleuve, à sa vie, à ses habitants, à ses cultures et à celles de son bassin.

 

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