Donaudorf (Ybbs an der Donau) et la construction de la centrale hydroélectrique

Les premiers projets pour la construction d’une centrale hydroélectrique à Ybbs remontent aux années 1920 et avaient deux objectifs principaux : la production d’énergie et l’amélioration de la navigation dans le défilé de la Strudengau avec le relèvement de la hauteur des eaux sur les seuils rocheux en aval de Grein. C’est sur la base d’une étude de l’ingénieur civil suisse Oskar Höhn que le « Syndicat pour la construction de la centrale hydroélectriques d’Ybbs-Persenbeug » obtint une concession de 90 ans de la part du Ministère autrichien de l’agriculture. Après l’annexion de l’Autriche par le Reich allemand en 1938, la société Rhein-Main-Donau AG se voit confiée par les autorités nazies la réalisation de la centrale qui doit voir sa mise en route en 1943. Les premiers travaux de construction commencèrent en 1938 mais ils furent interrompus peu avant le début de la Seconde Guerre mondiale.  Sur une proposition de l’industriel allemand Arno Fischer, les autorités nazies acceptent de substituer à une centrale hydroélectrique conventionnelle équipée de turbines Kaplan une conduite forcée de type Arno Fischer, qui suppose une rehausse de 1,50 m. Le chantier reprend ainsi en 1943 puis est de nouveau interrompu au début de l’hiver.
Les travaux sont définitivement adjugés en 1954  avec le retour à l’option d’origine «turbines Kaplan» mais il faut avant que ceux-ci ne reprennent une nouvelle fois obtenir d’abord obtenir la restitution du matériel de chantier, réquisitionné par les forces d’occupation soviétiques. Cette première centrale hydroélectrique est inaugurée en 1959 et fait office de symbole de la reconstruction de l’Autriche.

Construction de la central hydroélectrique d’Ybbs-Persenbeug, 1956, sources Verbund, Fotoarchiv

La construction de la central nécessita la destruction de 32 des 47 maisons du village de Donaudorf, le surélèvement de la route sur la rive droite et le réaménagement des deux rives. Le château de Donaudorf utilisé comme siège de la direction des travaux fut aussi démoli à la dynamite. Seules les magnifiques fresques de sa salle de fête, aux motifs orientaux peintes par Johann Baptist Wenzel Bergl (1719-1789) en 1773, seront conservées. Elles furent découpées et transférées au château de Laudon à Vienne.

Vue sur le château de Persenbeug depuis Donaudorf, 1928

Vue sur le château de Donaudorf depuis la rive gauche, 1941

En rouge les maisons de Donaudorf qui furent détruites lors de la costruction de la centrale hydroélectrique

Plan de la centrale hydroélectrique

En 1822, la localité était mentionnée comme un village de 23 maisons, rattaché à Ybbs. La seigneurie de Donaudorf détenait l’autorité locale, le magistrat d’Ybbs et la seigneurie d’Auhof exerçaient la juridiction territoriale et la seigneurie d’Ybbs s’occupait de la conscription. Les domestiques et les propriétaires fonciers de la localité appartenaient aux seigneuries de Donaudorf et de Haagberg.
Donaudorf comptait en 1938 un restaurateur, un épicier, un cordonnier et un agriculteur.
La centrale hydroélectrique a été construite au PK 2060,42, sur une largeur de 460 m créant un ressaut sur 34 km. Sa hauteur de chute est de 10,90 m. Le volume de la retenue est d’environ 74 000 000 m3, la cote du lac de retenue est de 226,2 m au-dessus du niveau de la mer.
Du côté de la rive gauche, deux écluses occupent l’extrémité nord du barrage, chacune d’une longueur utile de 230 m et une largeur utile de 24 m. L’évacuateur de crue comporte cinq passes déversantes larges, chacune, de 30 m et occupe la partie centrale du barrage.

Sources : 
https://www.verbund.com
https://de.wikipedia.org

Danube-culture, mis à jour janvier 2024

Fresques de la salle de fête du château de Donaudorf  aux motifs orientaux peintes en 1773 par Johann Baptist Wenzel Bergl (1719-1789) et transférées au château Laudon ou château de Hadersdforf à Vienne. 

Un projet de centrale hydroélectrique à la hauteur de l’île de Wörth (Strudengau) en 1924

Légende :
1) Râteau de protection de la centrale hydroélectrique 2) Fosse supérieure 3) Double chambre d’écluses 4) Écluses 5) Chenal vers l’amont 6) Chenal vers l’aval 7) fosse inférieure 8) Canal de la navigation 9) Île de Wörth 10) Struden 11) Ruisseau du  Giessenbach 12) Hößgang  

La centrale hydroélectrique de Struden, un projet des entreprises Universale, Mayreder, Krauss et SSW (1924)
   Le Danube sera barré à l’extrémité amont de l’île de Wörth, près de Struden, par un barrage à sept ouvertures de 28 m de large chacune et d’environ 1,6 m de hauteur. Le débit d’exploitation de 1520m3/seconde s’écoulera par un ouvrage d’entrée disposé perpendiculairement au barrage. Un canal amont amènera l’eau vers la centrale électrique, située à l’extrémité inférieure du bras de Hößgang. La centrale hydroélectrique sera complétée par une une double écluse avec des chambres d’un gabarit de 22 m, accessibles par l’amont et l’aval. Il est prévu un déversoir de crue sur le bras nord du Danube. La centrale électrique sera équipée de dix turbines d’une puissance maximale de 120.000 cv. La puissance moyenne de production annuelle prévue sera de 550 millions de kwh. L’emplacement de la retenue (cote 228,60) a été choisi pour être environ 3 m plus haut que les autres projets de centrales sur le Danube dans le défilé de la Strudengau.

Le Danube en Strudengau à la hauteur de l’île de Wörth et des ruines du château-fort de Werfenstein : un si beau paysage ! Collection particulière.

« Le Danube, qui a été utilisé pour de nombreux symboles dans l’histoire, est depuis longtemps devenu un symbole de la nature détruite – en Autriche, cependant, c’est aussi un symbole des premiers succès du mouvement de protection de l’environnement. L’abandon des projets de construction des centrales de Zwentendorf et de Hainburg marquent des tournants dans l’histoire de la seconde république autrichienne. Ils représentent des événements politiques qui ont ébranlé les certitudes sociales et interrompu l’existant. Les deux lieux de mémoire sont sur le Danube ; leur assimilation narrative est en grande partie achevée. Les mythes qui les entourent peuvent être complétés par un récit des centrales hydroélectriques qui ont été construites sur le Danube ; ils apparaissent ici comme les deux faces d’une même médailles. »
Otrun Veichtlbauer, « Donau-Strom, über die Herrschaft der Ingenieur », in C. Reder und  E. Klein, Graue Donau, Schwarze Meer, Éditions Transfer Springer, Wien- New York, 2008
https://www.academia.edu/1609680/Donau_Strom_Über_die_Herrschaft_der_Ingenieure

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