Passau, la Venise bavaroise ou le génie des eaux et de la confluence…

« Passau, a environ 15 000 habitants, est située au confluent du Danube, de l’Inn et de l’Ilz, a un aspect très pittoresque et est une très ancienne ville. Elle se compose de la ville proprement dite : Altstadt et Neumarkt, Innstadt et Ilzstadt, Anger et St. Nicolas. La ville fut fondée en l’an 100 avant Jésus-Christ, sous le le nom de Bojodurum. L’Innstadt a été bâtie aujourd’hui à sa place ; 26 ans après Jésus-Christ les légions avançantes des Romains trouvèrent cette ville déjà fortement développée et l’agrandirent pour un point stratégique important. Par la paix de Pressbourg du 20 décembre 1805, l’évêché de Passau revint pour toujours à la Bavière et la ville se développa depuis d’une manière joyeuse. Passau est le siège du tribunal et des administrations suivantes : Intendance des bâtiments, cour d’appel, tribunal d’arrondissement, justice municipale et le tribunal suprême, administration de district, charge de finances, administrations des eaux et forêts, administration de la poste, station télégraphique, grand bureau de douane, municipalité, police et banque succursale… »
Alexandre François Heksch, Guide illustré sur le Danube de Ratisbonne à Souline, A. Hartleben, Éditeur, Vienne, Pest, Leipsic, 1883

Passau en 1858 par le peintre hollandais Kasparus Karsen (1810-1896)

Une histoire singulière
Cité libre et dynamique du Saint-Empire romain germanique, tournée très tôt vers le fleuve, sa navigation et son commerce, sur la route du sel et des croisades, centre de forge réputé à la Renaissance, elle fût érigée en évêché dès 739. Ses évêques acquièrent le statut de princes d’Empire en 1217 et règnent pendant trois siècles, jusqu’à la création d’évêchés en Autriche et en Hongrie, sur un immense territoire danubien qui s’étend jusqu’à Vienne. Au XVIIe Passau est en grande partie détruite par des incendies (1662 et 1680). Les évêques font appel à des architectes italiens pour la reconstruire. On raconte qu’en 1703, les troupes bavaroises assiègent la ville épiscopale. Les trois compagnies locales de soldats sont peu motivées pour se battre contre leurs voisins et refusent le combat sous prétexte d’une fièvre subite. Mais le général en chef des troupes bavaroises d’alors, frustré et sans doute en recherche d’une quelconque action glorieuse, se plaignit de n’avoir rencontré aucune résistance ! La cité demeure la résidence du prince-évêque jusqu’au début du XIXe siècle puis elle est annexée par l’Électorat de Bavière, futur royaume, à la période de la sécularisation (1803-1805). Napoléon y séjourne en 1809 sur le chemin de Vienne et considère Passau comme la plus belle cité allemande.

Sur la façade de l’Hôtel de ville, les niveaux atteints par les différentes inondations, photo Danube-culture, droits réservés

De la mise en scène baroque de son architecture, des perspectives toutes en rondeur et en courbes flatteuses de sa cathédrale, de l’ambiance quasi insulaire de son coeur historique qui pointe vers le confluent comme la proue d’un navire, de l’omniprésence de l’eau, émanent incontestablement, comme pour sa soeur Ratisbonne, une atmosphère unique rappelant l’effervescence culturelle de la civilisation de l’Europe méridionale et la contribution de quelques-uns de ses éminents artistes à l’épanouissement de Passau.

Sissi (Elisabeth, princesse de Bavière et Impératrice d’Autriche-Hongrie s’arrêta ou visita Passau à plusieurs reprises, lors de son voyage en bateau vers Vienne en 1854, puis en septembre 1862 par le train depuis l’Autriche et en 1878 de manière anonyme sous le nom de C. Woog de Paris.

Aujourd’hui Passau est une ville d’environ 55 000 habitants, restaurée avec beaucoup de soin   qui séduit de nombreux touristes de toute l’Europe en particulier par le fleuve. Outre son patrimoine historique et architectural, elle possède une université fréquentée par 10 000 étudiants et propose une offre conséquente d’événements culturels tout au long de l’année parmi lesquels « Les semaines européennes (Festspiele Europaïsche Wochen) ».

Le coeur de Passau entre Inn et Danube, photo droits réservés

C’est à Passau que le Danube quitte l’Allemagne sur sa rive droite, après le confluent avec l’Inn pour entrer en Autriche. Le fleuve ne devient autrichien sur ses deux rives qu’à partir du kilomètre 2200. La ville a subi en 2013 les inondations les plus importantes de son histoire depuis le moyen-âge. Certaines sources affirment qu’à Passau c’est le Danube qui se jetterait dans l’Inn au débit plus important mais l’histoire officielle en a décidé autrement. Enfin provisoirement…

 Passau vu par l’écrivain Claudio Magris
« Dans la ville de Passau/Régnait un évêque », dit la XXIe Aventure de la Chanson des Nibelungen. Cet évêque, dans le grand poème médiéval allemand, c’est Pilgrim, présenté comme l’oncle des Burgondes et de Kriemhild mais c’est l’histoire de Passau entière qui s’enveloppe dans une majesté épiscopale, toute en rondeur. Du Ve siècle jusqu’à nos jours, innombrables sont les éloges à la gloire et à la beauté de la « florissante » et « resplendissante » ville aux trois noms bâtie sur trois fleuves, la Venise de la Bavière, « schön und herrlich« , belle et magnifique, dont à une époque le diocèse s’étendit à l’Autriche et à la Hongrie et dont les évêques régnaient sur la Pannonie et sur le patriarcat d’Aquileia. Passau a été une ville libre du saint empire, et surtout la résidence du prince-archevêque, jusqu’en 1803 ; du haut du coteau, l’Oberhaus — la forteresse épiscopale — tenait sous son regard et ses canons les citoyens et leur municipalité, assurant le maintien d’un ordre ponctué par la dévotion religieuse, l’autoritarisme clérical, la splendeur baroque, de solides études classiques et d’aimables plaisirs des sens…

Bateliers_Linz-Passau (Bartlett)

Bateliers de Passau et Linz, dessin de William Bartlett, 1844

À Passau prévaut la rotondité, la courbe, la sphère — univers clos et achevé comme une balle bien protégée par le chapeau épiscopal qui la coiffe. Elle a une beauté de femme faite, la séduction accueillante et conciliante de ce qui est achevé. Mais la courbe de la coupole se fond dans celle, maternelle, de la rive, elle disparaît dans celle des eaux qui s’échappent et se dissolvent ; le côté insaisissable et léger de l’eau rend aérienne et légère la pompe des palais et des églises, qui apparaît mystérieuse et lointaine, irréelle comme un château dans un ciel crépusculaire.

Passau, vue de la basse et de la haute forteresse au-dessus de l’Ilz, dessin de Friedrich Bernhard Werner, gravure de Martin Engelbrecht, Augsburg, 1740, Staatliche Bibliothek Passau »

À Passau, le voyageur sent que l’écoulement du fleuve est désir de la mer, nostalgie du bonheur marin. Ce sentiment de plénitude vitale, ce cadeau des endorphines et de la tension artérielle ou de quelque acide secrété par un cerveau bienveillant, l’ai-je vraiment éprouvé dans les ruelles et sur les quais de Passau — ou alors est-ce que je crois l’avoir éprouvé seulement parce que, attablé au Café San Marco, je suis en train d’essayer de le décrire ?…

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Les fresques du plafond de la cathédrale de Passau, photo Danube-culture, droits réservés

« Passau est au confluent de trois cours d’eau ; la petite Ilz et le grand Inn s’y jettent dans le Danube. Mais pourquoi le fleuve formé de leurs eaux mêlées, et qui s’écoule vers la mer Noire, doit-il s’appeler et être le Danube ? Il y a deux siècles Jacob Scheuchzer dans son Hidrographia Helvetiae, page 30, observait que l’Inn, à Passau, est plus large et plus profond que le Danube, avec un débit plus fort, et même derrière lui, un parcours plus long. Le docteur Metzger et le docteur Preusmann, qui ont mesuré en pieds la largeur et la profondeur des deux cours, lui donnent raison. Donc le Danube est un affluent de l’Inn. et Johann Strauss est l’auteur d’une valse intitulée Le bel Inn bleu — L’Inn après tout pourrait revendiquer à plus juste titre cette couleur. Ayant décidé d’écrire un livre sur le Danube, je ne puis évidemment souscrire à cette théorie, de même qu’un professeur de théologie dans une faculté catholique ne peut nier l’existence de Dieu, objet même de sa science. Par bonheur c’est justement la science qui me vient en aide, en l’occurrence la perceptologie, selon laquelle si deux fleuves mêlent leurs eaux on considérera comme fleuve principal celui qui, au confluent, forme un plus grand angle avec la partie qui se trouve en aval. L’oeil perçoit (établit) la continuité et l’unité de ce fleuve, et perçoit l’autre comme son affluent. Faisons donc confiance à la science et évitons, tout au plus, par prudence, d’observer trop longuement le triple confluent à Passau et de passer trop de temps à vérifier l’ampleur dudit angle, parce que l’oeil, à force de fixer longuement un endroit, se trouble et voit double, ce qui envoie à tous les diables la clarté de la perception, et risquerait d’occasionner de vilaines surprises au voyageur du Danube.

Ce qui est certain, c’est que le fleuve va à val, comme celui qui le suit ; peu importe d’établir avec rigueur d’où viennent toutes les eaux qu’il emporte et qui confondent avec les siennes. Aucun arbre généalogique ne garantit à 100% le sang bleu. La foule hétérogène qui se presse sous notre crâne ne peut présenter un inattaquable certificat de naissance, elle ne sait d’où elle vient ni quel est son nom, Inn ou Danube ou autre, mais elle sait où elle va et comment elle finira. »

Claudio Magris, « Dans la ville de Passau » et « Le beau Danube ou le bel Inn bleu », Danube, coll. «L’Arpenteur», Gallimard, Paris 1988

Collectivité locale de Passau
www.passau.de
Office de tourisme (page en langue française)
www.tourismus.passau.de

Culture
Festival des semaines européennes (juin-juillet)
www.ew-passau.de
Cathédrale Saint-Étienne (Dom St. Stephan), achevée en 1668. L’orgue est le plus grand instrument de ce type au monde.

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Les orgues de la cathédrale, photo Danube-culture, droits réservés

Musée du diocèse et trésor de la cathédrale (Domschatz und diöcezanmuzeum)
www.bistum-passau.de
Musée de le forteresse épiscopale (OberhausMuseum) :
www.oberhausmuseum.de
La construction de la forteresse remonte au XIIIe siècle. De la batterie Linde, on bénéficie d’une vue magnifique sur la ville et sur l’étonnant confluent du fleuve et des deux rivières dont on distingue parfaitement les couleurs respectives avant qu’elle ne se mélangent.
Musée d’art moderne (Museum Moderner Kunst)
www.mmk-passau.de
Musée du verre de Passau (Glasmuseum Passau)
www.glasmuseum.de
Musée romain « Kastell Boiotro » (RömerMuseum Kastell Boiotro) 
www.stadtarcheologie.de

Grande salle de l’hôtel de ville (Großer Rathaussaal)

Hébergement
Hôtel Altstadt-Hotel Passau
www.altstadthotel.de
Confortable, central et à proximité du confluent du Danube, de l’Inn et de l’Ilz

Hôtel Wilder Mann
www.wilder-mann.com

Hôtel de tradition à proximité du Danube dans la vieille ville, chambre de Sissi.

Hôtel Koenig
www.hotel-koenig.de
Près de l’embarcadère et de la piste cyclable

Pension « Weisser Hase »
www.weisser-hase.de
Pension « Zur Goldenen Sonne »
www.pension-goldene-sonne.de

 Croisières

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Donauschiffahrt Wurm +Köck
www.donauschiffahrt.de
De nombreuses possibilités de croisières simples et à thème avec cette compagnie allemande aux bateaux confortables, très présente sur le Danube tout au long de l’année. En été et certains jours on peut se rendre en bateau de Passau à Vienne. La remontée et l’arrivée sur Passau en bateau, en particulier au coucher du jour ou la nuit, est exceptionnelle.

Danube-culture, droits réservés, mise à jour janvier 2020

Le réseau hydrographique du Haut-Danube

Un  jeune destin contrarié : pertes et capture
Avant même de recevoir l’apport d’un premier affluent important, les deux tiers des eaux du jeune Danube disparaissent brusquement une cinquantaine de kilomètres en aval des sources de la Breg et de la Brigach, à la hauteur d’Immendingen, dans deux failles du sous-sol karstique du Jura franconien. Après un parcours souterrain d’une douzaine de kilomètres, elles ressortent tout aussi brusquement par une résurgence (Aachtopf) sur le territoire de la commune d’Hegau, une soixantaine d’heures plus tard. Ces eaux danubiennes alimentent ainsi celles d’un affluent indirect du Rhin, la Radolfzeller Aach, rivière qui, après un parcours de 32 km, se jette dans le Bodensee (lac de Constance) à la hauteur de Radolfzell (Allemagne). Les eaux du Danube transitent ainsi par ce réseau souterrain vers le bassin du Rhin, illustrant un étonnant phénomène de capture au détriment du bassin du Danube.

Le lit du Danube, asséché sur plusieurs kilomètres au-delà des pertes d’Immendingen en période d’étiage, période  pouvant durer entre 155 et 200 jours par an, est réalimenté à la hauteur de Tuttlingen-Möhringen par les eaux du Krähenbach puis par celles de l’Elta à Tuttlingen, deux ruisseaux de la rive gauche.

Le lit du Danube en aval des pertes d’Immendingen pendant la période d’étiage (basses eaux), photo source wikipedia

Le fleuve rassembleur
Le Danube connaît tout d’abord en Forêt-Noire un régime hydrographique de type pluvio-nival avec des hautes eaux en hiver et au printemps. L’Iller (147 km, confluent en amont d’Ulm), le Lech (264 km, confluent en aval de Donauwörth), aux forts débits nivo-glaciaires, et l’Isar (295 km) qui baigne la capitale bavaroise et rejoint le Danube à la hauteur de Deggendorf, tous les trois également affluents de la rive droite, proviennent des Alpes calcaires septentrionales.

Les plus importants affluents du Haut-Danube, comme l’Inn (517 km), la Traun (146 km) et l’Enns (349 km) sont des affluents de la rive droite. Ils prennent leurs sources dans les Alpes centrales. Ces rivières, de caractère par conséquent alpin, pour la plupart aujourd’hui canalisées et érigées en sources d’énergie hydraulique (barrages) comme de nombreux affluents et sous-affluents danubiens, suivent d’abord les grandes vallées longitudinales du relief alpin. Elles rejoignent ensuite des massifs calcaires, obliquent vers le nord/nord-est, traversent des territoires morainiques et atteignent des plaines préalpines constituées de graviers avant de se jeter dans le Danube, drainant sur tout leur parcours une importante quantité d’alluvions.

Ces affluents et en particulier l’Inn, exercent de part leurs grandes variations saisonnières de régime une influence considérable sur celui du Haut-Danube : fontes des neiges et précipitations abondantes peuvent engendrer, souvent pendant les mois d’avril à juillet, des débordements et de graves inondations que le Danube répercute largement en aval. 

 Viennent ensuite confluer avec le Danube sur cette même rive droite la Traun, l’Enns et l’Ybbs (131 km), qui sont les derniers affluents conséquents de caractère alpin.

Les bassins de la Leitha ou Lejta (180 km), La Rábca ou Rabnitz (120 km) et la Rába ou Raab (250 km) se situant à l’extrémité nord-est des Alpes, ces trois rivières perdent en entrant dans la petite plaine hongroise leur capacité à charrier des alluvions et sont de caractère transitoire.

Sur la rive gauche, le Haut-Danube reçoit des apports plus secondaires commme ceux de l’Altmühl (227 km dont les 34 derniers km ont été aménagés et intégrés au Canal Rhin-Main-Danube, confluent à la hauteur de Kelheim), de la Naab (197 km, confluent en amont de Ratisbonne), de la Regen (190, 7 km, confluent à Ratisbonne) et, plus en aval du Kamp bas-autrichien (157 km, confluent à Grafenwörth). Sur cette rive, le bassin versant danubien septentrional est beaucoup plus limité géographiquement du fait d’une ligne du partage des eaux qui passe au travers de la Bayerischer Wald (Forêt Bavaroise) et de la Böhmerwald (Forêt de Bohême) et qui impose à la Vltava, rivière qui prend sa source dans ce massif proche, de couler vers le nord et l’Elbe et non vers le Danube beaucoup plus proche.

En aval de Vienne, la Morava austro-tchéco-slovaque (329 km) ou March conflue avec le Danube aux lisières de Bratislava. Il s’agit du plus grand affluent de moyenne montagne de la rive gauche provenant du nord du bassin du Haut-Danube mais elle ne modifie pas le caractère alpin du fleuve. Elle prend sa source en Moravie du Nord au pied du mont Kralický Sněžník dans le massif des Jeseníky, à proximité de la frontière polonaise. 

Le confluent de la Morava avec le Danube au pied de la forteresse slovaque de Devín, photo source wikipedia

Alors Inn ou le Danube ?

Le plus impressionnant et le plus abondant des affluents du Haut Danube se nomme l’Inn. Cette rivière prend sa source beaucoup plus haut, à près de 2500 m dans un lac de la haute vallée de l’Engadine, au sein du massif des Grisons (Suisse), le lac de Lunghino dont elle joue le rôle d’exutoire. Elle traverse trois autres lacs et le territoire des Grisons sur une centaine de kilomètres dont la partie finale s’effectue dans un parcours frontalier austro-helvétique, pénètre dans le Tyrol autrichien par une trouée dans le contrefort du massif de la Silvretta, baigne la capitale du Tyrol, Innsbrück, joue un peu plus loin à nouveau le rôle de frontière, cette fois entre l’Autriche et l’Allemagne, et s’engage dans une vallée transversale des Alpes calcaires, près de Kufstein, qui l’amène jusqu’aux Préalpes bavaroises. Avant de se « jeter » dans le Danube à Passau (à moins que ce ne soit le Danube qui se jette dans l’Inn ? Telle est l’hypothèse de certains hydrologues, peut-être vertueux et soucieux de rétablir une vérité que l’histoire a décidé de ne pas prendre en compte. Pour les Tyroliens d’autrefois, il était évident que c’était le Danube qui se jetait dans l’Inn à Passau.1 Autre querelle après celle des sources !), l’Inn traverse encore par une vallée étroite la forêt de Neuburg qui n’est autre qu’un contrefort du vieux massif de la Bayerischer Wald (Forêt bavaroise). 

Confluent de la Salzach avec l’Inn, photo source wikipedia

Le régime de cette rivière est notamment conditionné par un bassin versant alpin comportant 720 km2 de glaciers. Mais c’est dans ses bordures alpine où il atteint sa largeur maximale que celui-ci connait ses précipitations les plus abondantes à l’origine de la plupart de ses crues. Son lit peut atteindre dans cette partie de son cours la profondeur de 12 m. C’est l’Inn qui, par ses variations saisonnières de débits, détermine plus que tout autre affluent le caractère alpin du Haut-Danube, caractère alpin prévalant jusqu’au confluent avec la Save (dont le parcours atteint 1005 km ou 940 km selon les sources) au km 1170, soit au pied de Belgrade, c’est-à-dire bien au-delà du bassin supérieur du fleuve, limité à la frontière austro-slovaque et à la Porte de Devín (Slovaquie), en aval du confluent de la Morava (March),à la lisière occidentale de Bratislava.

1 Hérodote situait la source du Danube près de la ville de Pyrene « dans le pays des Celtes. » Ce qui fut interprété comme une ville près du massif des Pyrénées. Outre que les Pyrénées n’ont jamais été le pays à proprement parlé des Celtes, il semblerait que cette interprétation soit bien erronée. Plus intéressante est l’hypothèse superposant la source du Danube à celle de l’Inn. Les Romains ne dénommaient-ils pas le mont Brenner « Mons Pyrenaeus » ? L’étymologie du mot allemand « Berg » pourrait provenir  du mot « Pyr » donnant en allemand « Gepyrge » puis « Gebirge ». Quand  à Engadin, il signifie en rétoromanche, langue latine parlée dans les Grisons « Le pays près de la source de l’Inn ».

Sources : Andreas Dusl, « Wien am Inn, Ein etymologischer Essay » in Das Wiener Donau Buch, Édition S, Wien, 1987

Le cours de l’Inn depuis sa source en Engadine jusqu’à Passau (source Wasseraktiv)

Voir également l’article sur le même site :

Un Danube facétieux : des pertes et une capture au profit du Rhin

Eric Baude, mis à jour mars 2018, © Danube-culture, droits réservés

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