Le Danube ottoman IV : le deuxième siège de Vienne (1683)

   L’orgueilleux vizir, trop sûr de son triomphe, a emmené avec lui son harem de mille cinq cents concubines, gardées par sept cents eunuques noirs. Sa défaite brutale face aux troupes impériales et alliées catholiques polonaises commandées par Charles V de Lorraine (1643-1690) et le roi de Pologne Jean III Sobiecki (1629-1696), pourtant beaucoup moins nombreuses mais plus réactives, le 12 septembre, sonnera sa condamnation à mort. Le Danube ne porte pas chance au grand vizir. Il sera une nouvelle fois battu au bord du Danube et devra se replier sur Belgrade, sa résidence d’hiver.

Siège de Vienne 1683 collection Wien Museum

« VIENA D’AVSTRIA / ASSEDIATA DEL TURCHI 1683 », Vienne assiégée par les Turcs, auteur inconnu, 1683, collection Wien Museum

C’est là que l’émissaire du Sultan Mehmed IV (1648-1687) le rejoint et lui apporte les clefs de son destin. Il lui transmet le lacet de soie symbole du verdict du Sultan, signifiant sa disgrâce et sa fin. Après avoir s’être agenouillé une dernière fois sur son tapis de prière, il est étranglé et abandonné sur place. Les armées impériales reprendront Belgrade en 1688. Le corps de Kara Mustapha sera exhumé et sa tête emmenée à Vienne où elle est conservée au Musée d’Histoire de la ville.

Que sont donc devenues les nombreuses concubines qui attendaient la victoire de l’orgueilleux Vizir pour entrer dans Vienne derrière lui ? L’histoire ne le dit pas !
   L’eau du Danube coulera sous les ponts pendant plusieurs siècles avant que la première guerre mondiale ne voit les deux empires s’allier par opportunité pour combattre un ennemi commun.  

Danube-culture, © droits réservés, mis à jour octobre 2023

Notes :
1
65 000 et 80 000 soldats pour les troupes impériales et catholiques, 170 000 pour les Ottomans. La rencontre des deux souverains le 15 septembre ne  fut pas, malgré la victoire, des plus chaleureuses.

 

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