Passau, la Venise bavaroise ou le génie des eaux et de la confluence…

« Passau, a environ 15 000 habitants, est située au confluent du Danube, de l’Inn et de l’Ilz, a un aspect très pittoresque et est une très ancienne ville. Elle se compose de la ville proprement dite : Altstadt et Neumarkt, Innstadt et Ilzstadt, Anger et St. Nicolas. La ville fut fondée en l’an 100 avant Jésus-Christ, sous le le nom de Bojodurum. L’Innstadt a été bâtie aujourd’hui à sa place ; 26 ans après Jésus-Christ les légions avançantes des Romains trouvèrent cette ville déjà fortement développée et l’agrandirent pour un point stratégique important. Par la paix de Pressbourg du 20 décembre 1805, l’évêché de Passau revint pour toujours à la Bavière et la ville se développa depuis d’une manière joyeuse. Passau est le siège du tribunal et des administrations suivantes : Intendance des bâtiments, cour d’appel, tribunal d’arrondissement, justice municipale et le tribunal suprême, administration de district, charge de finances, administrations des eaux et forêts, administration de la poste, station télégraphique, grand bureau de douane, municipalité, police et banque succursale… »
Alexandre François Heksch, Guide illustré sur le Danube de Ratisbonne à Souline, A. Hartleben, Éditeur, Vienne, Pest, Leipsic, 1883

Passau en 1858 par le peintre hollandais Kasparus Karsen (1810-1896)

Une histoire singulière
Cité libre et dynamique du Saint-Empire romain germanique, tournée très tôt vers le fleuve, sa navigation et son commerce, sur la route du sel et des croisades, centre de forge réputé à la Renaissance, elle fût érigée en évêché dès 739. Ses évêques acquièrent le statut de princes d’Empire en 1217 et règnent pendant trois siècles, jusqu’à la création d’évêchés en Autriche et en Hongrie, sur un immense territoire danubien qui s’étend jusqu’à Vienne. Au XVIIe Passau est en grande partie détruite par des incendies (1662 et 1680). Les évêques font appel à des architectes italiens pour la reconstruire. On raconte qu’en 1703, les troupes bavaroises assiègent la ville épiscopale. Les trois compagnies locales de soldats sont peu motivées pour se battre contre leurs voisins et refusent le combat sous prétexte d’une fièvre subite. Mais le général en chef des troupes bavaroises d’alors, frustré et sans doute en recherche d’une quelconque action glorieuse, se plaignit de n’avoir rencontré aucune résistance ! La cité demeure la résidence du prince-évêque jusqu’au début du XIXe siècle puis elle est annexée par l’Électorat de Bavière, futur royaume, à la période de la sécularisation (1803-1805). Napoléon y séjourne en 1809 sur le chemin de Vienne et considère Passau comme la plus belle cité allemande.

Sur la façade de l’Hôtel de ville, les niveaux atteints par les différentes inondations, photo Danube-culture, droits réservés

De la mise en scène baroque de son architecture, des perspectives toutes en rondeur et en courbes flatteuses de sa cathédrale, de l’ambiance quasi insulaire de son coeur historique qui pointe vers le confluent comme la proue d’un navire, de l’omniprésence de l’eau, émanent incontestablement, comme pour sa soeur Ratisbonne, une atmosphère unique rappelant l’effervescence culturelle de la civilisation de l’Europe méridionale et la contribution de quelques-uns de ses éminents artistes à l’épanouissement de Passau.

Sissi (Elisabeth, princesse de Bavière et Impératrice d’Autriche-Hongrie s’arrêta ou visita Passau à plusieurs reprises, lors de son voyage en bateau vers Vienne en 1854, puis en septembre 1862 par le train depuis l’Autriche et en 1878 de manière anonyme sous le nom de C. Woog de Paris.

Aujourd’hui Passau est une ville d’environ 55 000 habitants, restaurée avec beaucoup de soin   qui séduit de nombreux touristes de toute l’Europe en particulier par le fleuve. Outre son patrimoine historique et architectural, elle possède une université fréquentée par 10 000 étudiants et propose une offre conséquente d’événements culturels tout au long de l’année parmi lesquels « Les semaines européennes (Festspiele Europaïsche Wochen) ».

Le coeur de Passau entre Inn et Danube, photo droits réservés

C’est à Passau que le Danube quitte l’Allemagne sur sa rive droite, après le confluent avec l’Inn pour entrer en Autriche. Le fleuve ne devient autrichien sur ses deux rives qu’à partir du kilomètre 2200. La ville a subi en 2013 les inondations les plus importantes de son histoire depuis le moyen-âge. Certaines sources affirment qu’à Passau c’est le Danube qui se jetterait dans l’Inn au débit plus important mais l’histoire officielle en a décidé autrement. Enfin provisoirement…

 Passau vu par l’écrivain Claudio Magris
« Dans la ville de Passau/Régnait un évêque », dit la XXIe Aventure de la Chanson des Nibelungen. Cet évêque, dans le grand poème médiéval allemand, c’est Pilgrim, présenté comme l’oncle des Burgondes et de Kriemhild mais c’est l’histoire de Passau entière qui s’enveloppe dans une majesté épiscopale, toute en rondeur. Du Ve siècle jusqu’à nos jours, innombrables sont les éloges à la gloire et à la beauté de la « florissante » et « resplendissante » ville aux trois noms bâtie sur trois fleuves, la Venise de la Bavière, « schön und herrlich« , belle et magnifique, dont à une époque le diocèse s’étendit à l’Autriche et à la Hongrie et dont les évêques régnaient sur la Pannonie et sur le patriarcat d’Aquileia. Passau a été une ville libre du saint empire, et surtout la résidence du prince-archevêque, jusqu’en 1803 ; du haut du coteau, l’Oberhaus — la forteresse épiscopale — tenait sous son regard et ses canons les citoyens et leur municipalité, assurant le maintien d’un ordre ponctué par la dévotion religieuse, l’autoritarisme clérical, la splendeur baroque, de solides études classiques et d’aimables plaisirs des sens…

Bateliers_Linz-Passau (Bartlett)

Bateliers de Passau et Linz, dessin de William Bartlett, 1844

À Passau prévaut la rotondité, la courbe, la sphère — univers clos et achevé comme une balle bien protégée par le chapeau épiscopal qui la coiffe. Elle a une beauté de femme faite, la séduction accueillante et conciliante de ce qui est achevé. Mais la courbe de la coupole se fond dans celle, maternelle, de la rive, elle disparaît dans celle des eaux qui s’échappent et se dissolvent ; le côté insaisissable et léger de l’eau rend aérienne et légère la pompe des palais et des églises, qui apparaît mystérieuse et lointaine, irréelle comme un château dans un ciel crépusculaire.

Passau, vue de la basse et de la haute forteresse au-dessus de l’Ilz, dessin de Friedrich Bernhard Werner, gravure de Martin Engelbrecht, Augsburg, 1740, Staatliche Bibliothek Passau »

À Passau, le voyageur sent que l’écoulement du fleuve est désir de la mer, nostalgie du bonheur marin. Ce sentiment de plénitude vitale, ce cadeau des endorphines et de la tension artérielle ou de quelque acide secrété par un cerveau bienveillant, l’ai-je vraiment éprouvé dans les ruelles et sur les quais de Passau — ou alors est-ce que je crois l’avoir éprouvé seulement parce que, attablé au Café San Marco, je suis en train d’essayer de le décrire ?…

P1060523

Les fresques du plafond de la cathédrale de Passau, photo Danube-culture, droits réservés

« Passau est au confluent de trois cours d’eau ; la petite Ilz et le grand Inn s’y jettent dans le Danube. Mais pourquoi le fleuve formé de leurs eaux mêlées, et qui s’écoule vers la mer Noire, doit-il s’appeler et être le Danube ? Il y a deux siècles Jacob Scheuchzer dans son Hidrographia Helvetiae, page 30, observait que l’Inn, à Passau, est plus large et plus profond que le Danube, avec un débit plus fort, et même derrière lui, un parcours plus long. Le docteur Metzger et le docteur Preusmann, qui ont mesuré en pieds la largeur et la profondeur des deux cours, lui donnent raison. Donc le Danube est un affluent de l’Inn. et Johann Strauss est l’auteur d’une valse intitulée Le bel Inn bleu — L’Inn après tout pourrait revendiquer à plus juste titre cette couleur. Ayant décidé d’écrire un livre sur le Danube, je ne puis évidemment souscrire à cette théorie, de même qu’un professeur de théologie dans une faculté catholique ne peut nier l’existence de Dieu, objet même de sa science. Par bonheur c’est justement la science qui me vient en aide, en l’occurrence la perceptologie, selon laquelle si deux fleuves mêlent leurs eaux on considérera comme fleuve principal celui qui, au confluent, forme un plus grand angle avec la partie qui se trouve en aval. L’oeil perçoit (établit) la continuité et l’unité de ce fleuve, et perçoit l’autre comme son affluent. Faisons donc confiance à la science et évitons, tout au plus, par prudence, d’observer trop longuement le triple confluent à Passau et de passer trop de temps à vérifier l’ampleur dudit angle, parce que l’oeil, à force de fixer longuement un endroit, se trouble et voit double, ce qui envoie à tous les diables la clarté de la perception, et risquerait d’occasionner de vilaines surprises au voyageur du Danube.

Ce qui est certain, c’est que le fleuve va à val, comme celui qui le suit ; peu importe d’établir avec rigueur d’où viennent toutes les eaux qu’il emporte et qui confondent avec les siennes. Aucun arbre généalogique ne garantit à 100% le sang bleu. La foule hétérogène qui se presse sous notre crâne ne peut présenter un inattaquable certificat de naissance, elle ne sait d’où elle vient ni quel est son nom, Inn ou Danube ou autre, mais elle sait où elle va et comment elle finira. »

Claudio Magris, « Dans la ville de Passau » et « Le beau Danube ou le bel Inn bleu », Danube, coll. «L’Arpenteur», Gallimard, Paris 1988

Collectivité locale de Passau
www.passau.de
Office de tourisme (page en langue française)
www.tourismus.passau.de

Culture
Festival des semaines européennes (juin-juillet)
www.ew-passau.de
Cathédrale Saint-Étienne (Dom St. Stephan), achevée en 1668. L’orgue est le plus grand instrument de ce type au monde.

P1060524

Les orgues de la cathédrale, photo Danube-culture, droits réservés

Musée du diocèse et trésor de la cathédrale (Domschatz und diöcezanmuzeum)
www.bistum-passau.de
Musée de le forteresse épiscopale (OberhausMuseum) :
www.oberhausmuseum.de
La construction de la forteresse remonte au XIIIe siècle. De la batterie Linde, on bénéficie d’une vue magnifique sur la ville et sur l’étonnant confluent du fleuve et des deux rivières dont on distingue parfaitement les couleurs respectives avant qu’elle ne se mélangent.
Musée d’art moderne (Museum Moderner Kunst)
www.mmk-passau.de
Musée du verre de Passau (Glasmuseum Passau)
www.glasmuseum.de
Musée romain « Kastell Boiotro » (RömerMuseum Kastell Boiotro) 
www.stadtarcheologie.de

Grande salle de l’hôtel de ville (Großer Rathaussaal)

Hébergement
Hôtel Altstadt-Hotel Passau
www.altstadthotel.de
Confortable, central et à proximité du confluent du Danube, de l’Inn et de l’Ilz

Hôtel Wilder Mann
www.wilder-mann.com

Hôtel de tradition à proximité du Danube dans la vieille ville, chambre de Sissi.

Hôtel Koenig
www.hotel-koenig.de
Près de l’embarcadère et de la piste cyclable

Pension « Weisser Hase »
www.weisser-hase.de
Pension « Zur Goldenen Sonne »
www.pension-goldene-sonne.de

 Croisières

P1060492

Donauschiffahrt Wurm +Köck
www.donauschiffahrt.de
De nombreuses possibilités de croisières simples et à thème avec cette compagnie allemande aux bateaux confortables, très présente sur le Danube tout au long de l’année. En été et certains jours on peut se rendre en bateau de Passau à Vienne. La remontée et l’arrivée sur Passau en bateau, en particulier au coucher du jour ou la nuit, est exceptionnelle.

Danube-culture, droits réservés, mise à jour janvier 2020

Aux sources du Danube en Forêt-Noire : La Brigach, petite ou grande soeur de la Breg

La Brigach prend sa source à 925 m d’altitude sur le territoire de la commune de Saint Georges en Forêt-Noire (Sankt Georgen im Schwarzwald), plus précisément au lieu-dit Brigach d’où elle tire son nom.

photo © Danube-culture, droits réservés

Une rivière sans histoire ? Pas tout à fait puisque l’on vient d’un peu partout pour découvrir et photographier sa source qui se trouve dans le sous-sol d’une vieille ferme typique de la Forêt-Noire désormais restaurée. Eh oui, Le temps où l’écrivain Claudio Magris découvrait et visitait ces lieux dont il a fait une description pittoresque dans son livre consacré au Danube, est loin désormais. C’est dès ses sources que le tourisme aiguise sa curiosité pour le fleuve. 

Lieu-dit Brigach, photo © Danube-culture, droits réservés

La source de la Brigach, photo © Danube-culture, droits réservés

Photo © Danube-culture, droits réservés

La source alimente un petit étang dans un site sobrement aménagé pour les visiteurs puis la modeste rivière continue sa route vers la vallée traversant successivement les communes de Villingen, Marbach, Grüningen pour atteindre, 43 km en aval, la pimpante cité princière de Donaueschingen qu’elle traverse, en grande partie corsetée dans un lit artificiel.

La Brigach encore libre en amont de Villingen, photo © Danube-culture, droits réservés

La Brigach rejoint en passant par le parc du château son confluent avec la Breg, née elle aussi en Forêt-Noire à Furtwangen, près du hameau de la Chapelle Saint Martin (Saint Martin et Saint Georges veillent ainsi conjointement sur la naissance et le destin du grand fleuve !) et que les habitants considèrent toujours comme la véritable source du Danube. C’est à partir de leur confluent à l’extrémité du parc du château que ces deux jolies rivières prennent ensemble le nom de Danube.

Le confluent de la Breg et de la Brigach, photos © Danube-culture, droits réservés

Sur le chemin de la Brigach, photo © Danube-culture, droits réservés

Un Danube facétieux : des pertes et une capture au profit du Rhin

« Ici s’enfonce sous terre le Danube environ 155 jours par an » (photo Wikipedia)

Avant même de recevoir les eaux d’un premier affluent important, les deux tiers des eaux du jeune Danube s’engouffrent brusquement peu après la commune d’Immendingen dans deux failles du sous-sol karstique du Jura franconien. Elles réapparaissent tout aussi soudainement sous la forme d’une résurgence au débit important (10 000 l/seconde) près d’Hegau, à une distance de 12 kilomètres, une soixantaine d’heures plus tard, via un réseau souterrain.

La résurgence des eaux danubiennes à Hegau considérée comme la source de la Radolfzeller Aach, affluent indirect du Rhin, (photo Wikipedia)

Cette résurgence « Achtopf » considérée comme une source alimente les eaux d’un affluent indirect du Rhin, la Radolfzeller Aach qui vient confluer indirectement avec celui-ci en se jetant dans le lac de Constance à la hauteur de Radolfzell (Allemagne) par lequel le Rhin transite. 

schéma du parcours souterrain des eaux captées lors des pertes du Danube (sources Wikipedia)

Les eaux du Danube transitent ainsi par ce réseau souterrain pour aller rejoindre le bassin voisin du Rhin, illustrant, après celui des pertes, un étonnant phénomène de capture.

Le lit du Danube, asséché sur plusieurs kilomètres au-delà de la perte d’Immendingen en période d’étiage, période pouvant durer entre 155 et 200 jours par an, est réalimenté à la hauteur de Tuttlingen-Möhringen par les eaux du Krähenbach puis par celles de l’Elta à Tuttlingen, deux ruisseaux de la rive gauche. Une autre perte dans le même sous-sol karstique, à proximité de Fridingen, en aval de Tuttlingen, conduit par un réseau similaire à la même résurgence.

Ces pertes et cette capture par le bassin voisin du Rhin ont engendré autrefois une querelle entre les habitants d’Immendingen-Tuttlingen et ceux d’Hegau puis un procès entre les États de Bade et de Würtemberg, aujourd’hui réunis dans un Land commun.

« Avec un colorant, on a établi que ce passage du Danube au bassin du Rhin dure environ soixante heures. Personne ne reprochera aux habitants de la région Immendingen-Tuttlingen d’avoir cherché à contenir dans certaines limites, avec des barrages et des conduites, cette « perte du Danube ». À Hegau, en revanche, on a émis des protestations, et, en 1927, on en vint même à un procès entre les États de Bade et de Würtemberg. Aujourd’hui, deux galeries assurent à la vallée du Danube une quantité d’eau minimale d’eau ; mais au cours des étés secs, le lit de la rivière présente encore l’aspect d’un désert de pierre à peine mouillé. »
Hans Peter Treichler, Georg Stärk, Le Danube, Éditions Mondo SA, Lausanne, 1983

Voir également sur ce même site :

Le réseau hydrographique du Haut-Danube

Eric Baude, mars 2018, droits réservés

Agnès Bernauer, le Danube et la raison d’État…

C’est avec un peu de persévérance qu’on peut arriver jusqu’au vieux et discret cimetière de Sankt-Peter (Saint-Pierre), dans un quartier excentré de la petite ville bavaroise de Straubing, et y découvrir la chapelle avec son monument funéraire dédiée à Agnès Bernauer (1410-1435), fille d’un humble barbier d’Augsbourg. Il émane de ce cimetière qui, avec ses remparts et ses pierres tombales grises et verdâtres, entoure et protège une haute et sobre basilique romane, comme une atmosphère d’antichambre céleste.

Le petit cimetière de Saint Pierre de Straubing date du XIIème siècle. La basilique a été construite à partir de 1180 et la chapelle d’A. Bernauer en 1436. Deux autres chapelles voisinent avec celle d’Agnès Bernauer (photo droits réservés).

Agnès Bernauer eut le grand malheur de plaire puis d’épouser secrètement le noble Albert (1401-1460), fils du duc Ernest de Bavière (1373-1438). Son père ne supporta pas cette mésalliance qui, selon lui, mettait en péril non seulement sa volonté dynastique mais chamboulait aussi l’ordre social de son royaume. Aussi, pour sauver celui-ci, s’arrangea-t-il avec le juge Emmeram Rusperger pour faire inculper sa belle-fille de sorcellerie. Elle fut condamnée et noyée dans le Danube le 12 octobre 1435.

La stèle en marbre rouge d’Agnès Bernauer avec un chapelet à la main et deux petits chiens à ses pieds, symbole du dévouement et de la fidélité conjugale (photo droits réservés).

La belle et courtoise Agnès mourut sans renier son mari, en conflit avec son père et parti se réfugier courageusement à la cour d’Ingolstadt. Les soldats d’Ernest de Bavière eurent du mal à accomplir leur sale besogne. La jeune fille dériva à la surface du fleuve comme protégée par la grâce divine ou par le génie d’un ondin ému par son sort cruel. Les bourreaux durent lui attacher les cheveux à une perche et maintenir sa tête longtemps sous l’eau pour qu’elle meure noyée. « La grande roue lui est passée sur le corps » dira le Duc Ernest de Bavière. Pourtant, peut-être pris de remords ou admirant sa fidélité jusque dans l’au-delà, il lui fit édifier une chapelle et une sépulture dans le cimetière de Saint Pierre à Straubing et se retira dans un cloître où il mourut trois ans plus tard. Albert se réconcilia avec son père avant sa mort, contracta un nouveau mariage peu de temps après, toujours au nom de la raison d’État, et lui succéda en 1438.

Chapelle d’Agnès Bernauer dans le cimetière de Saint Pierre de Straubing (photo droits réservés)

Au meurtre de la jeune fille, venue à la rencontre de son tragique destin à Straubing, s’interpose la légèreté bienveillante et pleine de fantaisie de la Zauberflöte (La Flûte enchantée). C’est dans cette même petite ville danubienne bavaroise que nait le « saltimbanque » Emmanuel Shikaneder (1751-1812)1, de son vrai nom Johann Josef Shikaneder, qui fait prendre sa revanche aux coeurs purs et au petit peuple.

Emmanuel Shikaneder (1751-1812)

Comédien, chanteur, écrivain, directeur de théâtre, franc-maçon comme Mozart qu’il rencontre pour la première fois lors de son séjour à Salzbourg, Shikaneder sera le librettiste complice ainsi que le Papageno de la première du dernier Singspiel de Mozart, créé dans au Théâtre sur la Vienne (Theater an der Wien) en 1791 et dirigé par le compositeur en personne. Shikaneder avait écrit auparavant une pièce dramatique consacrée à Agnès Bernauer qu’il avait donné à Salzbourg. Devant l’émotion immense des spectateurs lors de chaque représentation il décida un soir que son héroïne serait exceptionnellement graciée ce jour-là !

Emmanuel Shikaneder en Papageno (Wien : Alberti 1791)

Eric Baude, janvier 2018

1 Emmanuel Shikaneder est enterré  à Vienne au Währinger Friedhof (cimetière Währinger). Une ruelle de la capitale autrichienne porte son nom (Shikanedergasse) dans le quartier de Wieden (4ème arrondissement).

« Le monument funéraire, qui représente Agnès Bernauer avec un chapelet à la main et deux petits chiens à ses pieds, symboles de la fidélité conjugale unissant cette fille du peuple et son époux princier, a été élevé par le duc Ernest, son meurtrier. La tradition, qu’Hebbel a reprise dans son drame, en fait une illustration de la raison d’ État : le duc Ernest aurait profondément admiré la vertu, la personnalité d’Agnès, l’amour si pur qui l’unissait à son fils, et aurait décidé — avec fermeté mais à contrecoeur — de l’éliminer brutalement, en raison des conséquences politiques de ce mariage, et des complications qui en résulteraient : désordres, guerres, révoltes et effondrement de l’État, luttes fratricides et misère. Une fois accompli ce sacrifice — ou ce crime d’État — le duc rendit hommage à la fermeté morale et à l’innocence de la victime en lui faisant ériger — maintenant qu’elle ne représentait plus un danger — un sépulcre qui rappellerait son souvenir aux siècles futurs, et en se retirant lui-même dans un cloître ; son fils Albert, qui avait pris les armes contre lui pour défendre puis pour venger sa femme, réintégra vite les rangs de la politique et de la dynastie, et, s’étant réconcilié au nom de la raison d’État avec ce père qui l’avait rendu veuf, assuma le pouvoir ducal et contracta ensuite ne nouveau mariage conforme à son rang. »
Claudio Magris, « La grande roue » in Danube, pp. 153-254, Éditions Gallimard, Paris, 1986

Le martyre de la belle Agnès a inspiré de nombreux écrivains et cinéastes parmi   lesquels :
Emmanuel Shikaneder, Agnès Bernauer, Salzbourg, vers 1780 ?
Friedrich Hebbel, Agnès Bernauer, tragédie (1855)
Felix Mottl, Agnes Bernauer (1880), librement adapté de Friedrich Hebbel, jeu de scène en 3 actes
Carl Orff, Die Bernauerin (1947)
Jacques Prévert, Agnès Bernauer (1961)
Franz Xaver KroetzAgnes Bernauer (1977), d’après Friedrich Hebbel, pièce de théâtre
Veit Harlan, Agnès Bernauer, scénario de film (?)
Raymond Bernard, Le Jugement de Dieu, film (1952)
Michel Boisrond, Les Amours célèbres (1961), film à sketchs avec Brigitte Bardot (Agnès Bernauer), Alain Delon (Le duc Albert de Bavière), Suzanne Flon (Ursula, La Margravine), Jean-Claude Brialy (Eric Torring), Jacques Dumesnil (Hans, le bourreau), Pierre Brasseur (Le grand duc Ernest), Michel Etcheverry (Gaspard Bernauer, barbier, le père d’Agnès)… Les dialogues du 3ème sketch, Agnès Bernauer, sont du poète Jacques Prévert.

 

 

Sur les ailes du Danube : Albert Ludwig Berblinger, le tailleur d’Ulm qui se prenait pour Icare !

Tailleur de profession mais inventeur par passion, Albrecht Ludwig Berblinger, citoyen d’Ulm voulait faire du Danube le lieu de ses exploits, de la concrétisation d’un rêve fou qui l’obsédait. Mais celui-ci ne rêvait pas ni de pêche prodigue dans le fleuve, ni d’exil ou de la conquête de nouveaux territoires, en aval et plus à l’Est comme le firent ses compatriotes, les « Donauschwaben », les Souabes du Danube, originaires d’Ulm et des environs. Son rêve à lui c’était de voler avec ses propres ailes, des ailes de sa fabrication, élaborées patiemment. Aussi, après les avoir réalisé s’entraina t-il en secret en se lançant de petites collines des environs d’Ulm. Puis Berblinger annonça dans le journal local qu’il s’élancerait d’un tremplin rehaussant l’un des bastions des remparts le 4 juin 1811.

Le roi Frédéric Ier de Bavière qui devait se rendre en visite à Ulm le 30 mai se montra vivement intéressé par le projet du tailleur-inventeur et lui envoya pour l’encourager la coquette somme de 20 Louis d’or. La ville et le prestigieux comité d’accueil demandèrent à Berblinger d’avancer son vol pour le jour de la visite du roi. Berblinger ne pouvait pas refuser. Au jour dit, le public nombreux se rassembla à proximité des remparts. Mais une aile se brisa et l’obligea à repousser son envol au lendemain. Ce jour-là, ce fut le vent qui l’en empêcha. Malgré des conditions météorologiques toujours défavorables, Berblinger s’élança deux jours plus tard. La démonstration tourna au drame et le pauvre tailleur tomba directement dans le fleuve sans même avoir pu déployer ses ailes. Des pêcheurs indulgents le récupèrent. On le moqua. Il fut la risée de sa corporation qui l’exclura. Berblinger dut quitter Ulm. On n’entendra plus jamais parler de lui. Il noiera son échec dans l’alcool et l’addiction au jeu. Quant à ses ailes, la légende raconte que sa femme les aurait vendu à un artisan qui aurait fabriquer des parasols avec !

L’essai malheureux de Berblinger et son sauvetage par des pêcheurs d’après une gravure d’époque

Admirative de l’exploit de son tailleur, de son projet de voler et de son génie inventif, la municipalité d’Ulm a fait réalisé et expose dans le hall d’honneur de son hôtel de ville une réplique des ailes de son intrépide mais malheureux Icare local.

Le Danube avait déjà inspiré plusieurs autres essais, ceux-là réussis. En 1808, un horloger et inventeur viennois d’origine suisse, Johann Jakob Degen (1761-1848) avait réussi à s’envoler du Parc du Prater à l’aide d’une machine de son invention. Il effectuera un vol libre d’une heure le 6 septembre 1810 en présence de l’empereur, de Laxenburg à Vösendorf.

Plaque commémorative sur la dernière maison viennoise où vécut Jakob Degen

 

Eric Baude, 4 octobre 2017

Ports de plaisance, emplacements d’amarrage, barrages-écluses et autres informations pour naviguer sur le Danube allemand : du Km 2415, 2 au Km 2203, 3

Km 2414, 2
Kelheim
Il n’est pas possible de s’amarrer sur les quais de la vieille ville de Kelheim. Voir au Km 2414, 7 Marina Saal.
Au dessus de la ville sur le Michelsberg se tient la Befreiungshalle, le Temple de la libération, inauguré par Louis Ier de Bavière le 18 octobre 1863 en commémoration des victoires sur Napoléon des 18 octobre 1813 et 1815.

La Befreiungshalle, photo © Danube-culture, droits réservés

Km 2414,7, rive gauche
Confluent du canal Main-Donau avec le Danube
Début de la route fluviale danubienne internationale régie par la Commission du Danube selon la convention de Belgrade (1948)

Km 2410, rive droite
Marina Saal
Mouillage minimum : 1,80 m – 2 m
Eau, électricité, douches, wc, WLAN, location de vélos, service de réparation, station-service, restaurant. La prochaine station-service en aval se trouve à Schlögen (Autriche)
Liaison par bus depuis la marina pour Kelheim ou 15 mn à bicyclette.
Contacts :
(Boote Yachten Marina Saal)
Tél. : 0049/9441/68 86 60

www.marina-saal.de

Marina de Saal au coucher du soleil, photo © Danube-culture, droits réservés

Km 2403,05, rive gauche
Port de plaisance de Donautal-Kapfelberg
Un bel emplacement mais très fréquenté !
Mouillage minimum : 1,2 m, entrée du port : 2 m
Eau, électricité, douches. Grue de levage.
30 mn à pied de Kelheim
Réparation et entretien : Vogel Service Marine, tel. +49/9405/953 00
Contacts :
Sportboothafen Donautal/Kapfelberg
Tél. du port : 0049/9404/51 69
ou Willi Mannsdorfer
Tél. :  0049/9441/76 61
Tél. port. / 0049/170/815 76 61

www.yachthafen-donautal.de

Port de plaisance « Donautal », photo © Danube-culture, droits réservés

Km 2397,1
Écluse pour les bateaux de plaisance et écluse de Bad Abbach
Canal 19
Contacts :
Tél. : 0049/9405/12 76

Km 2386,9, rive gauche
Port de plaisance de Sinzing
Longueur maximale : 10 m
Mouillage minimum : 2 m
Eau, électricité, douches/WC, WLAN, grue
Contacts :
Sportboothafen Sinzing
www.mwsc-regensburg.de

Km 2381,3
Écluse pour les bateaux de plaisance de Regensburg
Contacts :
Tél. : 0049/941/854 58

Canal 21

Km 2380,5, rive gauche du bras sud du Danube
Port de plaisance de Regensburg
Les deux premiers pontons appartiennent au Club de bateaux à moteur et de sports nautiques de Regensburg (MWSV Regensburg)
Mouillage minimum : 1,5 à 2 m
Eau, électricité, grue
Contacts :
MWSV Regensburg
Josef Antes tél. : 0049/941/99 77 77

Bureau du club, tél.  : 0049/941 869 69, portable : 0049/171/515 76 11
Le troisième ponton appartient au Bootshaus Kainz
Eau, électricité, douches/WC
Contacts :
Tél. 0049/941/56 05 86

Le quatrième ponton appartient également au Club de bateaux à moteur et de sports nautiques de Regensburg. Voir ci-dessus.
Contacts:
Tél. portable : 0049/170/ 238 75 83

Km 2379,6
Pont de pierre historique et légendaire de Regensburg, l’un des plus beaux ouvrages de ce type sur le fleuve.

Le vieux pont de pierre de Regensburg, le pont le plus ancien du Danube encore en activité, photo © Danube-culture, droits réservés

Km 2377, rive droite
Marina de Regensburg, dans le quartier industriel
Mouillage minimum : 1,5 m
Longueur maximum : 16 m
Eau, électricité, douches/WC
A 15 mn à bicyclette de la vieille ville.
Contacts :
0049/171/212 31 54

Le musée de la navigation de Regensburg, photo © Danube-culture, droits réservés

Km 2368,8, rive gauche
Walhalla, pompeux panthéon bavarois de style néo-grec construit par Louis Ier de Bavière.

Le Walhalla, photo © Danube-culture, droits réservés

Km 2354,3, rive gauche
Écluse de Geisling
Contacts

Canal 22
Tél. : 0049/9481/943 67 31 11

Km 2329,7, rive gauche
Écluse de Straubing
Canal 18
Tél. : 0049/9421/43 07 01 11

Km 2325, rive droite
Straubing
On peut s’arrêter pour un court moment dans le port de l’Office de la navigation et de l’eau.
Contacts :
WSA Regensburg, antenne de Straubing
Tél : . 0049/9421/43 07 00
Il existe depuis peu sur la rive nord un emplacement  en libre-accès près du pont du château. L’entrée du bras sud se fait au Km 2320.
 

Entretien et réparations :
Marine Center Straubing

Tél. : 0049/9421/311 39
Marine-center-straubing.de

Km 2314, rive droite
Port de plaisance Club de bateaux à moteur et de sports nautiques de Straubing
Pour les bateaux de moins de 3 t, weekends et jours fériés.
Mouillage minimum : 1 m voire en dessous, sonder de préférence ou appeler le club.
Eau, électricité, douches/WC, WLAN, slip.
Contacts :
MWSC Straubing
Walter Dörfl
Tél. :  0049/9421/311 39
Tél. du club :  0049/9421/100 81
www.mwsc.de

Km 2288,5, rive gauche
Club de bateaux à moteur de Deggendorf-Metten
Weekend et jours fériés
Mouillage minimum : 1,5 m
Contacts :
MBC Deggendorf
Günther Vornehm
Tél. portable : 0049/171/ 807 10 99

Km 2283,9, rive gauche
Port de refuge de Deggendorf
Club de bateaux à moteur de Basse-Bavière-Landshut
Mouillage minimum : 1,5 m
Eau,électricité, douches/WC. Une station-service est à 300 m sir la route. Supermarché à 700 m.
Contacts :
Heinz Schinhärl, responsable des emplacements
Tél. portable : 0049/151/12 23 82 02
0049/171/213 03 4

Km 2281,8, rive droite
Confluent de l’Isar avec le Danube
Attention aux bancs de sable dans le périmètre du confluent !

Km 2256,6, rive gauche
Club de bateaux à moteur de Hofkirchen
Un joli petit port.
Mouillage minimum : 2,20 m
Eau, électricité, douches/WC, WLAN, grue.
Contacts :
MBC Hofkirchen
Jochen Reckzeh
Tél.portable : 0049/173/353 19 62

www.mbc-hofkirchen.de

Km 2249,2, rive gauche
Port de plaisance de Vilshofen
Mouillage minimum : 2 m
Eau, électricité,  douches, slip.
Contacts :
Fritz Höckel
Tél. portable : 0049/171/310 02 17
0049/171/453 41 4
http://www.bsv-vilshofen.de

Km 2237,8, rive gauche
Ponton de l’Auberge « Fischerstüberl »
Contacts :
Robert Heller
Tél. : 0049/8546/624
www.hellers.info

Km 2234,5, rive gauche
Port de plaisance de Schalding
Club des amis des sports nautiques de Passau. Peu de places. Mieux vaut appeler le club au préalable.
Longueur maximum : 8 m
Mouillage minimum : 1,5 m
Eau, électricité, douches/WC, slip. 

Contacts :
Raimund Towara
portable : 0049/171/404 04 39
Tél. du club : 0049/851/717 57

Km 2232,5, rive gauche
Port de plaisance de Heining (Passau)
Club de bateaux à moteur de Passau
Eau, électricité, douches/WC, WLAN, slip. Possibilité de cuisiner, petite piscine, location de vélos. 20 mn du centre ville en bus.
Une visite dans la vieille ville de Passau s’impose.
Contacts :
0049/160/92 21 32 35
Josef Aulinger,
tel. +49/851/822 22,
portable +49/179/476 04 87

www.myc-passau.de

Km 2230,7
Écluse de Kachlet
Contacts : 
Canal 20
Tél. : 0049/851/95 51 92 11

Km 2228,5, rive gauche
Port industriel et commercial de Racklau (Passau)
Interdit au bateaux de plaisance

Km 2228
Passau, la belle ville aux trois rivières ou la « Venise bavaroise »

Km 2225, 4 et 2225, 2
Confluent de l’Inn (rive droite) et de l’Ilz (rive gauche) avec le Danube.
Certains affirment qu’ici le débit de l’Inn est supérieur à celui du Danube. 

Confluent de l’Inn (à gauche) et de l’Ilz (à droite) avec le Danube à Passau, photo droits réservés

 

Km 2223, 3
Après le pont « Kräutelstein » commence sur la rive droite le territoire autrichien. La rive gauche reste en territoire allemand jusqu’à l’écluse-barrage de Jochenstein, le milieu du fleuve délimitant la frontière entre les deux pays.

Km 2222,1, rive gauche
Le port de refuge pour les bateaux de plaisance de Lindau n’est accessible qu’en en cas de problème.

Km 2215,5, rive gauche
Confluent de l’Erlau avec le Danube.
Possibilité d’ancrer dans le confluent pour de petits bateaux de plaisance. 

Km 2211,8, rive gauche
Port de plaisance d’Obernzell. Le dernier port de plaisance sur le territoire allemand avant la frontière avec l’Autriche.
Mouillage minimum : 1,5 m
Eau, électricité, douches/WC, WLAN, slip, grue. Piscine à proximité, pizzeria.
Contacts :
Franz Maier, capitaine de port
Tél. portable : 0049/151/46 63 68 12
https://marinas.info/marina/hafen-obernzell

Km 2207,6, rive gauche
Possibilité de s’amarrer au ponton de l’auberge «Kohlbachmühle»
Cuisine régionale.

Km 2205,6, rive gauche
Port privé de Grünau.
Ce port n’est pas accessible aux visiteurs.

Le Danube à la hauteur du barrage de Jochenstein, photo © Danube-culture, droits réservés

Km 2203,3
Écluse et barrage de Jochenstein
Contacts :
Canal 22
Tél. : 0049/8591/91 19 81 11
Toute proche de l’écluse-barrage de Jochenstein, sur la rive gauche allemande, se tient la « Haus am Strom » (« La Maison au bord du  fleuve »). Exposition sur le thème de l’eau et de l’environnement.
www.hausamstrom.de

La « Maison au bord du fleuve », centre d’informations sur la biodiversité du Haut-Danube, photo © Danube-culture, droits réservés

Eric Baude © Danube-culture, droits réservés
Mis à jour le 3 octobre 2018.
Sous réserves de modifications

Retour en haut de page
ipsum risus tristique elementum Phasellus amet, id fringilla facilisis