Nibelungengau et Strudengau (Autriche) : Des portes de Linz jusqu’aux lisières de Melk

Comme en Basse-Autriche, le Danube possède un abondant site ressources (en allemand) pour la Haute-Autriche : www.danube.at
Site (en allemand…) réunissant un ensemble de musées et d’activités de loisir de la région Danube-Nibelungengau.
Pour rappel le site ressources du Land de Basse-Autriche : www.donau.com

Ces deux régions danubiennes sont traversées par l’Eurovélo (route) 6 Atlantique-mer Noire et il y fait bon y pédaler.

La Nibelungengau et La Chanson des Nibelungen
La Chanson des Nibelungen est une épopée allemande en deux parties écrite au XIIIe siècle. Elle conte les aventures du valeureux Siegfried, du roi burgonde Gunther et de ses compagnons chevaliers ainsi que les vengeances de Brünnhilde et de Kriemhild. Les grandes chevauchées du roi Gunther et de son cruel vassal Hagen ont lieu sur cette plaine qui borde le Danube d’où son nom de Nibelungengau. Des fragments de ce chef d’oeuvre de la littérature allemande du moyen-âge dont l’auteur est inconnu, ont été retrouvés au bord du fleuve, dans la bibliothèque de l’abbaye bénédictine baroque de Melk et y sont de nos jours exposés. Le compositeur allemand Richard Wagner (1813-1883) s’inspirera de cette tragique épopée pour écrire sa Tétralogie.

Peter von Cornelius (1783-1837), Hagen noie dans le Danube le trésor des Nibelungen (1859)

En descendant le fleuve, des portes de Linz au pays celtique de Mitterkirchen (Nibelungengau)

Steyregg (PK 2116, rive gauche), Haute-Autriche
La chapelle du château possède de très belles fresques du XIVe siècle. L’abbaye toute proche de Pulgarn, fondée par les Augustins en 1303 et sécularisée par Joseph II, autrefois hôpital pour les pauvres, appartient désormais à l’abbaye augustine de Saint Florian.
Collectivité locale de Steyregg
www.steyregg.at
Culture :
Cloître de Pulgarn
Musée du pays (dans la tour municipale, ouvert sur demande)

Abwinden (rive gauche), Haute-Autriche
Collectivité locale d’Abwinden
www.abwinden.at
Usine hydroélectrique d’Abwinden-Asten (PK 2120)

Saint-Florian (rive droite), Haute-Autriche
Office de de tourisme de Saint-Florian
www.oberoesterreich.at/st.florian
Abbaye de Saint-Florian
www.stift-st-florian.at

Abbaye de saint Florian, photo © Bwag, droits réservés

Skt Georgen an der Gusen-Gusen (rive gauche), Haute-Autriche
Mémorial du camp de concentration de Gusen
Mémorial de Berglitzl (1 km au sud de Gusen)
Collectivité territoriale de Skt Georgen an der Gusen-Gusen
www.st-georgen-gusen.at

Langenstein (rive gauche), Haute-Autriche
La forteresse du Spielberg se tenait autrefois directement au bord du fleuve mais du fait d’inondations et des aménagements du Danube au XIXe siècle qui détournèrent son cours, celle-ci se trouve désormais en retrait du fleuve et encerclée de forêts.
Collectivité locale de Langenstein
 www.langenstein.at

Enns (rive droite), Haute-Autriche, cité romaine
   La vieille ville d’Enns a été bâtie sur la rive gauche de la rivière du même nom, à proximité de son confluent avec le Danube. Elle revendique le titre de plus ancienne ville d’Autriche. Enns obtint en 1212 son statut privilégié de cité soit 1000 années après son premier titre de cité romaine (Lauriacum). Elle fut aussi capitale de la province romaine de Norique (Noricum), province située entre la Pannonie à l’Est, la Rhétie à l’Ouest et l’Italie au Sud et correspondant aux actuels Land de Basse et Haute-Autriche.
C’est dans les flots de l’Enns que fut précipité Saint Florian (vers 250-vers 304), ancien chef de l’administration de la province romaine de Norique. Enns devint plus tard un bastion du protestantisme pendant la période de la réforme.

Albrecht Altdorfer (1480-1538), peintre de l’École du Danube, le martyr de Saint Florian

Les 320 kilomètres de cet important affluent de la rive gauche du Danube offraient la possibilité d’y transporter le bois des régions de montagne.
De 1945 à 1956, l’Enns fit frontière entre la zone occupée par les russes (rive droite) et celle occupée par les américains (rive gauche) durant l’occupation de l’Autriche par les Alliés. La rivière sert désormais de frontière entre les Land de Basse-Autriche et de Haute-Autriche.
La basilique Saint Laurent a été construite sur l’emplacement de la cité romaine de Lauriacum. Du haut du beffroi de la place centrale, on jouit d’un magnifique panorama sur la ville et son patrimoine architectural, ses fortifications, érigées grâce à une partie de la rançon versée par l’Angleterre à l’Autriche pour la libération de Richard Coeur de Lion, emprisonné, lors de son retour en Angleterre dans la forteresse de Dürnstein en Wachau par Léopold V de Babenberg dit « le vertueux ».
Enns a choisi d’être la première citta-slow d’Autriche (2008).
Office de Tourisme
www.tse-enns.at

Culture :
Basilique Saint Laurent
Château d’Ennsegg (visite sur demande à l’office du tourisme)
Musée romain de Lauriacum, sans doute le plus des musées romains d’Autriche.
www.museum-lauriacum.at

Hébergement/restauration
Hôtel-restaurant de la famille Brunner Zum goldenen Schiffwww.hotel-brunnner.at
La famille Brunner qui tient cet excellent hôtel a le sens de l’accueil et de l’hospitalité et prend soin de ses hôtes. Au pied du beffroi que l’on peut visiter (l’hôtel en possède une clef)  et où l’on peut dormir au sommet et tout proche le musée romain.

Mauthausen (PK 2112, rive gauche), Haute-Autriche
Jusqu’à l’établissement du troisième Reich, cette cité n’était connue que par ses carrières de granit dont les blocs servaient en particulier à paver les boulevards et les rues de la capitale.
De nombreuses maisons furent détruites par les Hussites en 1424. Il reste malgré tout un patrimoine architectural remarquable.
Mozart, alors âgé de six ans, s’arrêta à Mauthausen le 6 octobre 1762 lors de son voyage en compagnie de sa famille vers Vienne et la cour de Marie-Thérèse d’Autriche.
Le kilomètre 2112 fut pendant la seconde guerre mondiale un lieu de sinistre réputation. C’est à Mauthausen que les nazis avaient construit l’un de leurs plus atroces camps de concentration. Plus de 123 000 prisonniers et déportés amenés par trains entiers périrent dans celui-ci ou dans l’une de ses annexes entre 1939 et 1945. Une plaque commémorative a été posée devant la gare
En été un bac pour les piétons et les bicyclettes relie Mauthausen à Sankt Pantaleon près d’Enns sur la rive droite.
Le château Renaissance de Pragstein fût construit sur un rocher dans le lit du fleuve et était entouré de douves en eau jusqu’en 1860.

Collectivité locale de Mauthausen
www.mauthausen.at

Mémorial du camp de concentration
www.mauthausen-memorial.at
Il n’est pas conseillé de visiter le mémorial avec des enfants de moins de 14 ans.

Informations touristiques
www.mauthausen.info

Culture 
Musée de la pharmacie (Apothekenmuseum)
www.apothekenmuseum.at

Hébergement/restauration
Hôtel Donauhof
Proche du centre, au bord du fleuve et d’une route très fréquentée, chambres contemporaines et confortables. 
www.donau-hof.at
Auberge  « Zur Traube »
 www.gasthofzurtraube.info
Auberge Maly
www.maly.co.at

Wallsee (PK 2093, rive droite), Haute-Autriche
La place du marché de Wallsee avec ses façades de maisons du XVIIe siècle est considérée comme l’une des plus belles du Danube. Un musée permet de connaître la vie des soldats romains en garnison et celles des domestiques. Le château, bâti par Henri VI de Wallsee au XIVe siècle, agrandi au XVIIe et rénové au XIXe siècle, est la résidence principale de la famille Salvator-Habsbourg-Lorraine et ne se visite pas.
C’est à Wallsee que les général américain Patton et le maréchal russe Tolbuchin célébrèrent leur victoire contre les nazis.
Usine hydroélectrique de Wallsee-Mitterkirchen
Collectivité territoriale de Walsee
www.wallsee-sindelburg.gv.at

Culture
Musée romain (ouvert  de mai à septembre)
Tombeau de Marie Valérie de Habsbourg (1868-1924), fille cadette de François-Joseph et de Sissi d’Autriche-Hongrie et surnommée « l’ange de Wallsee » à cause de sa bonté (cimetière de Sindelburg). Elle hérita du château de Persenbeug à la mort de l’empereur en 1916.

Hébergement/restauration
Hôtel-Restaurant Sengsbratl
www.sengstbratl.at

Au an der Donau (Haute-Autriche)
Collectivité locale d’Au an der Donau
www.au-donau.at

Hébergement/restauration
Hôtel-restaurant de la famille Landerl « Jägerwirt Kulti Wirt » à Au/Donau www.oberoesterreich.at/Jaegerwirt-au
Cave à vins, cuisine familiale goûteuse d’après le livre de recettes de la grand-mère, jardin, peu de chambres.

Naar im Machland (rive gauche), Haute-Autriche
Collectivité locale
www.naarn.at

Culture
Pélerinage de Maria Laab
Musée du pays

Perg (rive gauche), Haute-Autriche
Perg se trouve à 7 km du Danube sur le Naarn.
Collectivité territoriale de Perg
www.perg.at

Culture
Château d’Auhof
Musée municipal et du pays
Plusieurs galeries exposent à Perg (Galerie Manner, Johannas kleine Galerie, Galerie im Zeughaus).

Hébergement/restauration
Gasthof Lettner/Traube
www.gasthof-lettner.at
Gasthof Schachner : www.ghschachner.at

Maison du village celtique de Lehen, photo Wikipedia

Mitterkirchen im Machland (rive gauche), Haute-Autriche
Des fouilles entre 1980 et 1990 ont permis de trouver à Lehen (2 km de Mitterkirchen) les traces d’un ancien village de l’époque celtique de la civilisation dite de Hallstatt, vieille de plus de 2700 ans. Le village celte a été reconstitué depuis et permet de se rendre compte des conditions de vie à cette période dans la région du Danube. Un festival celtique a lieu tous les deux ans.
En aval de Mitterkirchen im Machland, au kilomètre 2084, sur la commune de Saxen, se trouve le château néo Renaissance de Dornbach dans lequel vécut l’écrivain suédois August Strindberg en 1893 avec sa famille. De nombreuses manifestations culturelles y sont organisées (Festival de jazz).
Collectivité territoriale de Mitterkirchen
www.mitterkirchen.at

Culture
Village celte de Mitterkirchen
www.keltendorf-mitterkirchen.at

Hébergement/restauration
Auberge  Haberl
www.haberl-mitterkirchen.at

Ardagger Markt (PK 2084, rive droite), Haute-Autriche
Ardagger Markt dépend de la collectivité locale d’Ardagger.
Collectivité locale d’Ardagger
www.ardagger.at

Hébergement/restauration
Gasthof Schatzkastl
www.schatzkastl.at
Gasthof « zur Donaubrücke »
www.gasthof-froschauer.at
Bel emplacement au bord du fleuve sur la rive droite en amont de Grein

Gastronomie
Distillerie Hauer
www.hauerbrand.at
La maison du poiré (MostBirnHaus)
www.mostbirnhaus.at

De Grein, perle de la Strudengau, jusqu’aux confins de la Wachau

Grein/Donau (PK 2079, rive gauche), Haute-Autriche
Jolie petite ville, surnommée à juste titre la « Perle de la Strudengau » par les écrivains et poètes régionaux, à l’entrée du défilé du même nom et connu autrefois pour les grands dangers qu’il représentait pour les bateliers, Grein est dominé par un remarquable château construit entre le XVIe et le XVIIIIe siècles et qui appartient à la famille de Saxe Coburg-Gotha. Outre des salles d’un grand intérêt du point de vue architectural et décoratif comme la « Sala Terrana » et ses mosaïques formées de petits galets du Danube, sa chapelle et son autel baroque, son cellier au plafond vouté et taillé en forme de diamant, son élégante cour intérieure entourée d’arcades, le château abrite dans plusieurs pièces un musée de la navigation danubienne complémentaire de celui de Spitz/Donau.

Le château de Grein vu de la rive droite, photo © Danube-culture, droits réservés

Les bateliers du Haut-Danube autrichien avaient fait de la ville l’une de leurs bases d’activité pour le transport et le commerce des marchandises. C’est la raison laquelle celle-ci connut autrefois un développement économique important qui se traduisit notamment par un intérêt de ses habitants pour la culture et, à la fin du XVIIIe siècle, par la construction, dans l’ancien silo à grain de l’Hôtel de ville, d’un théâtre dont certains aménagements ne manquent pas d’originalité. C’est aujourd’hui le plus ancien bâtiment culturel de ce type conservé en Autriche.
La promenade dans la vieille ville avec son ancien hôtel de ville, érigé en 1563 par un architecte italien, son église au style gothique tardif initial baroquisé, ses maisons de style renaissance et baroque est amplement justifiée.
Grein possède son Musée de la Navigation sur le Danube. Tout comme pour le musée de la navigation de Spitz/Donau des modèles d’embarcations, de chalands spécifiques à ce fleuve et à ses affluents y sont exposés et illustrent l’histoire passionnante de la navigation et du transport fluvial sur le Haut et le Moyen Danube. Ce musée haut-autrichien de la navigation danubienne est complémentaire de celui de Spitz/Donau par ses collections de modèles réduits et d’objets liés aux  activités fluviales.
Un petit bac relie Grein à Wiesen mais il n’est accessible qu’aux piétons et aux cyclistes. Les voitures devront emprunter le pont en amont pour se rendre sur la rive droite.
Office de Tourisme
www.grein.at

Le château et l’église de Grein à la tombée de la nuit, photo © Danube-culture, droits réservés

Culture :
Château et Musée de la navigation danubienne
www.schloss-greinburg.at
Site de la famille de Saxe Coburg-Gotha
www.sachsen-coburg-gotha.de
Théâtre municipal de la ville de Grein
www.stadttheater-grein-at

Gastronomie et gourmandises 
Konditorei-salon de thé Schörgi
www.schoergi.at

Neustadl/Donau (rive droite), Haute-Autriche
Petite commune assez étendue, sur les hauteurs de la rive droite, traversée par le chemin de Saint – Jacques de Compostelle avec quelques-uns de ses hameaux au bord du fleuve. Le propriétaire de l’auberge traditionnelle « Nadlingerhof » a constitué une impressionnante collection hétéroclite d’objets de la vie quotidienne d’autrefois dans les campagnes qu’il a transformé en musée.
Au sommet de la colline de Brandstetter (532 m), la Brandstetterkogelhütte, un petit chalet avec une terrasse qui offre avec une vue exceptionnelle sur Grein et le Danube. Possibilité de se restaurer tout en savourant, la beauté des paysages danubiens. Lé récompense est à la hauteur de l’effort ! Très fréquentée à la belle saison.
Collectivité locale de Neustadl/Donau
www.neustadl.at

Culture 
Musée de la vie d’autrefois (Heimat und Erlebnismuseum) « Nadlingerhof »
www.nadlingerhof.at
Un musée éclectique regroupant des objets de la vie quotidienne d’autrefois en pleine campagne. Auberge et restauration sur place.

Hébergement/restauration
Gästehaus (maison d’hôte) DonauARTE
www.donauarte.at
Au bord du Danube, une maison aménagée pour recevoir des hôtes de passage dans une ambiance artistique, attentive et sympathique. On dîne et prend le petit-déjeuner dans l’auberge toute proche du hameau de Hößgang, également tenue par le propriétaire de la maison d’hôte.

Struden (PK 2076, rive gauche), Haute – Autriche
Struden dépend désormais de la collectivité de Skt Nikola/Donau.
Voir Skt Nikola/Donau.
Au  point kilométrique  2076,5, l’île de Wörth (excursion possible sur l’île avec le bac de Grein) sépare le Danube en deux bras.

Ile de Wörth (à gauche), photo Danube-culture, droits réservés

Comme l’atteste un document de l’ancien tribunal libre de Struden du 16 novembre 1790, l’empereur Maximilien est le fondateur de l’église Notre-Dame de Struden. Il entendait en effet offrir aux mariniers et aux transporteurs de sel qui remontaient et descendaient le fleuve la possibilité d’écouter une messe à cet endroit les dimanches et les jours fériés. Il a d’ailleurs lui-même fait dire une messe en 1502, laquelle devait être répétée tous les ans le jour où il fut sauvé d’un écroulement d’un plafond du château de Werfenstein, financée par le percepteur impérial et royal des péages et comptabilisée dans les dépenses. Le maître-autel de cette chapelle a été financé par les charpentiers de marine de Struden et différents bienfaiteurs. L’office religieux de la messe anniversaire a été confié à un prêtre de St-Nikola ou, en cas d’empêchement, à un moine franciscain de Grein les siècles suivants. 52 messes ont été dites dans cette église Notre-Dame conformément aux engagements.
Devant l’ancienne église se trouve une petite place où se dressait autrefois le symbole de la justice du marché et du tribunal libre, le Pranger, aujourd’hui à tort au château de Werfenstein auquel avoir il n’appartient pas et où il ne s’est jamais trouvé par le passé.
En 1784, sur ordre de l’empereur Joseph II soucieux de réformes, cette église a été fermée au culte. Le nouveau propriétaire l’a transformée en logements, son actuelle fonction. Le maître-autel avec le tabernacle a rejoint l’église paroissiale de St-Nikola tout comme la statue de la vierge Marie, les vêtements liturgiques, le ciboire, les chandeliers et le linge d’église. Le petit orgue est par contre revenu à l’église de Klam. Les deux cloches ont été transportées à Kreuzen. Cette ancienne église gothique de mariniers se reconnaît aujourd’hui encore par son extrémité polygonale sous forme de tourelles et ses fenêtres maçonnées en ogive.

L’ancienne église Notre-Dame des bateliers de Struden transformée en habitation, photo © danube-culture, droits réservés

Sankt-Nikola/Donau (PK 2075, rive gauche), Haute-Autriche
Collectivité locale de Sankt Nikola/Donau :
www.st-nikola.at

Culture
Église Notre-Dame des maîtres bateliers (hameau de Struden).
Ancienne maison d’un maître batelier du Danube (Struden)
Château de Werfenstein (château privé), mentionné dans la Chanson des Nibelungen.
Ruines de la forteresse de Säbnich (Sarmingstein).

Saint-Nicolas /Danube (rive gauche), l’église et l’école, photo © Danube-culture, droits réservés

Hébergement/restauration
Restaurant-maison d’hôtes Strudengauhof (à Sarmingstein)
www.strudengauhof.at
Hôtel-restaurant « Zur Post »
www.hotelpost.at
Maison Giesenbachmühle (moulin)
www.ferien.struden.at
Bel environnement

Waldhausen/Strudengau (rive gauche), Haute-Autriche
En retrait de Sankt Nikola/Donau
Collectivité locale de Waldhausen/Strudengau
www.tiscover.com/waldhausen

Hébergement/Restauration/gastronomie
Auberge Schauer
www.gh-schauer.at

Sarmingstein (PK 2072, 5, rive gauche), Haute-Autriche
Sarmingstein dépend désormais de la collectivité de Skt Nikola/Donau.
En aval de Sarmingstein, sur la rive gauche les ruines de la forteresse de Freyenstein dominent le fleuve.

Persenbeug/Donau (PK 2059,5, rive gauche), Basse-Autriche
Le dernier empereur d’Autriche (jamais couronné), Charles Ier de Habsbourg-Lorraine (1887-1922), petit-neveu de l’empereur François-Joseph est né au château de Persenbeug. Singulier destin que celui de cet aristocrate pacifiste et économe qui détestait la guerre et fera tout son possible avec son épouse, la princesse Zita de Bourbon-Parme pour épargner des vies. Il cherchera en vain un compromis avec la France pour abréger le conflit. Contraint de s’exiler, il quitte l’Autriche en 1919 pour la Suisse et Madère où il arrive avec sa femme à bord d’un croiseur anglais le 1er avril 1921 et meurt en 1922 à l’âge de 34 ans.  Charles Ier a été béatifié à Rome le 3 octobre 2004 par le pape Jean-Paul II.

Le château de Persenbeug sur la rive gauche du Danube

Persenbeug était dans la première moitié du XIXsiècle, à l’époque du maître batelier Matthias Feldmüller (1770-1850), surnommé « l’amiral du Danube », la ville la plus importante pour la construction de bateaux sur le Moyen-Danube autrichien. Les chantiers navals locaux construisaient une vingtaine d’embarcations chaque année. Matthias Feldmüller possédait quant à lui une compagnie de près de mille bateaux qui descendaient le Danube ou le remontaient, tirées par des équipages de chevaux. Les musées de la navigation sur le Danube de Grein et Spitz/Donau permettent de se rendre compte de la difficulté et des multiples dangers que représentait la navigation sur certains passages du fleuve à cette époque.

Culture
Église Saint-Florian et Saint Maximilien (Gothique tardif), château de Persenbeug (propriété des Habsbourg depuis 1800).
Ne pas manquer les quelques maisons du centre ville, construites dans le style Biedermeier et les deux maisons de bateliers.
Musée régional
L’usine hydroélectrique d’Ybbs – Persenbeug se visite du lundi au jeudi (information à l’Office du tourisme).
Collectivité locale de Persenbeug
www.persenbeug-gottsdorf.at

Hébergement/restauration
Auberge Böhm
www.gasthof-boehm.at

Ybbs/Donau (PK 2058, rive droite), Basse-Autriche
Ybbs est une commune agréable et dynamique qui peut être citée en exemple pour les efforts importants accomplis pour la restauration de son centre ville et de son patrimoine, de ses maisons Renaissance et de ses remparts.
Le musée de la bicyclette est ouvert en saison.
À proximité du fleuve se tient la maison imposante du batelier Matthias Feldmüller. Un nouvel hôtel de ville imposant a été édifié au bord du fleuve.
Collectivité locale d’Ybbs/Donau
www.ybbs.at

Culture/loisirs
Musée de la bicyclette (Fahrradmuseum), ouvert de mai à septembre, Herrengasse, 12
www.fahrrradmuseum.ybbs.at
Nombreuses manifestations durant la saison culturelle (Festival international de théâtre-cabaret)

Hébergement/restauration
Hôtel Babenbergerhof
Deux bâtiments distincts, un ancien et un contemporain au bord du Danube. Confortable et superbe vue pour les chambres donnant sur le fleuve. Très professionnel mais un peu impersonnel dans le style de décoration pour le bâtiment contemporain. Bonne cuisine !
www.babenbergerhof.at
Auberge-caviste « Weingalerie Lindenhof »
www.lindenhof-ybbs.at
Cuisine régionale de qualité
Auberge « Zum Braunen Hirschen »
www.zumbraunenhirschen.at

Marbach/Donau (PK 2049, rive gauche), Basse – Autriche
Collectivité locale de Marbach/Donau : www.marbach-donau.gv.at

Croisières
MS Marbach
www.marbach.at
Bac et possibilité de petites croisières sur le Danube dans la Nibelungengau en saison.

Hébergement/restauration
Hôtel Wachauerhof
www.wachauerhof.at
Auberge « Zur schönen Wienerin »
www.wienerin.co.at
Au bord du Danube
Chambres d’hôte, famille Obermüller-Rühl
http://www.g-obermueller.at

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Coupole de la basilique de Maria – Taferl, réalisé par l’architecte autrichien Jakob Prandtnauer (1660-1726), photo Danube-culture, droits réservés

Maria Taferl (rive gauche), Basse-Autriche
La magnifique basilique baroque de Maria-Taferl, un des plus beaux édifices baroques de la vallée du Danube, construite entre 1660 et 1710 par les architectes Georg Gerstenbrand et Carlo Lurego (les peintures de la coupole sont de Jakob Prandtauer) représente le deuxième lieu le plus important de pèlerinage du pays après Mariazell et on peut aisément en comprendre les raisons lorsqu’on se trouve sur son esplanade qui offre un extraordinaire point de vue sur le fleuve en contrebas et les sommets alpins de Basse-Autriche.
Une pierre ayant servi à des sacrifices à l’époque celtique est exposée devant la basilique.
Collectivité locale de Maria Taferl
www.maria-taferl.gv.at

Hébergement/restauration
Haus Regina
www.hausregina.at
Confortable
Terrassenhotel « Rose »
www.hotelrose.co.at
Hôtel Schachner
www.hotel-schachner.at
L’hôtel domine le Danube, vue magnifique depuis la salle à manger, bonne cuisine.
Restaurant :  « Zum goldenen Löwen »
http://www.freyswirtshaus.at
Cuisine régionale renommée, hébergement sur place

Pöchlarn (Km 2045, rive droite), Basse-Autriche
Collectivité de Pöchlarn
www.poechlarn.at


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Maison du peintre Oskar Kokoschka à Pöchlarn photo droits réservés

Culture
Monument aux Nibelungen
Dans l’église Maria Himmelfahrt se trouvent des fresques du peintre baroque de Krems Martin Johann Schmidt.
Le peintre et écrivain autrichien expressionniste Oskar Kokoschka (1886-1980) est né à Pöchlarn
Oskar Kokoschka Dokumentation, Regensburgerstrasse 29, 3380 Pöchlarn
oscar.kokoschka@poechlarn.at


Portrait d’Alma Mahler par O. Kokoschka, 1912, Musée d’Art Moderne de Tokyo

Hébergement/restauration
Hotel Moser
www.hotelmoser.at
Pension Barbara
www.pensionbarbara.net
Pension agréable dans une maison à la façade élégante

Klein Pöchlarn (PK 2044, rive gauche), Basse-Autriche
Klein-Pöchlarn est le coeur de la Chanson des Nibelungen.
Collectivité locale de Klein-Pöchlarn
www.kleinpoechlarn.at

Culture
Fontaines de Saint Pierre, arcades historiques et place du marché contemporaine
Sculptures miroirs sur le bord du Danube, près de la piste cyclable

Hébergement/restauration/gastronomie
Pension Paradiesgartl Schauer
www.pension-schauer.at
Bonne cuisine, spécialités culinaires régionales, hébergement sur place
À Leiben, Auberge « Donaublick »
www.donaublick.info

Emmersdorf (PK 2035, rive gauche), Basse-Autriche
La place principale est remarquable pour ses maisons du XVIe et du XIXsiècles.
Le petit château de Luberegg (en amont d’Emmersdorf), construit en 1780 avec ses façades et ses décorations de style baroque tardif alternant avec des éléments classique, fut la résidence favorite de l’empereur François Ier de Habsbourg (propriété privée).
Une ancienne lanterne servait autrefois à la navigation sur le Danube.
Collectivité locale d’Emmersdorf
www.emmersdorf.at

Hébergement/restauration 
Hôtel-restaurant « Zum schwarzen Bären »
www.hotelpritz.at
Spécialités culinaires régionales du Waldviertel
Chambres d’hôte « Haus Sundl »
www.haus-sundl.at
Chambres d’hôte « Haus Lindenhofer »
www.haus-lindenhofer.at

Eric Baude, © Danube-culture, mise à jour octobre 2022, droits réservés


 

Grein

Aux portes d’une vallée étroite aux flancs escarpées et couverts de forêts dans laquelle le fleuve s’engouffrait en créant force remous et tourbillons entre les îlots rocheux qui émergeaient de son lit, le savoir-faire de ses bateliers et de ses pilotes assermentés locaux, connus dans dans toute l’Autriche, ont très tôt établi la réputation de Grein comme étape et port incontournables de la navigation sur le Haut-Danube. Ces passages redoutés étaient alors considérés jusqu’aux travaux d’amélioration entrepris à la fin du XVIIIe et au XIXe siècle, comme les plus dangereux du cours autrichien du fleuve. De nombreuses embarcations sombrèrent avec leurs bateliers et passagers en face de Struden et de l’île de Wörth. Mieux valait avoir la sagesse de s’aventurer à traverser ces rapides (Strudel ou Wirbel en allemand) avec l’aide des pilotes locaux, contributeurs non seulement de la réputation de la ville mais aussi de sa fortune.

Vue de la ville de Grein et de son château, gravure de Georg Matthaus Vischer Georg Matthäus Vischer (1628-1696), Topographia Austriae superioris modernae, 1674

Chef-lieu de la Strudengau, elle commence à se développer pendant le règne des Babenberg, ducs d’Autriche et de Styrie grâce à la navigation sur le Danube et à ses bateliers et pilotes avisés. Les armoiries de Grein, attribuées à la ville en 1468 témoignent de l’importance de ce métier et de la confrérie des pilotes pour la petite cité danubienne : un bateau (une Zille) au milieu de rochers émergeant au- dessus de la surface de l’eau avec une construction en bois sur laquelle se tient un pilote les bras guidant deux bateliers.

Détail d’un vitrail de l’église paroissiale avec les armoiries de Grein, photo © Danube-culture, droits réservés

Étymologiquement le nom de la ville dériverait de « grin ou grine » – des cris – soit du bruit des tourbillons soit  encore des appels à l’aide des bateliers en difficulté dans les « Struden ». Il apparaît pour la première fois dans un document datant de 1147. Grein devient une place importante de marché dès 1215 et le siège de l’intendant des Babenberg et seigneur des lieux de 1220 à 1240, siège qui sera transféré en 1250 au château-fort de Werfenstein quelques kilomètres en aval sur la rive gauche du fleuve.

Ruines du château-fort de Werfenstein sur la rive septentrionale du Danube, gravure de

À la Pentecôte de l’année 1476, Bernhard von Scherffenberg (vers 1440-1513), un noble autrichien (l’Autriche est alors un duché) défend victorieusement avec ses troupes la ville menacée par les armées du Royaume de Hongrie et de Bohême (hussite) qui l’incendie en partie et détruise l’église. Bernhard von Scherffenberg sera récompensé et nommé « Feldhauptmann ob der Enns ». L’église est reconstruite tout en étant fortifiée. L’empereur du Saint-Empire romain germanique et auteur de la célèbre devise A. E. I. O. U. (« Austriae est imperare orbi universo ») Frédéric III (Frédéric V de Habsbourg, 1415-1493), installé ou plutôt réfugié avec sa cour à Linz après la prise de Vienne par le roi de Hongrie Matthias Corvin (1443-1490), confère à Grein peu de temps avant sa mort le statut de ville. Les bourgeois de Grein font alors réaliser un « Registre de foire » magnifiquement illustré (enluminé) contenant l’inventaire des maisons, des terrains privés appartenant à la ville. Ce registre est conservé aux Archives de Haute-Autriche à Linz.

Registre de foire de Grein, collection des Archives du Land de Haute-Autriche à Linz, photo droits réservés

La cité reste placée toutefois sous la domination de la famille noble des Prüschenk qui ont hérités de Grein depuis 1489 et dont les frères Heinrich’s et Simon Prüschenk font construire un château (Greinburg) entre 1491 et 1495 avec l’autorisation de l’empereur. Celui-ci est considéré comme l’une des premières construction de château dans les pays de langue allemande.

Le château de Grein et l’église Saint Gilles, peinture de Fritz Lach (1868-1933), 1916

Le deuxième propriétaire du château, Johann Leble (Löbl), dernier gouverneur de Haute-Autriche (1592-1602) et chevalier de Grein, s’illustrera tristement dans le mouvement de la contre réforme ce qui obligera les nombreux habitants de confession luthériennes à quitter la ville en 1599. Les révoltes paysannes du début du XVIIe siècle auront moins de conséquences dévastatrices que l’important incendie de 1642.
Le comte Leonhard Helfrich von Meggau (vers 1577-1644), troisième propriétaire dont la statue se trouve au-dessus de la fontaine de la place principale, entreprend des modifications architecturales qui donneront au château de Grein un visage tel qu’on peut le voir de nos jours.

Leonhard Helfrich von Meggau (vers 1577-1644

Il fait aussi construire en 1622 un monastère franciscain qui fut fermé par l’empereur Joseph II en 1784. Entretemps, les bourgeois et les commerçants de Grein font ériger en 1563 un nouvel Hôtel de ville sur les plans d’un architecte réputé du nord de l’Italie, Max Canavale. Le bâtiment est conçu, à leur demande, sur le modèle d’une maison commerciale traditionnelle. Sa façade donne sur la place centrale. À l’arrière, il intègre un important grenier à grain qui sera transformé à la demande des édiles municipaux en 1790/1791 en… théâtre Rococo, aujourd’hui considéré comme le plus ancien théâtre séculier de l’espace germanophone et le plus ancien monument historique de ce type en Autriche.
Les troupes du colonel autrichien Scheibler furent stationnées à Grein pendant les guerres napoléoniennes (1805-1809). C’est depuis la ville qu’elles effectuèrent de nombreux raids contre les armées françaises.

Place principale (de l’Hôtel de ville) avec sa fontaine

Le régime nazi installera dans la « Lettenthalkeller » en 1944 un des camps de concentration annexes de celui de Mauthausen en aval de Linz. Grein se retrouve ensuite tout d’abord en zone occupée américaine à la fin de la guerre puis en zone soviétique de 1945 à 1955.

Des femmes avec leurs coiffes d’or traditionnelles traversent le fleuve avec un passeur, collection de la Bibliothèque Nationale d’Autriche, Vienne

L’histoire de Grein illustre, à l’image de beaucoup d’autres cités, une histoire des rives du Haut-Danube tourmentée. Malgré tout, la petite ville resta longtemps un lieu de commerce réputé et put entretenir sa réputation grâce à ses bateliers et ses pilotes. L’invention de la navigation à vapeur puis les travaux d’aménagement du fleuve la firent « rétrograder » au statut de petite cité secondaire au passé prestigieux. La restauration de son joli patrimoine, l’ouverture de son château au public avec une partie des collections des Archives du Land de Haute-Autriche consacrées à la navigation sur le Danube, l’aménagement d’un port de plaisance, des quais en promenade et les diverses formes de tourisme le long du fleuve et sur celui-ci lui ont redonné quelque éclat.

Le joli bac (Fähre) saisonnier de Grein emmène promeneurs et cyclistes sur la gauche ou sur l’île de Wörth, photo © Danube-culture; droits réservés

À propos du théâtre municipal historique de Grein (1791)
Le commerce et le transport des céréales, du vin, du bois et d’autres matériaux ayant considérablement enrichi Grein pendant plus de deux siècles, les juges et les conseillers municipaux décident de faire construire en 1563 un nouvel hôtel de ville doté à l’arrière de celui-ci d’un vaste grenier à céréales ( » Troadkostn »). Mais le déclin de ce commerce dans la période qui suit fait que ce grenier aux dimensions conséquentes perd son utilité. Le relieur et conseiller municipal Franz Xaver Dörr, responsable d’une troupe de théâtre dilettante1 qui se produit dans les salles des auberges a alors en 1790 l’idée de transformer ce grenier à blé en salle de théâtre. Il obtient l’accord et le soutien de la ville le 30 novembre 1790 en contrepartie du remboursement des dépenses d’aménagement avec les recettes des représentations qui bénéficieront également à l’institution locale pour les pauvres.
Les travaux intérieurs sont réalisés exclusivement par des artisans locaux. On doit la décoration artistique de la salle de spectacle au peintre Andre Artner. Le bois qui sert à la construction de la scène et de la galerie provient vraisemblablement de l’ancien couvent franciscain de Grein, fermé en 1784 sur les ordres de l’empereur réformateur Joseph II de Habsbourg.

La salle et la scène du théâtre municipal de Grein, photo droits réservés

On accède à la salle de théâtre depuis le foyer par un escalier en pierre qui passe devant la porte d’un cachot (Kottertür) ! La porte métallique à droite permet de descendre quelques marches pour accéder à la salle. La salle est encore équipée de trois rangées de sièges d’époque à fermeture à clef. Ils constituent une particularité de ce théâtre municipal. L’assise peut être relevée et verrouillée avec le dossier à l’aide d’une clef qu’on pouvait acheter pour une période ou un nombre de représentations déterminé. Quelques-unes ces clefs ont pu être conservées.

Les colonnes en bois peintes soutiennent la galerie, photos droits réservés

Une loge se trouve près de la scène sur le côté ouest. Elle est séparée de la galerie par un simple panneau en bois peint. Depuis les campagnes des armées françaises en Autriche (1805-1809) elle est dénommée « loge Napoleon ». Une deuxième loge ajoutée en 1875 fut supprimée en 1947 lors d’une rénovation du théâtre.
   Le théâtre peut accueillir 160 spectateurs assis. La scène se trouve à 1,25 m au-dessus du sol de la salle de spectacle. Elle a une profondeur d’environ 6 m, une largeur de 10 m et dispose de trois travées de façade et d’un enfoncement. Le rideau de scène en de lin (1928) représente Grein vers 1769 et se relève en s’enroulant.

La scène du théâtre de Grein, photo droits réservés

La porte du cachot municipal avec un judas, à mi-hauteur de l’escalier sur le côté droit, décourageait de par sa structure en bois massif et son verrou en fer, toute évasion. Cette porte permet d’accéder au « Gemeindekotter » (cachot municipal), une pièce qui empiète en fait sur la salle de spectacle du théâtre. Sur le mur est du cachot avait été  percée à l’origine une fenêtre qui permettait aux occupants du cachot d’avoir une vue sur la scène. Selon la tradition, les spectateurs du théâtre offraient aux prisonniers de la nourriture et du tabac afin qu’ils ne perturbent pas la représentation. Ce cachot sert aujourd’hui de pièce de rangement pour les costumes de scène.
Sur le côté gauche de la salle de spectacle a été également construite une petite pièce en forme d’encorbellement contre le mur extérieur. Elle est dissimulée par un rideau rouge derrière lequel se cachent des toilettes d’où les spectateurs pouvaient continuer à voir la scène et participer au spectacle en passant leur tête à travers le rideau.
La troupe dilettante locale de Franz Xaver Dörr donne ses premières pièces dès 1791. Le plus ancien programme de théâtre conservé date de 1793 et mentionne que la manifestation a lieu « au profit des pauvres », ceci grâce à Joseph II qui avait accordé quelques années auparavant la liberté générale de représentation afin que les actions des institutions pour les pauvres puissent être soutenu avec les recettes des manifestations théâtrales.
Les manifestations données dans ce lieu furent de différents genres parmi lesquels des pièces de théâtre, des opérettes… Outre les activités des amateurs locaux, des troupes professionnelles et des artistes réputés se sont produits à Grein comme le Königliches Residenztheater de Dresde (1902), Paula Wessely (1907-2000) et Hans Jaray (1906-1990) en 1929… Les années de guerre paralysent provisoirement la vie culturelle de Grein et de son théâtre. Hilde Günther découvre le théâtre historique en 1964 avec un groupe d’acteurs viennois et fonde les « Sommerspiele Grein ». La Radio Télévision Autrichienne (ORF) investit ponctuellement la salle historique pour filmer et enregistrer des représentations d’acteurs célèbres et de personnalités artistiques de la scène autrichienne tels que Paul Höriger (1894-1981), Klaus Maria Brandauer (1943), Hans Thimig (1900-1991), Guido Wieland (1906-1993), Eberhard Wächter (1929-1992), Christine Ostermayer (1936), Dolores Schmidinger (1946), Otto Schenk ( 1930)…
Un groupe de passionnés s’établit à Grein et fonde une nouvelle compagnie de  théâtre amateur en 1991. Leurs représentations jouissent d’une grande popularité et animent vie culturelle de la « Perle de la Strudengau ».
La ville de Grein fait procéder en 1992-1993 à la rénovation générale du théâtre municipal qui se voit équiper d’un chauffage. Le caractère historique du bâtiment est toutefois préservé. Les anciennes caves voûtées à plusieurs étages, qui servaient autrefois pour entreposer du charbon, sont également  rénovées.
Les nouveaux travaux de réhabilitation qui ont débuté en 2020 sont à présent achevés. Le théâtre historique sera accessible aux visites à partir du 1er mai jusqu’au 30 septembre, du mardi au samedi (10h-12h, 15h-18h) le dimanche et les jours fériés de 14h à 16h.
www.stadttheater-grein.at
www.grein.info

Quelques autres monuments historiques de Grein :

L’église paroissiale saint-Gilles de style Gothique tardif intègre des éléments du Gothique précurseur et de l’époque Baroque (autel principal peint par l’artiste italien Bartolomeo Altamonte. Les voutes, le choeur les autels latéraux, la chaire à la superbe décoration, les Pièta sur les sommets des colonnes, les fonds baptismaux, un bénitier en marbre et une scène de la crucifixion sous la galerie de l’orgue) et son clocher de 55 m de haut sur lequel figurent des blasons, une horloge Renaissance et un cadran solaire, fut en partie reconstruite après l’incendie qui détruisit une bonne partie de la ville en 1642 grâce au mécénat du comte Leonhard Helfrich von Meggau. À l’angle nord, sous des arcades et protégé par une grille, un groupe de statues de style Baroque représente une mise en scène du Mont des Oliviers.

La façade donnant sur le Danube de l’ancien monastère franciscain fermé en 1784 par l’emperuer Joseph II a été restaurée et sert aujourd’hui d’accueil et d’hébergement pour les pèlerins (Maison de Saint Antoine).

Le château de Grein (1491-1495) rénové par ses propriétaires successifs, avec sa cour élégante en arcade Renaissance, sa « sala terrena » et sa grotte décorées avec des galets du lit du Danube sa grande salle des Chevaliers, sa galerie de peinture avec des portraits aristocratiques parmi lesquels de nombreux Habsbourg, toutes trois de style Renaissance, l’étonnant plafond vouté en pointe de diamants (fin Moyen-Âge) d’une salle au rez-de-chaussée, sa chapelle, ses salles de banquets, fut réaménagé à l’époque Baroque par le comte Helfrich von Meggau et domine la ville et le Danube.

 

La cour Renaissance du château de Grein, photo © Danube-culture, droits réservés 

Détail de la décoration de la « Sala Terrana »réalisée avec des galets du Danube, photo Danube-culture, © droits réservés

Il est considéré comme le premier bâtiment de ce type au nord des Alpes. La famille des ducs Saxe-Coburg et Gotha l’achète en 1823 et en est toujours propriétaire. Le château abrite encore le Musée de la navigation de Grein.« 

Le château de Grein depuis la rive droite du Danube, photo © Danube-culture, droits réservés

www.schloss-greinburg.at

L’auberge Blumensträußl (Café Blumensträußl), une ancienne maison de batelier en partie du XVIe siècle avec des arcades donnant sur sa cour donnant sur la place principale son café historique à la grande salle (avec billards) décorée à la « Biedermeier » qui existe depuis le XVIIIe siècle.

Le café Blumensträußl  à la décoration typique de l’époque Biedermeier, photo droits réservés

 La chapelle, la galerie en granit du Mont du calvaire (Kalvarienberg) et la croix du berger
Bien que peu de visiteurs s’y rendent, le site du Mont du calvaire avec sa chapelle et sa galerie de granit en plein air et dans un environnement boisé, est une découverte culturelle parmi les plus intér,essantes que l’on puisse faire dans cette ville.
Les sculptures baroque en bois de Johann Worath (1640-1650) représentent le Christ sur la croix et les deux larrons crucifiés. À leur pieds se tiennent la Vierge Marie, Marie-Madeleine et l’apôtre Jean. Ces statues se trouvaient à l’origine dans l’enceinte du monastère franciscain de Grein qui fut supprimé et démoli. La ville de Grein en hérita. De 1893 jusque dans les années 1960, la chapelle du Calvaire était située près de la Jubiläumstrasse/Berggasse. Après avoir été involontairement endommagée lors du dynamitage du rocher du Schwalleck en 1958, elle fut reconstruite sur le Mont du Calvaire. Une procession mène chaque année à cette chapelle où est célébrée une messe à la veille de la fête de l’Ascension.

La chapelle du Mont du Calvaire, photo © Danube-culture droits réservés

Ce site dominant la ville et le Danube a été également investi par Miguel Horn (1948) un artiste visuel et sculpteur austro-chilien vivant désormais en Autriche pour y réaliser sur des blocs granitiques une série d’inscriptions inspirés des messages des pétroglyphes pré-chrétiens et illustrant dans un langage symbolique simple et facile à déchiffrer, des informations sur notre époque.

Le Mont du calvaire et la croix du berger, photo © Danube-culture, droits réservés

C’est en l’an 2000, dans la carrière de granit Fürholzer de Grein que le sculpteur répondant à une commande de l’Association Culturelle de Grein et grâce au soutien de la ville, commence à travailler à son projet artistique intitulé « Zeitzeichen » (« Signes du temps« ). La galerie de  rochers gravés sera installé en 2004  à son emplacement actuel.
Miguel Horn, né à Passau (Bavière), a tout d’abord vécu 20 ans au Chili puis il travaillé plusieurs années en Italie, en France et aux États-Unis. Il s’est installé ans à Neuhofen an der Ybbs (Basse-Autriche).Ses oeuvres sont le reflet de sa réflexion sur les effets négatifs de notre prospérité : perte de l’individualité, refoulement des peuples indigènes, destruction des dernières réserves naturelles, pour n’en citer que quelques-uns. Selon l’artiste nous devrions tous être conscients des conséquences de notre comportement envers la nature et nous-mêmes et se souvenir qu’elles devront être supportées par les prochaines générations.
 www.miguelhorn.at

Musée de la navigation de Grein (Schifffahrtsmuseum Grein)

Musée de la navigation au château de Grein, emblème d’une maison de batelier collection des archives de Haute-Autriche, photo Danube-culture © droits réservés


https://ooekultur.at/location-detail/oö-schifffahrtsmuseum-grein

Le Musée de la navigation de Grein fait partie des Archives du Land de Linz. Si les documents et les objets exposés revêtent un grand intérêt, ce musée, installé dans le château de Grein, mériterait une rénovation ou une réactualisation de son parcours muséal ainsi que de la  présentation des pièces exposées. Aussi pour ces raisons, notre préférence va au Musée de la navigation de Spitz-sur-le-Danube (Schifffahrtsmuseum Spitz) en Basse-Autriche.
www.schifffahrtsmuseum.spitz

La colline du Gobel et sa tour d’observation, le Branstetterkogel et la Viktoria Adelheidhütte
   Vues sur Grein (Haute-Autriche) et la Strudengau depuis la tour d’observation (Gobelwarte) construite au sommet du mont Gobel (484 m) qui s’élève au dessus du Danube sur sa rive gauche en amont de la petite cité et fait partie du vieux Massif de Bohême que le fleuve franchit avec difficulté en dessinant de nombreux méandres parmi lesquels la boucle de Schlögen est sans doute l’un des plus spectaculaires (PK 2187, 50-2182, 20). La nouvelle plateforme panoramique (2018), haute de 20 m, construite en remplacement d’une première structure métallique inaugurée en 1894 offre également par beau temps un point de vue exceptionnel sur les massifs du Schneeberg (2075 m ), du  Göller, (1776 m) de l’Ötscher (1893 m) et du Dachstein (2995 m ). Au nord la vue s’étend sur les collines de la région du Mühlviertel, au sud sur les Alpes orientales, à l’ouest sur la plaine autrefois souvent inondée du Marchland avec la vallée du Danube, à l’est sur Grein et la Strudengau.

Vue sur Grein et le Danube depuis le Gobelsberg, photos droits réservés

Face au mont Gobel, sur la rive droite du Danube, se dresse le Brandstetterkogel (569 m). L’adorable petit chalet (boissons et repas simples) Viktoria Adelheid ou Brandstetterkogelhütte (532 m) érigé en 1936 à proximité de son sommet et baptisé du nom de l’épouse du propriétaire du terrain et mécène du chalet, le duc Charles Edouard de Saxe-Cobourg et Gotha (1884-1954), permet depuis sa terrasse de profiter d’un autre panorama tout aussi magnifique sur Grein et la Strudengau danubienne.

Le chalet Viktoria Adelheid ou Brandstetterkogelhütte, photos droits réservés

Notes :
1 La troupe d’amateur sera active jusqu’en 1956 !
2
L
e mot pétroglyphe (du grec : petros, « pierre » et gluphê, « gravure ») est plutôt réservé aux figures rupestres les plus rudimentaires. et  se rencontrent sur toutes sortes de surfaces rocheuses. La nature minéralogique des supports est également variée, mais certains matériaux comme le grès, le schiste, le granite, les diabases se prêtent mieux à l’exécution des gravures et à leur conservation. Les techniques les plus répandues pour l’exécution de ces figures sont le piquetage, qui consiste à appliquer sur la surface une série de percussions ponctuelles et jointives, l’incision fine avec la pointe ou le tranchant d’un outil, l’incision profonde obtenue par abrasion et aboutissant fréquemment au polissage. De nombreux pétroglyphes appartiennent à la Préhistoire mais on peut en attribuer un certain nombre à toutes les périodes historiques jusqu’aux temps actuels. Il n’est guère de région au monde où, pour peu qu’il existe des surfaces rocheuses favorables, de telles gravures n’aient été signalées. On les rencontre généralement par groupes, les mêmes ensembles comprenant souvent des figures d’époques différentes. Leur tracé peut être réduit à un simple contour, mais la silhouette est quelquefois entièrement piquetée ou polie, remplie de hachures ou quadrillée, complétée par des détails accessoires. Les thèmes les plus constants sont les personnages, les animaux, les armes, les véhicules (embarcations, chars, traîneaux) et surtout les signes et symboles. Le traitement des sujets va du géométrique pur à la figuration presque réaliste. Ils sont fréquemment juxtaposés, voire superposés, sans organisation apparente, mais peuvent également participer à des compositions : troupeaux, scènes de chasse ou de combat, tableaux de la vie quotidienne.
Les groupes de pétroglyphes les plus connus sont, en France, ceux du massif de Fontainebleau et du mont Bego (Alpes-Maritimes). En Italie, le grand ensemble du val Camonica, près de Capo di Ponte, est justement célèbre. Les gravures sur les mégalithes européens se rencontrent du Portugal jusqu’en Scandinavie, en Bretagne, Irlande et Écosse. La Suède, la Norvège et le Danemark possèdent de nombreuses roches gravées correspondant à deux grandes phases réunies sous la dénomination d’art arctique. En Russie, les figures des rives du lac Onéga et de la mer Blanche ont été les premières signalées. On a recensé pour l’ensemble de l’ex-U.R.S.S. plus de deux cent cinquante zones à pétroglyphes qui s’étendent d’Ukraine en Transbaïkalie avec une particulière densité dans les bassins de l’Angara et de la Lena. Au Proche-Orient, les groupes les mieux étudiés sont ceux du Neguev et de Transjordanie. L’Afrique recèle d’innombrables pétroglyphes  (Sahara, haute vallée du Nil, bassin supérieur de l’Orange). En Amérique, les pétroglyphes sont présents du Canada jusqu’en Patagonie australe. Les îles du Pacifique, l’Australie, le Sud-Est asiatique et l’Inde en ont également livré des milliers. (Sources Encyclopedia Universalis).

Vue sur Grein et léglise saint Gilles depuis le château, photo © Danube-culture, droits réservés

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