Czóbel Béla (1883-1976), « le plus français des peintres hongrois ! »

Szentendre avec le Danube à l’arrière-plan, huile sur toile

   Son grand-père, peintre décorateur, oriente son petit-fils vers une carrière artistique que celui-ci inaugure en séjournant dans la colonie des peintres de Nagybánya ((Baia Mare, aujourd’hui en Roumanie). B. Czobel étudie ensuite à l’Académie des Beaux-Arts de Munich. Il y fait la connaissance de Jules Pascin, Rudolf Lévy et Walter Bondy qu’il retrouvera plus tard en fréquentant le cercle artistique de Montparnasse. Le jeune peintre hongrois étudie à l’académie Julian, se lie d’amitié avec Matisse, Modogliani, Picasso, prend part au mouvement fauve et expose, aux côtés de Derain, Vlaminck, Braque et Matisse, dans la salle que le Salon d’automne consacre au fauvisme en 1905.

Czóbel Béla, La rive du Danube à Szentendre, huile sur toile, 1961

   Chaque été le voit séjourner et peindre dans la campagne hongroise, être invité par le peintre Karoly Kernstok à Nyergesujfalu sur le Danube, devenant le représentant emblématique de l’avant-garde française dans son pays. Il participe en 1909 à la fondation d’un groupe hongrois nommé «Les Huit» et introduit le fauvisme à Budapest. Après la Première Guerre mondiale qu’il passe en Hollande puis six années à Berlin où il découvre l’expressionnisme allemand, il retourne en France en 1925, vivant alternativement en Normandie et dans le Midi, à l’exception de séjours à Szentendre, déjà fréquenté par de nombreux peintres hongrois parmi lesquels Mariá Modok, sa seconde femme depuis 1940. Il passe les années d’Occupation à Szentendre et s’y établira définitivement en 1945, partageant son temps entre la France et la Hongrie.

Modok Mária (1896-1971), Szentendre avec le Danube en arrière-plan, huile sur toile

   Personnalité parmi les plus marquantes de la peinture moderne hongroise, Béla Czóbel fut le premier peintre à avoir un musée dédié à son œuvre de son vivant en Hongrie. Un an avant sa mort, en 1975, une exposition consacrée à ses œuvres est organisée à Szentendre et l’artiste, alors âgé de 92 ans, est présent à l’inauguration.

Musée Béla Czóbel, Templom tér 1, Szentendre, Hongrie
Danube-culture, mis à jour octobre 2025

Peintres, graveurs, dessinateurs et photographes du Danube : Constantin Artachino (1870-1954), Roumanie

C’est à l’École de commerce de Bucarest où ses parents ont déménagé en 1877 que ses professeurs découvrent son talent précoce pour le dessin. Avec le soutien matériel d’un oncle, le jeune homme commence à fréquenter en parallèle l’École des Beaux-Arts de la capitale roumaine et devient l’élève de Theodor Aman (1831-1891) et de George Demetrescu Mirea (1852-1934). Le banquier Zerleti lui offre une une bourse de quatre ans pour étudier à l’étranger ce qui lui permet d’aller à Paris. Il s’inscrit à l’Académie Julian et étudie avec Jean-Baptiste Camille Corot ( 1796-1875), William Bouguereau (1825-1905) tout en séjournant à Fontainebleau et à Barbizon. Peu de temps après, ayant épuisé ses ressources, le peintre doit retourner en Roumanie. Il expose et vend avec succès de nombreuses, succès qui lui permet de faire un voyage à Constantinople.

Constantin Artachino, Trois femmes turques sur les bords du Danube

Le 2 mai 1896, à l’initiative de Ștefan Luchian (1868-1916), est inaugurée à Bucarest l’Exposition des artistes indépendants dont le manifeste est signé par Ștefan Luchian avec Constantin Artachino, le poète, essayiste et critique d’art Alexandru Bogdan-Pitești (1872-1922) et Nicolae Vermont (1866-1932). Constantin Artachino, dont les oeuvres ont été refusées au Salon officiel de peinture qui s’ouvre au même moment, y expose ses tableaux. Avec d’autres artistes de son temps, dont Nicolae Vermont et Ștefan Luchian, il fonde une année plus tard, en juillet 1897 une société appelée « Société pour le développement des arts en Roumanie – « Ileana ». Ștefan Luchian, Nicolae Vermont, Arthur Garguromin-Verona (1868-1946) originaire de Brǎila, le sculpteur Frederic Storck (1872-1942), Ștefan Popescu (1872-1948)

Stefan Popescu

et Gheorghe Petrașcu (1872-1949) créent ensuite la Société des Jeunes Artistes (« Tinerimea artistică ») le 3 décembre 1901. Ce groupe prône un art réaliste avec des sujets inspirés de la vie des paysans et des gens du peuple.

Arthur Garguromin-Verona, violoniste sur une barque

En poste d’abord à l’École des Beaux-Arts de Iași, C. Artachino rejoint en 1920 l’École des Beaux-Arts de Bucarest. Il enseigne jusqu’à sa retraite en 1935.
En 1951, en pleine période de réalisme socialiste, le peintre doit réaliser un tableau représentant un ouvrier lisant le journal « Scânteia » (« L’étincelle ») pour être admis à l’exposition officielle qui a lieu à la salle Dalles.
Il mourra trois ans plus tard à l’âge de 84 ans.

Eric Baude pour Danube-culture, mis à jour août 2024

Mosquée d’Ada-Kaleh (?)

Retour en haut de page