Les oiseaux du delta : le Glaréole à collier (Glareola Pratincola)

Sources : Naturgeschichte der Vögel Mitteleuropas. 3. Aufl. Neubearb. von G. Berg et al. Hrsg. von Carl R. Hennicke.(Naumann, Natural history of the birds of central Europe, 3rd Ed. Revised by G. Berg et al.; Edited by Carl R. Hennicke.) of 1905 or his earlier works.

   Je suis un des plus beaux oiseaux du delta. Mon nom dans la langue française ? Glaréole à collier (Glareola pratincola, Linnaeus 1766, ordre des Charadriiformes). J’appartiens aux échassiers migrateurs aux longues ailes et aux courtes pattes, un phénomène unique chez les limicoles. S’il le faut je peux me déplacer malgré tout très rapidement au sol. Mon vol, rythmé et puissant et mon allure ressemblent à celle d’un sterne. Je possède un élégant plumage brun sur le dos, ma gorge est colorée et délimitée par un fin liseré noir qui part de mes yeux, ma poitrine de teinte rousse, mon ventre blanc, ma voix rauque comme un peu enrouée. La face intérieure des mes ailes porte une large plage marron rougeâtre bordée de noir (comme sur la photo), mon croupion est blanc pour contraster avec le noir de ma queue. Mon bec court, noir lui aussi, se termine par une tache rouge à la base. Mon poids ? 70 à 90 grammes, plumes comprises ! Ma taille ? 25 cm et l’envergure de mes ailes 30 à 35 cm.

Glaréole à collier (Glareola Pratincola), photo droits réservés

Je m’active au matin et au crépuscule, ne mange que des insectes à l’instar de mes soeurs les hirondelles. J’affectionne particulièrement les deltas, les marais ou les zones similaires à proximité de plans d’eau, mais je ne suis pas forcément dépendant des milieux humides et je peux également peupler les friches, les steppes et les cultures éloignées de l’eau. Mes résidences préférées se trouvent en Europe, en Afrique et en Asie. En hiver je me réfugie au chaud en Afrique subsaharienne. Ma famille est sociable, c’est pourquoi nous nichons en colonie dispersée sur des terrains plats dépourvus de végétation. Notre nid ne ressemble pas à une oeuvre d’art. Plutôt rudimentaire, discret, creusé légèrement à même sol, garni de débris végétaux, il abrite en mai-juin 3/4 oeufs qui sont couvés entre 17 et 19 jours. Les jeunes le quittent rapidement et prennent leur envol environ 25-30 jours après l’éclosion.

La rivière Sava, la cigogne handicapée et le vieil homme !

La Sava prend ses sources au sein du Triglavski Narodni Park (seul parc national de Slovénie) en deux endroits, à Slavinci (Sava Dolinka) et à Bohinj au pied du mont Komarča (Savica puis Sava Bohinjka) dans les Alpes juliennes slovènes, non loin des frontières italiennes et autrichiennes.

Source de la Sava Dolinka, sources Wikipedia, domaine public

Les deux cours d’eau se rejoignent et forme la Sava près de Radovljica. La rivière conflue avec le Danube à la hauteur de Belgrade (Km 1170), au pied de la vieille ville, de sa forteresse de Kalemegdan et de la Grande île de la guerre. Son cours, comme celui de la Tisza et ses rives marécageuses ont été considérablement aménagés pour l’agriculture par l’homme dans les siècles précédents. Celui-ci a coupé de nombreux méandres, réduit ainsi sa longueur de plusieurs dizaines de kilomètres, construit des canaux, drainant et assainissant de vastes territoires pour certains inondés régulièrement par les crues de la rivière. Comme pour ses affluents, la Drina, l’Una et la Kupa, la Sava fait office de frontière, parfois contestée, sur une partie de son cours.

Cette rivière nonchalante après Zagreb, serpente et inonde encore par ses crues périodiques de nombreuses prairies alluviales d’une exceptionnelle biodiversité telles celles de Lonjsko Polje (parc naturel, www.pp-lonjsko-polje.hr), Cernac Polje, Jelas Polje, Odransko Polje (Croatie) ou Donja Gradina (Bosnie-Herzégovine). Certaines d’entre elles ont été érigées en parcs ou réserves naturels. Le village de Čigoć dans le Parc Naturel de Lonjsko Polje s’est vu accorder en 1994 le titre de ≪Premier village européen des cigognes≫ !

Malena et son protecteur Stjepan Vokic !
En Croatie, sur les rives préservées de la Save, Stjepan Vokic, gardien d’école à la retraite, s’occupe depuis 24 ans de la cigogne Malena qu’une blessure a clouée au sol.
https://dai.ly/x6hwo12

Réserve de Kopački rit (Danube croate, Slavonie) : une petite amazone au coeur de l’Europe

« Lorsque nous mettons notre canoë à l’eau, l’heure est matinale et la nuit appartient encore à la Hulotte. Un mâle tout proche nous salue de ses hululements quand nous démarrons de Sakadas, le petit embarcadère de la réserve de Kopački rit. L’obscurité est totale et l’atmosphère ouatée baigne dans une légère brume. Nous avons quatre kilomètres à parcourir pour parvenir au lac, le centre de la réserve. Le canal qui nous y mène est bordé de vieux saules dont les pieds sont encore baignés par l’inondation. Tant bien que mal, nous nous guidons sur leur sombres silhouettes pour trouver notre chemin. Maniant notre bateau avec précaution, nous glissons silencieusement, trahis seulement par la cadence de nos pagaies et le chuintement des filets d’eaux sur la coque. Depuis le départ nous ne parlons plus, attentifs aux bruits de la nuit et impressionnés par la sérénité du lieu. Nous sommes en route depuis une demi-heure quand des éclaboussements devant nous, sur la rive boueuse, nous alertent. Nous laissons le canoë filer sur son erre.

Kopački rit, paradis des oiseaux, photo droits réservés

Une masse sombre fourrage dans la vase à une dizaine de mètres. Le canoë vient buter sur la rive molle et c’en est déjà trop : grognement d’inquiétude, un énorme sanglier grimpe précipitamment sur la berge et s’arrête. Il ne nous a pas encore identifié, il capte les moindres effluves bruyamment. Cette fois il la compris : grognement de colère, il tourne les talons et s’enfonce sans hâte dans la roselière. Cavalcade soudaine sous les saules, piétinement de bois mort qui craque sous les sabots, trois cerfs mâles s’enfuient au galop en soulevant des gerbes d’eau. La luminosité est maintenant suffisante pour les suivre à la jumelle. À cent mètres, ils se sont arrêtés ; têtes tournées dans notre direction, ils prennent la mesure du danger, nous laissant le loisir d’apprécier leurs bois magnifiques en velours. Le canal s’élargit, dernier méandre avant le lac. la brume légère monte en vapeur et démasque les Hérons bihoreaux à l’affût sur des arbres morts. Cette lumière en demi-teinte a leur préférence.

Nous passons au large, très doucement, sans les faire voler. Le lac, enfin devant nous, le Kopacko Jezero. Tandis que l’aurore insensiblement s’empourpre, nous les entendons venir de très loin, bien avant d’apercevoir leur vol caractéristique. Les Oies cendrées se rapprochent, une centaine, à grand renfort de cancanements. Un large tour d’inspection avant de se poser et elles amerrissent les unes derrière les autres, dans une salve d’éclaboussures. Fascinés par le spectacle, nous voilà plongés au coeur du marais sauvage, trois jours seulement après avoir quitté les embouteillages parisiens. Un mouvement de panique s’empare des centaines de Grands Cormorans, Canards et Limicoles stationnant sur les vasières. Même les Hérons cendrés, Grandes Aigrettes et Spatules décollent. L’émotion nous saisit. Celui dont on nous a garanti la présence, le très rare Pygargue à queue blanche, est bien là, seigneur des lieux survolant son domaine dès les premières lueurs du jour. Un premier contact inoubliable… Après une année de préparation matérielle, de démarches administratives et de compilation livresque, le mythe enfin s’efface devant la réalité. L’aventure danubienne commence ! »

http://www.parkovihrvatske.hr/nature-park-kopacki-rit

Sources : Dominique Robert, « Du beau Danube bleu… au beau Danube vert », in Danube, Les oiseaux au fil du fleuve, préface de Paul Géroulet, Éditions Le Chevalier- R. Chabaud, ?, 1988

doc01520720150731161328_00

Retour en haut de page
quis nec risus diam felis leo felis luctus adipiscing tempus