Le Danube et le métronome de Johann Nepomuk Maelzel

    Après avoir reçu une éducation musicale complète et atteint un excellent niveau comme pianiste, J. N. Maelzel déménage à Vienne en 1792 où il se lie d’amitié avec de nombreux musiciens et compositeurs de la capitale impériale parmi lesquels Ludwig van Beethoven qui s’intéresse de près à ses inventions, à ses instruments de musique mécanique et à ses étonnants automates…
   Au faîte des inventions du musicien et théoricien français Étienne Loulié (1654-1702), inventeur du chronomètre, de l’Allemand J. B. Stoeckel et du Hollandais Dietrich Nikolaus Winkel (1777-1826) auquel il rend visite et qui, selon les propos de Winkel, lui aurait dévoilé le secret de son appareil. De retour à Vienne Maelzel déposera en 1816, après avoir mis au point son propre instrument, un brevet à son nom pour l’invention du métronome. Beethoven écrit pour saluer celle-ci un petit canon humoristique à quatre voix qu’il intitule « Ta ta ta lieber Mälzel, leben Sie Wohl! Banner der Zeit, großer Metronom! » (« Ta ta ta, Cher Maelzel, Ta ta ta Vivez très bien ! Ta ta ta Découverte du siècle, Ta ta ta Grand métronome!« ), woO 162 dans lequel il parodie le rythme régulier et implacablement mécanique de l’appareil.

Métronome Maelzel, Paris 1815, Vienne collection du Kunsthistorisches Museum, Sammlung alter Musikinstrumente, photo libre de droits

   Si le métronome semble faire presque l’unanimité au moment de son invention son prestige déclinera au cours du XIXe siècle. En témoigne l’avis du chef d’orchestre Édouard Colonne en 1882 : « Le métronome est un instrument fort utile pour vous donner la moyenne du mouvement et vous empêcher de vous en écarter grossièrement. Mais quand votre sentiment n’est pas d’accord avec lui, n’hésitez pas à le mettre de côté, car votre propre sentiment, bon ou mauvais, vaudra certainement mieux que ses froides indications qui ne sont que des approximations. » (Édouard Colonne à un musicien, 22 juillet 1882, Aix-les-Bains). Le métronome ne fera pas bon ménage avec la musique romantique et ses (parfois) excès de rubato tout comme avec la valse, si chère à nos amis viennois.
   Maelzel, inventeur prodigue, construira aussi un panharmonicon, un instrument de musique automatique capable de jouer tous les différents registres d’une harmonie militaire par la mise en jeu d’un soufflet et de rouleaux mécaniques. Beethoven l’a utilisé dans sa composition « La Victoire de Wellington« , opus 91 (1813). Il rendra également hommage à Maelzel dans le second mouvement de sa huitième symphonie.

Le Panharmonicon, L’illustration 1846

   L’inventeur réalisera pour son ami musicien différents appareils acoustiques afin de l’aider à affronter sa surdité ainsi qu’un automate à trompette, une poupée parlante avec des yeux mobiles. Il rachètera au fils de Wolfgang von Kempelen (1734-1804), ingénieur à la cour impériale de Vienne, écrivain, peintre et joueur d’échec, un joueur d’échec mécanique déguisé en Turc qu’il restaurera et avec lequel il fit le tour du monde mais qui semble avoir été l’une des plus grandes supercheries de son époque. Napoléon joua contre lui en 1809 au château de Schönbrunn.
Cette histoire a inspiré à Edgard Allan Poe son récit « Le joueur d’échecs de Maelzel » (traduction de Charles Baudelaire, Histoire grotesques et sérieuses, Éditions Michel Lévy frères, Paris, 1871).

Le canon à quatre voix « Ta ta ta lieber Mälzel, leben Sie Wohl! Banner der Zeit, großer Metronom! » de L. van Beethoven :
https://youtu.be/GVHYtaKREAc

Eric Baude  pour Danube-culture, novembre 2020, © droits réservés

À propos de la Messe de Gran de Franz Liszt, composée pour la consécration de la basilique d’Esztergom

« De retour à Weimar, Liszt commença à concentrer son esprit sur l’un des évènements les plus importants de sa carrière. Après d’innombrables sursis, la grande basilique de Gran, en Hongrie, était presque terminée, et les Hongrois firent savoir qu’ils avaient fixé au 31 août la consécration de la plus grande de leurs cathédrales. Sollicité par le cardinal Johann von Szitowski de composer une oeuvre pour cette célébration, Liszt avait répondu à cet appel : la Messe de Gran était en fait déjà dans ses cartons depuis au moins un an, attendant d’être créée*, et Liszt, au fil de sa correspondance, en avait  parlé à un certain nombre d’amis intimes. Le 2 juin 1855, par exemple, il dit à Antal Augusz qu’il avait « composé la messe en neuf semaines, plein d’enthousiasme et d’amour. » À son ami Carl Gille il écrivit :

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Le cardinal Johann von Szitowski, commanditaire de la Messe dite de Gran

« Soyez assuré, mon cher ami, que je n’ai pas composé mon ouvrage comme on pourrait endosser un vêtement d’église au lieu d’un pardessus, mais qu’il a jailli de mon coeur avec toute la ferveur de ma foi, telle que je l’ai éprouvée depuis mon enfance. Genitum, non factum [engendrée, non point créée], je puis vraiment dire que je l’ai plus priée cette messe que je ne l’ai composée. »**

Liszt mit le meilleur de lui-même dans la Messe de Gran. De l’aveu général, c’est l’un de ses chefs d’oeuvres. Elle constitua, en outre, la raison d’être d’un retour au pays natal, après huit ans d’absence. Depuis la guerre d’Indépendance, la Hongrie ne semblait plus être qu’un vaste cimetière, où reposaient les cendres de son identité nationale, et ce fut avec des sentiments mêlés que Liszt se prépara à ce long voyage. Il quitta Weimar le 7 août, en compagnie d’Eduard Grosse, le tromboniste et bibliothécaire de l’orchestre***, et arriva à Prague le lendemain. Le pianiste Dreyshock l’accueillit sur le quai de la gare, puis vinrent se joindre à eux les compositeurs tchèques Jan Kittl et August Ambros, deux amis que Liszt n’avait pas revu depuis son dernier passage à Prague, dix ans auparavant. Au cours du dîner qui suivit, on agita l’idée d’une « Semaine Wagner » à Prague, sur le modèle de celles organisées à Weimar, et Liszt promit, à son retour, de repasser par Prague. Le 9 août il était à Vienne. Il y débarqua à cinq heures du matin, après un éprouvant voyage de treize heures, y resta juste assez pour entrevoir son cousin Eduard, puis repartit à six heures le lendemain en direction de Gran. Il arriva dans la vieille cité dans l’après-midi du 10 août, et fut reçu en audience par le cardinal Szitowski, qui se rappelait fort bien leur précédente rencontre, dix ans auparavant. « Son Éminence me traite avec bonté » dit-il à Carolyne. Après avoir inspecté la nouvelle basilique et s’être assuré que tout était prêt pour les répétitions générales deux semaines plus tard (« L’acoustique de la cathédrale me semble excellente, et l’orgue est parfait »), Liszt poursuivit son chemin vers Pest. Il arriva dans la ville des Mayars le 11 août, un retour qui l’emplit de nostalgie. Il avait foulé le sol hongrois pour la dernière fois durant l’été de 1848, juste avant la guerre d’indépendance. Bien qu’il sût que l’on avait réuni à son intention un comité d’accueil, il voulut savourer seul les premiers instants de retrouvailles, et prit délibérément un train qui partait très tôt et qui le mena à cinq heures du matin en gare de Pest. Pendant un quart d’heure, il longea les rives du Danube, perdu dans ses souvenirs hongrois****, puis gagna à pied son hôtel (« La reine d’Angleterre ») et prit la même chambre que celle qu’il avait déjà occupée en 1846, avec un grand balcon et une vue panoramique sur le fleuve.

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Franz Liszt par Carl Ehrenberg, 1868

Dans les heures qui suivirent son arrivée à Pest, le bruit se répandit comme une trainée de poudre que Liszt était de retour en Hongrie. Il fut assailli par un flot de visiteurs — Augusz, Festetics et Edmund Singer, entre autres — ce dernier arrivant à l’hôtel dans tous ses états parce que le comité d’accueil qu’il avait si laborieusement réuni en l’honneur de Liszt ne savait plus du tout où il en était. Partout où Liszt se rendait, il était reçu comme un souverain. Les gens l’applaudissaient au restaurant et l’accueillaient au théâtre par de sonores « Eljen ! ». mais le principal objet de sa présence à Pest était, bien entendu, la supervision des répétitions préliminaires de la Messe. Faute de salle de concert adéquate, on se rabattit sur le hall de cérémonie du Musée national où l’on autorisa le public à assister aux répétitions moyennant un ticket d’entrée. « Ils applaudirent énormément après chaque morceau » écrivit Liszt, « et, à la fin, je fus rappelé trois fois. » Entretemps, Alexandre Winterberger, qui devait tenir l’orgue le jour de la création de la Messe, était arrivé à Pest. Liszt et lui se rendirent à Gran à plusieurs reprises pour essayer l’orgue et prendre contact avec les musiciens locaux qui devaient renforcer le gros du contingent venu de Pest. Le dernier de ces voyages préliminaires eut lieu le 28 août, et Liszt ne put s’empêcher de méditer sur le rôle qu’avait joué cette date dans sa vie — la mort de son père, l’anniversaire de Goethe, la création de Lohengrin à Weimar, le jour de la saint Augustin. Et, cette fois, le hasard voulut qu’il fit la connaissance de son cousin, Alois Hennig, qui était jésuite, et qu’il écouta célébrer une messe basse dans une petite église de Gran. Ce minuscule évènement semblait préfigurer un peu de son propre avenir.

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Basilique Saint Adalbert d’Esztergom

Le vendredi 29 août Liszt embarqua pour Gran, par la voie du Danube, avec une centaine de musiciens, à bord du vapeur Marianna. Il y eut, ce soir-là, une dernière répétition générale, après quoi des centaines de dignitaires de tout l’empire austro-hongrois commencèrent à affluer vers Gran. Le 30, en fin d’après-midi, la vieille cité fut ébranlée par une salve de cent un coups de canon, annonçant l’arrivée de l’empereur François-Joseph, accompagné de son haut état-major. Ils furent accueillis par le cardinal Szitowski et ses évêques en tenue d’apparat. On n’avait rien vu de tel en Hongrie depuis la révolution de 1848, et Liszt n’eut pas tort de se voir, au milieu d’une aussi brillante assemblée, comme une partie de l’orgueil national. Le lendemain, 31 août, était un dimanche. À sept heures trente du matin, un bruit de canonnade annonça le début des cérémonies. En présence d’une foule nombreuse, le cardinal Szitowski procéda en personne à la consécration de la nouvelle église. La Messe de Gran ne fut donnée qu’à treize heures trente. Plus de quatre mille personnes s’entassaient alors dans la vaste cathédrale. Tous les regards étaient rivés sur Liszt tandis qu’il guidait les choeurs et l’orchestre au milieu des complexités de sa musique. Nombre de gens furent émus aux larmes par ce mariage de splendeur acoustique et visuelle. L’un des compatriotes de Liszt devait remarquer plus tard : « Cette musique est si religieuse qu’elle convertirait Satan lui-même ! »*****. Le lundi 1er septembre, Liszt regagna Pest par bateau et assista le même soir à un dîner offert par le cardinal Szitowski….

La Messe de Gran devait être redonnée le 4 septembre. Le jour de l’évènement, l’église paroissiale de Pest était bondée ; choristes et musiciens connaissaient désormais à fond la partition et donnèrent la meilleure exécution que Liszt eût jamais entendue jusqu’alors. Comme il le dit lui-même : « [Ils] s’élevèrent corps et âmes à la hauteur de ma contemplation des mystères sacrés de la messe… ».

*Dès juillet 1855, Liszt avait envoyé à Szitowski la réduction pour piano de la Messe de Gran ; à l’époque il s’attendait chaque jour à apprendre que la basilique était terminée et que l’on escomptait sa présence en Hongrie. Tout avait commencé dix ans auparavant, en 1846, le jour où Liszt avait fait la connaissance de Monseigneur Szitowski (qui était alors évêque) lors d’une visite à Fünfkirchen. En deux mots, Szitowski avait demandé à Liszt d’écrire une messe pour célébrer la fin des travaux de restauration de sa cathédrale. Szitowski fut ensuite transféré à Gran, et élevé au rang de cardinal ; mais il n’oublia pas ni Liszt ni la commande, et le résultat fut la Messe de Gran.

** Liszt avait dix-huit mois auparavant, employé une phrase presque indentique dans une lettre à Wagner : « Je l’ai priée plus que composée. »

*** Grosse accompagna Liszt tout au long de son voyage en Hongrie, faisant office de copiste et de factotum. Il joua également le solo de trombone lors de la création de la Messe de Gran. Edmund Singer, le violoniste hongrois que Liszt avait nommé premier violon l’année précédente, se rendit aussi en Hongrie, à la demande de Liszt, pour occuper le poste de premier violon solo lors de chacune des répétitions et exécutions de la Messe.

**** Il raconta en détail à Carolyne l’impression ressentie à revoir les Magyars, leur costume, leur vêtement, leur nourriture, et s’affirma à nouveau comme un des leurs. « Rien ailleurs ne remplace ces choses et cette physionomie de la race, quand elles se rattachent aux souvenirs de l’enfance, et qu’on a conservé intacte cette tonalité du coeur qui est le sentiment de la patrie… Aussi mon coeur se mit à pleurer dès la frontière, en apercevant un de ces tableaux si simples d’un berger accroupi nonchalamment « sous la garde de ses moutons et de ses boeufs » — car c’est lui qui avait l’air d’être gardé par ses bêtes ! »…

Esztergom_04_02_2015

***** D’après Liszt, l’exécution dura environ quarante-cinq minutes « montre en main » — ce qui correspond d’ailleurs à la durée habituelle de la Messe de Gran. Derrière cette remarque apparemment anodine se profile l’ombre d’une intrigue. Un mois avant qu’il ne prît le chemin de la Hongrie, la presse viennoise avait publié, à propos de la Messe de Gran quelques informations peu encourageantes — par exemple qu’elle durait plus de trois heures, qu’elle exigeait sept cent chanteurs, que c’était un exemple cacophonique de la musique de l’avenir, et qu’elle serait en conséquence difficile à répéter et entrainerait un coût de production exorbitant. Qui était à l’origine de ces rumeurs? Tout désigne le comte Leo Festetics, ancien ami de Liszt, qui, pour des raisons qui demeurent obscures, favorisait la « candidature » d’une messe spécialement composée par le Kapellmeister de Gran, Carl Seiler, et avait vainement essayé de convaincre le cardinal Szitowski de renoncer à l’oeuvre de Liszt le jour de la dédicace de la cathédrale… Lorsque Festetics comprit qu’il avait perdu la partie, il s’empressa de renouer avec Liszt, qui fit tout son possible pour se montrer amical à l’égard de son vieux compatriote et l’invita même à diner en tête-à-tête. Mais le mal était fait.

Sources :
Alan Walker, Franz Liszt, « Les années de maturité, 1853-1857. Vienne, Gran et Aix-la-Chapelle, 1856-1857 », Librairie Arthème Fayard, Paris, 1989

Georges Boulanger ou du delta du Danube au Rio de la Plata

La famille de Georges Boulanger se consacre à la musique depuis plusieurs générations, ses membres jouant du violon, de la guitare et de la contrebasse à chaque occasion et dans toutes les fêtes et manifestations auxquelles ils se joignent.

Le jeune musicien reçoit une bourse dès l’âge de douze ans et doit partir étudier au Conservatoire de Bucarest. Trois années plus tard, alors qu’il interprète une pièce de Paganini, Leopold Auer (1845-1930), grand violoniste virtuose hongrois (il sera le dédicataire du Concerto pour violon de Tchaïkovsky qu’il refusera toutefois d’interpréter jusque peu de temps avant la mort du compositeur, l’estimant injouable…) et découvreur de jeunes virtuoses, l’écoute avec un grand intérêt. G. Boulanger l’impressionne par sa musicalité et son talent artistique. Aussi L. Auer l’emmène-t-il à Dresde pour qu’il poursuive ses études sous son autorité. Deux années plus tard (1910) son professeur estime que la formation musicale de son protégé est accomplie. G. Boulanger n’est pourtant âgé que de 17 ans. Il reçoit en cadeau de son professeur un violon avec lequel le musicien roumain jouera jusqu’à la fin de ses jours. Auer obtient aussi pour son jeune protégé un contrat de violoniste principal au  “Café Chantant”, le plus huppé des établissements de ce genre à Saint Pétersbourg, un lieu fréquenté par toute l’aristocratie de la ville. Le public russe, féru de musique légère, l’acclame et lui témoigne son admiration.

C’est sur les bords de la Neva que le musicien roumain va trouver son style original, une “musique légère” d’influences diverses, mélange subtil à la fois de musique tzigane, de musique traditionnelle des Balkans et de valses viennoises. Pendant son séjour en Russie il rencontre Ellinorr Paulson, une jeune intellectuelle estonienne, avocate et étudiante en médecine dont il tombe éperdument amoureux.

Georges Boulanger

Georges Boulanger (1893-1958)

Les grands bouleversements politiques de 1917 en Russie l’incitent à rentrer en Roumanie où il accomplit son service militaire et se consacre en parallèle à l’enseignement de la musique et à la composition. Georges Boulanger entretient pendant cette période une riche correspondance avec sa fiancée, restée chez  ses parents en Estonie. Leur passion réciproque est si forte qu’ils décident de se retrouver à Berlin vers 1922/23 et de vivre ensemble. Ellinorr Paullson devient sa femme puis la mère de ses deux enfants, Nora et Georgette. Sa fille Nora perpétuera la tradition familiale et deviendra à son tour une musicienne et compositrice reconnue.

Berlin connaît, au moment où le musicien roumain la rejoint, l’effervescence de l' »Unterhaltungsmusik » (Musique légère) et la ville foisonne de nombreux salons de danse, de cafés, d’hôtels, de cabarets où se produisent de petits orchestres avec un « Stehgeiger », violoniste qui fait la sérénade à toutes les tables de la salle. C’est encore à Berlin qu’il retrouve cette aristocratie russe en exil qui l’avait tant acclamée autrefois à Saint Pétersbourg, une aristocratie qui fréquente assidûment le restaurant Förster.

Après avoir joué pour la première fois  devant  le micro d’une radio (1926), la maison d’édition berlinoise Bote & Bock lui propose un contrat pour publier sept pièces, dont Avant de Mourir (1926), composition qui connaîtra un immense succès avec les paroles de Jimmy Kennedy sous le nom de My Prayer. Fait exceptionnel, cette oeuvre restera à partir de 1958 pendant vingt et une semaines au palmarès des radios américaines. Elle fait partie des musiques des films Les Yeux noirs, Malcom X, La grande escroquerie 2 et October Sky.

G. Boulanger est désormais inscrit sur le bottin berlinois du téléphone en tant que chef d’orchestre. Les journaux, les annonces des hôtels et les salons de musique ne cessent d’afficher “Aujourd’hui concert de G. Boulanger”. Des musiciens juifs, russes, roumains, hongrois et tziganes font partie de ses orchestres. Il est invité en Angleterre et se produit au prestigieux Savoy et au Claridge (1928). Trois ans plus tard, il effectue une tournée dans les grandes villes européennes avec son orchestre de onze musiciens. G. Boulanger enregistre pour différentes maisons de disques et arrive au sommet de sa gloire en Europe. Il restera pendant toute la seconde guerre mondiale en Allemagne et refuse partir aux États-Unis.

Il se retrouve dans le Mecklembourg en 1945, une zone occupée par l’armée Rouge. Les  Américains ayant découvert qu’il était le compositeur de My Prayer, le soustraient du secteur russe.

Ses parents et  beaux parents décédés, G. Boulanger prend la décision de partir en Amérique du Sud (1948), ayant obtenu un contrat pour jouer au Copacabana Palace Hôtel de Rio de Janeiro. Il parcourt triomphalement tout le Brésil puis accepte un premier contrat en Argentine pour Radio Belgrano. Il s’y installe et y demeure jusqu’à sa mort en 1958.

Georges Boulanger a écrit environ 250 compositions. Elles appartiennent pour  la plupart au genre de musique de salon. Leur durée n’excède pas 5/6 minutes, parfois un peu moins. Il s’agit de fox-trots, marches, tangos, one-steps et de toutes sortes de pièces pour danser. La plupart de ces oeuvres sont facilement facilement identifiables à leur titre : Au bord du lac, Le joueur de cornemuse, Fête à Budapest, Idées d’automne… Le musicien s’inspirait de tout ce qu’il entendait autour de lui comme musiques, puisant aussi dans ses humeurs du moment ou dans la musique traditionnelle des Balkans comme pour Légende roumaine, Czardas Roumaines, Rapsodie Hongroise, Danse Hongroise, Chanson et Czardas Hongroises, Intermezzo Russe…

On trouve parmi ses oeuvres les plus célèbres Avant de mourir (My prayer), Afrique, Da Capo, Vision Américaine…

Eric Baude, Danube-culture, révisé novembre 2019

Un enregistrement :
Comme -ci, comme-ça, Hommage à Georges Boulanger
Original Salon-Ensemble Prima Carezza
Musique oblige 766, Tudor (1991)

https://youtu.be/jmW2AwUqDSI
https://youtu.be/5gJrCxctIac
https://youtu.be/eDlcqhlzDqQ

 

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