La rivière Sava, la cigogne handicapée et le vieil homme !

La Sava prend ses sources au sein du Triglavski Narodni Park (seul parc national de Slovénie) en deux endroits, à Slavinci (Sava Dolinka) et à Bohinj au pied du mont Komarča (Savica puis Sava Bohinjka) dans les Alpes juliennes slovènes, non loin des frontières italiennes et autrichiennes.

Source de la Sava Dolinka, sources Wikipedia, domaine public

Les deux cours d’eau se rejoignent et forme la Sava près de Radovljica. La rivière conflue avec le Danube à la hauteur de Belgrade (Km 1170), au pied de la vieille ville, de sa forteresse de Kalemegdan et de la Grande île de la guerre. Son cours, comme celui de la Tisza et ses rives marécageuses ont été considérablement aménagés pour l’agriculture par l’homme dans les siècles précédents. Celui-ci a coupé de nombreux méandres, réduit ainsi sa longueur de plusieurs dizaines de kilomètres, construit des canaux, drainant et assainissant de vastes territoires pour certains inondés régulièrement par les crues de la rivière. Comme pour ses affluents, la Drina, l’Una et la Kupa, la Sava fait office de frontière, parfois contestée, sur une partie de son cours.

Cette rivière nonchalante après Zagreb, serpente et inonde encore par ses crues périodiques de nombreuses prairies alluviales d’une exceptionnelle biodiversité telles celles de Lonjsko Polje (parc naturel, www.pp-lonjsko-polje.hr), Cernac Polje, Jelas Polje, Odransko Polje (Croatie) ou Donja Gradina (Bosnie-Herzégovine). Certaines d’entre elles ont été érigées en parcs ou réserves naturels. Le village de Čigoć dans le Parc Naturel de Lonjsko Polje s’est vu accorder en 1994 le titre de ≪Premier village européen des cigognes≫ !

Malena et son protecteur Stjepan Vokic !
En Croatie, sur les rives préservées de la Save, Stjepan Vokic, gardien d’école à la retraite, s’occupe depuis 24 ans de la cigogne Malena qu’une blessure a clouée au sol.
https://dai.ly/x6hwo12

Réserve de Kopački rit (Danube croate, Slavonie) : une petite amazone au coeur de l’Europe

« Lorsque nous mettons notre canoë à l’eau, l’heure est matinale et la nuit appartient encore à la Hulotte. Un mâle tout proche nous salue de ses hululements quand nous démarrons de Sakadas, le petit embarcadère de la réserve de Kopački rit. L’obscurité est totale et l’atmosphère ouatée baigne dans une légère brume. Nous avons quatre kilomètres à parcourir pour parvenir au lac, le centre de la réserve. Le canal qui nous y mène est bordé de vieux saules dont les pieds sont encore baignés par l’inondation. Tant bien que mal, nous nous guidons sur leur sombres silhouettes pour trouver notre chemin. Maniant notre bateau avec précaution, nous glissons silencieusement, trahis seulement par la cadence de nos pagaies et le chuintement des filets d’eaux sur la coque. Depuis le départ nous ne parlons plus, attentifs aux bruits de la nuit et impressionnés par la sérénité du lieu. Nous sommes en route depuis une demi-heure quand des éclaboussements devant nous, sur la rive boueuse, nous alertent. Nous laissons le canoë filer sur son erre.

Kopački rit, paradis des oiseaux, photo droits réservés

Une masse sombre fourrage dans la vase à une dizaine de mètres. Le canoë vient buter sur la rive molle et c’en est déjà trop : grognement d’inquiétude, un énorme sanglier grimpe précipitamment sur la berge et s’arrête. Il ne nous a pas encore identifié, il capte les moindres effluves bruyamment. Cette fois il la compris : grognement de colère, il tourne les talons et s’enfonce sans hâte dans la roselière. Cavalcade soudaine sous les saules, piétinement de bois mort qui craque sous les sabots, trois cerfs mâles s’enfuient au galop en soulevant des gerbes d’eau. La luminosité est maintenant suffisante pour les suivre à la jumelle. À cent mètres, ils se sont arrêtés ; têtes tournées dans notre direction, ils prennent la mesure du danger, nous laissant le loisir d’apprécier leurs bois magnifiques en velours. Le canal s’élargit, dernier méandre avant le lac. la brume légère monte en vapeur et démasque les Hérons bihoreaux à l’affût sur des arbres morts. Cette lumière en demi-teinte a leur préférence.

Nous passons au large, très doucement, sans les faire voler. Le lac, enfin devant nous, le Kopacko Jezero. Tandis que l’aurore insensiblement s’empourpre, nous les entendons venir de très loin, bien avant d’apercevoir leur vol caractéristique. Les Oies cendrées se rapprochent, une centaine, à grand renfort de cancanements. Un large tour d’inspection avant de se poser et elles amerrissent les unes derrière les autres, dans une salve d’éclaboussures. Fascinés par le spectacle, nous voilà plongés au coeur du marais sauvage, trois jours seulement après avoir quitté les embouteillages parisiens. Un mouvement de panique s’empare des centaines de Grands Cormorans, Canards et Limicoles stationnant sur les vasières. Même les Hérons cendrés, Grandes Aigrettes et Spatules décollent. L’émotion nous saisit. Celui dont on nous a garanti la présence, le très rare Pygargue à queue blanche, est bien là, seigneur des lieux survolant son domaine dès les premières lueurs du jour. Un premier contact inoubliable… Après une année de préparation matérielle, de démarches administratives et de compilation livresque, le mythe enfin s’efface devant la réalité. L’aventure danubienne commence ! »

http://www.parkovihrvatske.hr/nature-park-kopacki-rit

Sources : Dominique Robert, « Du beau Danube bleu… au beau Danube vert », in Danube, Les oiseaux au fil du fleuve, préface de Paul Géroulet, Éditions Le Chevalier- R. Chabaud, ?, 1988

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Parc naturel de Kopački rit (région de Slavonie, Croatie) : une bioversité exceptionnelle entre Danube et Drava

Ce territoire qui fut autrefois un terrain de chasse apprécié de l’aristocratie autrichienne, austro-hongroise (Le prince Eugène de Savoie y construisit une résidence de chasse à proximité) puis des dirigeants communistes, forme un espace géographique spécifique entre Danube et Drava (Drau). Un dédale fluctuant et à la physionomie liée au débit des deux fleuves, composé de marais, de forêts alluviales aux arbres magnifiques, de canaux et de lacs parmi lesquels les lacs Kopačko et Sakadač sont les plus importants, rejoint le Danube et la Drava, un des ses principaux affluent se jetant dans celui-ci au kilomètre 1382, 5, en amont du village d’Aljmaš (km 1380). Cet affluent long de 750 km et navigable sur environ 150 km jusqu’à la ville frontière hongroise de Barcs, apporte au Danube un débit d’eau considérable. Le territoire du parc suit côté Danube une ligne frontalière très sinueuse avec la Serbie.

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Les passerelles en bois du centre d’accueil de Kopačevo, photo Danube-culture, droits réservés

Les vastes espaces inondables du Parc Naturel de Kopački rit dessinent un delta intérieur qui, à certaines périodes de l’année et à l’occasion de débits fluviaux très importants, peut être entièrement sous les eaux. Plus de 200 espèces biologiques y ont été recensées, 44 sortes différentes de poissons et 290 espèces d’oiseaux migrateurs et sédentaires fréquentent, fraient et nidifient dans ces lieux parmi lesquelles cigognes noires, aigrettes, oies sauvages, différentes espèces menacées de canards, pygargues à queue blanche, aigle criard….

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Le parc organise d’intéressantes excursions pédagogiques en bateau, photo Danube-culture, droits réservés

Les marais et les forêts alluviales sont également particulièrement propices au développement de populations amphibiennes ainsi qu’à la flore aquatique. Unio Tumidus kopaciensis, une moule d’eau douce à été découverte à Kopački rit.

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Des colonies impressionnantes de hérons et de pélicans parmi de nombreuses espèces d’oiseaux peuplent Kopački rit, photo Danube-culture, droits réservés

Kopački rit est inscrit depuis 1993 sur la liste des zones humides d’importance internationale de la convention de Ramsar, convention qui a pour mission « La conservation et l’utilisation rationnelle des zones humides par des actions locales, régionales et nationales et par la coopération internationale, en tant que contribution à la réalisation du développement durable dans le monde entier ».
4 autres sites naturels croates sont désormais inscrits sur cette liste.

Le parc fait également partie d’un programme de restauration de l’habitat traditionnel, de réintroduction d’élevage bovin adapté et respectant l’environnement, de production agricole biologique et de développement touristique.

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La résidence de chasse du prince Eugène de Savoie à Bilje, photo Danube-culture, droits réservés

Deux centres d’accueil, de visites (ballades pédagogiques en bateau au Centre de Kopačevo) et d’informations (exposition) permettent de découvrir la biodiversité unique de cette zone humide.La pêche est interdite dans l’enceinte du parc excepté dans une seule zone délimitée.
Restauration possible

Parc Naturel de Kopački rit, le « coeur du Danube »
http:
//www.parkovihrvatske.hr/nature-park-kopacki-rit
www.pp-kopacki-rit.hr
www.kopacki-rit.com

Accueil, visites et informations :
Centre de Kopačevo
prijemni.centar@pp-kopacki-rit.hr
https://youtu.be/haquqG0c_Gw

Centre de Tikves (Direction du Parc Naturel de Kopački rit)
prijemni.centar.tikves@pp-kopacki-rit.hr

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Le Centre de Tikves, photo Danube-culture, droits réservés

Plateforme commune des espaces protégés du Danube :
www.danubeparks.org

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Le confluent de la Drava avec le Danube (km 1382, 5), photo Danube-culture, droits réservés

 

 

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