Florian Berndl (1856-1934), naturopathe de l’Île aux oies (Gänsehäufel)sur le Vieux-Danube viennois

« Les bains d’air, de soleil, de sable et d’eau
sont recommandés pour tous les amoureux de la nature qui pratiquent depuis plusieurs années. »
Florian Berndl

   Naturopathe, né dans le Waldviertel, fils d’un tailleur et d’une sage-femme à qui il devra ses connaissances de l’herboristerie qui le rendront célèbre, Florian Berndl commence par être apprenti-tailleur. Après son service militaire effectué en tant qu’ambulancier, il travaille comme infirmier à l’hôpital général de Vienne puis comme masseur et pédicure ainsi que brièvement serveur auxiliaire à l’hôtel Sacher. C’est à l’occasion de l’une de ses promenades qu’il découvre l’Île aux oies (Gänsehäufel,) une île sur le Vieux Danube propice aux baignades. Il la loue à la Commission de régulation du Danube à partir de 1900 pour 15 florins par an, s’y installe dans une cabane avec sa femme et ses fils et commence à mettre en pratique sa philosophie basée sur un mode de vie naturel, rassemblant un certain nombre d’adeptes autour de lui qui sera connu sous le nom de « Colonie Berndl ». Les bains d’air, de soleil, de sable et les baignades de l’Île aux oies qui selon sa conviction soignent les rhumatismes, deviennent rapidement un des lieux d’attraction des habitants de Vienne et attirent des personnalités telles que le sculpteur Karl Costenoble (1837-1907), Max Eugen Burckhardt (1854-1912), directeur du théâtre impérial et royal de la Hofburg (Burgtheater) de 1890 à 1898 ou encore Hermann Bahr (1863-1934), écrivain et initiateur du mouvement « Jung Wien. Les convictions de F. Berndl l’opposent aux partisans de la médecine conventionnelle. Il s’attire de plus les foudres de la presse conservatrice qui voit d’un mauvais œil que les femmes et les hommes puissent se baigner ensemble sur les plages de l’île et pratiquer le naturisme. Son contrat de location est annulé en 1905, officiellement en raison d’une absence de licence pour la cantine des bains et la ville de Vienne ouvre à la place une piscine d’été en plein air le « Gänsehäufel » toujours en activité et très fréquentée jusqu’à aujourd’hui.
F. Berndl fonde ensuite la colonie du Nouveau-Brésil entre Stadlau et Kagran, continuant à fréquenter l’île sur laquelle il devient maître-nageur de la piscine puis surveillant du centre de repos pour enfants qui y a été construit. Malgré une interdiction d’exercer la naturopathie, il continue à pratiquer ce qui a pour effet son licenciement en tant que maître-nageur et son expulsion de l’Île aux oies en 1913.

Florian Berndl,  devant sa cabane sur le Bisamberg. Floridsdorf, diapositive sur verre coloriée à la main vers 1920,  photo droits réservés

Le naturopathe projette alors de faire de la colline du Bisamberg une station thermale pour les classes sociales les plus pauvres, une sorte de « paradis du soleil » avec possibilité de cure et un sanatorium mais ses plans n’aboutissent pas ou du moins la fréquentation des lieux n’est pas à la hauteur de ses espérances, peut-être en raison de conditions d’hygiène rudimentaires. Il y passe néanmoins les 27 dernières années de sa vie.
La tombe de Florian Berndl se trouve au cimetière central de Vienne. Une rue du quartier de Donaustadt (22e arrondissement) ainsi  que la piscine du Bisamberg porte son nom.

Inauguration de la baignade de Gänsehäufel en 1907

Sources :
D. Angetter, « Berndl, Florian » In Österreichisches Biographisches Lexikon 1815–1950. 2. überarbeitete Auflage (en ligne)
Barbara Denscher, Florian Berndl, « Alternatives Leben an der Donau », in Hubert Christian Ehalt, Manfred Chobot, Gero Fischer, Das Wiener Donaubuch, Wien, 1987

Eric Baude, Danube-culture © droits réservés août 2022

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