Le cours du Danube

Le bassin versant du Danube englobe des régions aussi variées que les moyennes montagnes d’Europe occidentale et centrale, les Alpes centrales, orientales et dinariques, les Carpates, les Balkans, les grandes plaines pannonienne et moldavo-valaque ainsi que l’Ukraine méridionale. Il voisine encore au nord avec les bassins versants de la Weser, de l’Elbe, de l’Oder et de la Vistule, au nord-est avec le bassin versant du Dniestr, au sud avec les bassins versants des fleuves qui se jettent dans la mer Egée (Salamvria,Vistritsa, Vardar, Aliakmon, Strylon ou Strouma, Maritsa) et dans la mer Adriatique, enfin à l’ouest et au nord-ouest avec le bassin versant du Rhin.

Un cours international d’ouest en est de 2857 km et un bassin versant de 817 000 km2 , sources : CC BY-SA 3.0, https://commons.wikimedia.org/w/index.php?curid=3231921

Une convention officielle veut que le Danube naisse en Allemagne à Donaueschingen de l’union de deux cours d’eau de montagne, la Breg et la Brigach, rivières qui prennent leur source sur le versant est de la Forêt-Noire (Schwarzwald, Land de Bade-Wurtemberg) à 1078 pour la Breg et 940 m d’altitude pour la Brigach.

Superficie du  bassin versant du Danube : 817 000 km2, source WWF Deutschland

Ces deux cours d’eau de 44, 9 km (bassin versant : 291,2 km²) pour la Breg et de 40, 2 km (bassin versant : 195 km2) pour la Brigach qui se rencontrent à Donaueschingen et auxquels se joignent plusieurs sources du sous-sol karstique jaillissant sur le territoire de cette commune parmi lesquelles une quinzaine se trouvent dans la zone même du parc du château des princes de Furstenberg dont celle intitulée « Die Donauquelle » (« La source du Danube »), forment officiellement le Danube en aval de leur confluence.

La source officielle du Danube dans le parc du château de Donaueschingen, lithographie d’A. Kunike d’après un dessin de Jakob Alt, 1826, 

Le confluent de la Breg avec la Brigach à Donaueschingen qui donne naissance au Danube, photo © Danube-culture, droits réservés

   La longueur totale du fleuve, à partir du confluent de ces deux ruisseaux est de 2783,4 km. le fleuve est navigable sur  de Kelheim (point kilométrique 2472, 72 Allemagne) jusqu’à Sulina (point kilométrique zéro, Roumanie).

Le bras de Sulina à l’entrée de la ville, photo @ Danube-culture, droits réservés

Toutes les distances sur le Danube sont mesurées de l’aval vers l’amont, d’abord en milles de Sulina à Galaţi (Danube maritime, Roumanie), puis en points kilométriques de Galaţi jusqu’à Ulm (Allemagne).
Le comptage en mille se termine au port de Galaţi (Roumanie) où est installée la dernière et 80e borne. En continuant à remonter le fleuve on trouve ensuite la première borne kilométrique (Point Kilométrique 150) et ainsi de suite jusqu’à Ulm (Allemagne). La distance en ligne droite, entre le confluent de la Breg avec de la Brigach et l’embouchure du fleuve est de 1630 km, ce qui donne un coefficient de sinuosité de 1,7.

Point kilométrique (PK) 2000, photo © Danube-culture, droits réservés

Dénivellation du fleuve :
La dénivellation (pente hydraulique) totale du fleuve, depuis le confluent de la Breg et de la Brigach jusqu’à la mer Noire n’est que de 678 m !
Dénivellation moyenne de la source jusqu’à Passau (Allemagne, PK 2226 ) : 0,65%
Dénivellation moyenne de Passau à Hainburg (Autriche, PK 1884) : 0,5%
Dénivellation moyenne de Hainburg jusqu’à l’embouchure : 0,07%
La pente moyenne est donc très faible et n’est égale en moyenne qu’à 25 cm/km ce qui favorise le transport de sédiments.

Débit d’eau :
Le débit d’eau moyen au Cap Tchatal d’Izmaïl (PK 79, 736 ou Mille 43, entrée des bras de Chilia et de Tulcea) est de 6 500 m3/seconde (approximativement 205 km3/an) mais il varie considérablement selon les années et la météorologie.

Le Haut-Danube dans sa traversée du Jura Souabe à la hauteur de l’abbaye de Weltenburg (rive droite), en amont de Kelheim et du confluent avec l’Altmühl dont le cours aval a été intégré au canal Rhin-Main-Danube, photo © Danube-culture, droits réservés

À partir du confluent de la Breg et de la Brigach et jusqu’à la localité de Tuttlingen (PK 2747), le Danube coule vers le sud-est, puis il modifie son cours en direction du nord-est, orientation qu’il garde jusqu’à Regensburg (Ratisbonne, PK 2379). Il atteint alors le point le plus septentrional de son parcours (49°03′ de latitude nord). Le Danube se dirige par la suite vers le sud-est jusqu’à Gönyü (PK 1791,rive doite), en Hongrie. À Gönyü, il poursuit d’abord son chemin vers l’est et oblique brusquement vers le sud aux alentours de Vác (rive gauche, PK 1679). Le fleuve continue de couler vers le sud en direction de la ville croate de Vukovar (rive droite, PK 1333).

Le bassin versant du Danube, source Tom Gonzales, major revision by Ulamm in April 2016, CC BY-SA 2.0, https://commons.wikimedia.org/w/index.php?curid=16939996

Entre Vukovar et Bačka Palanka (rive gauche, Serbie, PK 1298), il maintient un cap sud-est puis est jusqu’au confluent avec la Tisza (rive gauche, PK 1214,5). Du confluent de la Tisza jusqu’à Artchar (Bulgarie, rive droite, PK 771), il dessine du fait de la faiblesse de sa pente, de larges méandres, coulant vers le sud-est et l’est jusqu’à Svistov (Bulgarie, rive droite, PK 554). C’est près de cette ville que le Danube atteint son point le plus méridional (43°38′ de latitude nord). Au delà, le fleuve se dirige vers le nord-est jusqu’à la ville de Cernavodă, rive droite, Roumanie, PK 300) puis en aval de Cernavodǎ (Roumanie, rive droite), le fleuve prend la direction du nord, oblique ensuite doucement vers l’est à la hauteur de son affluent de la rive gauche le Siret, (PK 155). Il maintient ensuite plus ou moins cette direction jusqu’à son delta.

Le Danube à la hauteur du confluent du Sireth, photo @ Danube-culture, droits réservés

Le delta
Sur son cours inférieur, le Danube se ramifie et forme un large delta marécageux d’une superficie d’environ 5640 km2 en constante augmentation grâce à ses dépôts alluvionnaires. La longueur du delta d’ouest en est atteint 75 km sur une largeur de 150 km.

Le Danube à Tulcea, porte d’entrée du delta Danube photo © Danube-culture, droits réservés

Ce delta occupe la partie méridionale d’une vaste plaine s’étendant vers la mer Noire. À l’ouest du delta se dressent les contreforts septentrionaux du plateau de la Dobrogée roumaine derrière lesquels s’étend la plaine du Bas-Danube séparant les versants est des Carpates et des Balkans. Le point le plus avancé du delta danubien se trouve au cap Tchatal d’Izmaïl.

Danube_delta_Landsat_2000

Photo du delta du Danube prise par le satellite Lansat en l’an 2000

Le lit principal se divise d’abord en deux bras, ceux de Chilia et de Tulcea. Le bras de Tulcea se divise à son tour en deux bras, celui de Sfântu Gheorghe (saint-Georges) et celui de Sulina. Le Danube se jette ainsi actuellement dans la mer Noire par trois bras principaux : celui de Chilia au nord, un bras que se partage la Roumanie (rive droite) et l’Ukraine (rive gauche), le bras central et aménagé de Sulina et le bras de Sfântu Gheorghe au sud. Les bras de Chilia et de Sfântu Gheorghe se divisent en de nombreux bras secondaires.

Répartition des débits des bras du Danube dans la mer Noire

À partir du Cap Tchatal d’Izmaïl jusqu’à la localité de Pardina, le bras de Chilia coule dans un lit unique, d’abord vers le nord-est et ensuite, en aval d’Izmaïl (rive gauche, Ukraine), vers le sud-est. Entre la localité de Pardina et la petite ville de Vilkovo (Ukraine), le bras de Chilia se divise à deux reprises dans des bras secondaires formant de nombreuses îles et qui se réunissent plus loin à nouveau en un seul lit.

Le bras de Sulina, photo Danube-culture, © droits réservés

Le bras de Sulina, aménagé pour la navigation dans la deuxième moitié du XIXe siècle par la Commission Européenne du Danube est peu sinueux et non ramifié, il  coule vers l’est et se jette dans la mer Noire au-delà du port de Sulina (PK zéro). Les villages les plus importants situés sur ce bras sont les communes de Maliuc, Gorgova, Crişan et la petite ville portuaire de Sulina.

Le bras de Sfântu Gheorghe juste avant son embouchure dans la la mer Noire, photo © Danube-culture, droits réservés

Le bras de Sfântu Gheorghe (saint-Georges), forme de larges méandres et coule vers le sud-est en un seul lit. Cinq kilomètres avant la mer Noire il se divise en cinq bras, formant ainsi un delta secondaire. Les localités les plus importantes situées sur ce bras sont les communes de Mahmudia, Murighiol, Dunavat et Sfântu Gheorghe.

Carte du cours du Danube depuis Ulm jusqu’à son embouchure dans- la mer Noire ou guide de voyage  à Constantinople sur le Danube avec indication de tout ce qui a rapport à la navigation des pyroscaphes avec cette route,  à Vienne chez Artaria & Compagnie, 1837

Sources :
Stančík Andrej, Jovanovič, Slavoljub et al., Hydrology of the river Danube, Hydrologie du Danube, Hydrologie der Donau, Priroda Vydavatelstvo, Bratislava, 1988
Ritter Jean, Le Danube, P.U.F., Paris, 1976
Pardé Maurice, Frécaut, René, Hydrologie fluviale de l’Europe continentale. Le Bassin du Danube inférieur [article], Revue géographique de l’Est, Année 1963, 3-4, pp. 429-444
George, Pierre. Données hydrologiques récentes sur le Danube. In : L’information géographique, volume 5, n°2, 1941. p. 30; doi : https://doi.org/10.3406/ingeo.1941.5072
https://www.persee.fr/doc/ingeo_0020-0093_1941_num_5_2_5072
On consultera également la carte interactive du Danube sur le site de la Commission du Danube :
Commission du Danube

Eric Baude pour Danube-culture © droits réservés, mis à jour janvier 2026

Ancienne carte historique du bassin du Danube, 1921

Le bassin versant du Danube

Description physico-géographique et aménagements hydrotechniques
Le Danube prend sa source ou plutôt ses sources dans le sud-ouest de l’Allemagne, sur le versant oriental de la Forêt-Noire (Abnoba silva à l’époque romaine), massif montagneux apparu à la fin de l’ère tertiaire et qui se situe sur territoire du Land du Bade-Wurtemberg. La ligne de partage des eaux mer Noire/mer du Nord coupant en son milieu celui-ci, le versant occidental de ce vieux massif forestier, pendant géologique des Vosges françaises, se situe quant à lui dans le bassin versant du Rhin, un fleuve dans lequel se jette en particulier le Neckar (367 km), rivière qui prend sa source à proximité géographiques des sources du Danube, du moins quand on considère que les sources de la Breg et de la Brigach sont celles du Danube.
Du fait de bouleversements géologiques importants dans la constitution du relief du continent européen, le bassin versant du Haut-Danube s’est considérablement modifié et réduit au profit de celui du Rhin, ce qui explique que les principaux cours d’eau qui prennent leur sources dans la Forêt-Noire comme le Neckar, à l’exception du Danube, appartiennent au bassin versant du Rhin. Le cours du Danube, trouve ensuite son chemin plus ou moins facilement à travers différentes zones géographiques de montagnes et de plaines aux conditions naturelles bien distinctes. Dans la partie basse de son cours, il arrose au passage généreusement les plaines moldavo-valaques mais la présence des plateaux calcaires recouverts de loess de la Dobrogée roumaine et des monts de Mǎcin, oblige le fleuve à faire un ultime détour avant de former un vaste delta en rejoignant la mer Noire.

Carte du bassin versant du Danube, sources Commission du Danube

Haut, Moyen et Bas-Danube
Le Danube, tout comme son bassin, se divise du point de géologique et géophysique en trois grandes entités :
-le Haut-Danube, de ses sources à Donaueschingen jusqu’au PK 1791 (Gönyü, Hongrie)
-le Moyen-Danube, du PK 1791 jusqu’au PK 931, sortie du défilé des Portes-de-Fer (Drobeta-Turnu Severin)
-le Bas-Danube, de la sortie du défilé des Portes-de-Fer (PK 931) jusqu’à la mer Noire (PK 0).

Le bassin versant du Danube comprend deux grandes chaînes de montagnes : d’abord les montagnes appartenant à l’orogenèse alpine, soit le massif des Hohe Tauern (Autriche), avec le Grossglockner (3 798 m) incluant également la chaine moins élevée des Niedere Tauern, le massif du Schneeberg (Basse-Autriche, 2076 m), du Rax (Styrie, 2007 m) et les montagnes entourant la vallée de la Leitha (Burgenland). Ces massifs s’unissent par les Petites Carpates (Malé Karpaty) et les Carpates Blanches (Bilé Karpaty) au massif des Beskides (Beskydy) occidentales situées sur le territoire de la Slovaquie, de la République tchèques et polonaises. Le Danube réussit ensuite à se faufiler entre les Carpates occidentales (rive gauche) et les ultimes avancées des Alpes autrichiennes de la rive droite à la hauteur des Portes de Devín (Slovaquie).
La deuxième chaîne montagneuse que le fleuve rencontre sur son parcours est le massif du Balkan qui s’unit aux Carpates méridionales. Le Danube trouve son chemin dans un impressionnant quadruple défilé de 135 km, entre les communes roumaines de Moldova Vecche et Drobeta-Turnu Severin (rive gauche) et celles de Golubac et de Kladovo (Serbie) sur la rive droite. C’est ce parcours qui forme le défilé des Portes-de-Fer.

Les bassins hydrographiques ou bassins versants des principaux cours d’eau européens et les lignes de partage des eaux, par Kimdime — File:Lignedepartagedeseaux.png, CC BY-SA 3.0, https://commons.wikimedia.org/w/index.php?curid=33119514

Une représentation en couleurs des mêmes bassins hydrographiques

Une succession de bassins alternant avec des défilés
   La vallée du Danube est une succession de bassins dont l’ampleur s’accentue considérablement vers l’aval. Ces bassins sont séparés entre eux par des portes ou des défilés : la « Porte bavaroise » et la traversée d’une partie du Bayerischer Wald (Forêt Bavaroise), les « Portes de Linz » en amont de la capitale de la Haute-Autriche.

Les Portes de Linz, photo Danube-culture © droits réservés

Se succèdent ensuite toujours en Autriche le défilé de la Strudengau, autrefois redouté pour ses rapides en aval de la petite ville de Grein, celui de la légendaire Wachau, les « Portes de Vienne » avec les collines avancées du Wienerwald (Kahlenberg, Leopoldsberg, contreforts alpins), la « Porta Hungarica » ou le défilé de Thèbe à la frontière austro-slovaque, appelé également les « Portes de Devín », la « Cluse de Visegrád » (surnommé « le coude du Danube ») sur le territoire hongrois en amont de Budapest. Le Danube se faufile élégamment à cette hauteur entre les monts Börszönyi (rive gauche) et ceux de Visegrád (rive droite), vieux massifs volcaniques de l’entrée du bassin pannonien.

Le coude du Danube, en amont de Budapest, photo © Danube-culture, droits réservés

L’impressionnant secteur dit « des cataractes » dans la trouée des Carpates, s’étend sur 140 km et comporte quatre défilés ou « chaudrons » successifs : les défilés de « Kamenica », « Gospodin Vir », de « Kazan » et les célèbres et autrefois redoutées « Portes-de-Fer », bordées de parois abruptes qui contraignent parfois le lit du Danube à se resserrer sur 150 m de large et dont la profondeur peut descendre jusqu’à 80 m, le niveau inférieur se situant au dessous de celui de la mer Noire. Ces quatre passages étroits sont séparés par des bassins plus larges (chaudrons) dans lesquels les affleurements des veines rocheuses forment toutefois des barres et des récifs au sein même du lit du fleuve. Ces récifs posèrent il n’y a pas si longtemps encore de redoutables problèmes à la navigation, problèmes qui ne furent définitivement résolus que par la construction du barrage hydroélectrique roumano-serbe de Djerdap I (PK 943) dans les années 1970.

Dans les Portes-de-Fer, une succession de quatre défilés, photo © Danube-culture, droits réservés

Le Haut-Danube : un fleuve de montagne
Le Haut-Danube (PK 2783-PK 1791) coule dans une grande partie de son parcours initial, à travers des régions montagneuses constituées sur la rive gauche par le Jura souabe et le Jura franconien, la Forêt de Bavière et celle de Bohême du Sud, et à droite par le plateau souabe (plateau de Baar), le plateau de Bavière et les Préalpes des Alpes orientales.

Le Haut-Danube en aval de Passau, à la hauteur du barrage de Jochenstein : un fleuve de montagne, une vallée étroite, photo © Danube-culture, droits réservés

Le Haut-Danube possède un caractère de fleuve de montagne en raison des spécificités de sa vallée et du régime de ses eaux dans cette partie de son cours. Il forme à la frontière du plateau des Préalpes d’importants dépôts alluvionnaires dus à ses affluents alpins dont les plus importants sont l’Iller, le Lech, l’Isar, l’Inn, le Traun et l’Enns, tous affluents de sa rive droite.
Sa vallée est en majorité étroite, profonde, serrée entre des parois assez abruptes. Ce n’est qu’en aval de la ville frontière de Passau que les passages larges et plus resserrés commencent à alterner. En amont de  cette ville, sur son parcours allemand, ses rives sont souvent escarpées. Son lit est alors majoritairement sinueux et forme par endroits de brusques méandres. Dans les secteurs où il s’élargit, le lit du fleuve se ramifie, acquérant un caractère instable et formant un grand nombre de bras, de bancs d’alluvions et de seuils. Des digues longitudinales, des ouvrages fermant les bras secondaires et diminuant l’éparpillement du courant ainsi que des épis ont été érigés pour faciliter la navigation. De nombreuses centrales hydro-électriques ont été construites sur le Haut-Danube allemand et autrichien : Bad-Abbach (Allemagne, PK 2401,72), Regensburg (Allemagne, PK 2381,32), Geisling (Allemagne, PK 2354,30), Straubing (Allemagne, PK 2329,78), Kachlet (Allemagne, PK 2230,7), Jochenstein (frontière austro-allemande, PK 2203,33), Aschach (Autriche, PK 2162,67), Ottensheim-Vilhering (Autriche, PK 2146,91/2146,73), Abwinden-Asten (Autriche, PK 2119,63), Wallsee-Mitterkirchen (Autriche, PK 2095,62), Ybbs-Persenbeug (Autriche, PK 2060,42), Melk, (Autriche, PK 2038,16/2037,96), Altenwörth, (Autriche, PK 1980,40/1979,83), Greifenstein, (Autriche, PK 1949,23), Freudenau, (Vienne, Autriche, PK 1921,05).

Une concentration de centrales hydroélectriques sur le bassin du haut-Danube  source, ICPDR, juin 2014

Quant à l’imposant barrage de Gabčikovo en Slovaquie en aval de Bratislava et près de la frontière hongroise, il a été réalisé au PK 8,15 du canal de dérivation (PK 1819,15 du fleuve), qui se sépare du lit principal du Danube et commence au PK 1853 puis rejoint l’ancien lit au PK 1811.

Installations (écluses) du barrage slovaque de Gabčikovo, photo Danube-culture, © droits réservés

La largeur du Haut-Danube varie dans des limites relativement restreintes, de 40 à 100 m sur le secteur Kelheim-Jochenstein et de 130 à 420 m sur le secteur Jochenstein-Gönyü (Hongrie, rive droite).
La profondeur du fleuve demeure très instable sur les différents secteurs où, suite à l’élargissement artificiel de la vallée et du lit, se forment des seuils. Les profondeurs minima sont de 2,00 m voire inférieures sur les secteurs non éclusés et de 2,7 à 2,8 m sur les secteurs de retenue. Les périodes de sécheresses estivales accentuent l’instabilité de la profondeur du lit du fleuve et il n’est pas rare que la navigation soit interrompue sur certaines parties de son cours supérieur.
La vitesse du courant connait des variations importantes selon les endroits et le niveau de l’eau. Lors des niveaux d’eau moyens, elle se situe entre 3,0 et 10,0 km/h.
Le trafic fluvial régulier danubien vers l’aval commence ou se termine au niveau de la ville bavaroise de Kelheim (PK 2414, 84) entrée du canal Rhin-Main-Danube, inauguré en 1992.

Le Moyen-Danube : un fleuve de plaine

Le Moyen-Danube (PK 1791-PK 931), de Gönyü (rive droite, Hongrie) jusqu’à la sortie des Portes- de-Fer, traverse d’abord l’immense plaine pannonienne. À l’exception des secteurs escarpés de Visegrád et des défilés des Portes-de-Fer, il s’agit d’un fleuve de plaine.

Le Moyen-Danube hongrois, un fleuve de plaine, photo Danube-culture, © droits réservés

Sa vallée est large (5-20 km), constituée de grandes terrasses plates, sillonnées par de nombreux bras secondaires. Les rives du fleuve sont peu élevées et leurs pentes douces. Le fond du lit en est en majeure partie sablonneux.
Lorsque le fleuve franchit un relief montagneux, la vallée se resserre. Les rives et les versants s’élèvent alors et peuvent être par endroit même escarpés. Le fond du lit est pierreux et parsemé de seuils rocheux.
Sur la majeure partie de son cours moyen le fleuve est sinueux. Toutefois, la longueur des secteurs rectilignes et la sinuosité des méandres sont bien plus importantes que sur le Haut-Danube. Le lit a un caractère instable et se ramifie en un grand nombre de bras secondaires. On y trouve de multiples bancs de sable, de nombreuses îles et des seuils rocheux.
Comme dans son cours supérieur et toujours en vue d’améliorer les conditions de navigation, des digues longitudinales ont été construites ainsi que des ouvrages de coupure et de concentration du courant. Quant aux travaux effectués en aval, suite à l’accroissement des dimensions du profil transversal du lit, ils n’ont eu pour but que de condamner certains bras secondaires par des digues transversales, de renforcer les berges et de couper certains méandres.
La largeur du lit dans les secteurs où des travaux de régularisation du courant ont été effectués, varie dans des limites peu importantes, de 300 à 420 m, alors que sur les autres secteurs, sa largeur oscille entre 400 et 2200 m. La largeur du  Danube ne  dépasse pas les 210 m dans les Portes-de-Fer, à la hauteur des gorges de Kazan. En raison de l’instabilité du lit, la profondeur du Moyen-Danube varie de manière importante, changeant constamment sur les seuils. Les profondeurs minima relevées lors des bas-niveaux se situe en moyenne entre 1,9 à 2,1 m.
Les brusques variations de déclivité du fleuve entrainent également une variabilité de la vitesse du courant. Lors des niveaux moyens, elle se situe entre 3,6-4,8 km/h sur le secteur Gönyü-Belgrade, entre 0,4-3 km/h sur le secteur Belgrade-écluses du barrage des Portes-de-Fer, et entre 6,5-9 km/h sur le secteur des écluses des Portes-de-Fer-Drobeta-Turnu Severin.

Le Bas-Danube ou Danube inférieur

Le Danube inférieur (PK 931 – PK 0) borde presque tout au long de son parcours la partie méridionale de la plaine du même nom. Cette plaine s’élève progressivement vers confins pour se fondre dans les contreforts des Carpates. À l’est, elle prend le nom de plateau de la Dobrogée. Au sud du Danube, sur la rive septentrionale, s’étend le plateau bulgare, région caractérisée par son unité géographique. Ce plateau descend doucement vers le Danube qu’il borde en pentes escarpées. Dans le cours inférieur du fleuve, la plaine du Bas-Danube se rétrécie au nord avec les versants des collines de Moldavie, et au sud par le plateau de la Dobrogée. Plus en aval, la plaine s’élargit à nouveau pour constituer un large delta marécageux sillonné par un dense réseau de bras, de canaux et de lacs (limans) au long desquels s’étendent de larges dunes se rétrécissant peu à peu en allant vers la mer où elles se transforment en bancs de sable.
Le Bas-Danube est un fleuve de plaine typique. Sa vallée est large, s’étendant entre 7 et 10 km jusqu’à la ville roumaine de Turnu Măgurele (PK 597) et pouvant atteindre jusqu’au delta de 8 à 20 km. Sa largeur maximale est de 28 km, en aval de Hîrşova (PK 253), et minimale de 3-4 km à proximité de Svistov (PK 555), Giurgiu (PK 493) et Orlovka (PK 105,3). La rive droite est escarpée tandis que la rive gauche est plate. Le lit du fleuve est peu sinueux dans sa majeure partie, les méandres peu prononcés et les secteurs rectilignes d’une longueur considérable.
Tout au long de son parcours, le lit se ramifie en un grand nombre de bras secondaires formant une multitude d’îles. Les bras secondaires n’étant pas fermés par des ouvrages hydroélectriques ou des digues, ils ont, pour la plupart, un caractère de cours d’eau. Ces bras se développent au maximum entre Silistra (PK 376) et Brăila (PK 170) ainsi que dans les secteurs où se rejoignent les bras de Chilia et de Saint-Georges.
Le delta commence au niveau du cap Tchatal d’Ismaïl (PK 79,63). Le cours principal du Danube se sépare alors en deux bras, ceux de Chilia et de Tulcea.
À partir de sa bifurcation jusqu’au PK 76 (les km sont comptés à partir de l’embouchure du bras, en direction du cap Tchatal d’Ismaïl), le bras roumano-ukrainien de Chilia coule en grande partie entre des rives plates, d’abord en direction du nord-est, puis du sud-est et ensuite, près de Vilkovo (Ukraine), vers l’est, dessinant de larges méandres. Jusqu’à Pardina, ce bras ne forme qu’un seul lit. Plus loin, jusqu’à Chilia, il se sépare en trois bras ceux de Chilia, Sredni et Tataru (Ivaneşti), dessinant un réseau assez complexe qui se réunifie par la suite.
Au-delà du petit village roumain de Periprava (rive droite), le bras de Chilia se divise de nouveau en bras secondaires, ceux de Babina, Tchernovka, Priamoï et Solomonov (Ukraine). En aval de Vilkovo,  le bras de Chilia se jette dans la mer Noire en se divisant une dernière fois. Les deux principaux bras formé par le fleuve sont ceux d’Otchakovsky et de Staro-Stamboulski.
Le bras de Tulcea est large de 200 m (mille 42,5) à 550 m (mille 41). Il est sinueux, dessine des courbes brusques surtout dans la région de Tulcea et s’étend jusqu’au cap Tchatal de Saint-Georges (PK 62,97), en traversant un terrain en général plat, sauf dans le secteur des milles 39-38 quand s’approchent sur la rive droite les contreforts du plateau de la Dobrogée sur lequel est située la ville de Tulcea, porte du delta (PK 71,3).
Au cap Tchatal de Saint-Georges (Sfântu Gheorghe, mille 34), le bras de Tulcea se divise en deux, le bras de Sulina (à gauche) et celui  de Saint-Georges (à droite). Les rives du bras aménagé de Sulina, longues de 34 milles (63 km), sont plates, aménagées avec du perré sur une grande longueur. La largeur du bras est de 120 m en moyenne et ne présente pas de grandes variations car la plupart des bras secondaires ont été fermés et les méandres prononcés ont été rectifiés par des coupures à la fin du XIXe et du début du XXe siècles par les travaux menés par la Commission Européenne du Danube.
Juste avant l’embouchure de ce bras dans la mer Noire se trouve le port de Sulina (PK 0). Pour la sortie en mer par la barre de Sulina, un chenal construit par la Commission Européenne du Danube, bordé de deux môles (sud et nord), conduit de l’embouchure du bras de Sulina jusqu’en mer. Le canal se dirige d’abord vers l’est et ensuite tourne légèrement vers le sud-est.

Le Point Kilométrique zéro, à la hauteur du port de Sulina, photo © Danube-culture, droits réservés

Le chenal du Danube le plus fréquenté par la navigationempreinte le bras de Sulina qui, suite aux importants travaux de la C.E.D., a été transformé en un canal presque rectiligne et accessible aux navires de mer.

La largueur du Bas-Danube est extrêmement instable et accuse des variations considérables. La largeur moyenne caractéristique du lit se présente  selon les secteurs du fleuve comme suit :
Drobeta Turnu Severin – Calafat (PK 931 – 795) : 800 m
Calafat – Svistov  (kPK 795 – 555) : 800 m
Svistov – Silistra  ( PK 555 – 376) : 800 m
Silistra – Hirşova ( PK 376 – 253) : 560 m
Hirşova – Brǎila ( PK 253 – 170) : 400 m
Brǎila – cap Tchatal d’Ismaïl (PK 170 – 79, 63) : 900 m
Bras de Tulcea (PK 79, 63 – 62, 97) : 350 m
Bras de Sulina (PK 62, 97 – 0) : 120 m

Les profondeurs accusent des variations tombant, en période de basses eaux, à 15 dm sur les seuils.
Avec la construction du barrage des Portes-de-Fer Djerdap I et de la mise en service d’une retenue d’eau sur le Bas-Danube entre Prahovo (rive droite) et Drobeta Turnu-Severin, un secteur éclusé a été réalisé. Sa profondeur minimum est de 35 dm.

Bras de Sulina à son embouchure vu du ciel, sources NASA

Avant l’exécution des travaux de la C.E.D., le débit du Danube se répartissait entre les bras de Chilia, Sulina et Saint-Georges dans des proportions de 62 %, 8 % et 30 %. Des aménagements ont été également entrepris afin de permettre l’entrée des navires dans le Danube par les bras de Sulina et celui de Tulcea. À l’entrée amont du bras de Tulcea, au cap Tchatal d’Ismaïl, une digue en pierre de 430 m de long a été édifiée. Le bras de Sulina a été rectifié par 10 coupures de méandres qui ont réduit sa longueur de 84,87 à 62,97 km soit une différence de 21,9 km. Des épis ont été mis en place et les berges ont été consolidées par des digues en pierre. À l’embouchure du bras de Sulina se trouvent les môles nord et sud dont la longueur augmente constamment étant donné la constante et rapide progression des dépôts d’alluvions du fleuve vers la mer. Leur longueur était en 1983 de 7 932 m.
Des travaux et des dragages sont effectués régulièrement afin de maintenir une profondeur de 24 pieds (7, 3153 m) dans les secteurs limitatifs, surtout au niveau de la barre.
La réalisation de ces travaux a engendré des conditions normale de navigation afin que des bâtiments d’un tirant d’eau jusqu’à  24 pieds puissent remonter le Danube depuis la mer Noire jusqu’au port de Brăila.
La vitesse du courant du Bas-Danube navigable varie entre 6, 3 km/h (haut niveau navigable) et 2 km/h, (bas niveau navigable) entre Brăila et Sulina.

Notes :
1L’origine du bassin-versant est à chercher chez le géographe officiel du roi Louis XV, Philippe
Buache (1700-1773), qui créa au XVIIIe siècle la notion de  » bassin de fleuve ». Les savants de l’époque s’en emparèrent alors pour découper toute la planète en traçant des lignes de partage des eaux, d’ailleurs parfois de manière trop théorique et sans vérification de «terrain». Cependant, le succès fut tel que le bassin de fleuve devint chez les géographes une unité essentielle de réflexion du découpage régional. Cette influence trop grande sur la géographie humaine fit tomber ensuite dans l’oubli le bassin de fleuve. Sources : Laurent Touchart, BASSIN-VERSANT, hypergeo.eubassin-versant, 2007

Danube-culture, © droits réservés, mis à jour janvier 2026

Sur le bras aménagé de Sulina, photo © Danube-culture, droits réservés

Hydrométéorologie du bassin du Danube

Le climat
   Du point de vue climatique, le bassin du Danube se divise, tout comme le cours du fleuve, en trois entités :

1) Le bassin du haut-Danube (des sources à la frontière austro-slovaque)
Il est caractérisé par un climat relativement rude. L’hiver dure généralement trois mois (décembre-février). La température moyenne en janvier est, sur la plaine, de -0,8° à -3°, et dans les montagnes de -6° à -13°. Le froid atteint parfois -20°, et dans les vallées encaissées la température de nuit pouvait tomber, il y a encore quelques années jusqu’à -30°. L’été est chaud. En juillet, la température moyenne est de 17° à 20° et la température maximum peut atteindre 36° à 40°. Dans les montagnes, la température baisse de 0,5° à 0,6° par 100 mètres d’altitude.

2) Le bassin du moyen-Danube (de la frontière austro-slovaque jusqu’à la sortie des Portes-de-Fer)
Le bassin du Moyen-Danube a un climat continental sec. La durée de l’hiver est d’un mois et demi à deux mois. En janvier, dans la plaine, la température moyenne est de -0,3° à -2° et la température la plus basse peut atteindre les -20°. En montagne, la température moyenne est de -5° à -9° et la température minimum peut aller jusqu’à -34°. L’été dure quatre mois et demi à cinq mois. En juillet, la température moyenne est de 20°-23°. La température maximum peut atteindre désormais plus de quarante degrés ce qui, accompagné d’une faible humidité et de précipitations insuffisantes, crée des conditions de sécheresse.

3) Le bassin du bas-Danube (de la sortie des Portes-des-Fer jusqu’à la mer Noire)
Il se caractérise par un climat continental encore plus sec, avec un été très chaud et un hiver pouvant être froid à très froid. La température moyenne en janvier est de -2° à -6° et la température minimum peut atteindre parfois les -20°. En été, la température de l’air accuse de très fortes variations journalières qui peuvent aller parfois jusqu’à un écart de 15° à 20°. En juillet, la température mensuelle moyenne est de 20° à 30° et les températures maximum relevées de 40°à 45°.

Les vents
   Dans le bassin du Danube, la direction des vallées et des crêtes des montagnes influent fortement sur le caractère des vents. Sur le cours supérieur du Danube, pendant la saison froide, les vents d’ouest et de nord-ouest dominent ; sur le cours moyen, par contre, prédominent les vents d’est et de sud-est tandis que sur le cours inférieur les vents prédominants sont ceux du nord et de l’est. Pendant la saison chaude, la direction des vents dominants est plus constante ; elle est en général d’ouest. En outre, on observe dans le bassin du Danube des vents locaux d’une durée d’un jour, tels les vents de montagne et de vallon, les brises, les fœhns, les « Nemere » et « Kosava », qui atteignent par endroits une grande force. En général, les vents de faible vitesse (1-4 m/s) et le temps calme prédominent dans le bassin du Danube ; 1 à 5 % seulement des vents ont une vitesse dépassant 10-15 m/s. Les vents les plus forts soufflent en hiver.

Brouillards et visibilité
   La répartition des brouillards est irrégulière dans le bassin du Danube. Le plus grand nombre de jours avec brouillard est relevé dans les régions montagneuses. Dans la vallée du Danube, les brouillards se forment le plus souvent dans les vallons et dans les régions marécageuses. Sur le bas-Danube, les brouillards apparaissent le plus souvent pendant la saison froide. Le nombre moyen annuel de jours avec brouillard y est de 50 à 60, tandis que sur le moyen-Danube ce nombre est deux fois moins important. Les brouillards, qui se forment en général le matin au printemps et en automne, se dissipent, dans la première moitié de la journée.
Dans le bassin du Danube, la visibilité est désavantageusement influencée par les brouillards, les averses, les bourrasques de poussière et les tempêtes de neige. Dans la plaine, la visibilité est en moyenne de 10 km, distance qui diminue dans une certaine mesure pendant la saison froide.

Les précipitations
   Les précipitations se répartissent aussi d’une manière irrégulière. La quantité de précipitation s’accroît au fur et à mesure que l’altitude augmente. Leur quantité moyenne annuelle est de 500 à 600 mm en plaine, de 1000 à 2000 mm dans les Carpates, de 1800 à 2500 mm et plus dans les Alpes. Le nombre de jours avec précipitations varie de 70 dans les vallées à 220 jours en montagne.
La quantité minimum de précipitation diminue dans la région en amont du delta, où aucune précipitation n’est tombée certaines années durant tout l’été. Pendant la saison chaude, des averses parfois d’une très grande intensité sont souvent observées. Le taux minimum de précipitation est relevé en automne et en hiver, sauf dans les Alpes dinariques où il est enregistré en été. La quantité maximum de précipitations tombe en été alors que c’est le contraire dans les Alpes dinariques.

Sources :
Stančík, Andrej, Jovanovič, Slavoljub, Hydrologie du Danube, Publishing House Priroda Bratislava, 1988
Commission du Danube

Danube-culture, mis à jour août 2025

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