István Széchenyi (1791-1860)

István Széchenyi est né à Vienne en 1791, l’année de la mort de Mozart. Entré dans l’armée autrichienne à dix-sept ans, il se bat contre les troupes napoléoniennes à Leipzig, en 1813, ainsi qu’à Tolentino face à Murat en 1815 où celui-ci connait une défaite. De 1815 à 1821, il voyage et étudie les institutions des différents pays européens. Lors d’un nouveau séjour en Angleterre, accompagné de son ami le baron Miklós Wesselényi (1796-1850), il remarque l’importance du commerce et de l’industrie. Pendant un séjour ultérieur en France (1825), c’est le canal du Midi qui attire son attention et l’incite à envisager l’aménagement et à la régulation de la rivière Tisza aux crues redoutables et du Danube. Cette même année, son don de 60 000 florins contribue à la fondation d’une académie hongroise. Il entreprend une politique active de réformes à caractère économique et culturel, pour sortir son pays de l’état arriéré où, selon lui, il se trouve, en particulier dans le domaine agricole. Celle-ci permet d’abolir les travaux de corvée, de développer l’élevage des chevaux et d’encourager la création d’un vrai réseau de communications. Le 24 juin 1830, afin de se rendre compte par lui-même des difficultés de la navigation dans les Portes-de-Fer, l’aristocrate, accompagné par un ami, le comte János Waldstein (1809-1876) et par József Beszédes (1787-1852), un ingénieur hongrois de grande renommée, quitte Pest sur le « Desdemona » un bateau à rames pour un long voyage fluvial de plusieurs semaines sur le bas-Danube.

Remény (Espoir), Annuaire littéraire et artistique édité par Mme Sándorné Vachott en 1861 à Pest. Gusztáv Heckenast (1811-1878), Le comte István Széchenyi debout dans une barque, accompagné de l’un de ses fils, avec le pont des Chaînes en arrière-plan et un bateau à vapeur devant lui, lithographie

La naissance de la Compagnie de navigation sur le Danube (D.D.S.G.), en 1829, est le fruit de ses efforts. Des steamer vont relier Vienne à Buda et, ultérieurement et poursuivre leur route jusqu’à la mer Noire. Il encourage aussi la navigation de bateaux à vapeur sur la Tisza et fait construire le premier pont en dur de la capitale hongroise, le Pont des chaines (Lanchid), un ouvrage suspendu reliant Buda à Pest.

Le pont aux chaines de Budapest

Mais son programme de réformes et son libéralisme modéré sont d’ores et déjà menacés par Lajós Kossuth (1802-1894) et les libéraux extrémistes. Széchenyi craint que le radicalisme ne replonge sa patrie dans le chaos d’où il tente de la tirer et ne manque pas une occasion, à la diète, de les attaquer. Pour lui la Hongrie n’est pas encore prête pour l’indépendance ce qui le brouille avec L. Kossuth. Le prince Batthyany l’intègre dans son premier cabinet hongrois en 1848 mais désespéré par l’évolution de la situation politique de son pays, il tombe malade, doit être interné le 5 septembre 1848 et fait un séjour dans une maison de santé de Vienne. De retour chez lui à Döbling (aujourd’hui XIXe arrondissement de Vienne), Szechenyi met fin à ses jours le 8 avril 1860 après une perquisition de la police politique.

István Szechenyi, De la navigation sur le Danube, version allemande, 1836

   Chef des aristocrates éclairés, figure de proue du parti des réformes, Istvan Széchenyi a joué un rôle essentiel dans le renouveau de son pays. Le compromis austro-hongrois de 1867 consacrera d’ailleurs le triomphe de ses conceptions.

Sources :
Jean BÉRENGER,  SZÉCHENYI ISTVÁN comte (1791-1860) : http://www.universalis.fr/encyclopedie/istvan-szechenyi/

175 Jahre Erste Donau-Dampschiffahrts-Gesellschaft 1829–2004 (en allemand), Regensburg: Arbeitskreis Schiffahrts-Museum Regensburg e.V., 2004,  pp. 1–220.

Eric Baude pour Danube-culture, mis à jour octobre 2025

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