Le canal de Bystroye (delta du Danube, territoire ukrainien) : une réalisation aux conséquences environnementales préoccupantes.

Sa réalisation fut contestée activement mais sans résultat par le gouvernement roumain et  les organisations environnementales ukrainiennes et roumaines. Elle s’ajouta au contentieux frontalier entre la Roumanie et l’Ukraine, héritage des différents frontaliers historiques précédents roumano-russes et roumano-sviétiques. Ce différent frontalier qui s’étendait sur des îles de la mer Noire et des perspectives d’exploitation de gisements sous-marins a été en grande partie résolu suite à un arrêt de la Cour International de Justice de La Haye en février 2009. Aujourd’hui  seul subsiste un contentieux à propos de l’îlot Maican sur le Bras de Chilia du Danube et du golfe de Musura entre l’embouchure de ce même bras et celle du bras de Sulina.

Les territoires maritime faisant l’objet d’un litige entre la Roumanie et l’Ukraine, carte de Spiridon Manoliu, 2010, domaine public.

Outre le fait que le canal de Prorva, suite à un défaut d’entretien, devint impraticable pour les bateaux de commerce et fut fermé à la navigation en 1997, fermeture qui privait l’Ukraine d’un accès danubien à la mer Noire sur son territoire, la raison officielle principale invoquée par le gouvernement ukrainien pour la construction de ce canal a été de permettre aux bateaux de ce pays d’économiser le paiement d’importantes taxes de passage à la Roumanie, au cas où sa frontière de facto avec la Roumanie, qui passe au sud du talweg2 de Chilia, serait ramenée sur la frontière de jure c’est-à-dire sur le thalweg conformément au Traité de Paris de 1947. Mais cette situation ne risque toutefois plus, en principe, de se reproduire depuis la signature le 2 juin 1997 du traité roumano-ukrainien de Constanza, traité signé sous l’égide de l’OTAN ainsi que depuis l’arrêt rendu le 3 février 2009 par la Cour Internationale de Justice de la Haye. Cet arrêt répartit en effet la zone maritime de chacun des deux pays au large de l’embouchure. Le traité roumano-ukrainien et l’arrêt de la Cours Internationale de Justice de La Haye ont entériné la frontière de facto.

Le Delta et le canal de Bystroe

Le delta du Danube, les bras de Sfântu Gheorghe, de Sulina (Roumanie), du Vieil Istanbul, le canal de Prorva et le canal de Bystroe (Bystre) en Ukraine qui part du bras de Chilia et rejoint la mer Noire en traversant la réserve de biosphère.

Plusieurs associations de protection de l’environnement de Roumanie, d’Ukraine et de l’étranger s’inquiétèrent des importants travaux de dragage, de la construction de digues nécessaires à la réalisation de ce canal, du rejet des alluvions prélevés dans une zone située entre cinq et dix kilomètres au large du delta et des possibles désastreuses conséquences environnementales, hydrologiques et halieutiques de ce projet. Elles protestèrent également contre l’absence totale de concertation du gouvernement ukrainien. Elles soulignèrent les risques importants pour les milieux naturels spécifiques du delta (le canal traverse notamment la réserve de biosphère du delta), pour les territoires de nidification d’oiseaux rares de la région tout comme pour les zones de reproduction de poissons migrateurs. Selon elles, le volume d’eau déversée dans ce canal pourrait aussi à terme menacer l’écosystème du liman Sasyk, isolé auparavant du littoral par un cordon sableux et importante frayère des aloses pontiques et de plusieurs espèces d’esturgeons et de mulets. L’UE demanda également en 2004 au gouvernement ukrainien de surseoir à la construction du canal de Bystroye mais les autorités du pays, après avoir repoussé de quelques semaines la date de l’inauguration des travaux, confirmèrent leur décision de les entreprendre et de mener le projet à son terme. Le canal fut inauguré le 14 mai 2007.

Les limans Sasyk ou Kunduk, Shagani et Alibey sur une carte du XIXème siècle

Les liman Sasyk ou Kunduk, Shagani et Alibey sur une carte du XIXe siècle

Notes :
1 Le liman est une lagune ou un lac marécageux plus ou moins salin, isolé de la mer par un cordon littoral barrant partiellement le delta, l’estuaire ou l’embouchure d’un fleuve. Les liman du Danube servaient autrefois de réserve de pêche pour les populations locales comme les Lipovènes. Le Liman Sasyk porte également les noms de  Bolshoy Sasik ou Sasyk (russe), Inlet Cunduc, Lacul Conduc (roumain), Liman Kundu ou Kunduk (turc), Liman Sasik ou Sasyk (ukrainien), Ozero Kunbuk, Ozero Kundak, Ozero Sasik ou Sasyk.

2 Le talweg ou thalweg correspond au fond d’une vallée, ici le chenal navigable du bras de Chilia.

Voir également canal de Prorva

Eric Baude, © Danube-culture Mai 2016, révisé août 2020

La rivière Sava, la cigogne handicapée et le vieil homme !

La Sava prend ses sources au sein du Triglavski Narodni Park (seul parc national de Slovénie) en deux endroits, à Slavinci (Sava Dolinka) et à Bohinj au pied du mont Komarča (Savica puis Sava Bohinjka) dans les Alpes juliennes slovènes, non loin des frontières italiennes et autrichiennes.

Source de la Sava Dolinka, sources Wikipedia, domaine public

Les deux cours d’eau se rejoignent et forme la Sava près de Radovljica. La rivière conflue avec le Danube à la hauteur de Belgrade (Km 1170), au pied de la vieille ville, de sa forteresse de Kalemegdan et de la Grande île de la guerre. Son cours, comme celui de la Tisza et ses rives marécageuses ont été considérablement aménagés pour l’agriculture par l’homme dans les siècles précédents. Celui-ci a coupé de nombreux méandres, réduit ainsi sa longueur de plusieurs dizaines de kilomètres, construit des canaux, drainant et assainissant de vastes territoires pour certains inondés régulièrement par les crues de la rivière. Comme pour ses affluents, la Drina, l’Una et la Kupa, la Sava fait office de frontière, parfois contestée, sur une partie de son cours.

Cette rivière nonchalante après Zagreb, serpente et inonde encore par ses crues périodiques de nombreuses prairies alluviales d’une exceptionnelle biodiversité telles celles de Lonjsko Polje (parc naturel, www.pp-lonjsko-polje.hr), Cernac Polje, Jelas Polje, Odransko Polje (Croatie) ou Donja Gradina (Bosnie-Herzégovine). Certaines d’entre elles ont été érigées en parcs ou réserves naturels. Le village de Čigoć dans le Parc Naturel de Lonjsko Polje s’est vu accorder en 1994 le titre de ≪Premier village européen des cigognes≫ !

Malena et son protecteur Stjepan Vokic !
En Croatie, sur les rives préservées de la Save, Stjepan Vokic, gardien d’école à la retraite, s’occupe depuis 24 ans de la cigogne Malena qu’une blessure a clouée au sol.
https://dai.ly/x6hwo12

Réserve de Kopački rit (Danube croate, Slavonie) : une petite amazone au coeur de l’Europe

« Lorsque nous mettons notre canoë à l’eau, l’heure est matinale et la nuit appartient encore à la Hulotte. Un mâle tout proche nous salue de ses hululements quand nous démarrons de Sakadas, le petit embarcadère de la réserve de Kopački rit. L’obscurité est totale et l’atmosphère ouatée baigne dans une légère brume. Nous avons quatre kilomètres à parcourir pour parvenir au lac, le centre de la réserve. Le canal qui nous y mène est bordé de vieux saules dont les pieds sont encore baignés par l’inondation. Tant bien que mal, nous nous guidons sur leur sombres silhouettes pour trouver notre chemin. Maniant notre bateau avec précaution, nous glissons silencieusement, trahis seulement par la cadence de nos pagaies et le chuintement des filets d’eaux sur la coque. Depuis le départ nous ne parlons plus, attentifs aux bruits de la nuit et impressionnés par la sérénité du lieu. Nous sommes en route depuis une demi-heure quand des éclaboussements devant nous, sur la rive boueuse, nous alertent. Nous laissons le canoë filer sur son erre.

Kopački rit, paradis des oiseaux, photo droits réservés

Une masse sombre fourrage dans la vase à une dizaine de mètres. Le canoë vient buter sur la rive molle et c’en est déjà trop : grognement d’inquiétude, un énorme sanglier grimpe précipitamment sur la berge et s’arrête. Il ne nous a pas encore identifié, il capte les moindres effluves bruyamment. Cette fois il la compris : grognement de colère, il tourne les talons et s’enfonce sans hâte dans la roselière. Cavalcade soudaine sous les saules, piétinement de bois mort qui craque sous les sabots, trois cerfs mâles s’enfuient au galop en soulevant des gerbes d’eau. La luminosité est maintenant suffisante pour les suivre à la jumelle. À cent mètres, ils se sont arrêtés ; têtes tournées dans notre direction, ils prennent la mesure du danger, nous laissant le loisir d’apprécier leurs bois magnifiques en velours. Le canal s’élargit, dernier méandre avant le lac. la brume légère monte en vapeur et démasque les Hérons bihoreaux à l’affût sur des arbres morts. Cette lumière en demi-teinte a leur préférence.

Nous passons au large, très doucement, sans les faire voler. Le lac, enfin devant nous, le Kopacko Jezero. Tandis que l’aurore insensiblement s’empourpre, nous les entendons venir de très loin, bien avant d’apercevoir leur vol caractéristique. Les Oies cendrées se rapprochent, une centaine, à grand renfort de cancanements. Un large tour d’inspection avant de se poser et elles amerrissent les unes derrière les autres, dans une salve d’éclaboussures. Fascinés par le spectacle, nous voilà plongés au coeur du marais sauvage, trois jours seulement après avoir quitté les embouteillages parisiens. Un mouvement de panique s’empare des centaines de Grands Cormorans, Canards et Limicoles stationnant sur les vasières. Même les Hérons cendrés, Grandes Aigrettes et Spatules décollent. L’émotion nous saisit. Celui dont on nous a garanti la présence, le très rare Pygargue à queue blanche, est bien là, seigneur des lieux survolant son domaine dès les premières lueurs du jour. Un premier contact inoubliable… Après une année de préparation matérielle, de démarches administratives et de compilation livresque, le mythe enfin s’efface devant la réalité. L’aventure danubienne commence ! »

http://www.parkovihrvatske.hr/nature-park-kopacki-rit

Sources : Dominique Robert, « Du beau Danube bleu… au beau Danube vert », in Danube, Les oiseaux au fil du fleuve, préface de Paul Géroulet, Éditions Le Chevalier- R. Chabaud, ?, 1988

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Le grand canal de Bačka (région de Voïvodine, Serbie)

Grand canal de Bačka à hauteur de Bezdan, source : www.bezdan.org.sr

Ce canal construit entre 1794 et 1801 appartient au système élaboré de voies d’eau, d’irrigation et de lutte contre les inondations Danube-Tisza-Danube. La longueur totale du canal est de 118 km. Il mesurait entre 17 et 25 m de large et sa profondeur était de 3 m à l’origine.

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L’écluse d’entrée du Grand canal de Bačka depuis le Danube, actuellement désaffectée, (photo : www.bezdan.org.sr)

Une importante et durable pollution a considérablement détérioré au XXème siècle la biodiversité de cette voie d’eau. Cette pollution est la conséquence de la proximité de champs d’extraction de pétrole sur une partie de son parcours et au déversement des rejets des zones industrielles des villes serbes de Vrbas, Kula et Crvenka. Près de 400 000 tonnes contenant des métaux lourds et des résidus de pétrole reposent sur le fond. Cette pollution a touché également les rivières reliées au canal. Selon de nombreux scientifiques, il est même considéré comme l’un des réservoirs les plus détériorés en Europe et pose de graves problèmes de santé pour les populations environnantes. Cette pollution a contaminé régulièrement aussi le Danube et la Tisza.

Grand canal de Bačka, à la hauteur de Bezdan

Grand canal de Bačka, à la hauteur de Bezdan, photo : www.bezdan.org.sr

Des travaux de dépollution et de réhabilitation du Grand canal de Bačka ont commencé à être réalisés, suite à la signature en 2008 par le Ministère de l’environnement serbe d’un mémorandum pour son nettoyage et sa remise en état mais ils n’ont pu être pour le moment achevés, faute de financements…

Certaines collectivités locales bordant la voie d’eau comme celle de Bezdan, ont malgré tout entrepris d’aménager ses berges dans l’intention de développer des activités de tourisme et de loisirs.

www.vodevojvodine.com
https://youtu.be/cG4m7lKLBlQ

Grand canal de Backa_Source Wikipedia

Grand canal de Bačka (photo source Wikipedia)

 

Entre sécheresse et pollutions à répétition : le destin tragique du Danube

La sécheresse estivale et automnale qui a sévi en 2018 ces derniers mois sur le Danube hongrois (et ailleurs en amont et en aval…) a eu des conséquences pour le moins contrastées. D’un côté elle a permis la découverte rare mais réjouissante celle-là, d’un trésor du XVIIIème siècle, de l’autre elle a remit à l’ordre jour l’héritage non assumé du triste passé industriel communiste sur les rives hongroises et son impact environnemental calamiteux.

Un cocktail chimique de produits toxiques, cancérigènes en concentration anormalement élevée (cyanure, arsenic, plomb, naphtalène, xylène, zinc, hydrocarbures…) a été découvert pendant l’été 2018, en raison des basses-eaux dans le Danube budapestois lors de mesures effectuées par le site d’information Index et Greenpeace, à la hauteur de l’ancienne usine à gaz d’Óbuda. Cette usine a été  fermée dès 1984 mais son site n’a toujours pas été décontaminé depuis… Une situation inquiétante dont les pouvoirs publics, informés depuis au moins bientôt dix années ne se sont pas vraiment préoccupés et n’ont pas réussi à résoudre. L’année passée, aucune entreprise n’a répondu à l’appel d’offre pour un projet de décontamination des sols et des eaux souterraines, une situation digne de Kafka !
 Courrier des Balkans, 21 octobre 2018

Une nouvelle catastrophe qui s’ajoute à la longue liste des pollutions subies par le Moyen et le Bas-Danube depuis l’an 2000 (2000, 2001, 2006, 2010…) mettant en danger la santé des populations riveraines, de la faune et de la flore.

Sources : Courrier des Balkans, 21 octobre 2018

Basses-eaux estivales sur le Danube (2018), photo © Danube-culture, droits réservés

Brouillard politique sur le Danube et son bassin : une protection de l’environnement soumise aux aléas politiques ! 

   Le Danube est avec les autres grands fleuves du monde, le miroir de la situation environnementale préoccupante de la planète. Il est aussi le miroir de l’incapacité effarante d’une gestion politique européenne globale de ses ressources et de leur protection à l’exception de la navigation dont la gestion est confiée à une Commission internationale sans grands moyens et coincée entre des intérêts nationaux divergents. Les années passent et on en est donc à peu près toujours au même stade pour le reste en ce qui concerne le Danube qui pendant ce temps se meure sa faune et sa flore avec. Bien sûr il y a les réserves de biodiversité, les Parcs nationaux, dont ceux de Roumanie et de Serbie, (encore que ceux-ci soient inféodés à des structures forestières préoccupées par d’autres priorités), des programmes scientifiques et de nombreuses et louables initiatives d’ONG (WWF, Greenpeace…) ce qui permet de ne pas tout-à-fait perdre espoir. Mais que pèsent-ils face à une approche politique actuelle du fleuve qui demeure archaïque, inféodée à un mode de pensée technocratique complètement dépassé ?

   C’est parce que la protection de la biodiversité du fleuve est une stratégie à long terme qu’elle n’intéresse pas les responsables politiques. L’avenir du fleuve se perd dans les méandres capricieux d’intérêts personnels et de pratiques tenaces de corruption. Il y aurait pourtant une grande urgence à changer de paramètres avant qu’il ne soit définitivement trop tard. 

    Alors, avant de lancer de nouveaux projets d’infrastructures, de ponts, d’autoroutes, de planifier et d’inaugurer en grandes pompes et à grand renfort médiatique des corridors européens de transports, de projeter ou de remettre au goût du jour la construction de canaux (on se souvient encore du projet récent d’achèvement de la liaison par canal de Bucarest au Danube roumain, projet digne des plus grandes années du communisme mégalomane, qui avait d’ailleurs commencé à cette période…) et autres infrastructures coûteuses mais pour lesquelles curieusement des financements sont presque toujours disponibles, notamment du côté de l’UE, peu regardante quant aux impacts de ces réalisations sur les écosystèmes, avant que ne soit scellé définitivement le destin  écologique du Danube et de son bassin hydrographique, peut-être faudrait-il enfin revenir au fleuve lui-même et se préoccuper prioritairement, clairement et intelligemment, avec l’appui de toute la communauté scientifique mobilisée autour de sa protection et dans l’intérêt des générations à venir, de la santé environnementale du fleuve sur l’ensemble de son cours !

Eric Baude, Danube-culture, décembre 2018

Sites d’information sur et autour du Danube

  • www.danubecom-intern.org
    Commission du Danube
    Le site de la Commission du Danube (Budapest) contient des informations sur le fleuve, les projets, les règlements concernant la circulation sur celui-ci. Les membres de la Commission du Danube sont les représentants des dix pays riverains du fleuve et la Russie. Le site contient également toutes les coordonnées des consulats des pays danubiens (français).

  •  www.danube-river.org
    Site de la Commission du tourisme du Danube. Courtes présentations des dix pays riverains du Danube avec des liens utiles, informations sur le Danube à vélo, les croisières et différents événements.

  • www.ipcdr.org
    Commission internationale pour la protection du Danube (environnement, économie, culture). A l’origine de nombreux travaux de tous ordre sur le Danube elle est en aussi à l’origine de la manifestation Danubeday qui a lieu chaque année depuis 2004 tout au long du fleuve.

  • www.danubeday.org
    Un site très utile d’informations sur les différentes manifestations en lien avec le Danube

  • www.viadonau.org
    Site de la Société des Voies Navigables Autrichiennes avec des informations en permanence actualisées concernant les barrages, les écluses, les ports danubiens, les conditions de navigation. Indispensable pour ceux qui veulent naviguer sur le fleuve. Archives d’articles de presse.

  • www.idm.at
    Institut pour l’Espace Danubien et l’Europe centrale, Vienne (Autriche). Cet institut très actif développe, en lien avec des chercheurs et des partenaires institutionnels, des recherches transversales sur la problématique danubienne et de son bassin (allemand, anglais).

  • www.donau-info.org
    Site de la GTZ (Gesellschaft für Technische Zusammenarbeit, Allemagne), organisme de coopération régional allemand avec la Roumanie, la Croatie, la Serbie et la Bulgarie (en allemand)

  • www.ddbra.ro
    Centre d’information de la réserve de biosphère du delta du Danube (environnement)

  • www.danubedelta.ro
    Site d’informations sur le delta du Danube

  • www.ddni.ro
    Institut National du Delta du Danube pour la recherche et le développement (Roumanie)

  • www.archeologie-danube.hypotheses.org
    Remarquable et passionnant travail de recherches de la Mission franco-roumaine archéologique sur le delta du Danube

  • www.romaniatourism.com/delta.html
    La page de l’Office de Tourisme roumain sur le delta du Danube

  • www.banaterra.eu
    Un site d’informations très intéressant sur le Banat et l’émigration des colons lorrains et d’autres populations dans ces territoires autrichiens proches du Danube, aujourd’hui hongrois, serbes et roumains, durant le XVIIIème siècle après leur reconquête sur l’empire ottoman.

  • www.donau-radweg.info
    Site d’information très documenté sur la piste cyclable le long du Danube (Eurovélo 6) et les infrastructures touristiques et culturelles

  • www.donauradweg.at
    Pour les amateurs de randonnées à bicyclette le long du Danube autrichien. Très complet et toujours actualisé mais seulement en allemand, anglais, italien ou tchèque… Un site du Land de Haute-Autriche.
  • www.donaulimes.at
    Même site que le précédent. Le Danube et l’Empire romain : 40 monuments et 15 musées autrichiens témoignant de la présence des Romains sur le Danube

  • www.danubeparks.org
    Site de Danubeparks, plate-forme regroupant 12 parcs et réserves naturelles sur le Danube

  • www.donau.com
    Excellent site d’informations touristiques et culturelles du Land de Basse-Autriche. En allemand, anglais, tchèque, slovène… 

 

 

Parcs et réserves naturels du Danube : une protection et une gestion d’écosytèmes fragiles et menacés

Ces structures, outre leur travail d’observation, de recensement, d’évaluation, de protection, de gestion de la biodiversité et d’échanges d’informations, missions réalisées par des des équipes scientifiques compétentes et motivées, mènent de nombreuses actions de sensibilisation. Elles bénéficient toutefois d’organisations administratives, de financements et de moyens d’action hétérogènes.
Les périmètres protégés sont trop rarement inaccessibles au public.

Un aménagement fluvial trop souvent réalisé au détriment de l’environnement et de la biodiversité
Les travaux spectaculaires d’aménagement du fleuve pour la navigation et la protection contre les inondations puis pour la production d’énergie, aux XIXème et XXème siècles, notamment sur les Haut et Moyen-Danube, ont considérablement modifié le cours du fleuve (endiguement, coupure des méandres, aménagement des berges, drainage du lit du fleuve…) et restreint drastiquement les zones naturelles et inondables, les forêts alluviales ancestrales qui jalonnaient autrefois son cours et celui de ses affluents. Il a été constaté de plus à plusieurs endroits un enfoncement du lit du fleuve.

Les forêts alluviales du Parc National des Prairies Alluviales Danubiennes (Basse-Autriche), photo © Danube-culture, droits réservés

À peine la moitié de la totalité du cours du Danube peut encore être considérée comme une zone naturelle et seules 20 % des zones naturelles existantes au XIXème siècle ont pu être préservées jusqu’à aujourd’hui, parfois avec beaucoup de difficultés et au prix d’une mobilisation importante de scientifiques et de la population riveraine comme en Autriche quand il fut question de construire, dans les années 1980, une nouvelle centrale hydro-électrique à la hauteur de la petite ville de Hainburg (Basse-Autriche), faisant du fleuve « un désert de béton de Vienne jusqu’à Bratislava, une succession d’eaux stagnantes, une retenue d’eau trouble avec des vannes et des barrages de béton de dix mètres de haut »1 et détruisant une grande partie des prairies et forêts alluviales de cette région avec leur exceptionnelle biodiversité. Le projet de barrage de Nagymaros, par les mêmes acteurs économiques en Hongrie, fut aussi ultérieurement abandonné en raison de la détermination de la population hongroise à préserver l’environnement.

Anciens projets d’aménagement du Danube slovaco-hongrois. Si le projet de barrage de Gabčikovo, sur le Danube slovaque, a vu le jour, celui de Nagymaros, sur le Danube hongrois, fut heureusement abandonné.

Un fleuve désormais mutilé
L’homme a ainsi détourné le cours du fleuve et modifié les paysages sans en mesurer avec pertinence les conséquences sur le moyen et long terme. La paranoïa de plusieurs générations de décideurs politiques et économiques, obsédés par le développement de la civilisation industrielle, la notion de « progrès » et des régimes totalitaires au XXème siècle, peu amènes envers le moyen et le bas-Danube, ont ainsi laissé leurs empreintes et cicatrices indélébiles sur les rives danubiennes : industries lourdes, industries chimiques, pollutions récurrentes et diverses, centrales nucléaires en mauvais état, agriculture intensive, exploitation de graviers et de sable, rejets des eaux usées et autres à certains endroits, braconnage et surpêche de certaines espèces dont l’extraordinaire esturgeon et plus récemment, l’aménagement et le bétonnage des berges suite à un développement touristique anarchique, ont mis et continuent à mettre le fleuve et son patrimoine environnemental à rude épreuve. Celui-ci a de plus commencé désormais à subir les conséquences des modifications climatiques qui impactent l’écosystème du fleuve et modifient le cycle de vie de nombreuses espèces végétales et animales.

1 Franz Weber, Le paradis sauvé, « Un appel de Vienne », Éditions Pierre-Michel Favre, Lausanne, 1986

Guépier d’Europe (Merops Apiaster), un des symbole de l’avifaune danubienne, photo © Jitka Havlová, droits réservés

Patrimoine mondial de l’Unesco
Deux territoires baignés par le Danube ont été classés, à divers titres, au patrimoine mondial de l’Unesco : la moitié de son delta (Roumanie et Ukraine) en tant que réserve de biosphère et la région de la Wachau (2000) au titre des paysages.

De nombreux autres sites naturels et paysagers du fleuve mériteraient une protection plus vigilante de leur biodiversité mais toutes les conditions ne semblent pas encore actuellement pour faire aboutir de telles initiatives.

Pélican frisé sur le bras de Sfântu Gheorghe, photo © Danube-culture, droits réservés

Une collaboration transfrontalière
Une  des parcs nationaux avec les parcs et réserves naturels danubiens se sont regroupées dans une plateforme qui a pris le nom de Danubeparks et ce dans une logique transnationale de protection du Danube, de ses espaces naturels et de sa biodiversité. Cette plateforme permet la mise en commun de connaissances scientifiques, une collaboration pour des recherches et des actions de prévention et d’information ainsi qu’une réflexion commune sur le développement du tourisme de nature autour du fleuve.
Danubeparks, fondé en juin 2009 par la déclaration de Vienne, bénéficie de financements européens.
www.danubeparks.org

Dans la réserve de biosphère du delta du Danube, village de Letea, photo © Danube-culture, droits réservés

Réserve de Biosphère du delta du Danube (Roumanie)
580 000 hectares du delta du Danube sont classés en réserve de biosphère, réserve inscrite au Patrimoine mondial de l’Unesco.

Année de création : 1990
Le delta est un univers danubien à part et, malgré des pollutions récurantes qui descendent souvent depuis l’amont, un impressionnant paradis pour de nombreuses espèces de plantes et d’animaux. Son territoire est un des plus importants espaces de migrations pour les oiseaux d’Europe et d’Asie. Il abrite plus de 1200 espèces de plantes, de rares variétés de plantes aquatiques, plus de 300 espèces d’oiseaux et plus de 150 espèces de poissons dont quelques rares spécimens du légendaire esturgeon et du béluga européen, deux espèces malmenées par les pécheurs du delta. 
www.ddbra.ro
https://goo.gl/images/ARRPtv

Spatules eurasiennes (Platalea leucorodia) dans la réserve de biosphère du delta, photos droits réservés

Réserve Naturelle du Prut inférieur, lac de Beleu, petit delta de la République moldave (Moldavie)
1 755 hectares
Année de création : 1991

Parc Naturel Rusenski-Lom (Bulgarie)
3 408 hectares
Année de création : 1980
http://lomea.org/

Parc Naturel de Persina (Bulgarie)
21 762 hectares
Année de création : 1980
Ce parc est le plus grand espace naturel protégé de Bulgarie. Il est constitué en particulier de nombreuses îles préservées sur le Danube dans lesquelles nichent des aigles de mer (Pygargue à queue blanche).
www.persina.bg

Pygargue à queue blanche ou aigle de mer, un des plus majestueux oiseaux du Danube, photo droits réservés

Réserve de Biosphère de Srebarna (Bulgarie)
Cette structure ne fait pas partie de Danubeparks

Cette petite réserve de 9 km2 à l’écosystème fragile et qui fait la part belle à la faune ornithologique mais pas seulement, a été constituée dès 1942 autour du lac d’eau douce de Srebarna. Cette réserve est gérée par le bureau régional de l’environnement et de l’eau de Ruse.
www.riosv-ruse.org

Réserve Naturelle de Kalimok – Brushlen (Bulgarie)
Cette structure ne fait plus partie de Danubeparks

Administration de la Réserve Naturelle de Kalimok – Brushlen (ONG)
www.iber.bas.bg

Parc Naturel des Portes-de-Fer (Roumanie)
Surface : 115 665,80 ha
Année de création : 1990, déclaré en 2000
www.pnportiledefier.ro

http://www.facebook.com/pages/Parcul-Natural-Portile-de-Fier/126629447364212?sk=wall

Ile de Moldova-Vecche, Parc Naturel des Portes-de-Fer (Roumanie), photo Parc Naturel des Portes-de-Fer

Parc National de Djerdap (Serbie)
63 000 hectares

Année de création :
Ce parc ne fait pas partie de la plateforme commune Danubeparks.
Ce parc national magnifique de 63 000 hectares sur la rive méridionale du fleuve est, grâce à son relief, un belvédère au dessus du fleuve qui pénètre dans l’impressionnant défilé des Portes-de-Fer. Le site archéologique de Lepenski Vir témoigne quant à lui de la présence de l’homme dans ces lieux depuis des temps anciens. Sur la rive roumaine d’en face se trouve le Parc National des Portes de Fer.
www.npdjerdap.org

Parc National de Djerdap, Serbie, photo Danube-culture, droits réservés

Réserve Naturelle de Gornje Podunavlje (Serbie)
19 648 hectares

Année de création : 2001
Située à la frontière de la Serbie, de la Croatie et de la Hongrie, la Réserve Naturelle de Gornje Podunavlje est un modèle régional de collaboration transfrontalière dans le domaine de la protection de l’environnement. En partenariat avec le Parc Naturel de Kopački Rit (Croatie) et le Parc National Duna Dráva (Hongrie), il protège notamment, au sein de son territoire, des aires de nidification d’aigles de mer et de cigognes noires.
Institut National de Protection de la Nature
Administration des forêts
www.vojvodinasume.co.rs

Parc Naturel de Kopački Rit (Croatie)
23 891 hectares

Année de création : 1993 (1967)
Le Parc Naturel Kopački Rit était à l’origine une réserve de chasse. Il se trouve au confluent de la Dráva et du Danube (Km 1383) dans un paysage de zones inondables, de forêts alluviales primitives propices aux oiseaux migrateurs et aux poissons. Ce parc fait également partie de la réserve de biosphère de l’Unesco « Mura-Drava-Danube, créé en 2012.

Le parc propose un programme d’animations et de promenades dans l’environnement du parc, à pied, à bicyclette ou en bateau.
Administration du Parc Naturel de Kopački Rit :
www.pp-kopacki-rit.hr

Entre Mura, Drava et Danube, photo Parc Naturel de Kopacki Rit (Croatie)

Parc National Duna-Dráva (Hongrie)
50 000 hectares

Année de création : 1996
Le Parc National Duna Dráva (Duna-Drava Nemzeti Park en hongrois) s’étend tout au sud de la Hongrie, du confluent de la Sió (rive droite du Danube). jusqu’à la frontière avec la Croatie. Sa surface est un impressionnant labyrinthe de puszta, de prairies, forêts, bras secondaires, marais, étangs îles et îlots en permanente évolution. Le symbole du parc est la grue qu’on peut observer par millier volant au dessus du paysage au moment des migrations.
http://ddnp.nemzetipark.gov.hu//
www.ddnp.hu

Parc National Duna – Ipoly (Hongrie)
60 314 hectares

Année de création : 1997
Le Parc National Duna-Ipoly est l’autre grand parc des bords du Danube hongrois. Le fleuve traverse de superbes paysages de collines boisées et de grottes.
www.dinpi.hu

Zone de protection des paysages des prairies danubiennes (Slovaquie)
12 284 hectares
Année de création : 1998
La Morava est l’un des principaux affluents de la rive gauche du Danube. La réserve englobe une zone de prairies alluviales le long de la frontière slovaco-autrichienne.
Administration Nationale pour la protection de la nature
BROZ, Organisation Régionale pour la Protection de la Nature et le développement durable
www.broz.sk
Administration Nationale pour la protection de la nature
www.sopsr.sk

Parc National des Prairies Alluviales Danubiennes (Autriche)
9 300 hectares

Année de création : 1996
Centre d’accueil et d’information

Château d’ ORTH Nationalpark-Zentrum
2304 Orth/Donau, Autriche
Voir également sur ce site la présentation du Parc National des Prairies Alluviales Danubiennes
www.donauauen.at

Aire de protection des paysages culturels de la Wachau (classement Unesco)
18 387 hectares et zone tampon 2 949 hectares

Année de classement à l’Unesco : 2000
https://whc.unesco.org/fr/list/970/.

Aire de protection de la vallée étroite du Danube/Passau
1  776 hectares

Année de création : 1996-1986
www.hausamstrom.de
www.donaugigant.com
www.passauer-land.de

Centre d’études des prairies alluviales de Neuburg sur le Danube (Allemagne)
2 997 hectares

Année de création : 2005
Ville d’Ingolstadt

District de Neuburg-Schrobenhausen
Le cours du Danube est en Allemagne, à l’exception de la partie encore naturelle située entre Straubing et Vilshofen, fortement dégradé par une succession de barrages et d’usines hydroélectriques. Une démarche de revitalisation et de gestion des forêts alluviales subsistantes a toutefois commencé à être initiée. Le Centre d’études des forêts alluviales de Neuburg-sur-le-Danube travaille en collaboration avec les services de protection de l’environnement de cette commune et de ceux d’Ingolstadt à la mise ne place d’initiatives de développement durable.
District de Neuburg-Schrobenhausen

www.auenzentrum-neuburg-ingolstadt.de

Ville d’Ingolstadt :
www.ingolstadt.de

 

Le Parc National des Prairies Alluviales Danubiennes, Vienne (Autriche)

Un parc au patrimoine et à la biodiversité exceptionnels
Ce parc, constitué de prairies alluviales et de forêts, est unique en son genre sur le territoire autrichien. Il est à la fois un véritable oasis vert entre Vienne et Bratislava, la plus grande plaine alluviale naturelle intacte en Europe centrale, un territoire fortement dépendant du Danube qui est, dans sa traversée autrichienne, un fleuve de montagne. Ce parc est un ensemble exceptionnel d’écosystèmes avec une vaste diversité de biotopes, une flore et une faune remarquables, un refuge pour de nombreuses espèces animales et végétales menacées, un espace naturel pour les crues, un réservoir d’eau potable de haute qualité et un régulateur climatique pour la région de Basse-Autriche.

Ce parc forme un paysage d’une beauté impressionnante et offre également un lieu de repos et de détente aux portes de Vienne ainsi qu’un espace pour la protection et la préservation de ce paysage unique.

La surface totale du parc est aujourd’hui de 9 600 hectares : 65% de sa surface sont constitués de forêts alluviales, 15% de prairies et environ 20% d’eau.

Photo ©, Danube-culture, droits réservés

Les 36 kilomètres fluviaux danubiens forment la partie intégrale du Parc National des Prairies Alluviales Danubiennes. La dynamique du fleuve y est encore très puissante. Le niveau d’eau variable, peut atteindre, suivant le régime du fleuve et les saisons, 7 mètres de différence. Il détermine considérablement la vie sur le territoire du parc. Les inondations régulières ont façonné ce paysage étonnant et fluctuant, y créant une grande diversité d’habitats en lien direct avec le fleuve : mares, bras en activité et bras morts, bancs formés de cailloutis, rives peu escarpées et espaces de transition de l’eau vers la terre, rives escarpées, forêts alluviales (forêts à bois tendre et dur), forêts de relief, prairies et zones arides de plaine alluviale.

La richesse biologique de ces paysages est exceptionnelle. On y compte plus de 800 espèces de plantes à tige, plus de 30 espèces de mammifères, une centaine d’espèces d’oiseaux, 8 espèces de reptiles, 13 espèces d’amphibiens ainsi que plus de 60 espèces de poissons. Une grande diversité d’invertébrés évolue d’autre part en milieu terrestre et aquatique.

Discrète Emys orbicularis ! Photo © Danube-culture, droits réservés

L’histoire du Parc National des Prairies Alluviales Danubiennes et les conséquences de la présence de l’homme sur le fleuve et ses rives
Les interventions répétées de l’homme ont influencé et métamorphosé le fleuve et ses plaines alluviales.
Les  grands travaux de régulation du Danube à la fin du XIXème siècle, ses rectifications, suppressions de méandres et endiguements ont entrainé une augmentation de la vitesse du fleuve ce qui a eu pour conséquence d’engendrer une baisse de la nappe phréatique, un enfoncement du lit et un assèchement de bras morts et de certains bras en activité du Danube. La destruction des rivages naturels a été contrebalancée par une amélioration des conditions du transport fluvial.

Des digues de protection ont été érigées afin de protéger la plaine alluviale et très fertile du Marchfeld (rive gauche en aval de Vienne) contre d’importantes et régulières inondations.

Basses eaux sur le Danube à la hauteur du Parc National des Prairies Alluviales Danubiennes, photo © Danube-culture, droits réservés

L’édification d’un barrage en amont, à la sortie de Vienne (Centrale hydroélectrique de Freudenau) est venu modifié le charriage des cailloux et autres alluvions par le fleuve, provoquant un enfoncement préoccupant du lit du Danube dans le sous-sol.

L’exploitation forestière intensive a d’autre part transformé de vastes parties de la forêt alluviale en zones d’exploitation du bois, entrainé la propagation d’espèces d’arbres étrangères et l’installation d’un réseau de petites routes.

La chasse a eu de son côté pour conséquence l’extermination d’animaux locaux comme le castor et la loutre.

Quant à la pêche, autrefois professionnelle et commerciale, elle n’est plus qu’essentiellement sportive et de loisir. Il a aussi été constaté l’apparition d’espèces de poisson étrangères.

Un projet de barrage inopportun

L’écologiste et journaliste suisse Franz Weber fut appelé à la rescousse par les protecteurs de l’environnement autrichiens. (photo Fondation Franz Weber)

Le projet peu opportun, sur le plan écologique, de construire un barrage et une centrale hydroélectrique sur le Danube, près de la petite ville de Hainburg (rive droite) en 1984 et heureusement abandonné sous la pression des écologistes et de la population locale, aurait entrainé la destruction d’une centaine d’hectares de forêt alluviale, d’îles et îlots, la disparition irréversible de rivages naturels et la construction de digues. Le barrage réservoir aurait de plus empêché le Danube de s’écouler librement. La plaine alluviale ne pouvant plus bénéficier des inondations, sa dynamique aurait été ainsi interrompue. La dynamique naturelle de l’eau souterraine aurait été également perturbée. L’occupation en 1984 de la plaine alluviale à Stopfenreuth par des manifestants luttant contre la construction du barrage et de la centrale électrique a entrainé l’abandon du projet alors que celui-ci avait été déjà voté par le gouvernement socialiste autrichien de l’époque. Une trêve de Noël fût alors proclamée par les politiciens du pays et les écologistes. Le développement de nouvelles alternatives a pourtant continué à être envisagé dès 1985 à la fois pour l’éventuelle construction de nouvelles centrales hydroélectriques mais aussi en parallèle pour la préservation de l’écoulement naturel du Danube.

La période suivante (1986 à 1989) permit l’élaboration des bases scientifiques pour la création du Parc National des Plaines Alluviales Danubiennes mais certains projets de centrales hydroélectriques sur le Danube étaient toujours d’actualité dans les hautes sphères économiques et politiques autrichiennes. En 1990 une convention est passée entre la République Fédérale d’Autriche, les responsables politiques de la ville de Vienne et ceux de Basse-Autriche autorisant la création du Parc National des Plaines Alluviales Danubiennes. De 1991 à 1995 sont élaborés les projets spécifiques du parc et le 27 octobre 1996, le traité international pour la création du Nationalpark Donau-Auen est signé par les représentants des mêmes institutions. Le Parc National des Prairies Alluviales Danubiennes obtiendra sa reconnaissance par l’UICN (Union Internationale pour la Conservation de la Nature, catégorie II) dès 1997.

Selon les critères de l’UICN un parc national doit remplir les fonctions suivantes :
– préserver intact des écosystèmes pour les prochaines générations
– mettre fin à différentes activités économiques
– créer un programme de recherche scientifique et mettre en place un accueil spécifique pour les visiteurs.

Grèbe huppée, une habitante familière du Parc National des Prairies Aluviales Danubiennes, photo droits réservés

Activités
Le Parc National des Prairies Alluviales Danubiennes propose un grand choix d’activités pédagogiques et d’initiation à la découverte de la faune et de la flore, sur l’eau comme à terre, permettant de vivre, dans ce paysage unique, des moments d’exception. Des guides professionnels accompagnent les visiteurs dans le dédale des prairies et des forêts en canot pneumatique ou en barque.
Le parc organise également des colloques et séminaires sur des sujets prioritaires tout comme des excursions pédagogiques pour les enfants et les associations. Des journées axées sur un thème spécifique sont régulièrement programmées.

Chemin faisant…
Le Parc National des Prairies Alluviales Danubiennes accueille aussi les visiteurs individuels. Des cartes permettent de conseiller différents itinéraires balisés ou fléchés.

L’Office des forêts de la collectivité locale de Vienne, propriétaire des prairies et des forêts alluviales, collabore activement à la préservation des espaces du parc.

L’action du WWF « Natur freikaufen » (« Rachetons la nature ») a permis la protection d’une surface supplémentaire de 411 hectares de la plaine alluviale des prairies de Regelsbrunn.

Organisation du Parc National des Prairies Alluviales Danubiennes
L’administration du parc est gérée par une société d’état à but non lucratif dont les membres sont les Régions de Vienne et de Basse-Autriche. Le directeur du parc en assure la gérance et le bon fonctionnement. L’Office Fédéral des Forêts, l’Administration forestière de la Municipalité de Vienne et la Région du Marchfeld ont la responsabilité des sentiers de randonnée, des pistes cyclables et des points de vue et d’observation aménagés.
En cas de fortes d’inondations, il peut être nécessaire, pour des raisons de sécurité, d’interdire provisoirement l’utilisation de certains chemins.

« Das Tor zur Au » (La porte sur les prairies alluviales) – Centre d’accueil et d’information du parc, château d’Orth/Donau
Le Centre d’accueil et d’information du parc est hébergé au château d’Orth/Donau. On peut y trouver des informations sur le parc et son histoire, sur la commune d’Orth/Donau et sur l’ensemble de la région. On peut aussi s’inscrire pour des randonnées ou des activités dans le parc avec un guide.

L’exposition permanente « DonAUräume » offre de nouvelles perspectives sur les prairies alluviales danubiennes. Des expositions thématiques complémentaires mettent en valeur certains des aspects singuliers du fleuve sur tout son parcours. On peut enfin y découvrir une installation acoustique « A Sound Map of the Danube » et trouver également des informations sur le site naturel protégé serbe de Gorne Podunavje.
« L’île du château » est un site extérieur à proximité du centre d’accueil et d’information présentant les habitats spécifiques et la faune des prairies alluviales comme le Spermophile, la Cistude d’Europe et des espèce locales de serpents. De nombreux insectes, grenouilles et crapauds habitent prairies et mares. Des plantes aquatiques diverses et variées, parfois rares comme certaines variétés d’orchidées, en enrichissent la flore.

Le centre de l’île est aménagé en station d’observation sous-marine. L’on peut y observer avec intérêt la flore et la faune aquatique des prairies alluviales, des espèces locales de poissons, coquillages et autres crustacés.

Du haut de la tour du château on jouit d’une vue magnifique sur les prairies alluviales danubiennes, de Vienne jusqu’à Hainburg, de même qu’on peut y observer une aire de cigognes. La cour du château est le lieu de rendez-vous et le point de départ des visites guidées. Son aménagement incite à s’y attarder.

Horaires d’ouverture du centre d’accueil et d’information du parc, château d’Orth/Donau
Du 21 mars au 30 septembre : tous les jours de 9h à 18h
du 1er octobre au 1er novembre : tous les jours de 9h à 17h

Visites guidées de l’exposition : tous les jours à 10h, 11h, 13h, 14h, 15h, 16h

Fermeture d’hiver du 2 novembre jusqu’au 20 mars
Pendant cette période renseignements et informations uniquement par téléphone, du lundi jusqu’au vendredi de 8h à 13h

Centre d’accueil et d’information :
Château d’ORTH Nationalpark-Zentrum
2304 Orth/Donau, Autriche
Tel. + 43 2212/3555
www.donauauen.at
schlossorth@donauauen.at

Le château d’Orth/Donau, photo © Bwag/Wikimedia

Nationalparkhaus wien-lobAU (Maison du Parc National Wien-LobAU)
Le Nationalparkhaus wien-lobAU est le centre d’information pour la partie viennoise du parc. Logé aux portes de la capitale, il est géré par l’Administration forestière de Vienne et fonctionne comme point de départ pour des randonnées dans les environs. Une exposition « tonAU » permet de découvrir l’univers sonore des forêts du parc et un spectacle multimédia informe sur l’évolution historique des prairies alluviales.
www.nph-lobau.wien.at

Maison du Parc National Wien Lobau, photo droits réservés

On peut aussi rejoindre le parc par bateau depuis le centre de Vienne (canal du Danube à la hauteur de la Schwedenplatz) du 2 mai au 26 octobre et profiter d’une visite accompagnée d’un guide.
Tel. pour réservation (places limitées) : 0043/ 1 4000 49495
 www.donauen.at/besucherinfo/bootstouren

Le Skorpion, bateau du Parc National des Prairies Alluviales Danubiennes qui relie le centre de Vienne à la Lobau (rive gauche) via le Canal du Danube. Photo © Danube-culture, droits réservés 

Centre d’information
Nationalparkhaus wien-lobAU
Dechantweg 8, 1220 Wien
Tel.: 01/4000-49495
www.nph-lobau.wien.at
nh@m49.magwien.gv.at

Autres centres d’information :
Nationalpark-Forstverwaltung Lobau
MA 49 – Forstamt und Landwirtschaftsbetrieb der Stadt Wien
2301 Groß-Enzersdorf, Dr. Anton Krabichler-Platz 3
Tel. 02249/2353
pe-don@m49.magwien.gv.at

Nationalpark-Forstverwaltung Eckartsau
Nationalparkbetrieb Donau-Auen der ÖBf AG
2305 Eckartsau, Schloss Eckartsau
Tel. 02214/2335-18
infostelle.donauauen@bundesforste.at

Une réplique de Tschaïque peut emmener visiteurs et promenade sur le Danube, photo © Danube-culture, droits réservés

Bateau-moulin d’Orth sur le Danube
Promenades en « tschaike » sur le Danube (avril-fin octobre)
www.schiffmuehle.at

Restaurant et café « an der Fähre », Orth/Donau
Bac pour les piétons et vélo
www.faehre-orth.at

Humers Uferhaus, Orth/Donau
Pour sa terrasse sur le Danube, ses spécialités de poissons et ses généreux desserts
Très fréquenté les weekends et les jours de fête
www.uferhaus.at

Croisières Hainburg-Devin-Bratislave-Hainburg
Event Schifffahrt Haider
www.event-schifffahrt.at

Eric Baude, mise à jour avril 2019, droits réservés

Le guide du Parc National des Prairies Alluviales Danubiennes (2018)

Le pélican et le delta du Danube

Une centaine d’espèces d’oiseaux choisit également le delta du Danube pour y passer l’hiver ou le traverser ce qui en fait l’un des terrains d’observation ornithologique les plus fascinants au monde. Six voies migratoires printanières et cinq automnales, originaires des continents africain, asiatique et européen, survolent, se posent et séjournent dans le delta.

Le Pélican, pêcheur organisé

Deux des huit espèces connues de pélicans, le pélican frisé (Pelecanus crispus) et le pélican blanc (Pelecanus onocrotalus) nichent dans le delta. C’est la colonie de pélicans communs la plus importante en Europe. Elle est évaluée à environs 2 500 couples. Elle s’installe au début du printemps et repart à la fin de l’été ou au début de l’automne pour passer l’hiver dans le delta du Nil ou sur d’autres deltas africains et du Moyen-Orient.  Rares sont les individus qui choisissent de rester sur place. Le delta du Danube est le refuge des pélicans situé le plus à l’ouest du vieux continent.

Pélican frisé (Pelecanus crispus), photo droits réservés

Eugen Petrescu, de la Société Ornithologique Roumaine explique que pour la plupart des touristes et même des habitants des lieux, la différence entre le pélican frisé et le pélican commun n’est pas évidente. Presque insaisissable, elle relève de la taille des oiseaux, le pélican frisé étant juste un peu plus grand.

La migration du pélican commun commence en août-septembre. Très peu d’oiseaux choisissent d’hiverner dans le Delta. Il semble qu’au début de sa présence en Roumanie, le pélican frisé avait pour habitat des zones humides en amont du Danube et non pas le delta, où le pélican commun était déjà roi. On a d’ailleurs observé leur tendance à se déplacer non pas vers le sud, mais en sens inverse, en amont du fleuve, en direction de Călăraşi et jusqu’en Olténie, comme s’ils refaisaient de mémoire cet itinéraire. En période de reproduction, le plumage des pélicans acquiert un coloris particulier. La partie grise revêt un éclat argenté, tandis que la mandibule se colore en un très beau rouge pourpre. C’est ce contraste des couleurs qui confère aux oiseaux une élégance particulière durant la période d’accouplement. En outre, les pélicans sont très sensibles à toute forme de perturbation. Si, par exemple, une colonie est fortement dérangée pendant son séjour, elle ne revient pas sur les mêmes lieux l’année suivante. Les pélicans sont une espèce rare, menacée d’extinction.

Pélican frisé sur le bras de Sfântu Gheorghe, photo © Danube-culture, droits réservés

Le pélican est sans doute, du moins pour le grand public, l’oiseau le plus représentatif de cette région du fleuve. Celui-ci a le sens de l’entraide et s’organise pour se nourrir d’une manière collective et coopérative. Au moment de la pêche le groupe de pélicans se dispose en arc de cercle ou sur une même ligne et avance régulièrement, la tête sous l’eau, se servant de leur poche profonde et souple qui pend sous leur conséquent bec jaune comme d’une épuisette pendant que de joyeux rabatteurs de la même espèce effraient et poussent les poissons vers les oiseaux pêcheurs. La cérémonie de la pêche se répètent deux fois par jour. Le pélican nourrit sa famille par régurgitation de la nourriture en voie de digestion.

Cet oiseau qui dévore un bon kilo de poissons quotidiennement était considéré autrefois par les habitants du delta et en particulier les pêcheurs professionnels comme un concurrent redoutable au même titre que le grand cormoran qui s’organise aussi en colonie mais pêche en solitaire. L’espèce fut donc longtemps chassée et menacée d’extermination. Elle est désormais protégée. Double revanche pour cet oiseau unique et singulier qui représente désormais le symbole de la riche mais fragile biodiversité du plus grand delta fluvial européen.

Pélican frisé (Pelecanus crispus), Bruch, 1832

Ordre : Pélécaniformes
Famille : Pélécanidés
Genre : Pelecanus
Espèce : crispus
Espèce monotypique
Taille : 180 cm
Envergure : 310 à 345 cm
Poids : 10000 à 13000 g

Pélican blanc (Pelecanus onocrotalus), Linnaeus, 1758

Ordre : Pélécaniformes
Famille : Pélécanidés
Genre : Pelecanus
Espèce : onocrotalus
Espèce monotypique
Taille : 148 à 175 cm
Envergure : 226 à 360 cm
Poids : 10000 à 11000 g

Sources : Radio România International/ À la découverte de la Roumanie/Les pélicans du delta du Danube, Teofilia Nistor (29 juillet 2013)
www.oiseaux.net

Eric Baude, révisé juin 2018

 

Konrad Lorenz, scientifique des rives du Danube, pionnier de l’éthologie

 » Celui qui connaît vraiment les animaux est par là même capable de comprendre pleinement le caractère unique de l’homme.  »

Ses recherches ont été consacrées à l’étude du comportement des animaux dans leur milieu naturel mettant notamment en valeur l’importance de la notion d’empreinte. Elles ont contribué au développement de l’éthologie. Parti de l’observation patiente et minutieuse de certains oiseaux, K. Lorenz s’est interrogé sur l’homme et son devenir en tant qu’espèce sociale. Il s’est aussi illustré également dans le domaine de la protection de l’environnement danubien autrichien.

K. Lorenz enseigne de 1937 à 1940 à l’Université allemande Albertus de Königsberg, alors en Prusse orientale, aujourd’hui Kaliningrad, enclave russe, où il occupe la chaire d’E. Kant puis, mobilisé et fait prisonnier par l’armée russe, il ne rentre en Autriche qu’en 1946.

Travaillant tout d’abord chez lui dans la maison de famille d’Alternberg, au bord du Danube et en amont de Vienne, il devient codirecteur du département d’éthologie comparée de l’Institut Max-Planck, créé par ses soins en 1951 à Buldern en Westphalie (Allemagne) puis directeur de l’Institut Max-Planck de Seewiesen près de Munich à partir de 1961. Il revient alors à Altenberg. Dans les dernières années de sa vie K. Lorenz apporte son soutien et se joint aux défenseurs de l’environnement et de la nature, en particulier lorsque le gouvernement socialiste autrichien décide de construire une centrale nucléaire à Zwettendorf sur le Danube, près de Tulln. L’opposition d’une grande partie de la population et un référendum obligera celui-ci à renoncer de mettre la centrale en fonctionnement. Il apporte encore son prestigieux soutien aux opposants du projet de barrage de Greifenstein, à proximité d’Altenberg, projet réalisé, et de celui de Hainburg, en aval de Vienne, projet dont l’abandon permit la création du Parc National des Prairies Alluviales Danubiennes et le sauvetage de ce patrimoine naturel unique.

Le Prix Nobel de physiologie ou médecine qui lui fut attribué en 1973 provoqua une vive polémique dans une partie de la communauté scientifique qui contestait ses hypothèses. On lui lui reprocha également d’avoir été membre du parti nazi et d’avoir publié en 1940 dans une revue allemande un article intitulé «  Désordres causés par la domestication du comportement spécifique à l’espèce « 

Prairies alluviales danubiennes…
 » Comme coulées dans du plâtre, les traces des multiples habitants des prairies alluviales danubiennes ont été préservées dans les larges bandes boueuses jusqu’à la prochaine inondation. Qui a osé prétendre qu’il n’y avait plus aucun cerf dans ces lieux ? D’après les empreintes, de nombreux cerfs imposants semblent au contraire encore fréquenter ces forêts, même si on ne les entend plus à la période du rut. Les dangers de la dernière guerre, qui a fait dans ses derniers instants tant de ravages par ici, les ont rendus secrets et furtifs. Chevreuils et renards, rats musqués et rongeurs plus petits, innombrables chevaliers guignettes, pluviers, petit-gravelots et chevaliers sylvains ont déformé la boue avec les séries croisées de leurs déplacements. Même si ces traces racontent à mes yeux les histoires les plus belles, combien plus nombreuses sont celles que détecte le seul museau de ma petite chienne ! Elle se régale dans des orgies d’odeurs que nous autres êtres humains, avec nos pauvres nez, ne pouvons même pas nous imaginer… « 
Konrad Lorenz

 

Le Danube près d’Altenberg et le château-fort de Greifenstein, photo droits réservés

L’écologiste suisse Max Weber parle dans son livre Le paradis sauvé, livre consacré à la lutte pour la protection des prairies alluviales danubiennes en aval de Vienne et à l’abandon du projet de barrage de Hainburg, sa rencontre à Altenberg en 1984 avec Konrad Lorenz :
 » Et il nous raconte comment, jeune homme, il avait l’habitude de traverser les bancs de gravier clair, là-bas au bord du Danube, de patauger dans les eaux peu profondes et de se jeter enfin dans le fleuve, de le traverser à grandes brassées — comment, depuis l’autre rive, il pénétrait dans l’Au et comment il restait couché au plus profond de l’Au,  » au bord d’un bras secret du grand fleuve, comme un crocodile enfoncé dans la vase,  » au milieu d’un paysage vierge dépourvu du moindre signe de l’existence d’une civilisation humaine. « 

Les prairies alluviales danubiennes, un patrimoine naturel exceptionnel, photo droits réservés

 » C’est alors que je réussissais parfois, dit-il en poursuivant son anecdote, racontée également dans un de ses livres, à réaliser un miracle auquel les sages orientaux les plus érudits aspirent comme à un but suprême : sans que je m’endorme, mes pensées se dissolvent dans la nature qui m’entoure ; le temps s’arrête, ne signifie plus rien, et lorsque le soleil descend et que la fraîcheur du soir m’incite au retour, je ne sais plus si ce sont des secondes ou des années qui ont passé. Ce Nirvàna animal est le meilleur contrepoids au travail intellectuel, un véritable baume pour les nombreuses écorchures à l’âme de l’homme moderne stressé.  »
Max Weber, Le paradis sauvé, Pierre-Marcel Favre, Lausanne, 1986

Bibliographie en langue française (sélection)
Les animaux ces inconnus, Éditions de Paris (1953)
Il parlait avec les mammifères, les oiseaux et les poissons (traduit de l’allemand), Flammarion, Paris (1968)
Évolution et Modification du comportement : L’inné et l’acquis, Payot, Paris (1967)
Tous les chiens, tous les chats, Flammarion, Paris (1970)
Essais sur le comportement animal et humain : Les leçons de l’évolution de la théorie du comportement, Le Seuil, Paris (1970)
Une histoire naturelle de la connaissance, Flammarion, Paris (1975).
Les Huit péchés capitaux de notre civilisation, Flammarion, Paris (1973)
 L’Agression, une histoire naturelle du mal, Flammarion, Paris (1977)
L’Homme dans le fleuve du vivant, Flammarion, Paris (1981)
Les Fondements de l’éthologie, Flammarion, Paris (1984)
Les Oies cendrées, Éditions Albin Michel, Paris (1989)
L’Année de l’oie cendrée, Stock, Paris (1991)
L’homme en péril, Flammarion, Paris (1992)
De petits points lumineux d’espoir, entretiens avec Frédéric de Towarnicki, Rivage, Paris (2009)

Eric Baude, révisé, mars 2018, droits réservés

Le Danube autrichien non canalisé et ses forêts alluviales en amont de Hainburg, désormais territoire protégé, photo droits réservés

 

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