Le cours du Danube : une vaste géographie européenne

La superficie totale du bassin versant du Danube est de 817 000 km2. Celui-ci « englobe des régions aussi variées que les moyennes montagnes d’Europe occidentale et centrale, les Alpes centrales, orientales et dinariques, les Carpates, les Balkans, les grandes plaines pannonienne et moldo-valaque ainsi que l’Ukraine méridionale. Son bassin voisine au nord avec ceux de la Weser, de l’Elbe, de l’Oder et de la Vistule, au nord-est avec le bassin du Dniestr, au sud avec les bassins des fleuves de la mer Egée (Salamvria,Vistritsa, Vardar, Aliakmon, Strylon ou Strouma, Maritsa) et de la mer Adriatique, enfin à l’ouest et au nord-ouest avec le bassin du Rhin.

Le Danube naît en Allemagne, de l’union de deux ruisseaux de montagne, la Breg et la Brigach, ruisseaux qui prennent leur source sur le versant est de la Forêt-Noire (Schwarzwald, Bade-Wurtemberg) à respectivement 1078 et 940 m d’altitude.

Le bassin du Danube : 817 000 km2, source WWF Deutschland

Ces deux cours d’eau de 49 et 43 km qui se rencontrent à Donaueschingen et auxquels se joignent plusieurs sources du sous-sol karstique jaillissant sur le territoire de cette commune parmi lesquelles une quinzaine se trouvent dans la zone même du parc du château des princes de Furstenberg dont celle intitulée « Die Donauquelle » (« La source du Danube »), forment officiellement le Danube en aval de leur confluence.

Le confluent de la Breg avec la Brigach à Donaueschingen, photo © Danube-culture, droits réservés

   La longueur totale du fleuve, à partir du confluent de ces deux ruisseaux est de 2783,4 km. 2414 km du fleuve sont navigables, de Kelheim (Allemagne) jusqu’à Sulina (kilomètre zéro, Roumanie).
   Toutes les distances sur le Danube sont mesurées de l’aval vers l’amont, d’abord en milles de Sulina à Galaţi (Roumanie), puis en kilomètres de Galaţi jusqu’à Ulm (Allemagne). Le comptage en milles se termine au port de Galaţi où est installée la dernière et 80ème borne. En continuant à remonter le fleuve on trouve ensuite la première borne kilométrique (Point Kilométrique 150) et ainsi de suite jusqu’à Ulm. La distance en ligne droite, entre le confluent de la Breg avec de la Brigach et l’embouchure du fleuve est de 1630 km, ce qui donne un coefficient de sinuosité de 1,7.

Point kilométrique (PK) 2000, photo © Danube-culture, droits réservés

Le dénivelé total du fleuve, depuis le confluent de la Breg et du Brigach jusqu’à la mer Noire n’est que de 678 m.
Dénivellation moyenne de la source jusqu’à Passau : 0,65%
Dénivellation moyenne de Passau à Hainburg : 0,5%
Dénivellation moyenne de Hainburg jusqu’à l’embouchure : 0,07%
La pente moyenne est donc très faible et n’est égale qu’à 25 cm/km.
Le débit d’eau moyen au Cap Tchatal d’Izmaïl (bras de Chilia) est de 6 500 m3/seconde (approximativement 205 km3/an) mais il varie considérablement selon les années et la météorologie.

Le Haut-Danube dans sa traversée du Jura Souabe à la hauteur de l’abbaye de Weltenburg (rive droite), en amont de Kelheim et du confluent avec l’Altmühl, photo © Danube-culture, droits réservés

À partir du confluent de la Breg et de la Brigach et jusqu’à la localité de Tuttlingen (PK 2747), le Danube coule vers le sud-est, puis il modifie son cours en direction du nord-est, orientation qu’il garde jusqu’à Regensburg (Ratisbonne, PK 2379). Il atteint alors le point le plus septentrional de son parcours (49°03′ de latitude nord). Le Danube se dirige par la suite vers le sud-est jusqu’à Gönyü, en Hongrie (PK 1791). À Gönyü, il poursuit d’abord son chemin vers l’est et oblique brusquement vers le sud dans la région de Vác (PK 1679). Le fleuve continue de couler vers le sud en direction de Vukovar (Croatie, PK 1333).

Par TomGonzales, major revision by Ulamm in April 2016, CC BY-SA 2.0, https://commons.wikimedia.org/w/index.php?curid=16939996

De Vukovar (rive droite, Croatie) jusqu’à la petite ville de Bačka Palanka (rive gauche, Serbie, PK 1298), il maintient un cap sud-est puis est jusqu’au confluent avec la Tisza (PK 1214,5). Du confluent de la Tisza jusqu’à Artchar (PK 771), il dessine de grands méandres, coulant vers le sud-est et l’est jusqu’à Svistov (rive droite, Bulgarie, PK 554). C’est près de cette ville que le Danube atteint son point le plus méridional (43°38′ de latitude nord). Au delà le fleuve se dirige vers le nord-est jusqu’à la ville de Cernavodă, rive droite, Roumanie, PK 300). En aval de Cernavodǎ, le Danube prend la direction du nord, oblique ensuite doucement vers l’est à la hauteur du Siret, (PK 155), affluent de la rive gauche. Il maintient plus ou moins cette direction jusqu’à son delta.
Sur son cours inférieur, le Danube se ramifie et forme un large delta marécageux d’une superficie d’environ de 5640 km2. La longueur du delta d’ouest en est atteint 75 km sur une largeur de 150 km.

Ce delta occupe la partie méridionale d’une vaste plaine s’étendant vers la mer Noire. À l’ouest du delta se dressent les contreforts septentrionaux du plateau de la Dobrogée roumaine derrière lesquels s’étend la plaine du Bas-Danube séparant les versants est des Carpates et des Balkans. Le point le plus avancé du delta danubien se trouve au Cap Tchatal d’Izmaïl.

Danube_delta_Landsat_2000

Photo du delta du Danube prise par le satellite Lansat en l’an 2000

Le lit principal se divise d’abord en deux bras, ceux de Chilia et de Tulcea. Le bras de Tulcea se divise à son tour en deux bras, celui de Saint-Georges (Sfântu Gheorghe) et celui de Sulina. Le Danube se jette ainsi actuellement dans la mer Noire par trois bras principaux : celui de Chilia au nord, le bras central de Sulina et le bras de Sfântu Gheorghe au sud. Les bras de Chilia et de Sfântu Gheorghe se divisent en de nombreux bras secondaires.

Izmaïl et le bras de Chilia, photo © 2018 Google Imagery

À partir du Cap Tchatal d’Izmaïl jusqu’à la localité de Pardina, le bras de Chilia coule dans un lit unique, d’abord vers le nord-est, ensuite, en aval d’Izmaïl, vers le sud-est. Entre la localité de Pardina et la petite ville de Vilkovo (Ukraine), le bras de Chilia se divise à deux reprises dans des bras secondaires formant de nombreuses îles et qui se réunissent plus loin à nouveau en un seul lit.
Le bras de Sulina est peu sinueux et non ramifié coulant vers l’est et se se jetant dans la mer Noire à hauteur du port de Sulina. Les localités les plus importantes situées sur ce bras sont les communes de Maliuc, Gorgova, Crişan et Sulina.

Le bras de Sfântu Gheorghe juste avant son embouchure avec la mer Noire, photo © Danube-culture, droits réservés

Le bras de Sfântu Gheorghe, forme de larges méandres et coule vers le sud-est en un seul lit. Cinq kilomètres avant la mer Noire il se divise en cinq bras, formant ainsi un delta secondaire. Les localités les plus importantes situées sur ce bras sont les communes de Mahmudia, Murighiol, Dunavat et Sfântu Gheorghe.

Sources :
Stančík Andrej, Jovanovič, Slavoljub et al., Hydrology of the river Danube, Hydrologie du Danube, Hydrologie der Donau, Priroda Vydavatelstvo, Bratislava, 1988
Ritter Jean, Le Danube, P.U.F., Paris, 1976
Pardé Maurice, Frécaut, René, Hydrologie fluviale de l’Europe continentale. Le Bassin du Danube inférieur [article], Revue géographique de l’Est, Année 1963, 3-4, pp. 429-444
George, Pierre. Données hydrologiques récentes sur le Danube. In: L’information géographique, volume 5, n°2, 1941. p. 30; doi : https://doi.org/10.3406/ingeo.1941.5072

https://www.persee.fr/doc/ingeo_0020-0093_1941_num_5_2_5072
Commission du Danube

Eric Baude pour Danube-culture © droits réservés, mis à jour juillet 2024

Ancienne carte historique du bassin du Danube, 1921

Aperçu hydrométéorologique du bassin du Danube

Le climat
   Du point de vue climatique, le bassin du Danube peut être également divisé en trois entités :

1) Le bassin du Haut-Danube se caractérise par un climat relativement rude. L’hiver dure généralement trois mois (décembre-février). La température moyenne en janvier est, sur la plaine, de -0,8° à -3°, et dans les montagnes de -6° à -13°. Le froid atteint parfois -20°, et dans les vallées encaissées la température de nuit tombe encore certaines années jusqu’à -30°. L’été est chaud. En juillet, la température moyenne est de 17° à 20° et la température maximum peut atteindre 36° à 40°. Dans les montagnes, la température baisse de 0,5° à 0,6° par 100 mètres d’altitude.

2) Le bassin du Moyen-Danube a un climat continental sec. La durée de l’hiver est d’un mois et demi à deux mois. En janvier, dans la plaine, la température moyenne est de -0,3° à -2° et la température la plus basse peut atteindre les -20°. En montagne, la température moyenne est de -5° à -9° et la température minimum peut aller jusqu’à -34°. L’été dure quatre mois et demi à cinq mois. En juillet, la température moyenne est de 20°-23°. La température maximum peut atteindre 39° ce qui, accompagné d’une faible humidité et de précipitations insuffisantes, crée des conditions de sécheresse.

3) Le bassin du Bas-Danube est caractérisé par un climat continental encore plus sec, avec un été très chaud et un hiver froid. La température moyenne en janvier est de -2° à -6° et la température minimum peut atteindre parfois les -30°. En été, la température de l’air accuse de très fortes variations journalières qui peuvent aller parfois jusqu’à un écart de 15° à 20°. En juillet, la température mensuelle moyenne est de 20° à 30° et les températures maximum relevées de 40°à 42°.

Les vents

Dans le bassin du Danube, la direction des vallées et des crêtes des montagnes influent fortement sur le caractère des vents. Sur le cours supérieur du Danube, pendant la saison froide, les vents d’ouest et de nord-ouest dominent ; sur le cours moyen, par contre, prédominent les vents d’est et de sud-est tandis que sur le cours inférieur les vents prédominants sont ceux du nord et de l’est. Pendant la saison chaude, la direction des vents dominants est plus constante ; elle est en général d’ouest. En outre, on observe dans le bassin du Danube des vents locaux d’une durée d’un jour, tels les vents de montagne et de vallon, les brises, les fœhns, les « Nemere » et « Kosava », qui atteignent par endroits une grande force. En général, les vents de faible vitesse (1-4 m/s) et le temps calme prédominent dans le bassin du Danube ; 1 à 5 % seulement des vents ont une vitesse dépassant 10-15 m/s. Les vents les plus forts soufflent en hiver.

Brouillards et visibilité

La répartition des brouillards est irrégulière dans le bassin du Danube. Le plus grand nombre de jours avec brouillard est relevé dans les régions montagneuses. Dans la vallée du Danube, les brouillards se forment le plus souvent dans les vallons et dans les régions marécageuses. Sur le Bas-Danube, les brouillards apparaissent le plus souvent pendant la saison froide. Le nombre moyen annuel de jours avec brouillard y est de 50 à 60, tandis que sur le Moyen-Danube ce nombre est deux fois moins important. Les brouillards, qui se forment en général le matin au printemps et en automne, se dissipent, dans la première moitié de la journée.

Dans le bassin du Danube, la visibilité est désavantageusement influencée par les brouillards, les averses, les bourrasques de poussière et les tempêtes de neige. Dans la plaine, la visibilité est en moyenne de 10 km, distance qui diminue dans une certaine mesure pendant la saison froide.

Les précipitations

Les précipitations se répartissent aussi d’une manière irrégulière. La quantité de précipitation s’accroît au fur et à mesure que l’altitude augmente. Leur quantité moyenne annuelle est de 500 à 600 mm en plaine, de 1000 à 2000 mm dans les Carpates, de 1800 à 2500 mm et plus dans les Alpes. Le nombre de jours avec précipitations varie de 70 dans les vallées à 220 jours en montagne.

La quantité minimum de précipitation diminue dans la région en amont du delta, où aucune précipitation n’est tombée certaines années durant tout l’été. Pendant la saison chaude, des averses parfois d’une très grande intensité sont souvent observées. Le taux minimum de précipitation est relevé en automne et en hiver, sauf dans les Alpes dinariques où il est enregistré en été. La quantité maximum de précipitations tombe en été alors que c’est le contraire dans les Alpes dinariques.

Sources :
Commission du Danube
Stančík, Andrej, Jovanovič, Slavoljub, Hydrologie du Danube, Publishing House Priroda Bratislava, 1988

Danube-culture, mis à jour juillet 2024

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