Adalbert Stifter (1805-1868) : écrivain, peintre et pédagogue haut-danubien

Adalbert Stifter, lever de lune (vers 1855)

« Gorgé des rumeurs et des flots de sève montante de leur jeune vie à peine commencée, les jeunes gens escaladaient la pente entre les arbres, parmi les chants des rossignols. Tout autour d’eux se déployait un paysage resplendissant où couraient les nuages. Dans la plaine, en contrebas, on pouvait apercevoir les tours et la masse des demeures d’une grande ville. »

Adalbert Stifter, L’homme sans postérité, traduction de Georges-Arthur Goldschmidt, Éditions du Seuil, Paris, [1995 ?], c. 1978

Écrivain, pédagogue, poète réaliste et peintre haut-autrichien né en 1805 à Oberplan (Horní Plana, Bohême méridionale) et mort à Linz en Basse-Autriche, grand admirateur de Goethe, Adalbert Stifter est une des personnalités culturelles autrichiennes incontournables de l’époque post-napoléonienne du Biedermeier (1815-1848). Mais le peintre écrivain ou l’écrivain peintre autrichien, fervent admirateur et observateur de la nature et de la lenteur et  du voyage intérieur, ne symbolise en aucune façon cette époque superficielle qui représente le grand triomphe du goût bourgeois et du conservatisme dans les pays de la confédération germanique et en Autriche.

L’abbaye de Kremsmünster peinte par A. Stifter (1823-1825)

A. Stifter perd à l’âge d’à peine douze ans son père qui se tue accidentellement. Traumatisé, son fils tente d’abord de se laisser mourir de faim puis il entreprend l’année suivante, des études à l’abbaye bénédictine de Kremsmünster.

Il est admis en 1826, à l’Université de Vienne, (Faculté de droit) et s’éprend de Fanny Greipl, fille d’un commerçant de la bourgeoisie viennoise. Dans ses lettres à Fanny, l’étudiant se dévalorise lui-même comme amant. Son refus de participer à un concours pour obtenir une chaire de physique à l’Université de Prague déconcerte ses futurs beaux-parents, qui le perçoivent alors comme un homme instable, sans ambition ni avenir. En 1832 a lieu la rencontre avec Amalia Mohaupt, une ancienne prostituée, qui devient sa femme en 1837. Sans descendance, le couple adopte plus tard les enfants d’un frère d’Amalia. Une fille se suicidera en se jetant dans le Danube. Après cet accident tragique, l’écrivain s’enfonce dans une grave dépression.

A. Stifter en 1868, portrait de Bertalan Széchely

A. Stifter n’arrive pas à choisir entre les vocations de peintre et d’écrivain. Il se décide en 1840, après de longues hésitations, à devenir écrivain et c’est à travers la littérature et les nouvelles qu’il exprimera son talent d’observateur de la nature et sa passion pour celle-ci.

La parution de sa première nouvelle Der Kondor (1840) à Vienne reçoit un accueil très enthousiaste et le rend célèbre. Pendant huit ans, ilarrive à subvenir à ses besoins grâce à la vente de ses livres et des leçons particulières. Stifter est nommé Inspecteur des écoles primaires de Haute-Autriche en 1850. L’écrivain prend sa retraite en 1865 et, gravement malade, met brutalement fin à son existence en se tranchant la gorge le 28 juin 1868.

Le mur du diable, près de Hohenfurt, peinture d'A. Stifter

Le mur du diable, près de Hohenfurt, peinture d’A. Stifter, photo droits réservés

« Si l’on excepte les écrits de Goethe et en particulier les Conversations de Goethe avec Eckermann, le meilleur livre allemand qui existe : que reste-t-il de la littérature en prose allemande qui mérite d’être relu et relu encore ? Les Aphorismes de Lichtenberg, le premier tome de l’Autobiographie de Jung-Stilling, L’été de la Saint-Martin d’Adalbert Stifter et Les Gens de Selwyla de Gottfried Keller, c’est tout pour l’instant. »

Friedrich Nietzsche, « Le Voyageur et son Ombre » in Humain, trop humain. Un livre dédié aux âmes libres., 1879

La maison d’Adalbert Stifter à Linz, à proximité du Danube (rive droite)

http://www.adalbertstifter.at
http://www.stifterhaus.at

Bibliographie sélective en langue française :

Le Sentier dans la montagne, Éditions Sillage, Paris, 2017
Le cristal de roche, Paris, Éditions Sillage, Paris, 2016
Dans la forêt de Bavière, Premières pierres, Saint-Maurice, 2010.
Fleurs des champs, Éditions Circé, Belval, 2008
Les deux soeurs, Éditions Circé, Belval, 2004
L’arrière-saison, récit, Éditions Gallimard, Paris, 2000
Brigitta, Éditions Farrago, Tours, 2000
Descendances : nouvelle, préface de J. Le Rider, Éditions J. Chambon, Nîmes, 1996
Pierres multicolores. 1, Cristal de roche, nouvelles, Éditions J. Chambon, Nîmes, 1995
L’homme sans postérité, Éditions du Seuil, Paris, 1995
Le condor, Éditions Séquences, Rezé, 1994
Le village de la lande, nouvelle, Éditions J. Chambon, Nîmes, 1994
Tourmaline : pierres multicolores II, nouvelles, Éditions J. Chambon, Nîmes, 1990
Les cartons de mon arrière-grand-père, Éditions J. Chambon, Nîmes, 1989
Le château des fous, Éditions Aubier (édition bilingue), Paris, 1979

Rudolf von Alt (1812-1905), peintre viennois

Rudolf von Alt, Budapest

   Cet important et prolifique peintre védutisteautrichien fut célèbre, bien au-delà de son pays, par ses tableaux et aquarelles représentant la nature, des paysages européens, des vues de villes et de leur animation avec leurs scène quotidiennes expressives, en particulier de sa ville natale, Vienne et des peintures d’intérieurs aux couleurs variées et contrastées.

  Élève de son père Jakob (1789-1872) peintre, lithographe et aquarelliste allemand installé à Vienne, frère aîné du peintre Franz Alt (1821-1914),  il fait ses études à partir de 1826 à l’Académie de Vienne mais son travail sur le motif influencera davantage sa formation. Il accomplit de longs voyages dans toute l’Autriche-Hongrie et dans le sud de l’Europe jusqu’en Sicile. En 1828, il accompagne son père, qui fait un voyage d’études dans les Alpes autrichiennes. En 1830, il expose pour la première fois à Vienne. Professeur à l’Académie de Vienne à partir de 1879, le peintre est anobli en 1892. En 1898, il présente Klimt à l’empereur et devient président d’honneur de l’Association Artistique de la Sécession Viennoise. R. von Alt peint d’abord des toiles aux architectures compliquées, comme la Cathédrale Saint-Étienne, (1832, Vienne, Österr. Gal.), mais il manifeste déjà un goût pour l’aquarelle, et ses réalisations dans cette technique peuvent se comparer aux  plus grands des aquarellistes français et anglais de la même époque. Le format de ses aquarelles augmente progressivement et atteint parfois celui de ses peintures à l’huile, dont le coloris est toutefois plus intense, même dans les scènes d’intérieur.

   Rudolf von Alt se renouvelle constamment ; appartenant au début de sa carrière au sage réalisme Biedermeier, puis de la peinture de plein air, il se rapproche des impressionnistes, qu’il incorpore dans une technique très personnelle. Son style toujours très clair et aéré, sans fadeur ni mollesse, évolue dans ses dernières œuvres vers un sens presque visionnaire de la réalité atmosphérique. Au cours de cette lente évolution, R. von Alt ne se laisse malgré tout jamais entraîner à négliger l’aspect positif des choses.

  Les collections les plus importantes de ses aquarelles sont conservées à Vienne en particulier  au musée de l’Albertina et au Kunsthistorisches Museum.

Notes :
1le védutisme est l’art de la vue, du paysage urbain ou suburbain et spécialement de ses représentants italiens du XVIIIe, comme Canaletto, Guardi, Belloto, Pannini…

Sources :
KOSCHATZKY, Rudolf von Alt, Residenz Verlag, Salzburg, 1976
Dictionnaire Larousse de la peinture, Éditions Larousse, 2003

Jules Pascin (1885-1930), peintre danubien et « prince de Montparnasse »

   Jules Pascin, de son vrai nom Julius Mordecai Pincas, est né le 31 mars 1885 dans une famille de commerçants séfarades de Vidin. Son père, personnage tyrannique, exerce avec succès la profession de marchand de grain. Les origines familiales se perdent dans le labyrinthe des Balkans jusqu’en Turquie, en Italie et en Espagne….

   Le jeune peintre et dessinateur dont son père n’apprécie guère le talent et les fréquentations quitte Vidin pour Bucarest où il entretient une liaison avec une tenancière d’une maison close. Il fréquente par la suite les écoles d’art de Budapest et de Vienne rejoint Munich et commence à collaborer avec la revue satirique bavaroise Simplicissimus dans laquelle il publie des dessins érotiques et des caricatures. Il doit changer de nom comme l’exige son père qui ne veut pas que le nom de sa famille soit associé au comportement et à la carrière de son fils. Le peintre adopte alors le pseudonyme de Jules Pascin (prononcez Passkine), anagramme de Pincas.

   C’est une période où il rencontre des peintres qui donneront naissance à l’expressionnisme allemand et avec lesquels il parvient à trouver sa ligne et son style graphique exprimant une forte critique de la société de l’époque.

   Une grande partie de son oeuvre restera d’ailleurs toujours marquée par cette sensibilité, par une force de la satire et de la caricature féroce. Ses dessins aux traits épais, épurés, dans des tonalités claires, aquarellées soulignées de fusain, d’encre et de lavis, se rapprochent des mondes de la gravure sur bois ou de la lithographie.

Jules Pascin au café du Dôme en 1910 (photographe non identifié)

   De Munich et Berlin Pascin finit par arriver à Paris 1905, à la veille de Noël en espérant y faire carrière. C’est une vraie délégation de peintres et d’artistes au fait de son talent qui l’accueille. Son travail de caricaturiste n’a pas cessé et il continue à envoyer toujours régulièrement des dessins à Simplicissimus qui lui permettent de bien gagner sa vieIl noue aussi des liens avec l’avant-garde française dans les quartiers de Montmartre et de Montparnasse, fait la connaissance de Foujita, Kisling, Soutine, Van Dongen, Derain, Diego Rivera mais aussi de Matisse, des artistes du mouvement du fauvisme et illustre les ouvrages d’amis poètes et écrivains comme Pierre Mac Orlan, Paul Morand ou André Salmon.

   Jules Pascin est assimilé à l’École de Paris, selon l’expression du critique d’art André Warnod, école désignant l’ensemble des artistes étrangers arrivés avant les années 1920 dans la capitale française pour tenter de trouver des conditions plus favorables à l’expression de leur art tout en restant en marge des grands mouvements artistiques de l’avant-guerre, cubisme, fauvisme et futurisme. Ses sujets préférés demeureront tout au long de sa vie les représentations de scènes de la vie quotidienne, du corps féminin, peintures et dessins au caractère érotique.

Jules Pascin, Manolita, 1929, Paris, Musée National d’Art Moderne

   Ses voyages et séjours en Angleterre, aux États-Unis, à New York avec Hermine pendant la première guerre mondiale (1914-1920) et à Cuba, lui permettent de réaliser de très nombreux croquis et aquarelles. L’érotisme de ses oeuvres provoque un scandale outre-Atlantique. Le peintre prétend pourtant, après son retour en France, n’être qu’un admirateur de Boucher et de Fragonard.

Jules Pascin, Alfred Flechtheim habillé en toréador, 1927, Paris, Musée National d’Art Moderne

   Parmi ses modèles on trouve sa femme la peintre Hermine David (1886-1970) qu’il épouse pendant son séjour à New York et sa maîtresse Lucy Krogh avec lesquelles il entretient une relation simultanée.

   « Pourquoi une femme est-elle considérée comme moins obscène de dos que de face, pourquoi une paire de seins, un nombril, un pubis sont-ils de nos jours encore considérés comme impudiques, d’où vient cette censure, cette hypocrisie ? De la religion ? »

Jules Pascin, Hermine au lit, aquarelle

   Nous sommes au début des années 1930, époque où Picasso, Braque, Miro, le cubisme, les abstraits, les surréalistes, font littéralement exploser la figuration et la représentation dans la peinture. Tout comme Modigliani, et de nombreux autres artistes, Jules Pascin s’interroge quant à lui, sur la signification de son oeuvre figurative. Il souffre de ne plus être reconnu, et croit perdre le sens, la sensibilité et la puissance qu’il a toujours voulu donner à sa propre peinture. Il sombre et se réfugie peu à peu dans la fuite, les fêtes nocturnes et l’alcool.

   Jules Pacsin adresse à sa compagne Lucy, peu avant de mettre fin à ses jours, une dernière lettre dans laquelle il écrit : « Je suis un maquereau, j’en ai marre d’être un proxénète de la peinture … Je n’ai plus aucune ambition, aucun orgueil d’artiste, je me fous de l’argent, j’ai trop mesuré l’inutilité de tout. »


   Il se suicide dans son atelier du boulevard de Clichy en juin 1930, à l’âge de quarante cinq ans. Le peintre repose au cimetière du Montparnasse. Un poème de son ami André Masson est gravé sur sa tombe : « Homme libre héros du songe et du désir de ses mains qui saignaient poussant les portes d’or esprit et chair Pascin dédaigna de choisir et maître de la vie il ordonna la mort. »

Eric Baude, Danube-culture, droits réservés, juin 2019

Sources :
LEVY-KUENTZ, Pascin libertin, Adam Biro, 2009

LEVY-KUENTZ, Stephen, Pascin, coll. « Grandes monographies », La Différence, Paris, 2009
Joann Sfar, Pascin, biographie imaginaire, L’Association, 2005
LEVY-KUENTZ, Pascin et le tourment. Coll. Les essais, La Différence, Paris 2001
BAY, André, Adieu Lucy, Le roman de Pascin, Albin Michel, Paris, 1983
DUPOUY, Alexandre, Jules Pascin, collection Rêveries, Parkstone Press Ltd, New York, 2004

WARNOD, André, Pascin, André Sauret, Éditions du livre, Monte-Carlo, 1954

Catalogues raisonnés :
Yves Hemin, Guy Krohg, Klaus Perls, Abel Rambert, Pascin : catalogue raisonné, vol. 1 : Peinture, Aquarelles, Pastels, Dessins, Bibliothèque des Arts, Paris, 2001
Yves Hemin, Guy Krohg, Klaus Perls, Abel Rambert, Pascin : catalogue raisonné, vol. 2 : Peinture, Aquarelles, Pastels, Dessins, Bibliothèque des Arts, Paris 2001
Yves Hemin, Guy Krohg, Klaus Perls, Abel Rambert, Pascin : catalogue raisonné, vol. 3 : Simplicissimus, Gravures, Lithographies, Illustrations, Sculptures, Objets, Bibliothèque des Arts, Paris, 2001
Yves Hemin, Guy Krohg, Klaus Perls, Abel Rambert, Pascin : catalogue raisonné, vol. 4 : Dessins, Aquarelles, Pastels, Peintures, Dessins érotiques, Bibliothèque des Arts, Paris 2001
Abel Rambert, Gérard Rambert, Pascin : catalogue raisonné, vol. 5 : Peinture, Aquarelles, Pastels, Dessins, Bibliothèque des Arts, Paris, 2010

Filmographie :
Pascin l’oublié (INA) : https://images.app.goo.gl/Aq8WaG6rHc7CREgB7
François Lévy-Kuentz, Pascin l’impudique, Production Lapsus/France 5/Paris première, 2000, 60 mn

https://fr.wikipedia.org/wiki/Jules_Pascin

Jules Pascin, portrait de Lucy Krohg, vers 1925, huile et crayon sur canevas, collection particulière

Le Regentag (Jour de pluie) : bateau-maison-atelier nomade du peintre Friedenreich Hundertwasser

« Je voudrais peut-être qu’on me considère comme un mage de la végétation, ou quelque chose de semblable, disons magique, que je remplisse un tableau jusqu’à ce qu’il soit plein de magie, comme on remplit un verre avec de l’eau. »
Friedenreich Hundertwasser

Un bien joli bateau ancien que celui du peintre autrichien Friedenreich Hundertwasser

Le navire, un vieux mais solide côtre méditerranéen en bois, à voile et à moteur porte le nom de San Giuseppe T et de petit « freighter » (cargo) pour le transport de marchandises quand le peintre l’achète en Sicile, à Palerme, en 1967. Il le rebaptise du nom Regentag (Rainy Day ou Jour de pluie).

Après l’avoir fait convoyer de Palerme à Venise par le capitaine Mimmo, Hundertwasser navigue en compagnie du capitaine Antonio pendant sept années consécutives (1968-1974), cabotant de ports en ports méditerranéens (Palerme, Pellestrina, Portegrandi, Malcontenta, Portoferraio, La Goulette, Malte…). Puis le peintre décide ensuite de l’agrandir, faisant passer sa longueur de douze à quinze mètres. Il fait avec celui-ci ses premiers expériences d’architecture, en redessine la proue, modifie la coque, installe un deuxième mat, donnant à son bateau une silhouette et une ligne originales et asymétriques. Pendant dix ans le Regentag servira de maison et d’atelier nomade au peintre.

La bonne adaptation du « nouveau » Regentag à la haute mer est d’abord éprouvée lors de croisières qui le mènent en Dalmatie, en Sicile, en Corse, à Malte, à Tunis, en Crète, à Rhodes, à Chypre et en Israël puis Hundertwasser et son capitaine Horst Wächter partent pour une grande traversée de 18 mois (1975/1976), de Venise jusqu’en Nouvelle-Zélande en passant par Malte, Gibraltar, les Antilles, Panama, l’archipel des Galapagos et Tahiti.

Regentag IV

Le Regentag immobile au port de plaisance de Tulln (photo droits réservés)

Hundertwasser fut souvent à la barre du Regentag en Méditerranée, dans la mer des Caraïbes, au large de Tahiti, de Rarotonga, des îles Kermadec, d’Auckland et de la Baie des îles (Nouvelle-Zélande).

Le bateau fait naufrage en 1995. Aussi est-il ramené à Opua, dans la Baie des îles et y reste en 1999/2000. Le chantier naval Ashby’s Boat Yard installe, à la demande du peintre, un nouveau poste de pilotage, pose un revêtement en béton armé et réalise une fresque en céramique dessinée par Hundertwasser au dessus de la la ligne de flottaison. Ces réaménagements, nécessaires à la suite du naufrage, répondaient également à un souhait de longue date de l’artiste.

Le Regentag continuera à naviguer sur l’Atlantique. Après la mort subite du peintre sur le Queen Elisabeth II, le 19 février 2000, il sera rapatrié en 2004 vers l’Europe par cargo et convoyé en Autriche par le Danube jusqu’au port de Tulln (Basse-Autriche), son port d’attache actuel. Ce bateau que le peintre a emmené au bout du du monde n’a navigué depuis sur le fleuve que pour de courtes escapades et son entretien semble avoir été négligé pendant plusieurs années ce qui est incompréhensible car il s’agit d’un patrimoine exceptionnel !

Le bateau, qui a été de plus endommagé par un autre navire dans le port de plaisance de Tulln en 2015, a été sorti de l’eau pour des travaux de réparation et de rénovation. Il n’est malheureusement toujours pas accessible au public.  

Travaux sur le Regentag

Travaux sur le Regentag (photo, droits réservés)

Le peintre au nom prédestiné qui entretint un rapport intime avec l’eau sous toutes ses formes et ses couleurs durant son existence, ne pouvait être que fasciné par les bateaux. Ses dessins d’enfant comme les Bateaux à vapeur chantant avec leurs cheminées, les Bateaux bouche en témoignent. Des proues de navires, des hublots ou autre allusion à l’univers maritime apparaissent également régulièrement dans ses autres oeuvres.

Hundertwasser_nz_1998_hg

Friedensreich Hundertwasser en 1998 (photo source Wikipedia)

Le peintre qui s’appelait à l’origine Friedrich Stowasser  a pris comme troisième prénom Regentag, celui-ci venant s’ajouter à Friedensreich et Dunkelbunt soit un nom complet d’artiste de Friedensreich Dunkelbunt Regentag LiebeFrau Hundertwasser.

Rappelons encore que l’artiste, aux très fortes convictions écologistes, a également participé activement, aux côtés d’autres artistes et scientifiques renommés comme Konrad Lorenz, à la préservation des prairies alluviales danubiennes menacées de destruction par la construction du barrage de Hainburg (1984), projet heureusement abandonné par la suite.

Eric Baude, révision août 2018

www.hundertwasser.at

https://www.kunsthauswien.com/en/museum

Retour en haut de page
tempus Donec mi, diam id massa eget nec