La chapelle du comte Ödön Zichy (1809-1848)

La chapelle du comte Ödön Zichy (1809-1848) pendant les inondations au mois de septembre 2024, photo droits réservés

   On peut rejoindre le village serbe de Lórév, au sud de l’île de Csepel à environ 50 km de Budapest en traversant le Danube avec le bac depuis la petite ville d’Adony sur la rive droite. Cette zone est l’une des plus anciennement peuplées du comté de Pest et reste encore de nos jours un important point de passage sur le Danube. Dans un environnement paisible et inondable, proche du village, se trouve une chapelle commémorative construite dans un style néogothique. Elle est dédiée au comte Ödön Zichy (1809-1848), homme politique conservateur, collectionneur d’art, mécène et écrivain hongrois dont le destin fut lié à l’un des événements tragiques de la révolution et de la guerre d’indépendance de 1848/49. C’est à cet endroit que fut pendu cet aristocrate hongrois, ancien sous-préfet du comté de Fejér pour avoir, selon l’accusation, collaboré avec les ennemis de la Hongrie révolutionnaire.

Ödön Zichy (1809-1848)

L’empereur François-Joseph a fait érigé en 1859 ce bâtiment religieux en sa mémoire. Non seulement à l’époque, mais aujourd’hui encore, cette partie de l’île de Csepel reste sujette aux inondations. C’est pourquoi un monticule de terre a été aménagé sur lequel se tient la chapelle afin que même les crues les plus importantes ne puissent atteindre la hauteur de son portail d’entrée. Grâce à cet emplacement protégé, la chapelle est aussi en quelque sorte un mémorial hydrographique du milieu du XIXe siècle. On monte une petite pente et quelques marches pour y accéder. La clé est disponible auprès du personnel du bac voisin.
La chapelle est un bâtiment à nef unique avec une rosace et un clocher sur sa façade. Ses encadrements de fenêtres et ses contreforts sont en pierre, le reste est en briques conformément à la mode de l’époque. Sur les côtés nord et sud, on peut observer des paires de fenêtres à cadre en pierre et à disposition hexagonale allongée. Le mobilier d’origine a été détruit. À l’intérieur du bâtiment se trouve un autel peint en blanc au centre duquel se tient le Christ crucifié, entouré des statues de la Vierge Marie et de Marie-Madeleine.
Ce bâtiment, classé monument historique, est resté pendant de nombreuses années à l’abandon puis a enfin été rénové en 2000. Une messe y est célébrée une fois par mois et une exposition permanente y a été aménagée.
C’est un petit miracle que les ravages de l’histoire et des révolutions l’aient épargné.

Eric Baude pour Danube-culture, © droits réservés, mis à jour janvier 2026

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