Danube, musiques et musiciens (II)

ABRAHAM, Paul (1882-1960)
   Compositeur né à Apatin sur le Danube (rive gauche), ville située à cette époque dans l’Empire austro-hongrois et aujourd’hui en Serbie (Voïvodine). Il étudie à l’Académie Franz Liszt de Budapest, compose de la musique instrumentale puis des opérettes qui rencontrent un vif succès (Fleur d’Hawaï, Bal au Savoy…). Il s’installe ensuite à Berlin, écrit des musiques de films mais avec l’arrivée des Nazis au pouvoir (P. Abraham est d’origine juive), doit s’enfuir errant entre Vienne, Budapest et Paris avant de partir pour Cuba et les États-Unis (New York) où il est enfermé un certain temps dans un asile d’aliénés pour troubles mentaux. Paul Abraham reviendra en 1956 en Allemagne et mourra à Hambourg quatre ans plus tard.

Paul Abraham (1882-1960)

Ses opérettes dont quelques-unes ont été représentées en France au Moulin-Rouge et au Théâtre Mogador, sont des pastiches hétéroclites mélangeant non sans habilité différents genres musicaux qui vont des danses hongroises à la musique de jazz.

ACHLEITNER, Joseph-Johann (1791-1828), compositeur né l’année de la mort de Mozart à Marbach-an-der-Donau (Basse-Autriche) dans la famille d’un instituteur. Il  tient les orgues de la cathédrale Saint-Étienne de Vienne de 1811 à 1818 et y travaille comme professeur de musique. On trouve parmi ses oeuvres un Requiem, un Ave Maria (Archives musicales de Spitz), des arias et d’autres petites pièces pour l’église.

AÏDÉ, Charles Hamilton ( 1826-1906)
The Danube river, song

Version enregistré par la mezzo-soprano Helen Davis avec un accompagnement orchestral en 1920 (Edison 80542-L)
https://archive.org/embed/78_danube-river_helen-davis-hamilton-aide_gbia0191909a

ADAM, Adolf (1803-1856)
La fille du Danube, 1836
La fille du Danube, ballet-pantomime en deux actes et quatre tableaux.
L’oeuvre fut  composée pour Marie Taglioni (1804-1884), la plus grande danseuse de l’époque romantique et créée à Paris  au Théâtre de l’Opéra-Le Peletier, le 21 septembre 1836. Les décors ont été conçus  par Pierre-Luc Charles Cicéri, Jules Diéterle, Léon Feuchère, Édouard Despléchin et Charles Séchan. Ce ballet-Pantomime ouvrit au compositeur la scène de l’Opéra de Paris. Le 13 octobre de la même année a lieu la première d’un autre de ses grands succès, l’opéra-comique Le postillon de Longjumeau sur un livret de Leuven et Brunswick (initialement intitulé Une voix), avec le ténor Jean-Baptiste Chollet dans le rôle titre.

Marie_Taglioni_portrait

Marie Taglioni (1804-1884), créatrice du rôle de Fleur-des-Champs dans La fille du Danube

ALBRECHTSBERGER, Johann Georg (1736-1809)
Compositeur autrichien né à Klosterneuburg sur le Danube (rive droite) et mort à Vienne. C’est à l’abbaye qu’il accomplit sa formation musical puis il poursuit ses humanités à l’abbaye de Melk et au séminaire jésuite de Raab (Győr), devient organiste de la basilique de Maria Taferl (1757-1759) puis revient à Melk pour occuper la même fonction (organiste) jusqu’en 1765. Il occupe ensuite divers postes de musicien, assiste Mozart, maître de chapelle-adjoint à la cathédrale saint-Stéphane et succède en 1793 à Léopold Hoffmann comme maître de chapelle de la même institution.  Ami de Joseph Haydn et de Wolfgang Amadeus Mozart, pédagogue reconnu fut également une année le professeur de Ludwig van Beethoven. Sa tombe se trouve au cimetière viennois de Saint-Marx, non loin du monument dédié à Mozart.

ARBAN, Jean-Baptiste (1825-1889)
Les échos du Danube, suite de valses pour piano (1883)

ARNOLD, Ernest (1892-1962)
Compositeur autrichien, auteur de plus de 800 chansons du répertoire populaire viennois parmi lesquelles la célèbre et inoubliable « Da draussen in der Wachau » sur un texte d’Erwin Weill, écrivain autrichien (1885-1942) mort dans un camp de concentration.

AUFSCHNEITER, Benedikt, Anton (1665-1742)
Compositeur, kantor, organiste et théoricien de la musique autrichien originaire du Tyrol, né à Kitzbühel. Il fait ses études à Vienne et dédie ses première oeuvres aux empereurs Léopold Ier, Joseph Ier et à des personnalités ecclésiastiques. En 1705, il succède après la mort de Georges Muffat (1653-1704), d’origine savoyarde, élève de Lully et fondateur d’une dynastie de musiciens, comme maître de chapelle de la cour de l’évêque Johann Philipp, Graf von Lambert (1652-1712) et de la cathédrale de Passau où il compose essentiellement de la musique religieuse. Ses apports en tant que théoricien de la musique ont été récemment redécouverts.
Dulcis fidium harmonia, symphoniis ecclesiasticis concinnata (1703)

Sources :
https://musiklexikon.ac.at/ml/musik_A/Aufschnaiter_Benedict.xml
H.-W. Schmitz, Passauer Musikgeschichte, Die Kirchenmusik zur Zeit der Fürstbischöfe und in den Klöstern St. Nikola, Vornbach und Fürstenzell. Passau, 1999

BACKUS, Gus (Donald Edgar, 1937)
Er macht mich krank, der Mondschein auf der Donau (1962)
Chanson extraite du film « Les filles aiment çà » (Das haben die Mädchen gern) avec Paul Hörbiger und Brigitte Wentzel.

BARCELONA GIPSY BALKAN ORCHESTRA
Od Ebra do Dunava, De l’Èbre au Danube (paroles de Ivan Kovacevic)
CD SATKCD194, 2016
https://youtu.be/uOtGayTFmF8

BARTÓK, Belá (1881-1945)
Le cours du Danube, opus 18 [A Duna folyása, BB 1/20]
Sur le bord du Danube, chanson populaire slovaque, Pour les enfants, vol. 4, Sz. 42, n° 79
    « Par l’effet d’un étrange hasard, je n’ai pas connu la musique de Bartók avant la seconde guerre mondiale. À l’époque de ses dernières visites à Paris, j’étais encore au Conservatoire de Paris, à la recherche de moi-même comme des musiciens qu pouvaient m’aider, précisément à me trouver moi-même. Mais le moins que l’on puisse dire est que les chemins tracés par le Conservatoire, à l’époque, ne vous entrainaient pas vers l’aventure.
   C’est donc en 1944 seulement que j’ai découvert Bartók, lors de ce concert au programme duquel, courageusement, Charles Münch avait décidé d’inscrire la musique pour cordes, percussion et célesta. Et cette découverte a été pour moi déterminante. la musique française a toujours eu besoin, à une époque ou à une autre, d’un ferment étranger. On sait l’importance du levain espagnol dans notre littérature, mais aussi, au tournant du siècle, dans notre musique. Pour moi,  les oeuvres de Bartók ont été ce levain, par leur force spirituelle surtout. C’est en Europe centrale que, comme beaucoup de compositeurs français de ma génération, je suis allé chercher, au travers de Bartók, cette inspiration que je qualifierai de morale et qui nous aidait à nous libérer du péché originel d’art de divertissement dont on persistait à affubler l’art musical français. »
Henri Dutilleux, La musique pour cordes, percussion et célesta à Paris, Paris, avril 1993.   

Compositeur hongrois, né dans les confins du Banat serbo-roumano-hongrois à San Nicolau Mare (Nagyszentmiklós en hongrois), aujourd’hui petite ville roumaine toute proche de la frontière hongroise.
« L’oeuvre majeure de cette floraison est inspirée par une leçon de géographie reçue à l’école, en 1890 : un poème pour piano intitulé Le Cours du Danube [A Duna folyása, BB 1/20], où Bartók décrit la descente du fleuve, de sa source à la mer Noire. C’est manifestement la composition dont il est le plus souvent fier. Dans le premier catalogue de ses oeuvres dressé en 1894, le titre est écrit en lettres capitales, souligné d’un trait gras, et c’est le seul morceau qui porte une dédicace : « Dédié à Maman » [« Ajánlva mamának »]. Dans le second catalogue, Le Cours du Danube apparaîtra avec la même majesté, en capitales et souligné trois fois. La dédicace a gagné en solennité : « À Maman (Mme veuve Bartók) » [« A mamának, Özv. Bartókné »]. C’est la plus longue (trente-deux pages) et la plus élaborée des oeuvres d’enfance : les trois mouvements se découpent chacun en plusieurs sections, au gré d’un programme géographique au patriotisme naïf et attendrissant, soigneusement inscrit dans la partition.
Le premier mouvement débute par l’image de flots tumultueux (la mélodie se détache d’arpèges brisés en  doubles croches : « L’origine du Danube » [« A Duna eredete »] ; une partie centrale en accords staccato est finalement raturée : « Ceci ne doit pas être joué » [« Ezt nem kell játszani »]. Le fleuve s’apaise (un 6/8 en forme de barcarolle, spécifié « amabile ») et s’égaie au son d’une polka : « Il se réjouit à l’idée qu’il approche de la Hongrie » [« Örvend, hogy Magyarországhos közeledik »]. L’imminence de l’événement se traduit par des accords majestueux. Le second mouvement s’ouvre par cette bonne nouvelle : « Il se réjouit plus encore, parce qu’il est arrivé en Hongrie » [« Még jóbban örvend, mert Magyarországhos jött »]. Le fleuve laisse éclater sa joie en gaies appogiatures, puis « [il] dialogue avec ses affluents… Ceux-ci lui répondent [« A Duna bezsélget a mellékágakkal… Felelnek neki »]. Le Danube entre dans Budapest [« Budapestre érkezett »] au son d’une csárdás (l’une des danses propagées au XIXe siècle par les orchestres tsiganes, et qui passait alors pour l’authentique folklore hongrois). Il reçoit la Tisza [« Felveszi a Tiszát »], Allegro, puis fait ses adieux à la Hongrie [« Elbúcsúzik Magyarországtól »] : la musique, de fa majeur, s’infléchit en ré mineur prenant les tournures d’un mouvement lent de  Verbunkos (danse traditionnelle de recrutement), la plus grande forme des orchestres tsiganes (rythmes pointés, quatrième degré élevé, formules cadentielles typiques). Un rythme de marche, puis un thème de choral solennel saluent les gorges grandioses des Portes-de-Fer [« A Vaskapúnál van »], puis on entend l’écho des rochers [« A sziklák visszhangja »] (effets charmants dans l’aigu du piano). Au début de la troisième partie, « Le Danube est encore triste d’avoir quitté la Hongrie » [« A Duna még szomorú, hogy Magyarországot elhagyta »] : la mélodie accompagnée, en ré mineur, Andante amabile, est secouée  d’appogiatures chromatiques comme de sanglots. Puis le fleuve retrouve son entrain, Allegro, staccato : « Il recueille l’Olt et s’en réjouit » [« Felvezsi az Oltat és örvend neki »]. Dans un souci louable d’organisation, Bartók clôt sa partition par un thème très proche de celui du début, Moderato, en ré mineur, puis en fa majeur. Il peut conclure : « Il s’est jeté dans la mer Noire » [« Beleömlött a Fekete tengerbe »].

Bartok et sa femme à Verőce dans le Coude du Danube en 1936

C’est cette pièce que Béla choisit d’interpréter, le 1er mai 1892, lors de sa première apparition publique connue avec certitude : un concert de charité de l’école communale au profit de ses instituteurs nécessiteux, à Nagyszöllös, où il se produit en tant que « compositeur » et « pianiste ». En plus du Cours du Danube, il joue des pièces d’Alfred Grünfeld et Joachim Raff, ainsi que l’Allegro de la Sonate opus 53, « Waldstein » de Beethoven. Le succès est vif, mesurable non seulement aux applaudissements mais aussi aux nombreux bouquets reçus par l’enfant : sept dont un de bonbons. Cette prestation lui vaut sa première critique de concert, dans l’hebdomadaire local, Ugocsa (du nom du « comitat » dont Nagyszöllös était le chef-lieu). »

Sources :
Claire Delamarche, Béla Bartók, « Premières compositions », Librairie Arthème Fayard, Paris, 2012

Denis Dille : Thematisches Verzeichnis der Jugendwerke Béla Bartóks 1880-1904,  Budapest: Akadémiai Kiadó, 1974
Maison de Belá Bartók www.bartokmuseum.hu
Festival de printemps de Budapest : www.festivalcity.hu
www.szigetfestival.com

On ne manquera pas de visiter la maison du compositeur à Budapest où il vécut de 1932 à 1940 avant d’émigrer aux États-Unis, maison transformée désormais en musée et (trop) peu visitée. On peut aussi fréquenter, parce qu’ils sont incontournables pour tout mélomane qui séjourne à Budapest et se respecte, quelques haut-lieux de musique de la capitale comme l’exceptionnel auditorium Belá Bartók à l’acoustique extraordinaire et son enceinte en bois clair, situé dans un ensemble  architectural contemporain très réussi sur les bords du fleuve (Palais des Arts, quartier du Millenium). La musique et le Danube sont encore une  fois associés pour de magnifiques concerts. Beaucoup d’autres lieux de Budapest rappellent au visiteur le souvenir du musicien hongrois d’exception. Des manifestations annuelles comme le Festival du printemps ne manquent jamais de rendre lui rendre un hommage justifié.
Comme dans la capitale autrichienne, la vie de Budapest bat au rythme des multiples musiques et programmations de concerts et d’opéras qui l’animent tout au de long de l’année. Le Sziget Festival, sur l’île Marguerite est l’un des évènements musicaux budapestois les plus populaires de l’année.
Que serait cette ville sans ses grands compositeurs, peintres, poètes et écrivains ?

BASTEL, Karel (1949)
« An der Alten Donau, drunt’ in Kaisermühlen« , » Sur le vieux Danube, en aval de Kaisermühlen »
 Hymne de Kaisermühlen (Vienne), musique et parole de Karel Bastel.
Ce quartier de la rive gauche du Danube où se trouvait autrefois de nombreux bateaux-moulins et chanté par de nombreux écrivains parmi lesquels Adalbert Stifter, est aujourd’hui avec le bras mort du Vieux Danube et ses îles est des endroits de loisir les plus appréciés des Viennois.

BAYER, Josef (1852-1913)
Donaunixe Ballet
Violoniste, compositeur autrichien, élève de Josef Hellmesberger, Otto Dessoff et Anton Bruckner
Musicien dans l’orchestre de la cour impériale et royale austro-hongroise, il en devient le directeur à partir de 1883 et directeur du ballet impérial en 1885. Auteur de ballets (Die Puppenfee, 1888, Die Braut von Korea, 1897)  et d’opérettes, polka, valses, marches… Ami de Johann Strauss junior, il termine son ballet Cendrillon après la mort de celui-ci.

BEETHOVEN, Ludwig von (1770-1827)
 
 On ne peut pas sous-estimer l’influence du Danube dans les sources d’inspiration du compositeur, né à Bonn sur le Rhin la même année (20 mars 1770) que son contemporain et poète de génie allemand, chantre des grands fleuves, Friedrich Hölderlin (1770-1843), qui voit le jour à Laufen sur le bord du Neckar, (un affluent du Proto-Danube il y a des millions d’années puis affluent du Rhin après les bouleversements géologiques du continent européen).
   Beethoven arrive à Vienne à l’âge de vint-deux ans, en 1792, peu de temps après la mort de Mozart pour y étudier avec Joseph Haydn. Grâce au soutien du  comte Ferdinand von Waldstein, son premier mécène, il avait rencontré Mozart cinq ans auparavant, en 1787. L’année 1792 voit le couronnement de François II de Habsbourg (1768-1835) comme empereur du Saint-Empire romain germanique (1792-1806). Celui-ci deviendra empereur d’Autriche de 1804 à 1835 sous le nom de François Ier. Beethoven fait alors la connaissance de Joseph Haydn qu’il impressionne mais les relations entre le maître et l’élève sont difficiles sans doute en partie à cause du caractère du jeune disciple qui poursuivra sa formation avec d’autres compositeurs comme Johann Georg Albrechtsberger et Antonio Salieri. 
   Le musicien habitera jusqu’à sa mort en 1827, soit en tout 35 des 57 années de sa vie, dans la capitale impériale autrichienne ou à proximité et connaîtra les désagréments et le bruit des canons qui l’affecteront beaucoup lors du deuxième siège de Vienne par les armées napoléoniennes en 1809.

   En 1924, une plaque commémorative a été dévoilée sur le bâtiment 3, Ungargasse 5, en souvenir de la première représentation de la neuvième symphonie de Ludwig van Beethoven. Elle a été offerte par le Wiener Schubertbund, le relief du portrait a été réalisé par le sculpteur viennois Anton Grath. La plaque porte l’inscription suivante :

« Ludwig van Beethoven
a achevé dans cette maison
durant l’hiver 1823/24 sa
neuvième symphonie.
Pour le centenaire de sa première
exécution, le 7 mai 1924.
a dédié au maître et à son œuvre
cette plaque commémorative par l’association
Association Schubert de Vienne.
7 mai 1924″.

  Il y  changera de résidence de nombreuses fois pour diverses raisons et séjournera Ballgasse, Mölkerbastei, Tiefer Graben, Ungargasse,Laimgrubengasse, Auerspergstrasse, Josefstädterstrasse, Schwarzpanierstrasse, Hetzendroferstrasse, Döblinger Hauptstrasse, Eroicagasse, Grinzingerstrasse, Kahlenbergerstrasse, Probusgasse, Silbergasse…De nombreux autres lieux de la capitale autrichienne célèbrent le souvenir de la présence du compositeur et honorent sa mémoire parmi lesquels la « Frise Beethoven » du peintre Gustav Klimt qui se trouve au sous-sol du bâtiment de la Sécession. Cette œuvre imposante (34 m de long), terminée en 1902 est une ode à la 9e symphonie. Les traditions musicales et les programmations des grandes salles de concerts viennoises confirment cet attachement profond à l’univers beethovénien. Vienne plus beethovénienne que mozartienne ? Sans aucun doute !
Beethoven réside en 1802 au nord de la capitale à Heiligenstadt (Döbling, aujourd’hui quartier de Vienne) où son médecin l’a envoyé se reposer après ses problèmes de surdité. C’est dans cette maison de la Probusgasse qu’il écrit à l’automne son testament dit de « Heiligenstadt », une lettre qui reflète son profond désespoir face au fait de ne plus pouvoir entendre : « Et mon malheur m’afflige doublement, car je dois rester méconnu, je n’ai pas le droit au repos dans la société humaine, aux conversations délicates, aux épanchements réciproques ; presque absolument seul, ce n’est que lorsque la plus haute nécessité l’exige qu’il m’est permis de me mêler aux autres hommes, je dois vivre comme un exilé, à l’approche de toute société une peur sans pareille m’assaille, parce que je crains d’être mis en danger, de laisser remarquer mon état – c’est ainsi que j’ai vécu les six derniers mois, passés à la campagne sur les conseils avisés de mon médecin pour ménager autant que possible mon ouïe ; il a presque prévenu mes dispositions actuelles, quoique, parfois poussé par un instinct social, je me sois laissé séduire. Mais quelle humiliation lorsque quelqu’un près de moi entendait une flûte au loin et que je n’entendais rien, ou lorsque quelqu’un entendait le berger chanter et que je n’entendais rien non plus ; de tels événements m’ont poussé jusqu’au bord du désespoir, il s’en fallut de peu que je ne misse fin à mes jours… »

laque commémorative sur la façade de la maison située Probusgasse à Heiligenstadt, photo droits réservés

Beethoven retournera séjourner à Heiligenstadt quelques années plus tard en 1808 dans une maison de la Grinzingerstraße où réside également un tout jeune poète et dramaturge autrichien, Franz Grillparzer (1791-1872) qui posséde une grande culture musicale. Une amitié entre les deux hommes nait de cette rencontre ainsi qu’ un projet de collaboration pour un opéra sur le thème soit de Drahomira, soit de Mélusine, 1823. C’est ce dernier thème que choisit Beethoven pour commencer à en écrire la musique mais aucun fragment ou esquisse de cette oeuvre n’a malheureusement été conservée. Le projet n’aboutira pas mais Franz Grillparzer n’en prend pas ombrage et gardera toute sa vie une grande admiration pour le compositeur. Il rédigera un émouvant éloge pour ses funérailles le 29 mars 1827. C’est un autre musicien allemand, Conradin Kreutzer (1780-1849) qui mettra en musique le texte de Grillparzer. L’opéra sera créé à Berlin en 1833 au théâtre royal de Prusse. Beethoven a également entretenu une longue relation d’amitié avec le Bavarois originaire de Ratisbonne Johann Nepomuk Maelzel (1772-1738), l’inventeur du métronome.
Les relations de Beethoven avec Vienne sont contrastées en raison de son esprit d’indépendance et aussi de sa surdité qui va s’aggravant durant son séjour. « À Vienne, on n’a plus le sens de ce qui est bon et fort, bref de la vraie musique… On ne veut plus entendre ni mon Fidelio, ni mes symphonies… Rossini prime tout… Camelote et pianotage, voilà le goût de nos Viennois ! » Il est vrai que Vienne s’enfonce rapidement après la défaite, l’exil définitif de Napoléon et la nomination duprince Klemens Wenzel von Metternich (1773-1859) comme ministre des Affaires Étrangères de l’Empire autrichien puis surtout comme Chancelier, dans une atmosphère absolutiste conservatrice qui ne s’accorde guère aux idées novatrices et au caractère de Beethoven. La situation politique autrichienne sous contrôle de la police de Metternich participe à l’apothéose du goût bourgeois et à son expression artistique, le style Bierdermeier au sein duquel la musique de salon, les ballets, la musique de danse (Ländler) vont occuper le devant de la scène. Cet art de vivre, cette atmosphère de divertissement et ce répertoire de musique légère ouvrent le chemin aux heures glorieuses de la valse des années Strauss.
   Pendant sa jeunesse, le compositeur avait émis le voeux d’être pêcheur et plus tard, lors de son séjour viennois, il aimait à se rendre au bord du Danube, pour observer et discuter avec les gens du fleuve qui reconnaissaient de loin sa silhouette caractéristique. Beethoven appréciait particulièrement les promenades au milieu des forêts alluviales, une manière pour lui de rompre avec l’atmosphère bruyante de la vie en ville. Il aimait aussi rendre visite à la comtesse Anna Maria Erdődy (1779-1837), dans sa maison de campagne de Jedlesee (rive droite), résidence connue aujourd’hui sous le nom de « Beethovenschlössl ». Pour ne pas emprunter le seul pont qui permettait de franchir le Danube à cette époque et faire un détour, il traversait le fleuve avec le bac de Nussdorf à Jedlesee.
En souvenir de ces promenades de Beethoven à Jedlesee, un « Beethovenweg » a été inauguré en mai 2007. Des sculptures de quatre mètres de haut en forme de diapason brisé en référence à la surdité du compositeur, imaginées par Manfred Satke et réalisées par Josef Frantsits, ont été installées le long de ce parcours. Quant  à la capitale autrichienne, elle possède évidemment sa « Beethovenplatz » et sa « Beethovengasse ». 
http://www.beethovenweg.at

Le monument commémoratif à la gloire du compositeur, place Beethoven, photo Danube-culture, © droits réservés

   Son frère, Johann van Beethoven (1776-1848) qui porta le même prénom que son père, également musicien, fut pharmacien à Linz. Le compositeur aimait à lui rendre visite. Johann van Beethoven achète en 1819 l’élégant petit château baroque de Wasserhof à Gneixendorf, sur la rive droite du fleuve, à la hauteur de Krems (Basse-Autriche). Le compositeur, y séjourne avec son neveu Karl à partir du 29 septembre 1826. Il loge dans la chambre à trois fenêtres au premier étage, à l’angle sud-ouest comme en témoigne une remarque de son neveu dans le cahier de conversation dont se servait le compositeur atteint de surdité : « Devant tes fenêtres se trouve un cadran solaire ». Le cadran solaire, qui date de la fin du XVIIIe siècle, se trouve entre la deuxième et la troisième fenêtre du côté sud. Beethoven y termine le 30 octobre le quatuor à cordes en fa majeur op. 135 et compose ensuite le nouveau finale pour le quatuor à cordes en si bémol majeur op. 130. Il est possible que le musicien se soit promené à cet occasion au bord du Danube tout proche. Au début du mois de décembre, il retourne à Vienne, tombe malade pendant le trajet et meurt trois mois plus tard.

Le château de Gneixendorf sur la rive droite du Danube, photo droits réservés

Beethoven avait proposé en 1823, peu de temps après le début des travaux, de venir diriger sa Missa Solemnis pour la consécration de la basilique saint-Adalbert d’Esztergom sur le Danube hongrois, en amont de Budapest mais la construction de l’édifice s’éternisa pendant près de cinquante annnés. La basilique ne fut finalement consacrée qu’en 1856, bien après la mort du compositeur. Aussi ce fut Franz Liszt qui dirigera cette même année sa « Graner Messe » ou « Messe d’Esztergom » pour l’inauguration de la basilique de l’archevêché de Hongrie.

BERG, Alban (1885-1935)
Alban Berg, né à Vienne, s’impose comme l’un des précurseurs les plus importants de la musique contemporaine. Il adopte successivement l’atonalisme et le dodécaphonisme. Formé par Arnold Schönberg, il est avec Anton Webern à l’origine d’un mouvement essentiel : la Seconde École de Vienne, en référence à la première composée de Haydn, Mozart et Beethoven. Son exploration musicale atteint la limite du sérialisme.
Dès son plus jeune âge, Alban Berg apprend le piano en autodidacte et façonne des mélodies de manière spontanée. Devenu l’élève de Schönberg en même temps que Webern, il dépasse l’influence première du romantisme allemand pour s’essayer à l’atonalisme, dans une Sonate pour piano (1908) puis un Quatuor à cordes (1910). Ces premières pièces reflètent encore le goût du compositeur pour  Wagner, Wolf et Mahler. C’est dans l’opéra Wozzeck (1925) que Berg fait véritablement apparaître de nouvelles techniques, notamment vocales (Sprechgesang), qui cependant ne se trouvent jamais affranchies des formes classiques.
La période dodécaphonique de Berg débute en 1925 avec le Concerto de chambre. Elle se poursuit jusqu’à la fin de sa vie avec l’opéra inachevé Lulu. Créé lui aussi de façon posthume, le Concerto à la mémoire d’un ange, œuvre très personnelle pour violon et orchestre, exprime un lyrisme et un mysticisme obtenus grâce à une utilisation libre de la série et un appui sur des fragments musicaux de référence (chanson populaire ou choral de Bach). Alban Berg a dédié cet oeuvre à Manon Gropius, fille d’Alma Mahler et de l’architecte Walter Gropius décédée le lundi de Pâques 1935 à l’âge de 18 ans. Il mourra le 24 décembre de la même année.
Entre innovation révolutionnaire et relecture du passé, Alban Berg développe une oeuvre marquante et décisive pour l’entrée dans le XXe siècle.

Alban Berg en six dates :

  • 1910 : création d’une association de littérature et de musique ; mouvement de la Seconde École de Vienne initié avec Schönberg et Webern.
  • 1911 : transcription d’une symphonie de chambre de Schönberg pour piano.
  • 1912 : réalisation d’un almanach avec le peintre Kandinsky, fondateur de l’art abstrait (première œuvre non figurative en 1910).
  • 1925 : Berg intègre la nouvelle Société Internationale de Musique Contemporaine qui a pour objet la diffusion des idées musicales nouvelles.
  • 1926 : adoption du système dodécaphonique développé par Schönberg à partir de 1923.
  • 1927 : Berg signe un contrat avec Universal Edition, ce qui le libère des contraintes matérielles.

Alban Berg en six œuvres :

  • 1905-1908 : Sieben frühe Lieder (Sept lieder de jeunesse), cycle de lieder pour voix de femme et piano ; orchestration en 1928.
  • 1910 : Quatuor à cordes n°1 ; Berg bascule dans l’atonalisme.
  • 1923-25 : Kammerkonzert, Concerto de chambre pour violon, piano et treize instruments à vent, dédié à Schönberg. Première œuvre dodécaphonique de Berg.
  • 1925 : Wozzeck, opéra en trois actes d’après la pièce Woyzeck de G. Büchner, créé à Berlin. Considéré comme le premier opéra atonal malgré la présence de formes traditionnelles.

La villa Alban Berg à Trahutten (Styrie) où le compositeur a résidé et travaillé à ses oeuvres, photo © Danube-culture, droits réservés

  • 1929 (achevé en 1979 par Friedrich Cerha) : Lulu, premier opéra dodécaphonique, sur un livret inspiré par des œuvres de Frank Wedekind (La boîte de Pandore et L’esprit de la terre). Création à l’opéra de Zurich en 1937 puis en 1979 sous forme achevée à l’Opéra de Paris.
  • 1935 : Concerto à la mémoire d’un ange, concerto pour violon créé de façon posthume en 1936 par Louis Krasner.

Sources :
Radio France, France-Musique :
www.francemusique.fr

BERGER, Rodolphe (1864-1916)
La Reine du Danube : célèbre valse viennoise : [pour piano] (10e éd.), Librairie Hachette, Paris 1902.
Compositeur d’origine viennoise installé à Paris.

BIANCHI, Francesco (1752-1810)
La forteresse du Danube, mélodrame
Texte de René-Charles Guilbert de Pixérécourt (1773-1844), ballets d’Aumer
Création au Théâtre de la Porte Saint-Martin de Paris le 3 janvier 1805
Compositeur et musicologue italien, auteur de plus de 100 opéras qui se suicide à l’âge de 59 ans à Londres.

En 1806, l’Almanach des Muses signale la pièce à la bonne date, mais sous un titre erroné, « La forêt du Danube ». L’Almanach des Muses de 1811 présente la Forteresse du Danube parmi les nouveautés du Théâtre de la Gaieté en 1810, au mois de mars.
Geoffroy, Cours de littérature dramatique, seconde édition, tome 6 (1825), p. 110-114 :

[La Forteresse du Danube, un mélodrame, genre considéré avec beaucoup de circonspection au début du XIXe siècle, a droit de la part du grand critique du Journal de l’Empire, à un bel et grand article. Son premier soin est de dire d’où vient cette pièce : elle transpose au bord du Danube l’intrigue d’une autre pièce, Hugo Grotius (1804) d’August von Kotzebue (1761-1819) traduit et arrangé par Dumaniant et Thuring, que la pièce de Pixerécourt a privé de la représentation sur la scène du Théâtre de la Porte saint-Martin, dont les directeurs étaient justement les adaptateurs de la pièce allemande (ils ont su voir où était leur intérêt, placé avant leur susceptibilité de quasi auteurs). Dans la pièce germano-française comme dans la pièce de Pixerécourt, il s’agit de l’histoire d’un prisonnier politique enfermé dans une forteresse et qu’une femme, son épouse dans un cas, sa fille dans l’autre, fait évader. Cette transposition, sur la légitimité de laquelle Geoffroy s’interroge – peut-on aller contre la vérité historique ? – s’accompagne du remplacement de la femme du héros hollandais par la fille du personnage danubien, et d’une (trop) grande place faite au comique par les « rôles fort longs » d’un ivrogne et d’un niais (deux types de personnages indispensables dans un mélodrame). Geoffroy détaille aussi les rebondissements de l’intrigue, sans lesquels il n’y a pas non plus de mélodrame (le gouverneur de la forteresse découvre après l’évasion de son prisonnier qu’au lieu de l’exécuter, on lui demandait de le libérer… : découverte trop tardive). Jugée par Geoffroy conforme aux règles d’Aristote (c’est une préoccupation intéressante de la part du critique), la pièce est dénuée d’un ressort pourtant essentiel au théâtre : elle ne contient pas d’intrigue amoureuse, le mot « amour » en est complètement absent. L’article s’achève par l’habituel examen de l’interprétation (avec un éloge très marqué de madame Quériau, à la fois actrice (c’est nouveau pour elle), chanteuse et danseuse) : elle n’a pas laissé Geoffroy de marbre).

Reprise d’un article paru dans le Journal de l’Empire du 17 nivose an 13 [7 janvier 1805], qu’on retrouve comme notice de la pièce dans le Théâtre choisi de Pixerécourt, tome 2.]
Sources : http://theatre1789-1815.e-monsite.com

BOBESCU, Constantin (1899-1992)
Violoniste, chef d’orchestre, compositeur roumain
Né au bord du Danube à Reni dans le comté d’Ismaïl, aujourd’hui en Ukraine, le 21 mai 1899, Constantin Bobescu entreprend des études musicales à Iaşi avec ses frères aînés, Aurel et Jean. Il est ensuite élève pendant quatre ans dans la classe de violon d’Eduard Caudella, également directeur du Conservatoire et chef d’orchestre du Théâtre National de Iaşi  puis rejoint celle de son frère Jean au Conservatoire « Cornetti » de Craiova. La Première Guerre mondiale ramène Constantin Bobescu à Iasi où il a la chance de rencontrer George Enescu et de bénéficier de ses conseils. Enescu l’engage dans son quatuor qu’il forme à Bucarest et avec lequel il donne des concerts à l’Athénée. Le musicien est recruté en 1935 par la Société roumaine de radiodiffusion, prenant la direction de l’Orchestre de salon composé de 15 à 20 instrumentistes, orchestre qui deviendra plus tard l’Orchestre de studio puis l’Orchestre de chambre de la radio roumaine. il restera à la radio jusqu’à son retrait de la vie artistique à l’âge de 73 ans.

BRAHMS, Johannes (1833-1897)
Le grand compositeur allemand est né à Hambourg sur les rives d’un autre grand fleuve européen, l’Elbe. Il s’est installé à Vienne en 1862 qui l’a honoré de son choix en lui donnant le nom d’une place, la « Brahmsplatz ».  On ne peut s’empêcher de penser au Danube ou à l’Elbe à l’écoute de sa troisième symphonie, créée par l’Orchestre Philharmonique de Vienne sous la direction de Hans Richter (1843-1916).

Il ne reste plus rien du dernier appartement (4, Karlsgasse) tout proche du bâtiment du Musikverein et de l’église Charles où a résidé et où est mort le compositeur Johannes Brahms (1833-1897). Seule une modeste plaque en indique l’emplacement. Un monument lui est par contre dédié à proximité sur la Karlsplatz. Johannes Brahms  est enterré au cimetière central de Vienne (Zentral Friedhof, Groupe 32 A, n°26). Le monument funéraire a été réalisé par Ilse Twardowski-Conrat (1880-1942) et inauguré en 1903.

Le monument de Rudolph Weyr (1847-1914) inauguré en 1908 en hommage à Johannes Brahms dans le parc Ressel sur la Karlsplatz, photo Bwag, droits réservés

Am Donaustrande (Sur la grève du Danube), Liebeslieder Walzer, opus 52 n° 9 pour voix et accompagnement de piano à quatre mains,.
Les 18 chants d’amour sur des textes de Georg Friedrich Daumer (1800-1875) regroupés sous le titre de Polydora évoquant par imitation des poésies populaires, en forme de valses tournoyantes de courte durée sont écrits en 1869 par un compositeur amoureux de Julie Schumann (1845-1872), troisième fille des musiciens Robert et Clara Schumann. Un amour qui semble ne pas avoir eu malheureusement d’écho chez la jeune femme qui se mariera cette même année avec le comte italien Vittorio Amadeo Radicati di Marmorito et décèdera de la tuberculose en 1872 à Paris.

Sur la grève du Danube, une chaumière
Une fille aux joues roses, à la fenêtre
La belle est bien gardée
Dix verrous condamnent sa porte
Dix verrous de fer, quelle plaisanterie,
Je les briserai comme du verre.

BRASSINACUS, Johannes (1570-1634)
Compositeur  et poète originaire de Styrie qui fut cantor et précepteur à Regensburg (Ratisbonne) puis à l’école protestante de Linz. Après sa fermeture, il revient à Regensburg enseigner au Gymnasium Poeticum.

BRATISLAVA (Presburg en allemand, Poszony en hongrois)
La capitale de la Slovaquie qui fut aussi la capitale du royaume de Hongrie, peut, tout comme Vienne et Budapest, s’enorgueillir d’une longue tradition musicale. Ce que l’on disait autrefois des Tchèques (« En tout Tchèque sommeille un violon ») peut s’appliquer également à la nation slovaque et à sa capitale.
Le luthiste et compositeur Hans Neusidler (1508/1509?-1563), Johann Nepomuk Hummel (1778-1837), Ernö Dohnányi (Ernst von Dohnányi, 1877-1960), sont nés à Presbourg. Les compositeurs Ferenc Erkel, Bela Bártok y ont étudié sans compter les nombreux musiciens qui se sont produits dans le cercle des aristocrates comme chez les Grassalkovic, les Pállfy, et dans les salles de concert ou à l’opéra (Haydn, Mozart, Beethoven, Liszt, Anton Rubinstein, Brahms, Hans von Bülow, Clara Schumann, Bruno Walter, Richard Strauss…).
Les collections de manuscrits de la la cathédrale saint-Martin à qui est rattaché un cantor et une école pour les jeunes chanteurs dès 1302 et l’église des Franciscains, illustrent à quel point la pratique de la polyphonie vocale et du chant grégorien était intense dans la ville. Samuel Friedrich Capricornus (1628-1655) et Johan Kusser (1626-1696) font entendre des oeuvres des compositeurs du XVIIe siècle dans le cadre des activités musicales de l’église protestante jusqu’à sa suppression en 1672. Le répertoire musical religieux évoluera par la suite sur le modèle classique viennois. Des pièces sacrées de Liszt seront programmées par la société de musique religieuses de la cathédrale saint-Martin (1828-1945).
Un premier opéra est construit en 1776. Son répertoire comprendra des oeuvres de Mozart, Dittersdorf, Rossini, Weber, Verdi, Puccini… Le Théâtre National Slovaque est érigé en 1886 mais la première d’un opéra en langue slovaque, La fiancée vendue de B. Smetana, n’aura lieu qu’en décembre 1919 après la création de la République tchécoslovaque. La Philharmonie slovaque, fondée en 1920, à l’origine un cercle d’amateurs, se professionnalisera et soutiendra la création contemporaine,  interprétera des oeuvres compositeurs slovaques (Ján Levoslav Bella, Alexander Moyzes, Ján Cikker, Eugen Suchoň…) ainsi que des pièces du répertoire classique. Václav Talich, Ludovik Rajter, Ladislav Slovák font partie des grands chefs d’orchestre de réputation internationale qui dirigent l’orchestre et les choeurs de la Société Philharmonique Slovaque (1949) toujours en activité. D’autres ensembles comme l’Orchestre de chambre slovaque (1960), le Choeur Madrigal slovaque (1964),  plus récemment Musica Aerterna (musique baroque), des sociétés chorales ou des ensembles folkloriques de haut niveau (Lúčnica) ont animé et animent la vie musicale grâce à leurs nombreuses activités tout comme les festivals internationaux ouverts à un large panel de répertoires.
Le conservatoire voit le jour en 1946 et l’Académie de musique et de théâtre en 1949. Ces deux institutions vont renouveler une tradition d’enseignement de la musique. On n’oubliera pas de citer également le département de musicologie de l’Université Comenius, l’Institut de musicologie de l’Académie des Sciences Slovaques ainsi que les collections d’instruments et de partitions manuscrites ou imprimées du Musée National Slovaque.
Vladimír Godár, Peter Lipa, Peter Zagar, Dušan Rapoš, Peter Machajdík, Peter Cón, sont parmi les plus illustres représentants de l’univers musical de Bratislava et de Slovaquie contemporaine y compris de musiques de films.

BREGOVIĆ, Goran (1950)
Musicien et compositeur né dans une famille serbo-croate à Sarajevo. Il a écrit de nombreuses musiques de film, en particulier pour les long-métrages d’Emir Kustarica, Patrice Chéreau, Radu Mihaileanu, Marc Rivière… ( Le Temps des Gitans, 1990, Arizona Dream, 1993, Underground, 1995, La Reine Margot, Train de vie, Le lièvre de Vatanen…). Il est le fondateur de l’Orchestre des Mariages et enterrements avec lequel il s’est produit à travers toute l’Europe.
Sa musique est un « patchwork » très coloré et très rythmique d’influences diverses.
Un musicien du Danube balkanique emblématique dont les oeuvres ne laissent jamais indifférent.

BRUCK, Arnold von (Arnoldus Brugensis, vers 1500-1554)
Compositeur  franco-flamand de la Renaissance, auteur de motets et de chansons profanes, maître de chapelle de la cour des Habsbourg. Il occupa diffférents postes à Vienne puis à Ljubjana, Zagreb et enfin Linz. Les paroles de Mitten wir im Leben sind, ont été écrites par Martin Luther.

BRUCKNER, Anton (1824-1896)
Compositeur, organiste et pédagogue autrichien de l’époque romantique, né à Ansfelden sur la rivière Traun (Haute-Autriche), affluent de la rive gauche qui se jette dans le Danube en amont de Linz. Il a été attribué à Bruckner le surnom peu flatteur de « paysan du Danube » en raison de ses manières assez frustres. Ses contemporains viennois n’ont apprécié que sur le tard sa musique mais c’est pourtant l’un des musiciens les plus importants et les plus innovateurs de son temps.

Anton Bruckner (1824-1896)

Il occupa également le poste de professeur d’orgue, d’harmonie et de contrepoint au conservatoire de Vienne où il eut comme élève Gustav Mahler (1860-1911) et Hans Rott (1858-1854). Le compositeur a demandé et obtenu l’autorisation d’ être enterré sous le grand orgue de l’abbaye de saint-Florian.
Ses oeuvres les plus significatives sont ses symphonies, ses trois grandes messes et son Te Deum. Bruckner était également un brillant  improvisateur sur l’orgue.

Tombe d'A. Bruckner à l'abbaye de saint-Florian

La tombe d’Anton Bruckner à l’abbaye de saint-Florian, photo droits réservés

Bruckner et Linz
« Linz, chef-lieu de la Haute-Autriche, province natale du Maître, est désormais le foyer de son culte musical, grâce à son élève et biographe Auguste Göllerich. I1 s’y donne toutes les années un festival Bruckner, d’où l’on accourt de tous les points de l’Allemagne resplendissent les Alpes, tandis que le vaste Danube s’épand dans les plaines au milieu d’inextricables saulaies et de grasses prairies. Et dès lors les symphonies de Bruckner auront ce caractère fluvial, ces débordements, ces progressions essoufflantes pour les poitrines citadines, accoutumées à respirer des atmosphères moins vitales, et cet apparent désordre qui n’est que l’ordre naturel avec la variété d’une création, tous les recoins enchanteurs du bocage, les petites fleurs des prés, le scintillement des neiges lointaines et les nuages au flanc de la montagne. »
William Ritter, « Un grand symphoniste catholique », Revue générale, vol. 85, 1907

Nouvelle cathédrale de Linz, vitrail néogothique avec les portraits de L. van Beethoven et d’A. Bruckner, photo droits réservés, sources : Linzer Dom – Fenster – Beethoven und Bruckner deriv bg.jpg:  

    Le compositeur a habité Linz et dans ses environs. Cette ville, chef-lieu de la Haute-Autriche, cité entreprenante et attachante qui fut en 2009 Capitale européenne de la culture, propose une visite guidée sur le thème du compositeur. On  part ainsi à la découverte des lieux qui lui étaient chers ou de ceux qui lui sont dédiés comme sa maison, la vieille cathédrale « Der alter Dom » et pour laquelle il écrivit sa première symphonie. L’initiative « Escaliers de Bruckner » permet de voyager dans les pas du compositeur et de découvrir les orgues sur lesquelles il jouait et improvisait.

Brouillon du deuxième mouvement de la septième symphonie

Bruckner composa sa Messe en mi mineur pour la nouvelle cathédrale de Linz, « Die Neuer Dom », appelée aussi « Mariendom ».
La « Brucknerhaus », salle de spectacle construite en 1974 par les architectes finlandais Kaja et Heikki Sirén, est en forme de tarte de Linz (!), en référence à la célèbre pâtisserie locale imitée (plus ou moins fidèlement) dans le monde entier. Cette salle accueille également en résidence l’une des meilleures formations symphoniques autrichiennes, le « Bruckner Orchester ».

La « Brucknerhaus » sur la rive droite du Danube, photo © Danube-culture, droits réservés

   Le festival « Brucknerfest » a lieu à Linz une fois par an depuis 1979 et offre un mélange unique entre tradition et futur grâce à la venue à des musiciens de renommée internationale et un spectacle de son et lumière sur le Danube.
L’Université privée Anton Bruckner, ouverte en 2004, est dédiée à la musique, au théâtre et à la danse. Elle accueille plus de 850 étudiants pour près de 200 professeurs venant du monde entier.
www.bruckneruni.at

Le grand orgue de la basdilique de l’abbaye de saint-Florian, photo droits réservés

   À 20 km de Linz se trouve la grande abbaye baroque bénédictine de Saint-Florian, une des abbayes les plus réputées de Haute-Autriche. À l’intérieur de la collégiale, on peut admirer les deux orgues exceptionnelles dont un possédant plus de 7000 tuyaux, dit « de Bruckner ». Celui-ci en fut le titulaire de 1848 à 1855. Le compositeur est enterré, selon sa volonté, derrière cet instrument. Le compositeur fut également invité à jouer sur les orgues de cérémonie de l’abbaye de Klosterneuburg aux environs de Vienne.
www.stift-st-florian.at
Une promenade musicale de quelques 8 kilomètres mène également par les champs et par les prés d’Ansfelden jusqu’à l’Abbaye de St.-Florian. Cet itinéraire s’accomplit au rythme d’extraits de ses 10 symphonies grâce à des bornes interactives placées le long du chemin dont on peut recevoir les informations sur différents appareils avec une fonction GPS.

Tourist Information Linz : www.linz.at/tourismus
Maison d’Anton Bruckner Linz : www.brucknerhaus.at
Brucknerorchester Linz : www.bruckner-orchester.at
Promenade musicale en compagnie de Bruckner : www.geocaching.com

BOULANGER, Georges (1893-1958)
De son vrai nom Ghiţa Bulencea, violoniste virtuose, chef d’orchestre et compositeur d’origine roumaine né à Tulcea aux portes du delta du Danube. Un des artistes les plus populaires de son époque.

Budapest et la musique
   Budapest rivalise avec Vienne dans le domaine des arts et dans celui des traditions musicales en particulier. Ses superbes salles de concert, pour certaines d’entre elles directement sur le fleuve comme le Müpa (https://www.mupa.hu › en), n’ont rien à envier aux grandes salles viennoises en ce qui concerne leurs programmations. Les  mélomanes budapestois sont autant attachés à leurs institutions musicales que les Viennois à leur opéra, au Konzertverein ou au Konzerthaus.
« Il est émouvant de traverser un samedi soir les rues de la ville. Du plus luxueux des restaurants à la mode comme du plus sordide bouge où se réfugient les débardeurs, une même mélodie s’élève vers le ciel nocturne. Des voix viriles la portent sur leurs vibrations profondes et clament la même complainte. On dirait une voix immense qui lance vers la nue un grand appel désespéré. La musique hongroise semble se fondre en un hymne unique où toutes les voix répètent les mêmes accords, entonnés sur le même rythme.
Tous ces musiciens, tous ces chanteurs, tous ceux qui les écoutent communient sous les espèces de la mélodie et du rythme dans une même pensée nationale.
Le Hongrois chante quand il est triste. Il passe sa peine à l’exhaler dans son chant, c’est-à-dire à la fondre dans la grande complainte commune où son peuple entier a exprimé sa révolte ou son espoir depuis plus de mille ans.
Les mélodies qui chantaient la tristesse du Kuruc disent aujourd’hui sur les mêmes paroles, dans la gorge du citadin du vingtième siècle, comme dans celle du paysan, la même douleur. Les causes de la tristesse ont varié , le caractère du chagrin n’a pas varié. Dans la musique se conserve la continuité du tempérament national. Et en réalité ce n’est pas son affliction d’avoir été vaincu par l’Allemand, le Turc, l’Europe coalisée de 1918, qui s’exprime dans le chant hérité des ancêtres.  C’est une peine plus profonde, celle d’être Hongrois. D’avoir été le Hongrois de Mohács, celui de Világos comme celui de Trianon. D’avoir été vainqueur du Turc, vainqueur de l’Allemand ou du Slave et vaincu par l’Europe ingrate, de s’être fait une patrie et de rester quand même un sans-patrie dans une Europe hostile où il est abandonné  par sa race, par ses parents, par ses anciens alliés, d’être à la fois sédentaire et errant, de vouloir la paix et d’être harcelé par la guerre, de vouloir vivre et d’être menacé de mort.
La musique rappelle au Hongrois ce qu’il est. Elle lui fait revivre sa grandeur et sa misère. Elle est la forme symbolique où se manifeste le plus authentiquement la Hongrie.

La salle de concert B. Bartok, MÜPA, Budapest, photo droits réservés

Le public occidental ne connaît guère de la musique hongroise que quelques fragments qu’il ne sait pas toujours relier entre eux. En dehors de quelques auditions de Tsiganes, il n’a qu’en de rares occasions le moyen d’entendre des récitals ou des concerts de compositeurs comme Kodály, Dohnányi, Hubay, etc. Les oeuvres qui lui sont présentées sont surtout des compositions savantes, en partie inspirées par la technique des grands musiciens européens. Si grand que soit le mérite de ces oeuvres, elle ne donne aucune idée de ce qu’est la musique du Hongrois moyen. Mais ici encore, il convient de remarquer que les compositeurs hongrois même les plus européanisés ont toujours été dominés par la préoccupation de produire des oeuvres s’inspirant des motifs  ou des éléments de la musique nationale plus particulièrement de la vieille musique paysanne. Leur mission a été d’exprimer en langage musical moderne la musique chantée par le paysan ou le soldat. De Liszt à Bártok, aucun n’y a failli. La production musicale hongroise est ainsi marquée d’une succession d’oeuvres comme la Rapsodie hongroise ou le Psalmus Hungaricus, sans parler des danses, des opéras, et toutes ces autres oeuvres où la musique occidentale s’allie à la complainte du Kuruc ou à la romance du berger de l’Alföld.
Je n’ai pas besoin d’ajouter que le public hongrois, avec la culture musicale qui le caractérise, sait apprécier aussi les grands chefs-d’oeuvres de la musique étrangère. Wagner a été joué à Budapest avant d’avoir obtenu de figurer régulièrement sur le répertoire allemand, Berlioz, qui a emprunté à la musique nationale hongroise la fameuse marche des cavaliers de Rákóczi, a été fêté en Hongrie alors qu’on l’ignorait en France. Aujourd’hui, nos virtuoses et nos compositeurs reçoivent là-bas, un accueil enthousiaste. Moi-même, je me rappelle les folles ovations décernées par une salle délirante à notre vieux maître Vincent d’Indy.
Mais le public des salles de concert ou d’opéra est en Hongrie comme en France une élite privilégiée. Son goût peut être des plus sûrs, il ne préjuge en rien de l’attitude du reste de la nation envers la musique. Ce qu’on vient de lire plus haut montre qu’en Hongrie, la musique, devenue une institution nationale, est la forme d’expression universelle et la plus authentique de la grande pensée de tout le peuple. »

Aurélien Sauvageot (1897-1988), Découverte de la Hongrie
Aurélien Sauvageot est un linguiste français spécialisé dans les langues finno-ougrienne.

   Quant à Paul Morand qui revient à Budapest dans le début des années trente (ses Carnets d’Europe centrale sont publiés en 1932), il se plaint de la raréfaction selon lui de la « vraie musique hongroise », la musique tsigane : « Le Tzigane lui-même cède chaque jour du terrain et se replie devant l’artillerie nickelée des saxophones et du jazz. Si j’ai pu entendre encore de bien belles mélopées de la plaine hongroise, c’est dans Manhattan, à Little Hungary et un peu partout à New York, du côté de la 90e rue, mais à Pesth il m’a fallu m’enfoncer dans les quartiers populaires pour trouver (chez Ketter) de la vraie musique hongroise, celle que le violon joue debout, au milieu de l’estaminet creusé dans une cave, tandis que les gens du peuple boivent leur vin de paille… »
Paul Morand (1888-1976), « Budapest » in « Carnet d’Europe centrale »,  Entre Rhin et Danube, Éditions Nicolas Chaudun, Paris, 2011  

CHIRESU, Ioan, D. (1889-1980)
   Compositeur, pédagogue, professeur d’université, chef de chœur né sur la rive droite du Bas-Danube à Cernavodǎ en Dobroudja  (Judets de Constanţa). Diplômé en théologie, il commence ses études au Conservatoire de Bucarest et les continue  à la Schola Cantorum de Paris où il est l’élève de Vincent d’Indy. Mobilisé pendant la Première Guerre mondiale, il séjourne dans un village de la Moldavie et compose après la bataille de Mărășești pendant l’été 1917 l’une de ses œuvres les plus populaires, Mama sur un texte du poète Gh. Roiban. Il est l’auteur de plus de quatre cents pièces chorales dont beaucoup sont inspirées de la musique folklorique roumaine (Chant du coucou...). Il composa également une série d’oeuvres de propagande après l’installation du régime communiste en Roumanie.

Ioan D. Chirescu (1889-1980)

« Mon souhait, comme celui de tous les honnêtes gens du monde entier, est d’avoir une paix pleinement assurée, car c’est la seule façon de travailler et de créer de manière fructueuse dans tous les domaines, et notamment dans celui des arts. Je m’engage à partir de ce jour à toujours chanter avec le peuple. »

CIKKER, Ján (1911-1989)
Compositeur et pédagogue slovaque, professeur au Conservatoire de Bratislava et conseiller auprès du Théâtre National slovaque puis après 1948 à la VŠEMU (École Nationale Supérieure des Arts de la Scène).
Son catalogue d’oeuvres comprend  des poèmes symphoniques, des opéras (Juro Jánošík, 1950-1953, , Obliehanie Bystrice, 1969-1971, Coriolan, 1970-1972), de la musique de chambre, un cycle de lieder, des adaptations et des orchestrations de musique populaire.

COUZA, Dimitri, Théodore
L’étoile du Danube, valse pour piano (Paris ?, 1962)

CUCLIN, Dimitru (1885-1978)
Dimitru Cuclin, compositeur, violoniste, musicologue, pédagogue, écrivain, poète, traducteur et philosophe (métaphysique), né à Galaţi (Moldavie roumaine) dans une famille originaire de Bessarabie d’où son père avait émigré pour la Roumanie, est une personnalité singulière du monde de la musique roumaine. Il étudie avec Vincent d’Indy à la Schola Cantorum de Paris mais, faute d’obtenir une prolongation de sa bourse d’études, il doit rentrer précocement en Roumanie (1914). Il enseignera au Conservatoire de Bucarest (premier titulaire de la Chaire d’esthétique et brièvement directeur), au Brooklyn Conservatory of Music et au City College of Music de New York entre 1922 et 1930 puis de nouveau au Conservatoire de musique de Bucarest dont il est brièvement le directeur pendant la seconde guerre mondiale. Il quitte ses fonctions en 1948. Le régime communiste prend le prétexte de sa participation à une soirée au Goethe Institut de Bucarest pour l’arrêter alors qu’il est âgé de 65 ans. Considéré comme réactionnaire et idéaliste, il est sévèrement condamné à deux années de travail forcé dans un camp de prisonniers sur le chantier du tristement célèbre canal de la mer Noire (1950-1952). Dimitru Cuclin a la grande chance de pouvoir en réchapper et de pouvoir à nouveau composer. Il meurt en 1978.
Ses oeuvres musicales (6 opéras, 20 symphonies, concerti pour piano, violon, clarinette, quatuors à cordes, musique vocale, ballet…) s’inscrivent dans la tradition des oeuvres de César Franck et de Vincent d’Indy.

Dimitru Cuclin (1885-1978)

CZERNY, Carl (1791-1857)
Pianiste virtuose, compositeur et pédagogue viennois qui fut notamment le professeur de Franz Liszt.

CZIBULKA, Alfons (1842-1894)
Compositeur prolifique et talentueux de musiques dans le style viennois, pianiste, chef d’orchestre et conducteur de formations musicales militaires austro-hongrois né en Slovaquie (Haute-Hongrie) et actif à Prague, Innsbrück, Vienne, Bolzano, Petrovaradin, Hambourg…
Am Donaustrand, marche opus 339

DALLINGER, Fridolin (1933-2020)
Compositeur (et peintre) autrichien né à Eferding/Danube en Haute-Autriche.
Le Danube, oratorio profane pour soprano, baryton, choeur, orgue et orchestre, texte de Gertrud Fussenegger (1992-1993)

DARCLEE, Hériclea (1860-1939)
Cantatrice roumaine d’origine grecque née à Brǎila. Elle commence sa carrière à l’Opéra de paris puis chante en Italie à la Scala de Milan, crée le rôle de Wally dans l’opéra éponyme d’Afredo Catalani, d’Iris de Pietro Mascagni et de Tosca et de Manon de Giacomo Puccini. Elle sera adulée dans son pays d’adoption et se produira également aux USA et en Amérique du Sud mais sa voix déclinera rapidement. La Première Guerre mondiale la ruinera et elle rentrera en Roumanie pour finir dans la pauvreté et mourrir à Bucarest. Un film sur la vie de cette cantatrice a été réalisé en 1960 par le cinéaste roumain Mihai Iacob en 1960.

DONAUESCHINGEN (ville de), Bade-Wurtemberg
Il n’y a pas que le Danube qui prend officiellement ses sources dans cette pimpante cité. La musique irrigue aussi l’histoire de la ville et de la cour des princes Fürstenberg. Le Festival de musique contemporaine est la plus ancienne manifestation musicale de ce genre au monde.

Donaueschinger Musiktage 2023

DOHNÀNYI, Ernö (Ernst von Dohnányi, 1877-1960)
Compositeur , pianiste et chef d’orchestre hongrois né à Presbourg (Bratislava) en haute Hongrie aujourd’hui la Slovaquie, actif à Budapest, directeur de la Philharmonie et de l’Académie de musique puis, après avoir aidé ses collègues juifs pendant la période nazie, émigre d’abord en Autriche en 1944 et aux États-Unis en 1949.

DOSTAL, Nico (1895-1981)
Nikolaus Josef Michael Dostal, compositeur, chef d’orchestre, arrangeur autrichien né à Korneuburg/Danube (rive gauche) en Basse-Autriche.
Auteur de nombreuses opérettes très populaires, suites orchestrales, ouvertures, opéras, ballets, intermèdes, valses de concert, oeuvres avec choeur et de musiques de film parmi lesquelles celles des films « Kaiserwalzer » (Une valse pour l’empereur, 1953) de Franz Antel  et « Das Kind der Donau » (L’enfant du Danube, 1950) du réalisateur autrichien Georg Jacoby. Nico Dostal a composé également un Rondo romantique pour hautbois et orchestre.

DUSÍK, Gejza (1907-1988)
Compositeur slovaque, fondateur de l’opérette nationale slovaque. parmi ses oeuvres les plus connues on peut mentionner Zlatá rybka (Le poisson d’or, opérette, 1954, d’après un conte populaire russe), Na vlnách Dunaja (Sur les vagues du Danube, poème symphonique, 1937). Outre des opérettes il compose des oeuvres symphoniques, des oeuvres de musique de chambre et des lieder.

DVOŘÁK, Antonín (1844-1901)
A já ti uplinu preč po Dunaječkuopus 32 n°1
Le compositeur tchèque habite dans ses jeunes années à Nelahozeves, un petit village des bords de l’Elbe. C’est à travers la poésie populaire que s’établit le lien de Dvořák avec le Danube. Dans la première chanson de ses Duos moraves, opus 32 pour soprano, mezzo et accompagnement de piano, le compositeur met en musique un texte de poésie populaire morave A já ti uplinu preč po Dunaječku. L’eau, les rivières, les fleuves, les lacs et les esprits qui y demeurent sont un thème récurrent de la poésie des pays de Bohême dans laquelle Dvořák et les autres compositeurs de ce pays ont puisé une partie importante de leur source d’inspiration comme en témoigne son opéra Rusalka.
https://youtu.be/UWcjoAkBM1w

Pour en savoir plus sur Antonín Dvořák :
www.musicabohemica.org

La thématique du Danube se rencontre évidemment régulièrement dans les chants populaires tout au long du parcours du fleuve, de ses sources jusqu’à son delta.

L’eau qui garde sa proie

« J’avais un bien-aimé
comme le romarin ;
C’est l’eau qui me l’a pris
Aux pervenches fleuries

Au temps de la pervenche
et des lavandes mûres,
Le Danube l’a pris
Dans son flot qui murmure

Au Danube j’irai
‘L’appelant d’un long cri
« Belle eau tranquille et pure
Rends-moi, rends-moi mon amour !

– Va je te le rendrai
Mais sans couleur de vie ;
Ah ! Quand tu le verras
Que ton coeur saignera ! »

L’eau qui garde sa proie, in Romarin ou Annette et Jean, ballades et poésies populaires tchèques et moraves, traduit par Suzanne Renaud, Les Amis de Suzanne Renaud et Bohuslav Reynek, 2002

EYSLER, Edmund (1874-1949)
Donauliebchen, opérette, 1932
Compositeur viennois issue de la communauté juive, auteur de lieder et de musique instrumentale ainsi que de plus de soixante opérettes (Der lachende Ehemann, Frühling am Rhein, Die gold’ne Meisterin, l’opérette préférée d’Adolf Hitler, Wiener Musik…) et de deux opéras.

FAHRBACH, Philipp  (1815-1885)
Die Donau Nixe und Vater Rhein
   Compositeur né et mort à Vienne. Il commence par jouer sous la direction de Johann Strauss senior en 1825 puis s’en émancipe en 1835 en créant son propre orchestre, devenant ainsi un rival de Johann Strauss père puis de son fils Johann Strauss junior.
Son fils Philipp (1843-1894), également compositeur, dirigera l’orchestre de son père. Il se produira à Paris en 1878 à l’occasion de l’Exposition universelle.

FARKAS, Ferenc (1905-2000)
The Danube valley
   Né à Nagykanizsa (Hongrie) le 15 décembre 1905, mort à Budapest le 10 octobre 2000.
Ferenc Farkas étudia la composition à l’Académie de Musique de Budapest avec Leò Weiner et Albert Siklòs (1922-1927) puis à l’Academia Santa Cecilia de Rome avec Ottorino Respighi (1929-1931). De 1932 à 1936, il séjourna à Vienne et à Copenhague où il écrivit de nombreuses musiques de film pour le metteur en scène Paul Fejös. De retour en Hongrie, il assura plusieurs fonctions musicales à Budapest, Kolozsvàr (Cluj, en Roumanie actuelle), Székesfehérvàr et enseigna la composition à l’Académie de Musique Franz Liszt de Budapest depuis 1949 jusqu’à sa retraite en 1975. Parmi ses nombreux élèves, citons György Ligeti, György Kurtag, Emil Petrovics, Zsolt Durkò, Sàndor Szokolay, Attila Bozay, Zoltàn Jeney…

Ferenc Farkas puise ses sources dans la musique populaire hongroise et la tradition musicale italienne mais explore aussi les courants modernes comme la dodécaphonie. Son oeuvre (plus de 700 titres) s’étend à tous les genres de musique : opéras, comédies musicales, ballets, musiques de film et de scène, oeuvres pour orchestre, concertos, musique de chambre, messes, cantates, oratorios, choeurs et lieder.

Une invention mélodique, un goût du rythme, vif et spontané, une parfaite aisance à écrire dans tous les styles et pour tous les instruments, une culture cosmopolite, un désir constant de concilier tradition et modernité sont les composantes du microcosme très personnel de Ferenc Farkas. Son oeuvre a enrichi la musique hongroise de nouvelles perspectives.

Parmi les nombreuses distinctions dont Ferenc Farkas a été honoré, citons :

le Prix Kossuth (1950, 1991)
le Prix Gottfried von Herder (1979)
Chevalier de l’Ordre de la République italienne (1984)
Sources :
site officiel de Ferenc Farkas : www.ferencfarkas.org

FETERMAN, Toma (1979)
Une cigogne a traversé le Danube
La Caravane passe, Ahora in da Futur, Ziveli Orkestar : Olivier Llugany, Ben Body, Cyril Moret, Pat Gigon, Toma Feterman, Makasound / Pias, 2011
Auteur compositeur interprète, multi- instrumentiste (chant, guitare, basse, trompette), DJ, MC d’origine polono-roumaine aux traditions ashkénazes, fondateur de La Caravane passe, Les 4’zArts, Soviet Suprem, Le Freylekh Trio (musique Klezmer)…, une sorte d’explorateur musical qui aventure dans de nombreux univers artistiques avec talent.
https://youtu.be/KVM1Of4U5Xs

FÖDERL, Karl (1885-1953)
Wär die Donau ein kleines Wasserl, wiener Lieder, texte de J. Petrak
Compositeur et cafetier (!) viennois

FRANCK, Johann Mathias (1708-1783) et Hainburg/Danube (Basse-Autriche, rive droite)
   Enseignant et «regenschori», issu d’un milieu modeste, lié à la famille de Joseph Haydn qui commence sa carrière en 1729 comme précepteur à Hainburg (rive droite) avant de succéder à Philipp Pudler (1732) en tant que recteur d’école et «regenschori». Il épouse en 1733 en secondes noces Juliane Rosina Seefranz (1711-1760), une demi-sœur de Mathias Haydn, le père de Joseph et de Michael Haydn. C’est en raison de ce lien de parenté que Joseph Haydn séjourne chez lui au bord du Danube entre 1737 et 1740 et que celui-ci le vénérera jusqu’à la fin de sa vie en tant que son premier professeur de musique. Son travail et ses interprétations étaient connues au-delà des frontières de la ville et il lui arrivait également de prêter du matériel de sa bibliothèque musicale à des musiciens de la ville voisine de Pressburg.

Hainburg/Danube, gravure d’A. Kunike, vers 1824 d’après un dessin de J. Alt

   À partir de 1745, à la demande de la fondation Löwenburg, il a également pour mission permanente d’enseigner la musique vocale et instrumentale à quatre jeune garçons, de manière à ce qu’ils puissent, en cas de besoin, être pris en charge  par le couvent des Piaristes de Vienne en tant que «Sängerknaben» («petits chanteurs»). F. J. Franck démissionne brièvement de son poste  en septembre 1762 et quille la ville en raison de l’hostilité dont il fait l’objet mais il retrouve sa place environ un mois plus tard. Il vend sa maison en 1774 et demande sa retraite au conseil municipal (1780), qui réussit à le convaincre de poursuivre ses activités. Son gendre Philipp Schimpel (1751-1805) l’assiste durant les dernières années de sa vie en tant que précepteur et lui succède à sa mort. Philipp Schimpel et sa femme ont été mentionnés par Joseph Haydn dans son testament de 1805. Le précepteur de Hainburg et son épouse sont toutefois décédés avant le compositeur.
Christian Fastl

Sources :
Christian Fastl, Art. „Franck, Johann Mathias‟, in: Oesterreichisches Musiklexikon online, begr. von Rudolf Flotzinger, hg. von Barbara Boisits (letzte inhaltliche Änderung: 10.11.2008, abgerufen am 5.3.2024), https://dx.doi.org/10.1553/0x0002089a

FRIEDELL, Egon (1878-1938)
 Le Roi du pétrole, ou le Sorcier du Danube (Der Petroleumkönig oder Donauzauberer), 1908, opérette parodique composée en collaboration avec l’écrivain Alfred Polgar (1873-1955)

FUČÍK, Julius (1872-1916)
Vom Donauufer, valse de concert opus 135 (1903), Donausagen Waltz, Valse des légendes du Danube opus 233 (1909),  Danubia, opus 229, marche

Danube_Musique_JuliusFucik_portrait

Julius Fučík (1872-1916)

Musicien tchèque talentueux et polyvalent, violoniste, bassoniste, percussionniste, il fréquente le conservatoire de sa ville natale et suit également les cours de composition d’Antonín Dvořák. Fučík joue du basson dans divers orchestres symphoniques et orchestres de théâtre. Il intègre d’abord le régiment d’infanterie n° 84 de Basse-Autriche avec lequel il joue à Krems/Danube puis à Vienne sous la direction de Karel Komzák. Julius Fučík dirigera ensuite pendant plusieurs années de prestigieuses fanfares militaires, notamment celle du régiment d’infanterie n°86, qui stationnait à Sarajevo en 1897. En 1900, il est envoyé à Budapest. Ces années budapestoises sont très prolifiques en termes de composition. Une de ses marches les plus célèbres, « L’entrée des gladiateurs », est composée lors de ce séjour. De 1910 à 1913, il dirige l’orchestre du régiment d’infanterie n° 92 à Theresienstadt (Bohême) jusqu’à son mariage à Berlin en 1913. Il fonde dans cette ville un orchestre et une maison d’édition musicale (« Tempo-Verlag ») puis meurt trois ans plus tard à l’âge de 44 ans en laissant un opus conséquent de plus de 400 oeuvres dont un certain nombre a été malheureusement perdu (opéra, lieder, requiem oeuvres pour choeur, musique de chambre, valses, marches…)

GEORGESCU, George (1887-1964), le « génie musical du Delta » !
Violoncelliste et grand chef d’orchestre roumain né dans le delta du Danube à Sulina. Il étudie au Conservatoire de Bucarest puis à Berlin avec Hugo Becker où il suit également les cours de direction et de composition. Après avoir joué avec le quatuor Marteau, il doit se tourner pour des raisons physiques vers la direction d’orchestre et travaille avec Arthur Nikisch à Leipzig. Il dirige l’Orchestre Philharmonique de Berlin en 1918 et rentre en Roumanie pour fonder la Philharmonie d’État George Enescu de Bucarest qu’il dirigera jusqu’à sa mort. Professeur au Conservatoire de la capitale roumaine (1950-1953), directeur de l’Opéra (1922-1940), admiré pour l’expressivité de ses interprétations, il fait de la Philharmonie d’État de Bucarest l’un des meilleurs orchestres au monde.
https://souvenirsdescarpates.blogspot.com/2007/12/discographie-georgescu.html

GLETLE, Padre Johannes (Johann Baptist) OSB (1653-1699)
Compositeur et organiste, fils du Cantor de la cathédrale d’Augsbourg Johann Melchior Gletle (1626-1683). Il étudie la théologie à l’abbaye bénédictine de Göttweig, se rend en 1678 à Vienne pour travailler avec Johann Kaspar Kerll (1628-1693), organiste de la cour impériale d’Autriche. Gletle obtient en 1682 le poste de Regens Chori (1682-1692) à l’abbaye bénédictine de Göttweig. Johann Melchior Gletle décède en 1683 et son fils le remplace temporairement puis revient à Göttweig. Il occupa, outre son poste de Regens Chori, d’autres fonctions comme celles de directeur, sous-prieur et maître des novices. Il fait imprimer à Krems en 1687 des psaumes en 9 parties avec accompagnement instrumental (Deliciae sacrae sive novem Psalmi Vespertini) et élargit le répertoire musical de la chapelle musicale de l’abbaye en acquérant des oeuvres de son père, d’Andreas Hofer (1629-1684), Maître de chapelle à la cour de Salzbourg et d’Ignaz Franz von Biber (1644-1704).

GULDA Friedrich (1930-2000), GOLOWIN, Albert
Donau so blue Neu Wiener Lieder (7 Golowin Lieder) pour voix, piano, contrebasse et percussions.
Friedrich Gulda – piano, Albert Golowin – vocal, A. Rettenbacher – acoustic bass, Manfred Josel – drums, percussion
Vinyl, Label: MPS Records ‎– CRB 759, BASF ‎– CRB 759, enregistré au MPS-Tonstudio Villingen, February 1970
Producteur  : Hans Georg Brunner-Schwer
Pianiste, compositeur, interprète autrichien au répertoire et au talent impressionnants, aussi à l’aise dans Mozart que dans le jazz ou dans l’interprétation.
https://youtu.be/vO_H8kPt1T4?feature=shared

Donau so blue 

GOOCH, William (?-?)
Easy Brillant Transcription of the beautiful Song Danube River, 1873
Compositeur américain  actif dans la deuxième moitié du XIXe siècle.GGRIGORIU, Theodor (1926-2014)
Valurile dunarii, 1960
Musique du film de guerre du réalisateur roumain Liviu Ciulei (1923-2011) d’après un scénario de Francisc Munteanu et Titus Popovici
Grand et prolifique compositeur roumain originaire de Galati.
https://youtu.be/1nL2PPBusjM?feature=shared

GROBE, Charles (1817-1879)
The Danube River, Mazurka, 1875
Compositeur germano-américain prolifique émigré aux USA en 1839.

GODÁR, Vladimír (1956)
Compositeur, musicologue et écrivain slovaque né à Bratislava. V. Godár a écrit en particulier des oeuvres  symphoniques, de musique de chambre et de musique sacrée ainsi que d’excellentes musiques de film. Ses travaux de recherches musicologiques ont permis la redécouverte d’oeuvres de compositeurs slovaques du XIXe siècle.
www.vladimirgodar.wz.cz

GULAK-ARTEMOVSKY, Semyon Stepanovitch (1813-1873)
Le cosaque Zaporozhye sur le Danube, opéra comique, 1863
Chanteur (baryton), acteur, compositeur et dramaturge ukrainien, neveu du poète Petro Gulak-Artemovsky et proche du grand poète Taras Shevchenko, Semyon Stepanovitch Gulak-Artemovsky passa toute sa vie professionnelle en Russie. Son opéra comique Le cosaque Zaporozhye sur le Danube fut créé à le 26 avril 1863 au théâtre de Saint Pétersbourg.

GUSCHELBAUER, Edmund (1839-1906)
Mein Liebchen wohnt am Donaustrand
Chanteur populaire et poète viennois. Il apprend d’abord le métier de doreur, tout en chantant dans des auberges et se produit à partir de 1862 comme chanteur populaire. En 1883-88, il s’associe avec la chanteuse Luise Montag (1849-1927) en 1888-92 et avec Jos. Müller. G., qui incarna avec succès le type de l’Urwiener (viennois de souche).

HAMILTON, Aidé (1826-1906)
The Danube River
Enregistré pour la Columbia en 1913 à New York par Grace Kerns (?-1936), connue sous le nom de Elle était connue sous le nom de « rossignol des tranchées » car elle passa huit mois à divertir les troupes américaines en France pendant la Première Guerre mondiale.
https://www.loc.gov/item/playlist?tracks=jukebox-648335

HAYDN, Joseph (1732-1809)
    Joseph Haydn est originaire du petit village de Rohrau, à proximité du Danube (rive droite) en Autriche orientale, non loin de la frontière hongroise. Sa maison natale a été transformée en un charmant et simple petit musée avec une agréable cour intérieure. Une saison de concert de musique de chambre y est proposée. Le compositeur étudia dans ses jeunes années dans la petite ville de Hainburg sur le Danube où son grand-père Matthyas Haydn, son oncle et leur famille résidèrent auparavant.
 www.haydn-gesellschaft.at

Plaque commémorative sur la façade de l’église de la Miséricorde où Joseph Haydn a travaillé avec le choeur de 1755 à 1758, Taborstrasse, Wien, photo © Danube-culture, droits réservés

De Hainburg sur le Danube à la cathédrale saint-Étienne de Vienne…

« Mon père, Dieu ait son âme, était charron de profession et sujet du comte Harrach. Par nature grand amateur de musique, il jouait de la harpe sans connaître ses notes, et enfant de cinq ans, je l’imitais consciencieusement en chantant ses airs courts et simples, ce qui conduisit mon père à me confier à un parent, directeur d’école à Hainburg, pour y apprendre les rudiments de la musique ainsi que d’autres matières nécessaires à la jeunesse. Le dieu tout-puissant (à Lui seul je rends grâces pour tant de bienfaits) m’a doté, particulièrement en musique, de tant de facilité que, dès ma sixième année, je chantais quelques messes dans le choeur et jouais aussi diverses choses au clavecin et au violon.

Clocher de l’église baroque paroissiale saint-Philippe et saint-Jacques de Hainburg sur le Danube, photo © Danube-culture, droits réservés

Dans ma septième année, feu le Capellmeister Reutter, passant par Hainburg, entendit par hasard ma voix, faible mais agréable. Il m’emmena aussitôt dans la chapelle où, tout en faisant mes études, j’ai appris d’excellents maîtres l’art du chant, du clavecin et du violon. J’ai ainsi chanté comme soprano avec grand succès, tant à Saint-Étienne qu’à la cour, jusqu’à ma dix-huitième année. »
Joseph Haydn, Esquisse autobiographique, 1776

On lira à propos de J. Haydn le livre de Stendhal Vie de Haydn, Mozart et Métastase paru dans sa première édition sous le titre Lettres écrites de Vienne en Autriche, sur le célèbre compositeur Haydn, suivies d’une vie de Mozart, et des considérations sur Métastase et l’état présent de la musique en France et en Italie),Paris 1815,  Texte établi et annoté avec un avant-propos par Daniel Muller, Postface et notes supplémentaires par V. Del Litto, Paris, Cercle du Bibliophile, 1970

Vienne, le 5 avril 1808.
« Cet Haydn que vous aimez tant, cet homme rare dont le nom jette un si grand éclat dans le temple de l’harmonie, vit encore, mais l’artiste n’est plus.
À l’extrémité d’un des faubourgs de Vienne, du côté du parc impérial de Schoenbrunn , on trouve, près de la bar- rière de Maria-Hilff, une petite rue non pavée, et où l’on passe si peu qu’elle est couverte d’herbe. Vers le milieu de cette rue, s’élève une humble petite maison, toujours environnée par le silence ; c’est là, et non pas dans le palais Esterhazy, comme vous le croyez, et en effet comme il le pourrait s’il le voulait, qu’habite le père de la musique instrumentale, un des hommes de génie de ce dix-huitième siècle, qui fut l’âge d’or de la musique… »
Lettres écrites de Vienne en Autriche, sur le célèbre compositeur Haydn, suivies d’une vie de Mozart, et des considérations sur Métastase et l’état présent de la musique en France et en Italie

Et l’écrivain français de dire de Vienne :
« Vienne est une ville charmante. Figurez-vous une réunion de palais et de maisons très-propres, habités par les plus riches propriétaires d’une des grandes monarchies de l’Europe, par les seuls grands seigneurs auxquels on puisse encore appliquer ce n o m avec quelque justesse. Cette ville de Vienne, proprement dite, a soixante-douze mille habitants, et des fortifications qui ne sont plus que des promenades agréables mais heureusement, pour laisser leur effet aux canons, qui n’y sont point, on a réservé tout autour de la ville un espace de six cents toises de large, dans lequel il a été défendu de bâtir. Cet espace, comme vous le pensez bien, est couvert de gazon et d’allées d’arbres qui se croisent en tout sens. Au delà de cette couronne de verdure sont les trente-deux faubourgs de Vienne, où vivent cent soixante- dix mille habitants de toutes les classes. Le superbe Danube touche, d’un côté, à la ville du centre, la sépare du faubourg de Leopoldstadt, et, dans une de ses îles, se trouve ce fameux Prater, la première promenade du monde, et qui est aux Tuileries, à l’Hyde-Park de Londres, au Prado de Madrid, ce que la vue de la baie de Naples, prise de la maison de l’er-mite du mont Vésuve, est à toutes les vues qu’on nous vante ailleurs. L’île du Prater, fertile comme toutes les îles des grands fleuves, est couverte d’arbres superbes, et qui semblent plus grands là qu’ailleurs. Cette île, qui présente de toutes parts la nature dans toute sa majesté, réunit les allées de marronniers alignées par la magnificence, aux aspects sauvages des forêts les plus solitaires.Cent chemins tortueux la traversent; et quand on arrive aux bords de ce superbe Danube, qu’on trouve tout à coup sous ses pas, la vue est encore charmée par le Leopoldsberg, le Kahlenberg, et d’autres coteaux pittoresques qu’on aperçoit au delà. Ce jardin de Vienne , qui n’est gâté par l’aspect des travaux d’aucune industrie cherchant péniblement à gagner de l’argent, et où quelques prairies seulement interrompent de temps en temps la forêt, a deux lieues de long sur une et demie de large. Je ne sais si c’est une idée singulière, mais pour moi ce superbe Prater a toujours été une image sensible du génie d’Haydn.. »
A M. Louis de Lech, Lettre première, Vienne, le 5 avril 1808

HENRION, Paul (1817-1901)
Une rencontre dans le Danube (1864), opéra comique, livret de Jules de WAILLY
Paul Henrion est tout d’abord apprenti horloger et comédien ambulant. Il  écrit près de 1 300 chansons dont 600 romances qui sont publiées par l’éditeur Colombier. Il compose également plusieurs œuvres lyriques sans grand succès et un nombre conséquent de pièces de salon pour piano. Paul Henrion est avec Ernest Bourget et Victor Parizot, l’un des fondateurs de la Société des Auteurs, Compositeurs et Éditeurs de Musique (SACEM).

Paul Henrion (1817-1901)

HINDEMITH, Paul (1895-1963)
« Ein Abend an der Donauquelle » (Un soir à la source du Danube), Intermezzo pour deux trompettes éloignées3ème mouvement de Minimax  (titre alternatif Repertorium für Militärmusik Repertorium), parodie pour quatuor à cordes, IPH 96, créé le 26 juillet 1923 par l’Amar Quartett avec Paul Hindemith à l’alto pendant le Festival de musique contemporaine de Donaueschingen mais hors programme officiel.

Paul Hindemith Minimax 1923

Ce festival intitulé initialement Kammermusikaufführungen zur Förderung der zeitgenössischen Tonkunst puis Donaueschinger Musiktage, a été fondé deux ans auparavant sous la protection du prince Max Egon II. de Fürstenberg (1863-1941).
www.hindemith.info

HODY, Jean (1935)
Le songe du Danube
Pianiste et compositeur français

HOFSTETTER, Igo, (1926-2002)
Compositeur d’opérette autrichien originaire de Linz (Haute-Autriche)

HÖLZLHUBER, Franz (1826-1898)
Das neue Donaureich, singspiel, vers 1856

Franz Hölzlhuber (1826 -1898), peintre, chanteur, poète, bibliothécaire, professeur de dessin, confiseur, né à Steyr (Haute-Autriche). travaille comme enseignant à Leonstein et Bad Hall, puis comme fonctionnaire au tribunal de paroisse de Leonstein et, après la suppression de la juridiction patrimoniale, au tribunal de district de Linz à partir de 1850. Refusé à un poste dans la fonction publique, il rejoint Vienne en 1852 et chante au Josefstädter-Theater, passe ensuite les étés comme peintre paysagiste et les hivers comme chanteur de concert en Autriche. En 1855, il signa un contrat de maître de chapelle à Milwaukee (Wisconsin), mais doit travailler, en raison de diverses circonstances, d’abord comme confiseur, chanteur et compositeur, puis comme organiste de la cathédrale catholique et comme professeur de musique et de dessin. C’est à l’occasion de son séjour dans le Wisconsin (1855-1860) qu’il fait découvrir la « Linzer Torte » aux américains et qu’il compose son unique opéra (singspiel) Das neue Donaureich.

F. Hölzlhuber, le bateau à roues Lady Harris sur le Mississippi, collection Wiconsin Historical Society

En 1860, il retourne en Europe, participe en 1861 à la fête allemande des chanteurs à Nuremberg et est en 1862 l’arrangeur de la partie autrichienne de l’émission mondiale de Londres. Il réalise à Sierning un « panorama ambulant de Brême jusqu’aux cataractes du Niagara et aux forêts vierges du Canada »présenté en divers endroits avec des vues du Palais de verre de Londres. En 1867, Hölzlhuber devient fonctionnaire des chemins de fer, habite de 1872 à 1887 à Steyr, réalise des vues de voies ferrées et finit sa carrière finalement comme bibliothécaire du Musée de chemin de fer de Vienne.
Sources :  http://biographien.ac.at › oebl › oebl_H › Hoelzlhuber_Franz_1826_1898.xml
http://www.wisconsinhistory.org/whi/feature/holzhuber/

HOMOLOVÁ, Zuzana (1948)
Stála Andulka pri Dunaji (Andulka au bord du Danube), chanson traditionnelle slovaque
Zuzana Homolová, de son vrai nom Dobromila Baloghová, est née à  Ružomberok en Slovaquie.

Andulka au bord du Danube,
Lavait ses jambes blanches,

Tout en lavant ses jambes
Elle accouchait d’un joli garçon,

Mon garçon, que le courant t’emporte,
Et je resterai une  vierge pure.

Une mégère passant par là,
Alla trouver le seigneur.

Qu’attendez-vous, seigneur,
Pour arrêter Andulka ?

Andulka, ouvre vite cette porte,
Père et mère te le demandent.

Je sais bien que ce ne sont père et mère,
Mais deux bourreaux qui viennent à moi.

Arrachez-moi les yeux bourreaux,
Et coupez-moi la tête.

Car j’ai bien mérité de mourir,
C’est mon neuvième fils que je fais ainsi périr.

HORNSTEIN, Robert, Freiherr von (1833-1890)
Compositeur allemand de lieder, opéras, opérettes, ballets né à Donaueschingen.
« Je connaissais le jeune compositeur que je viens de mentionner, le baron Robert Freiherr von Hornstein que j’avais rencontré à Vienne, où il avait fait jouer sans succès une opérette assez gracieuse, « Les pages de Versailles ». « J’ai échoué », s’exclama-t-il en riant dans son dialecte souabe, lorsqu’après la représentation, il entra dans notre chambre d’hôte, où nous attendîmes son arrivée avec un peu d’embarras. Il s’est tout de suite assis à table et a déchiqueté un poulet rôti avec ses dix doigts, ses petits yeux disparaissant presque dans son jeune et large visage de Socrate. Son apparence et ses manières informes et sauvages ne permettaient pas de reconnaître facilement ni le baron ni l’homme d’esprit. Il m’apporta quelques cahiers de chansons mélodieuses et fraîches, qui me séduisirent par leur naïveté et leur douceur naturelle, qualités devenues si rares. Pourquoi Hornstein n’a-t-il jamais réussi à obtenir un vrai succès ? Avait-il trop peu de talent ou trop d’argent ? Je pense que c’est le dernier cas. Hornstein était d’une nature confortable et très riche à la base. Il a vite baissé les bras et semble n’avoir plus rien publié durant les trente dernières années de sa vie. Il racontait de manière très divertissante ses relations avec Richard Wagner à Zurich. Lorsque Wagner se lassa de son séjour à la villa Wesendonk , il écrivit à Hornstein qu’il souhaitait travailler à loisir à ses « Nibelungen » dans sa propriété. Hornstein n’avait pas seulement entendu parler, comme Gregorovius à Zurich, des « exploits de l’égoïsme » de Wagner, il les connaissait de l’intérieur. Il ne voulait pas faire à sa famille l’honneur d’héberger un invité aussi coûteux et explosif et s’en excusa très gentiment. Sur ce, Wagner lui répondit dans une courte lettre irritée que Hornstein regretterait amèrement d’avoir laissé passer cette occasion de devenir célèbre grâce à son séjour ».
Eduard Hanslick, De ma vie (1894)

HUMMEL, Johann Nepomuk (1778-1837)
Johan Nepomuk Hummel, compositeur autrichien est né en Slovaquie à Bratislava (Presbourg en allemand, Pozsony en hongrois) dans une famille de musiciens. Son père joue du violon et se produit comme chef d’orchestre à Presbourg puis à Vienne. Après avoir été l’élève de Mozart pendant deux années, le jeune prodige part à l’âge de neuf ans en tournée européenne accompagné de son père. Il complètera ensuite sa formation avec Antonio Salieri, Johann Georg Albrechtsberger et Joseph Haydn qui le fait engagé par  le prince Nikolaus Esterházy mais il sera licencié en 1811. Il devient maître ce chapelle à la cour de Stuttgart en 1816, démissionne deux années plus pour prendre le même poste à Weimar.  Ce fut l’un des plus brillants virtuoses de piano de son temps, un rival de Beethoven avec lequel il entretint toutefois des relations amicales compliquées. Il est présent à son enterrement, portant son cercueil et improvise lors du concert de commémoration. Compositeur prolifique, Hummel occupe une place à part parmi les grands musiciens de son temps.
The Project Hummel :
www.jnhummel.info

IGELHOFF, Peter (1904-1978)
De son vrai nom Rudolf August Ordnung, pianiste et compositeur autrichien né à Vienne. Il compose des chansons dans les années 30 puis après la seconde guerre mondiale pendant laquelle il fut envoyé sur le front par les Nazis qui jugeaient que ses oeuvres étaient trop influencées par la musique américaine. Il écrivit par la suite
de nombreuses musiques de film.
Sa chanson « Le capitaine du bateau à vapeur de la Compagnie Danubienne de Navigation à Vapeur » (D.D.S.G.) qui date de 1936, est une de ses compositions les plus populaires.
https://youtu.be/pAxGc6QHpB0,

ILIEV, Diko (1898-1985)
Dunavsko Horo, Danse du Danube, 1937
Compositeur et chef d’orchestre bulgare très populaire, né à Karlukovo mais ayant longtemps résidé à Oryahovo, petite ville sur la rive droite du Danube.
   Diko Iliev participe à partir de 1911 aux activités de l’harmonie du 16e régiment d’infanterie Lovech à Botevgrad. Il fut également membre de l’orchestre de l’École militaire de Sofia (1919-20). Après la Première Guerre mondiale, il démissionne et joue occasionnellement à des mariages dans la région de Vratza. De 1931 à 1958, son activité est liée à l’orchestre du 36e régiment d’infanterie de Kozloduj. En 1948, nommé chef d’orchestre, il occupe ces fonctions jusqu’à sa retraite tout en   dirigeant l’harmonie de la Maison de la Culture d’Oriahovo et en créant plusieurs orchestres à vent dans la région de Vratza et du Montana. Diko Iliev est un phénomène unique dans la culture musicale bulgare. Il a composé sa première danse traditionnelle pour orchestre à vent « Iskarsko Horo » à l’âge de 19 ans. Ses danses traditionnelles pour orchestre à vent ont gagné en popularité et sont maintenant considérées comme des exemples contemporains des danses traditionnelles de la Bulgarie du nord. Il a écrit ses danses et marches traditionnelles les plus populaires entre 1931 à 1941 lorsqu’il a travaillé avec un certain Weiner, chef de musique tchèque qui dirigeait l’harmonie de la garnison d’Oriahovo. Diko Iliev a également écrit d’autres types de danses traditionnelles (elenino horo, daychovo horo, samokovsko horo, kokoniak, rachenitza, etc.), une vingtaine de marches et des pots-pourris de chants traditionnels.
Sources : www.lukovit.bg/en/diko-iliev

IVANOVICI, Josif (1854-1902)
Valurile Dunării, (DonauwellenLes flots du Danube), valse, 1880

Ce compositeur d’origine serbe, né dans l’ancien empire austro-hongrois à Timisoara (Roumanie), fut lauréat du Grand Prix de Composition de l’Exposition Universelle de Paris en 1889 dans la catégorie marche.
Il étudie en Roumanie à Galaţi (Moldavie roumaine) avec Alois Riedl et à Iaşi avec Emil Lehr puis exerçe en tant que directeur d’harmonies militaires au bord du Danube, et à Bucarest. Il compose des fanfares, des marches, des valses, des chansons et divers potpourris (La vie de Bucarest, Un rêve sur la Volga, Nathalia, Abendtraüme, Der Liebesbote, Sur le bord de la Neva…) inspirés du folklore roumain.
Josif Ivanovici écrit pour un orchestre d’harmonie la valse Les Flots du Danube en 1880 et en fait également une version pour piano qu’il publie en 1880 et dédie à la femme de son éditeur bucarestois Emma Gebauer. Cette oeuvre devenue célèbre a été souvent confondue avec Le Beau Danube Bleu de Johann Strauss. Ses adaptations orchestrales furent réalisées par le compositeur français Emile Waldteufel en 1886 (d’après la version pour piano) et ultérieurement par Constantin Bobescu (1899-1992). L’oeuvre a fait l’objet ultérieurement de nombreux autres arrangements y compris pour des musiques de film comme celle du compositeur américain Saul Chaplin (1912-1997) pour  « The Jolson story » d’Alfred E. Green (1889-1960).
https://youtu.be/wPMf49t2P3c?feature=shared
Une version tsigane des Flots du Danube par le violoniste Emerich Deutsch et son orchestre tsigane enregistrée en 1947
https://archive.org/embed/78_danube-waves_emery-deutsch-his-violin-and-his-gypsy-orchestra-ivanovici-emery-deut_gbia0306751a
Une version jazzy manouche « live » par l’excellente harpiste Christine Lutz accompagnée par Thierry Lutz à la guitare et par le choeur des cigales
https://youtu.be/xn9cuGbah7g?feature=shared

JANÁČEK, Leoš (1854-1928)
Dunaj, (Le Danube), poème symphonique composé entre 1923 et 1928

Le poème symphonique Dunaj du compositeur morave L. Janáček a été écrit dans les années 1923-1928. Mais il semblerait que ce soit lors d’un séjour à Bratislava, en mars 1923, à l’occasion duquel il assiste à la création de son opéra Kat’a Kabanová, que le compositeur décide d’écrire un poème symphonique sur le Danube, fleuve qu’il considérait d’abord comme slave. Bedřich Smetana avait déjà précédé le musicien morave dans cette voie avec son poème symphonique épique Vltava, (malheureusement) plus connu sous le nom allemand de Moldau. Janáček préfère, de son côté, traiter le sujet d’une autre manière et représenter le Danube sous les traits d’une femme avec toutes ses passions et ses instincts.
Si l’on en croit le témoignage de son élève, le musicien Osvald Chlubna (1893-1971), assistant du compositeur, une esquisse autographe aurait été achevée dès mai 1925. Janáček lui-même déclara un jour qu’il considérait sa partition comme achevée mais il l’évoqua par ailleurs comme une oeuvre exigeant encore une période de maturation. La mort du compositeur vint cependant interrompre ce processus de composition. Osvald Chlubna achèvera par la suite Dunaj et c’est sous cette version qu’elle sera jouée jusqu’au travail récent de restitution de l’oeuvre dans sa version originale par les musicologues tchèques Leoš Faltus, Milan Štědron et Otakar Trhlík.
Le contexte qui inspire cette oeuvre et son programme sont polysémiques : l’une des idées directrices est la glorification du fleuve « des Slaves ». Des annotations figurant sur la partition du deuxième mouvement de la symphonie citent des extraits du poème Utonulá (La noyée) de la poétesse tchèque Pavla Kričková. En outre, le poème « Lola » de Soňa Spálová dissimulée sous le pseudonyme d’Alexander Insarov, est joint à la partition.
Le recours à la viole d’amour ainsi que l’emploi d’une soprano dans le troisième mouvement sont probablement liés au caractère érotique du sujet. L’usage d’un groupe de trois et quatre timbales, usage qui pose de grandes difficultés sur le plan acoustique, doit peut-être être rapporté au Danube en tant que fleuve. Le premier feuillet du quatrième mouvement a été perdu ce qui a posé des problèmes pour la reconstitution de la version originale de la symphonie.
Selon Leoš Faltus « on ne connait pas les raisons précises pour lesquelles L. Janáček aurait choisi d’intituler cette symphonie Dunaj. Ce titre évoque-t-il pour le compositeur le cours du temps qui emporte tout, les tragédies, les joies et les espoirs ou bien simplement le fleuve qui, monumental, continue inlassablement à couler ? »
Le compositeur morave séjourne à Vienne au début de 1918 à l’occasion de la création de son oeuvre lyrique Jenůfa (Její pastorkyňa) à l’opéra dans une version remaniée à la demande du chef d’orchestre Hugo Reichenberger. La création viennoise à lieu 14 ans après la première en version originale à Brno (21 janvier 1904) !
Sources :
Leos Faltus, extrait des actes du colloque de 2008 « Leoš Janáček, création et culture européenne », Paris, L’Harmattan – 2011

   Le compositeur morave séjourna à Vienne au début de l’année 1918 pour la création à l’opéra impérial et royal dont le directeur était alors  Hans Grégor (1866-1945) dans une version modifiée contre la volonté du compositeur, de son ouvrage lyrique Jenůfa (Její pastorkyňa) crée à l’opéra de Brno en janvier 1904. 14 annés sépare les deux créations !

Plaque commémorative du séjour de Leoš Janáček à Vienne sur la façade de l’hôtel Post, Fleischmarkt 24,  photo Danube-culture © droits réservés 

Sur la musique de Leoš Janáček on se reportera au site en langue française www.musicabohemica.org et aux articles très documentés de Joseph Colomb.

KANNE, Friedrich August (1778–1833)

Sources Bibliothèque Nationale d’Autriche, Vienne

Das Schloß Theben oder Der Kampf der Flußgötter, fantaisie féérique danubienne en deux actes (1817), livret d’après la vieille légende hongroise du souverain Arpad.
La scène se situe au confluent de la Morava avec le Danube, dans les environs de la forteresse de Theben (Devín) et l’action avec force nymphes et tritons se passe vers l’an 800.

   Compositeur et critique musical allemand. Après avoir étudié la théologie et la médecine, il se consacre à l’étude de la littérature et de la musique à Dresde et s’installe à Vienne à partir de 1804, où il joue brièvement le rôle de tuteur musical pour le prince Joseph Franz de Lobkowitz, devient l’ami de Beethoven et consacre une partie de ses activités à la critique musical puis finit sa vie dans la misère après être devenu alcoolique.
Autres oeuvres :
Opéras Orpheus (Wien 1807), Miranda (Wien 1811), Die Mainacht oder der Blocksberg (Berlin 1834), Malvina (Wien 1823), Lindane oder die Fee und der Haarbeutelschneider (Wien 1824),  Missa solemnis (Wien 1811), Frankreich und Oesterreich (cantate, Pressburg 1810), Mozart’s Grab (Wien 1821), 2 symphonies, lieders, musique de chambre et pour piano.
KARAS, Anton (1906-1985). 
Compositeur autrichien (austro-hongrois), joueur de cithare dans les Heuriger (auberges populaires typiquement viennoises souvent tenues par des vignerons). Il est choisi par le réalisateur Carol Reed pour être le directeur musical de son film « Le troisième homme » (1949). Le succès considérable du film change radicalement la vie du musicien. Après avoir été invité chez lui par C. Reed à Londres puis dans le monde entier, il revient à Vienne mais sa gloire et sa récente richesse suscitent la jalousie de ses compatriotes viennois, alors dans une sombre période. De plus la cithare n’était plus l’instrument à la mode. Ils s’acharnent à l’empêcher de réaliser son projet de tenir un Heuriger. En 1962-1963 Karas et sa femme s’installent à Kitzbühel et ouvrent une maison d’hôte luxueuse que fréquentèrent les stars et l’aristocratie, du champion autrichien de ski légendaire Tony Sailer au duc et à la duchesse de Windsor.

KAUER, Ferdinand (1751-1831)
Das Donauweichen (La nymphe du Danube)
Singspiel sur un texte de Karl Friedrich Hensler (1761-1825) en forme de conte folklorique romantico-héroïque avec des arias (1797) d’après une légende de l’antiquité. Sa création eut lieu à Vienne le 11 janvier 1798, au théâtre populaire de Leopoldstadt dont F. Kauer en était l’un des chefs d’orchestre. L’oeuvre eut un immense succès dans la capitale autrichienne, succès qui se propagera Europe au début du XIXe siècle où elle fut l’un des ouvrages les plus joués du répertoire. Elle fut en particulier révisée et représentée par Goethe à Weimar, en Finlande, grand duché de l’empire russe à cette époque (première oeuvre lyrique mise en scène dans ce pays à Viipuri en 1826) et en Russie sous le titre de Леста, днепровская русалка (Lesta, la nymphe du Dniepr).
L’écrivain russe Nicolaï se serait inspiré de La Nymphe du Danube pour écrire son conte Une nuit de mai ou la noyée (Les soirées du Hameau, nouvelles ukrainiennes) dont à son tour le compositeur Rimski-Korsakov a tiré un livret pour son opéra du même nom.
Ferdinad Kauer, compositeur prolifique est né en Moravie du sud, dans le village de Dýjakovice (Klein-Thaya) près de Znojmo (Znaim). Fils d’un instituteur, il fait son premier apprentissage musical avec son père, ses études humanistes au collège jésuite de Znojmo tout en jouant de l’orgue ce qui lui permet de contribuer financièrement à celles-ci puis il part au séminaire jésuite de la ville de Trnava (Tyrnau), en Hongrie où il continue à se produire en tant qu’organiste tout en étudiant la philosophie et plus tard la médecine, études qu’il n’achèvera toutefois pas car lorsque l’université de Trnava est transférée à Ofen (Buda) sur l’ordre de l’impératrice Marie-Thérèse de Habsbourg, Kauer  préfère venir s’installer à Vienne vers 1777. Il s’établit progressivement d’abord comme professeur de piano et comme organiste dans une église de la périphérie de Vienne, à Rossau, dans un cloître (Serviten Kloster) ainsi que comme directeur du « département de la censure, des traductions et des corrections des célèbres éditions viennoises Artaria » ce qui lui permit évidemment de publier quelques-unes de ses oeuvres. Peu de temps après l’ouverture du Théâtre de Leopoldstadt en 1781, il est recruté comme violoniste dans l’orchestre, dirige ensuite  à partir de 1789 l’école de musique du théâtre de Leopoldstadt. Il perdit, lors des inondations du Danube à Vienne en 1830, la totalité de ses biens y compris la plupart des manuscrits de ses oeuvres.

KAUFMAN, Nikolaï (1925)
Compositeur, musicologue et ethnomusicologue bulgare né à Ruse. Auteur de recherches sur la musique dans les rites funéraires des peuples installés le long du Danube (1990).

KÉLER, Béla ou Adalbert Paul von Keler (1820-1882)
Vom Rhein zur Donau, valse pour orchestre opus 138
Le compositeur, violoniste et chef d’orchestre Béla Kéler est né à Bardějov (Bártfa en hongrois), à cette époque  en Autriche-Hongrie, aujourd’hui en Slovaquie. Après des études à Levoča, Debrecen et Prešov, il est admis en tant que premier violon dans l’orchestre du « Theater an der Wien » en 1845. Un an plus tard, son premier numéro d’opus sur un total de 139 compositions est publié. Le jeune musicien ne cesse lors de son séjour à Vienne de se perfectionner en harmonie et en contrepoint. Il est ensuite invité à Berlin et dirige la formation de Johann Sommer. De retour à Vienne sa carrière se poursuit la saison suivante avec l’orchestre deJoseph Franz (Karl) Lanner (1801-1843) qui vient de mourrir subitement. Entre 1856 et 1860, Kéler dirige la fanfare militaire du comte Mazzuchelli. Après un court engagement à la tête de son propre orchestre à Budapest, il part pour Wiesbaden, où  il s’installe et travaille pendant les vingt dernières années de sa vie conduisant à partir de 1863 l’orchestre local du deuxième régiment du duc de Nassau, puis la formation de la station thermale tout en donnant dirigeant à Londres, Manchester, Copenhague, Amsterdam, Paris, Munich, Berlin, Hambourg, Dresde, Leipzig et Zurich. Sa musique était à l’époque aussi réputée que les oeuvres de la dynastie Strauss. Béla Kéler a légué à sa ville natale une grande partie de son patrimoine musical. Celui-ci est conservé dans la collection du Musée Šariš de Bardejov.
La suite de valses « Du Rhin au Danube », op. 138, publiée pour la première fois en 1881, mêle des motifs de musique populaire allemande et autrichienne. La valse finale cite le trio d’une des mélodies la plus célèbre de Franz von Suppe (1819-1895), « O du mein Österreich », motif de la marche « Mein Österreich » de Ferdinand Preis (1831-1864) en 1852, elle-même tirée de la chanson « Das ist mein Österreich » de l’opérette en trois actes « Romantisches Märchen s’Alraunl » (1849) de Franz von  Suppè . Ce fut la toute dernière valse composée par B. Kéler.
https://youtu.be/yQcyCN-iLmw

KLOSTERNEUBURG, abbaye de (Basse-Autriche)
   Haut-lieu de la musique au même titre que celles de Sankt-Florian, Melk, Kremsmünster…, l’abbaye de Klosterneuburg peut s’enorgueillir de posséder dans sa basilique saint-Martin un instrument baroque de cérémonie parmi les plus beaux d’Europe et sur lequel aimait à improviser Anton Bruckner (1824-1896) qui fut régulièrement l’hôte de la prestigieuse l’abbaye lors de son séjour viennois.

Abbaye de Kosterneuburg, photo © danube-culture, droits réservés

Il est tout à fait regrettable qu’aucune recherche approfondie n’ait encore été entreprise sur l’histoire des activités musicales de l’abbaye. Le répertoire  et les manuscrits conservés comme un codex de l’atelier du copiste de la cour de Vienne Georg Moser, attestent  d’une forte proximité de répertoire avec celui la cour impériale depuis au moins le XVIIe siècle. Cette proximité culmine sous l’empereur Charles VI (1685-1740). Johann Bernhard Paumann ou Paumonn (avant 1690 ?- 1728), un élève du compositeur de la cour et maître de chapelle de la cathédrale saint-Étienne, Johann Joseph Fux (1660?-1741), devient organiste à l’abbaye en 1712. L’orchestre de la chapelle royale de la cour des Habsbourg se produisit entre 1660 et 1764 chaque année à l’abbaye de Klosterneuburg lors des fêtes en l’honneur de la saint-Léopold pour lesquelles des musiciens tels que Felice Sances, Antonio Bertali, Johann Joseph Fux, Antonio Caldara, Georg Reinhardt, Georg Donberger, Georg Reutter, Franz Tuma, Joseph Eybler, (ami de Mozart et à qui Constance demanda en vain d’achever le Requiem) et qui sera le successeur d’Antonio Salieri, Leopold Hoffmann et bien d’autres écrivirent des oeuvres spécifiques. Le répertoire de la Chapelle royale de la cour des Habsbourg de Vienne reflète également cette proximité avec les oeuvres jouées et chantées Klosterneuburg. On y trouve par exemple le nom de Leopold Schmidt [avant 1770-après 1818], organiste à Klosterneuburg de 1785 à 1818, qui rédigera en 1790 un inventaire de la musique d’église de l’abbaye. Le compositeur le plus important de Klosterneuburg est toutefois Johann Georg Albrechtsberger (1736-1809), élève du doyen de l’abbaye, Leopold Pittner, maître de chapelle de la cathédrale saint-Étienne, auteur de nombreuses œuvres pour l’abbaye et auprès duquel Beethoven étudia.

Le choeur de la basilique saint-Martin à l’abbaye de Klosterneuburg, photo © Danube-culture, droits réservés

La collection musicale des archives de l’abbaye constitue également un fonds d’oeuvres de musique sacrée et profane de premier plan et révélateur de l’intensité de la vie musicale dans ces lieux. Plusieurs des manuscrits dont la Nelson Messe et un matériel de la Pauken Messe de Joseph Haydn sont de la main de copistes proches du compositeur.
Joseph Haydn et son frère Michaël chantèrent en tant que membre de la maîtrise de la cathédrale de Vienne dans la basilique de l’abbaye à l’occasion des mêmes fêtes dans les années 1740. Mozart se rendit plusieurs fois à Klosterneuburg à l’invitation de la baronne Martha Elisabeth von Walstätten qui y résidait et il est probable qu’il ait été invité à l’abbaye à la même occasion.
Klosterneuburg fut point de départ d’un mouvement de renouveau de la musique d’église  et acquiert au début du XXe siècle une importance dépassant les frontières de l’Autriche. Il était donc logique que le département de musique sacrée de la MAkad. de Vienne, fondé en 1909, y soit transféré. il y resta jusqu’en 1924. Sous la direction de V. Goller, il jeta les bases de la formation de musiciens d’église catholiques professionnels.

Sources :
Berhard Paul, « Musik in Klosterneuburg zur Zeit Mozarts » in Klosterneuburg zu Zeit Mozarts, Katalog der Sonderausstellung im Stiftmuseum Klosterneuburg, Chorherrenstift Klosterneuburg, 1991

Le grand orgue de la basilique de Klosterneuburg
Le grand orgue de la basilique de Klosterneuburg a été construit entre 1636 et 1642 par Johann Freundt de Passau à partir de deux orgues déjà sur place dans l’église. Le facteur d’orgues allemand a ainsi pu choisir les meilleurs matériaux des deux instruments précédents ce qui  évita à l’orgue de cérémonie d’avoir par exemple des tuyaux en bois. Conformément à sa fonction, l’instrument devait principalement jouer en solo. Pour l’accompagnement, on disposait de l’orgue de chœur. C’est sans doute grâce à cette utilisation en tant que soliste que l’orgue n’a pas subi d’interventions lourdes au cours des derniers siècles, que ce soit au niveau des tuyaux ou du buffet. On dispose donc aujourd’hui d’un monument sonore exceptionnel conforme aux critères musicaux du XVIIe siècle.

Grand orgue de la basilique st-Martin de Klosterneuburg, photo © Danube-culture, droits réservés

Ses registres et sa sonorité reflètent des caractéristiques de la Renaissance et du Baroque. Le grand-orgue à lui seul n’a pas son pareil en termes de rigueur, de puissance et de timbres. La régale, un « registre standard » de la Renaissance, est encore celle d’origine. C’est exceptionnel pour un jeu d’anche et le seul en Autriche. L’orgue possède 35 jeux répartis sur 3 claviers et un pédalier. Une taille extrêmement rare à cette période.
Il est accordé dans le médium, c’est-à-dire que les tierces majeures de certaines tonalités majeures ne flottent pas. De plus, son diapason est supérieure d’environ un demi-ton au diapason actuel (442 Herz). Ce diapason correspondait à celui des orgues contemporains du sud de l’Allemagne. Une autre particularité typique de cette époque est une « l’octave courte ».  Il manque aux claviers et à la pédale les notes do dièse, ré dièse, fa dièse et sol dièse de la grande octave. Ces notes basses n’étaient presque jamais utilisées en raison du tempérament médium et on économisait ainsi lors de la construction des frais de matériau. Cette contrainte et le tempérament médium limitent le répertoire jouable sur cet instrument. Mais les œuvres des XVIe et XVIIe siècles sont incomparablement mises en valeur grâce aux sonorités de cet instrument.
On constata, juste avant la Seconde Guerre mondiale, que certaines parties en bois de l’instruments  étaient rongées par des vers. L’instrument fut alors démonté, mais les hostilités ayant commencé, l’instrument resta tel quel jusqu’à la fin du conflit. Il fut ensuite reconstruit dans son état d’origine après de longues délibérations car il était initialement prévu de l’agrandir. Comme on ne disposait pas à ce moment-là d’un bon matériel pour remplacer le mécanisme de traction, seuls des travaux provisoires furent entrepris.
Le facteur d’orgue suisse Kuhn put reconstituer entre 1983 et 1985 la traction mécanique d’origine. De même, son accord d’origine a été aussi rétabli. La reconstruction des anches et du soufflet est restée en suspens jusqu’en en 1990.
Grâce à sa sonorité exceptionnelle, le grand orgue de la basilique Klosterneuburg est l’un des plus importants monuments historiques de ce type en Europe.

L’orgue de chœur
   L’orgue de chœur a été également conçu et réalisé en 2005 par le facteur d’orgue Kuhn en tant que « nouvelle construction historique », celle-ci reprenant les principes de construction du XVIIIe siècle et s’inspirant, dans sa conception, le choix des matériaux et la fabrication, d’instruments du XVIIIe siècle du sud de l’Allemagne et de l’Autriche. Le buffet historique en noyer de 1780 du facteur d’orgues de la cour viennoise Anton Pfliegler, qui fut décoré à profusion par le sculpteur Christoph Helfer, abritait à l’origine un jeu d’orgues de 16 registres.

Orgue de choeur de la basilique saint-Martin à l’abbaye de Klosterneuburg, photo © Danube-culture, droits réservés

L’instrument possède 23 registres répartis sur deux claviers et un pédalier. La transmission des registres et des jeux est mécanique. La console est indépendante, car l’orgue est régulièrement utilisé en interaction  pour des oeuvres avec choeur et orchestre.
Sources : https://www.stift-klosterneuburg.at › stift-und-orden › kirchenmusik › orgeln

KLYMOVSKY, Semen (1705 -1785)
Poète et philosophe cosaque ukrainien auteur du texte de la chanson ukrainienne « Їхав козак за Дунай » (« Un cosaque traverse le Danube…« )
« Un cosaque qui devait chevaucher par-delà le Danube disait : « Ma belle, au revoir !
Petit corbeau, prends-là avec toi ! »
Attends attends, cosaque, ta fiancée pleure,

Comment peux-tu la quitter, penses-y quand tu l’abandonnes !

Il aurait mieux valu, il aurait mieux valu ne pas partir,
Ce serait mieux, ce serait mieux de ne pas aimer,
Ce serait mieux, ce serait mieux de ne pas savoir,

Que d’oublier maintenant, que d’oublier maintenant.

La belle se tordait les mains en pleurant à chaudes larmes :
« Comment peux-tu me quitter, penses-y ! »
« Ne brise pas tes mains blanches, ne mouille pas tes yeux clairs,

Attends mon retour glorieux de la guerre ».

Il aurait mieux valu, il aurait mieux valu ne pas partir,
Ce serait mieux, ce serait mieux de ne pas aimer,
Ce serait mieux, ce serait mieux de ne pas savoir,

Que d’oublier maintenant, que d’oublier maintenant.

« Je ne veux personne d’autre que toi,
Reste en bonne santé, ma chère, et pars. »
Le cosaque siffla son cheval : « Reste en bonne santé !
Si je ne meurs pas, je reviendrai dans trois ans !
Il aurait mieux valu, il aurait mieux valu ne pas partir,
Ce serait mieux, ce serait mieux de ne pas aimer,
Ce serait mieux, ce serait mieux de ne pas savoir,
Que d’oublier maintenant, que d’oublier maintenant.
   La mélodie de cette chanson populaire connaîtra un destin exceptionnel. Son thème sera d’abord repris en 1814 par le compositeur polonais Franciszek Lessel (1780-1838), élève de Joseph Haydn, dans sa pièce « Huit variations pour piano en la mineur sur un thème ukrainien » (russe) Op. 15, no. 1, puis une première fois en 1816 par Beethoven sous le titre « Schöne Minka, ich muss scheiden! » sur un texte du poète allemand Christoph August Tiedge (1752-1841), dans son cycle « Lieder verschiedener Völker » (n°16), une deuxième fois en 1818-1819 par le même compositeur dans ses dix airs populaires avec variations pour flute et piano Op. 107, no. 7, par le virtuose autrichien Anton Eberl (1765-1807) dans son opus 17 pour violoncelle et piano, par le compositeur autrichien Sigismond Neukomm (1778-1858) dans le poco adagio du quintette pour clarinette et quatuor à cordes opus 8, par Carl Maria von Weber (1786-1826) dans ses neufs variations sur un thème ukrainien (russe) pour piano opus 40 J. 179 et par Johann Nepomuk Hummel (1778-1837) avec son Adagio, Variations et Rondo en la majeur, Op. 78 « Schöne Minka » pour flûte et piano.
   Le thème de cette chanson fut également repris par d’autres compositeurs devenant l’un des plus connus de la première moitié du XIXe siècle.
   Dans la culture et les récits populaires ukrainiens tout comme dans ceux des récits des origines des Balkans, le Danube apparaît comme une géographie mythique, une frontière entre la vie et la mort bien plus qu’une réalité historique. Traverser le Danube signifie ici mourir. Boire de l’eau du Danube, c’est oublier. De nombreux textes d’amour folkloriques ukrainiens évoquent ce fleuve en tant que mythe.
https://youtu.be/U9fo279WMXQ?feature=shared

KODÁLY, Zoltán (1882-1967)
Tiszan innen, Dunan tul (En-deçà de la Tisza, au delà du Danube), aria du singspiel Háry János
Duo de Háry János avec sa fiançée Örze n°8 tiré du Singspiel Háry János, opus 15. Le titre complet exact est Les aventures de Háry János, de Nagyabony au Burg de Vienne. L’oeuvre a été composée entre 1925 et 1927 et complétée en 1951. Le livret est tiré d’un poème humoristique de Janos Garay (1812-1853), Le vieux soldat. Ce poème restera populaire jusqu’au XXe siècle dans toute la Hongrie.
Compositeur, pédagogue et ethnomusicologiste hongrois, né à Kecskemét et mort à Budapest. Il est avec Bela Bartok l’un des créateurs de l’école musicale hongroise contemporaine basée sur des sources de musique traditionnelle et l’un des plus importants compositeurs d’oeuvres pour choeur du XXe siècle. Toutes les oeuvres de ce musicien sont des odes à la vie et Kodály n’est asservi à aucune école ou mode tout en étant imprégnées de la tradition la plus ancienne dont le compositeur était un excellent connaisseur.
Háry János est une ode à la paysannerie hongroise.

Háry
 » En-deçà de la Tisza, au-delà du Danube,
Au delà de la Tisza,
est un gardien et ses chevaux,
Son petit cheval bai est attaché
Avec une cordelière de manteau,
Sans couverture, près de son maître.

Örze
 » En-deçà de la Tisza, au-delà du Danube,
Au delà de la Tisza,
est un bouvier et son troupeau,
Il fait paître ses boeufs,
Et attend sa belle sur un lit d’herbe.

Háry
 » En-deçà de la Tisza, au-delà du Danube,
Au delà de la Tisza
Est un berger et son troupeau,
C’est là qu’on fait la meilleure fricassée,
Qu’il mange avec sa petite fourchette
Et sa cuillère de bois,
Dans la marmite.

Háry  et Örze
En-deçà de la Tisza, au-delà du Danube,
Au delà de la Tisza
Est une petite cabane sous un bouleau,
C’est à elle que je pense toujours,
Vers elle que soupire mon coeur
Et le coeur de celui que j’aime. « 

La dernière strophe du duo est reprise dans le choeur final du Singspiel.
Sources : kodaly.hu

Mathilde Alosia von Meyrswalde vers 1880, photo domaine public

KRALIK von MEYRSWALDEN, Mathilde Aloysia (1857-1944)
Volkers Wacht (die Wacht an der Donau), chant de fête pour soli, choeur, texte de son frère, l’écrivain et poète Richard Kralik von Meyrswalden (1852-1934), 1907/1908
Donaugold, choeur avec accompagnement de piano, 1924
Une des malheureusement trop rares compositrices et pianistes de cette anthologie de musiques danubiennes.
Autrichienne, née à Linz dans un milieu industriel très aisée elle fait ses études avec Anton Bruckner, Franz Krenn (1816-1897) et Jules Epstein (1832-1926)

KRASNAY-KRAUSZ Mihály (Michaël) (1897-1940)
Compositeur austro-hongrois issu de la communauté juive, né à Pančevo au confluent de la Tamiš et du Danube aujourd’hui dans la province serbe de Voïvodine.
Élève de Zoltán Kodály à Budapest, auteur d’oeuvres lyriques, de chansons et de musique de films

KRAUSE, Mickie (1970)
Donaulied (2012)
Une version arrangée d’une vielle chanson à boire allemande triviale aux nombreuses variantes de textes dont l’une des versions fit l’objet d’une polémique et d’une pétition en 2020 de la part d’étudiantes et d’étudiants de Passau.
https://youtu.be/rlnv8SFBqSw

KREMS/Stein (Wachau, Basse-Autriche) : une vie musicale honorable au bord du Danube 
On n’a aucune information sur la pratique musicale au Moyen-Âge à Krems-Stein. Si l’on suppose que les deux églises paroissiales de la ville, St. Veit à Krems et St. Nicolas à Stein, étaient des centres d’activité musicale, il existait également un lien avec les deux écoles de la ville. Ainsi, le « Rector Chori » (Maître de chapelle) de St. Veit était également maître d’école. À cela s’ajoutaient les deux monastères de l’ordre des mendiants, les Minorites à Stein et les Dominicains à Krems, où l’on pratiquait probablement le chant choral. Un nombre incalculable de feuilles individuelles de parchemin provenant de missels et de bréviaires notés ont été conservées. Elles ont servi de reliures pour les fonds des archives de la ville et ont été en partie remplacées par la suite.
Le XVIe siècle à Krems est placé sous le signe d’une adhésion massive à la Réforme et d’une culture bourgeoise de haut niveau. Les inventaires de livres bourgeois contiennent également des compositions qui laissent supposer un niveau élevé de la culture musicale à Krems. En 1561, le seul témoignage de composition de l’époque protestante qui nous soit parvenu est la mise en musique du 128e psaume. Le citoyen Adam Galliculus (Händl) a dédié cette pièce à  4 voix à sa belle-sœur et veuve à l’occasion de son remariage.
Les efforts de recatholicisation (Contre-réforme) de la bourgeoisie ont conduit à une amélioration de la musique sacrée dans les églises paroissiales. Parallèlement, le collège jésuite fondé en 1616 et le lycée qui y était rattaché donnèrent certainement des impulsions, tant à la musique d’église qu’aux représentations théâtrales (théâtre jésuite) qui y étaient régulièrement données et dans lesquelles des intermèdes musicaux étaient courants. L’activité de J. G. Zechner fut le point musical culminant de l’époque baroque. Avec la reprise du lycée par les piaristes en 1776, nous trouvons un nouvel ordre scolaire à Krems, dans le programme duquel l’enseignement de la musique jouait un rôle essentiel. En 1777-83, le piariste S. Müller, originaire de Horn et compositeur non négligeable, travaillait à Krems.
Les maîtres de gymnastique (Thurner) de Krems ou de Stein furent d’une importance capitale pour la pratique de la musique dans la ville car ils s’occupaient de la musique instrumentale lors des manifestations religieuses et profanes et formaient également les jeunes musiciens. La durée de l’apprentissage était de 4 à 6 ans et l’on devenait compagnon gymnaste après avoir été libéré. Le maître de gymnastique faisait souvent office d’employé administratif de la ville, auquel était confié la perception de taxes, appelées « imposto musical », que les organisateurs de musique de divertissement devaient payer ; il pouvait également agir lui-même en tant qu’organisateur. À Stein, le dernier maître de gymnastique a quitté son poste en 1793. À  Krems, le poste subsista plus longtemps et ne s’éteignit formellement qu’avec l’introduction du code du commerce en 1859.
L’intense activité associative qui s’est développée à Krems à partir du milieu du XIXe siècle a également stimulé la vie musicale. Dès 1847, la « Steiner Liedertafel » (chant d’hommes) s’était constituée, et suite au départ des membres de Krems, une association du même nom a vu le jour en 1850 dans cette ville. En 1861, la « Kremser Liedertafel » a pu organiser la première fête des chanteurs de Basse-Autriche avec la participation de 34 associations et de 1030 chanteurs, à laquelle participa également l’association de chant d’hommes « Frohsinn » de Linz, dirigée par Anton Bruckner. En 1872, le nom de l’association fut changé en « Gesang- und Orchesterverein Krems ». Pour améliorer la situation dans le domaine de la musique sacrée, l’association « Kirchen-Musik-Verein » fut fondée en 1865.
Parmi les nombreuses personnes actives dans le domaine musical dans la ville à cette époque, on mentionnera le frère aîné de Franz Schubert, Ferdinand (1794-1859). En plus de leur activité scolaire, un certain nombre d’éducateurs musicaux ont été très actifs dans la vie musicale de la ville à partir de la deuxième moitié du XIXe siècle : W. Heybal, R. Wimmer, L. Muther, Wilhelm Wolter et Ernst Schandl, ainsi que H. Wagner-Schönkirch pendant une courte période. Les compositions de lieder que l’on peut qualifier de « Kremser » ou « Wachau-Lieder » dont plusieurs sont liés au fleuve, revêtent une importance particulière. Nous retrouvons ce ton populaire dans les compositions de Muther, mais tout particulièrement dans les chants de Rudolf Süss, qu’il a écrites pour être accompagnés à la guitare. Outre les lieders, Ernst Schandl, a également laissé une œuvre riche dans le domaine de la musique religieuse et de la musique sérieuse.
La présentation des événements musicaux ne peut pas faire abstraction de la personne d’lécrivain, botaniste, historien de la musique, précepteur et compositeur Ludwig Köchel (1800-1877), auteur du catalogue des oeuvres de Mozart. Il convient également de mentionner diverses personnalités du monde musical dont le parcours est lié d’une manière ou d’une autre à Krems. Ainsi, la grand-mère de W. A. Mozart , Eva Rosina Barbara Pertl, était originaire de Stein, où elle naquit en 1681 en tant  fille du notaire impérial et greffier Dominikus Altmann. La fille du boulanger de Krems, Maria Anna Laager, fut la mère de Franz Liszt. L’acquisition du domaine de Gneixendorf sur la rive droite du fleuve par son frère  et pharmacien Johann Ludwig van Beethoven, l’amena dans ce château où il fit son dernier séjour à la campagne du 29 septembre au 1er décembre 1826.
En tant que ville au rayonnement important sur les environs, il est également compréhensible que Krems ait accueilli en ses murs des facteurs d’orgues et de violons. La facture d’orgues y était représentée par la société Hradetzky jusqu’à une époque récente.

Source :
Ernst Englisch, Art. « Krems », in: Oesterreichisches Musiklexikon online, begr. von Rudolf Flotzinger, hg. von Barbara Boisits (letzte inhaltliche Änderung: 14.3.2004, abgerufen am 5.3.2024), https://dx.doi.org/10.1553/0x0001d5fe

KREMSER, Eduard (1938-1914)
Am blauen Donaustrand, lieder (Kremser Album, Band II, 1913)
Compositeur, arrangeur, chef de choeur, chef d’orchestre autrichien né à Vienne. Il collecta, à la demande de la municipalité, les lieders et les oeuvres instrumentales de musique populaire viennoise et les publia sous forme d’albums. Cette musique est au au coeur de la tradition musicale populaire de la capitale autrichienne. Eduard Kremser fut membre d’honneur de la prestigieuse « Wiener Gesellschaft der Musik » (Société Viennoise de la Musique).

KREUTZER, Conradin (1780-1849)
Compositeur et chef d’orchestre allemand du début du début du romantisme, né à Meßkirch dans le Bade-Würtemberg, au sud du Danube. Il occupe le poste de Kapellmeister de 1818 à 1821 chez le prince Karl Egon II de Fürstenberg à Donaueschingen sur le Danube. Il composa l’opéra Melusine sur un texte du poète et dramaturge autrichien Franz Grillparzer (1791-1872) que devait mettre initialement en musique Beethoven (voir également à Beethoven).

KUSSER (Cousser), Johann Sigismund (1660-1727)
   Violoniste et compositeur né à Presbourg (Bratislava) de réputation difficile qui voyage en Allemagne, en Angleterre et en Irlande après six années d’études avec Lully à Paris (où on le connaissait sous le nom de Cousser). Sa maîtrise du style orchestral français avait fait de lui quelqu’un de très recherché. En 1682, il publie un recueil d’ouvertures pour orchestre et d’airs (Composition de musique suivant la méthode française), et sera rapidement engagé par la cour d’Ansbach pour faire travailler son orchestre.
En 1690, il prend le poste de Kapellmeister d’opéra à la cour de Brunswick-Wolfenbuttel mais la quitta brusquement pour Hambourg après s’être querellé aussi bien avec le poète de la cour qu’avec le directeur de l’Opéra. Il s’en tire à peine mieux à Hambourg, où il se dispute avec le directeur de l’Opéra, Jakob Kremberg, qui refuse à J.S. Kusser l’utilisation de son théâtre la création de son opéra Porus (1693). À la consternation de Kremberg, Kusser produit son œuvre ailleurs avec grand succès. Deux ans plus tard, J.S. Kusser prend sa succession de J. Kremberg à l’Opéra de Hambourg, dont il rehausse le niveau et élargit le répertoire avec des oeuvres de Carlo Pallavicino et Agostino Steffani. Il préfère cependant monter bientôt une compagnie itinérante à la tête de laquelle il se produit dans les villes de l’Allemagne méridionale (Nuremberg, Augsburg, Stuttgart et Munich) en 1697-1698. Il retourne à Stuttgart en 1700 comme Oberkapellmeister et publie deux autres recueils de suites pour orchestre. L’année suivante, il part en Italie recruter des musiciens mais finit par se brouiller avec ses collègues et en 1704 démissionne pour aller tenter sa chance en Grande-Bretagne et en Irlande, où il passe les vingt-deux années suivantes, d’abord comme précepteur privé à Londres puis comme maitre de chapelle du Trinity College de Dublin (1711) et comme Master of the Musick du roi en Irlande (1717). On a peu d’informations sur ses années en Angleterre et en Irlande. Plusieurs de ses oeuvres sont conservées au département de musique de la Bibliothèque Nationale de France.
Sources :
SADIE, Julie Anne (sous la direction de), Guide de la musique baroque, Fayard, Paris, 1995

KUSTARICA, Emir (1954)
« Oh Danube, ma Danube ! »

On connait la passion du réalisateur pour les musiques des Balkans, sa proximité et sa complicité avec de nombreux instrumentistes !
« Oh Danube, ma Danube ! »
Emir Kustarica & friends, BMG Music
Un enregistrement réalisé avec The No Smoking Orchestra et la Fanfare Ciocarla.

LANNER, Joseph (Franz Karl) (1801-1843)
Compositeur et violoniste viennois qui est avec son ami Johann Strauss I le plus grand compositeur de danse de l’époque Biedermeier. Les deux musiciens sont d’ailleurs surnommés les pères de la valse viennoise.

LǍTĂRETU, Maria (1911-1972)
Dunare cu valuri line, Le Danube avec ses douces vagues, chanson
Chanteuse populaire roumaine, contemporaine de Maria Tǎnase

LEHÁR, Franz (1870-1948)
An der graue Donau, (Sur le beau Danube gris), valse

Dernière valse de concert composée par F. Lehár en réaction aux désillusions et à l’incompréhension que tous les amateurs de cette danse ressentaient devant l’évolution des goûts, elle est le miroir de l’histoire grandiose de ce genre. Ironiquement, le compositeur lui donna le nom de Sur le beau Danube gris.

Franz Lehár

« À Komorn [Komárno] une autre plaque, en deux langues, informe qu’ici est né Franz Lehár, maître d’un illusionnisme au carré et d’une musique de consommation dans laquelle la nostalgie des valses de Strauss, malgré une maestria pleine de gaité, se corrompt en une vulgaire désinvolte. L’illusionnisme de l’opérette, qui réduit la vie à la réplique « Garçon ! du champagne ! » ne cache pas cependant que ce n’est là qu’un brillant mensonge, le masque et la simulation du brio. Cette industrie du cynisme galant et sentimental, c’est du carton-pâte, qui, sans se donner de grands airs, détourne du sérieux de la vie. »
Claudio Magris, « Tristement magyar », in Danube, Gallimard, Paris 1988

Compositeur austro-hongrois né au bord du Danube à Komárom, (Komárno, aujourd’hui en Slovaquie) et mort à Bad Ischl (Autriche). D’abord violoniste, puis chef de divers orchestres militaires dont ceux de Budapest (1898) et de Vienne (1899-1902), Franz Lehár se tourne finalement vers l’opérette et trouve là sa véritable voie. Il obtient déjà un franc succès avec son opéra Kukuška (Leipzig, 1896) et parvient à la gloire avec Die lustige Witwe, (La veuve joyeuse,Vienne, 1905), une des opérettes les plus jouées au monde avec celles de Johann Strauss. Suivent notamment Der Graf von Luxemburg (Le Comte de Luxembourg, Vienne, 1909), Der Zarewitsch et son hymne à la Volga, (Le Tsarévitch, Berlin, 1927) et Das Land des Lächelns, (Le Pays du sourire, Berlin, 1929). On décèle dans ces œuvres non seulement de fortes influences slaves, mais aussi celles du patrimoine de musiques populaires des pays d’Europe centrale.
F. Lehár eut recours aussi bien à la valse viennoise qu’à des danses plus modernes et fit appel au grand orchestre romantique enrichi parfois d’instruments inhabituels comme le célesta ou la balalaïka. Il fut le premier à faire chanter certains airs sur des évolutions chorégraphiques. Franz Lehár a également composé des musiques de film, deux concertos pour violon, des sonates pour piano, quelques soixante-cinq valses, plus de cinquante marches et quatre-vingt-dix mélodies.

LEONARD, Herbert (1945)
Il neigeait sur le Danube bleu, chanson (1967)
Chanteur de variété français
https://youtu.be/nX3NI2fu9zc

LEOPOLDI, Hermann (1888-1959)
An der schönen roten Donau
Badesaison an der schönen blauen Donau
(parodie sur la valse éponyme de Johann Strauss II)
Pianiste, compositeur, humoriste et cabarettiste viennois fondateur en 1922 du cabaret Leopoldi-Wiensenthal qui deviendra une scène incontournable de la capitale autrichienne et sera fréquenté par de nombreux artistes parmi lesquels Karl Valentin, Armin Berg, Hans Moser, Max Hansen… Mais l’établissement doit fermé dès 1925 pour des raisons financières. Avec sa partenaire de scène d’origine russe, Betja Milskaja, ils se produisent dans toute l’Europe. H. Leopoldi devient l’un des compositeurs de lieders viennois et de chansons les plus populaires de son époque, écrivant ses mélodies sur des textes de Peter Herz, Rudolf Skutajan, Theodor Waldau, Robert Katscher, Fritz Rotter, Hans Haller… Fuyant l’Anschluss en 1938, le couple est refoulé à la frontière tchécoslovaque qui a été fermée et doit rentrer à Vienne. Arrêté peu de temps  après H. Leopoldi est déporté à Dachau puis à Buchenwald d’où il est libéré. Il peut alors, aidé par sa belle-famille, rejoindre sa femme partie au USA et poursuivre ses activités musicales en s’adaptant à son nouveau contexte, composant également des chansons en anglais et se produisant avec sa nouvelle partenaire new-yorkaise, Helly Möslein, dans des cafés d’exilés de langue allemande comme « l’Old Vienna » ou  le « Viennese Lantern » et dans d’autres ville américaines. L. Hermani accompagné de Helly Möslein peut revenir en Autriche en 1947 où il reprend ses activités et se produit dans tout le pays.
https://youtu.be/Qd-SddEdpYU

LISAC, Josipa (1950)
Gdje Dunav ljubi nebo…
Chanteuse croate né à Zagreb

LISZT, Franz (1811-1886)
Missa solemnis « Graner Messe » (Messe de Gran), écrite pour la consécration de la Basilique saint-Adalbert d’Esztergom en 1856.
   Le compositeur est né à Doborján en Hongrie (aujourd’hui Raiding dans le Burgeland autrichien) le 22 octobre 1811 et meurt à Bayreuth le 31 juillet 1886. Son père, Adam Liszt travaille comme intendant d’un domaine voisin du prince Esterházy. Sa mère, Maria Anna Lager est la fille d’un boulanger autrichien établi à Krems dans la Wachau, au bord du Danube d’où est également originaire une partie de la famille de Mozart. Aussi, il serait plus juste de parler à l’égard de Liszt, bien qu’il ait toujours revendiqué ses racines hongroises, d’un compositeur austro-hongrois.
Il reçoit ses premières leçons de piano avec son père et, en 1820, joue à Sopron et à Pozsony (Presbourg, Bratislava) dans le palais du prince Esterházy. L’année suivante, son fils obtient une bourse auprès de l’aristocratie hongroise. Adam Liszt l’accompagne à Vienne. Le jeune musicien prend des cours de piano avec le virtuose  Carl Czerny ( ) pour le piano et de composition avec Antonio Salieri. Le 13 avril 1823 il joue à Vienne et à Pest et fait une forte impression. En automne de cette même année, sa famille s’installe à Paris mais le directeur du conservatoire de l’époque, le compositeur Luigi Cherubini refusera de l’admettre comme élève. Franz Liszt reste malgré tout à Paris et étudie auprès de Ferdinando Paer et d’Antoine Reicha, un compositeur originaire de Bohême émigré en France, professeur au conservatoire.
En 1825 a lieu à l’Opéra de Paris la création de son oeuvre lyrique en un acte, Don Sanche. Le compositeur publie des Études pour piano en 1826. Jusqu’à la mort de son père (1827). Liszt voyage, donne des concerts en France, en Angleterre, en Suisse et vit de leçons de musique. Les événements de 1830 lui inspirent une esquisse de symphonie révolutionnaire.
La première audition de la Symphonie Fantastique fait sur le jeune musicien une forte impression. Il écoute Paganini en 1831 et Chopin l’année suivante se  lie d’amitié avec lui et rencontre Alphonse de Lamartine, Victor Hugo, Heinrich Heine et Hector Berlioz.
Le musicien hongrois fait également la connaissance de George Sand en 1834 et entre  dans le cercle artistique de Marie d’Agoult, comtesse de Plavigny avec laquelle il s’installe à Genève. Le musicien enseigne le piano au conservatoire de la ville. Leur fille Blandine nait le 18 décembre 1835. Après sa séparation d’avec le musicien, Marie d’Agoult publiera, sous le pseudonyme de Daniel Stern, des romans, des articles sur la musique, l’art, la politique et sur la révolution de 1848. Elle prend partie en faveur de la démocratie, de l’émancipation des femmes et tient en même temps un salon mondain très célèbre à Paris. Liszt revient plusieurs fois dans la capitale française, puis, à l’automne 1837, réside avec Marie d’Agoult à Bellagio (Italie) où nait leur seconde fille Cosima (qui épousera le chef d’orchestre Hans Bülow en 1857, puis Richard Wagner en 1870). Le couple séjourne et voyage en Italie (Rome, Milan, Venise) jusqu’à la fin de 1839.
Une tournée de concerts qui débute par un récital à Vienne a lieu cette même année en solidarité avec les habitants de Pest, victimes d’une immense crue du Danube au printemps 1838 et d’une épidémie de peste. Pest fut à cette occasion presque entièrement détruite, une des plus terribles inondations que connut la ville et la Hongrie. Le gouvernement hongrois qui siégeait encore alors à Presbourg (Bratislava), doit en appeler à la solidarité internationale. Marie d’Agoult étant tombée malade, Liszt préfère retourner avec elle en Italie ou leur troisième enfant, Daniel naît le 9 mai 1839 à Rome.
À partir de décembre 1839, de nouveaux voyages le conduisent en Hongrie et  en Europe. Le compositeur accepte le titre de titre de Maître de chapelle à la cour de Weimar. En 1846 qui le conduit en Hongrie, se termine par des concerts en Russie (Kiev, Odessa, Elisabethgrad). Les années 1839-1844 sont celles de sa consécration comme virtuose du piano. Il devient le pianiste le plus admiré et le mieux rétribué du moment. Il est invité en novembre 1843 chez les princes Furstenberg dans leur château de Donaueschingen dont le parc abritent les sources officielle du Danube et y compose des Ländler pour piano qui sont probablement un « souvenir musical » adressé à la princesse Amalie von Fürstenberg (1795-1869), princesse de Bade et épouse du prince Carl qui était, tout comme son mari, une grande mélomane. En 1844, le compositeur se sépare de Marie d’Agoult et inaugure une liaison avec la princesse Sayn-Wittgenstein, née Carolyne Ivanovska et épouse d’un prince russe.
Les journées révolutionnaires de 1848 lui  inspirent Les Forgerons, la cantate Ungaria, l’Arbeiterchor. En février il s’installe à Weimar où Carolyne von Sayn-Wittgenstein le rejoint. Il dirige les premières représentations de nombreux opéras, en particulier Lohengrin de Richard Wagner, le 28 août 1850. C’est à Weimar  qu’il va composer ses douze poèmes symphoniques, les symphonies Faust et Dante, les concertos pour piano, les Rhapsodies hongroises, les deux premiers volumes d’Album d’un voyageur, une sonate et de la musique religieuse.

Franz Liszt (1811-1886)

   Le musicien démissionne du poste de directeur de la musique de la cour de Weimar en 1858 et se brouille avec Wagner l’année suivante. En 1860, Joseph Joachim et Johannes Brahms publient dans le journal « Echo » de Berlin leur célèbre condamnation de la « Neudeutsche Schule » et par conséquent des musiques de Liszt et de Wagner. En octobre 1861,Liszt peut se marier religieusement. Il quitte Weimar et donne désormais à sa vie et à son oeuvre une tournure mystique, peut être sous l’influence de sa compagne, composant La Légende de Sainte-Elisabeth de Hongrie, l’Oratorio Christus, la Missa choralis, la Messe hongroise du couronnement et le Requiem.
   Il ouvre un cours annuel de perfectionnement au piano à Weimar en janvier 1869  tout en continuant à séjourner chaque année en automne à la Villa d’Este à Tivoli. En 1871, on le nomme Conseiller royal de la cour de Weimar. Le cinquantenaire de sa carrière a lieu à Budapest où on l’acclame et lui offre la présidence de la toute nouvelle Académie de musique de la capitale hongroise créée cette  même année (1875). Le compositeur mourra en juillet 1888 pendant son séjour à Bayreuth, à l’occasion des représentations des opéras de Wagner.

Franz Liszt,  source Fortepan, Bibiothèque Nationale de France

À propos de la Missa Solemnis dite « Graner Messe« 
F. Liszt écrit sa Missa Solemnis dite Graner Messe pour la consécration en 1856 de la basilique saint-Adalbert d’Esztergom (Gran en allemand) sur le Danube et le Psaume XIII. Le projet nait d’abord en 1846 lors d’une visite à Pécs à la demande de l’évêque de cette ville qui souhaite consacrer la cathédrale nouvellement reconstruite. Liszt accepte mais l’oeuvre reste au niveau d’un projet. Ce même évêque est nommé trois ans plus tard archevêque d’Esztergom sur le Danube.

La basilique saint-Adalbert d’Esterzgom en 1972, source : Fortepan, Urbán Tamás

La basilique reconstruite sur les ruines de celle détruite par les Ottoman aux XVIe et XVIIe siècles doit être consacrée et l’archevêque rappelle sa promesse au compositeur. En février 1855, la messe est achevée (lettre à Richard Wagner du 2 mai 1855). Cette oeuvre du fait d’intrigues menées par le comte Leo Festetics, compositeur amateur et qui se prétendait l’ami de F. Liszt, faillit ne pas être exécutée. La création a lieu le 31 août 1856. Mihaly Mosonyi (Michael Brand, 1815-1870), un compositeur que F. Liszt considérait comme le plus doué des compositeurs hongrois de musique sacrée ( « Il ne faut jamais oublier ce que la musique hongroise lui doit ! » F. Liszt), écrivit les parties variables de la messe (elles ne furent toutefois pas jouées lors de la création) et participa comme contrebassiste à la création de l’oeuvre sous la direction du compositeur.

Michael Brandt Mihály Mosonyi (1815 – 1870)

Pour en savoir plus…
liszt-franz.com


LOCKWOOD, Annea (1939)

A sound map of the Danube, 2008
3 CD Lovely Music, LCD 2083, 162 mn
Compositrice américaine née en Nouvelle-Zélande, étudie la composition au Royal College of Music et la musique électronique en Allemagne à Darmstadt avec Gottfried Michael Koenig (1926), à l’École supérieure de musique de Cologne et en Hollande. Professeure émérite au College Vassar (USA). Sa posture de compositrice progressiste et l’étendue de ses champs d’intervention lui ont permis d’expérimenter dans de nombreux domaines musicaux, seule où avec des chorégraphes, des poètes et des plasticiens. À partir des paysages sonores microtonaux, électro-acoustiques et de la musique vocale, elle a également exploré et révélé des espaces jusque-là inconnus ou négligés dans la musique contemporaine. Ses oeuvres ont  été jouée dans le monde entier.
Comme son nom l’indique « A sound map of Danube » est constitué d’une série d’enregistrements de sonorités polyphoniques de l’environnement du Danube sur 59 sites différents, de ses sources jusqu’à la mer Noire avec 13 interviews de personnalités liées au fleuve.
https://youtu.be/qwsnWZ4dwz0

LOUBÉ, Karl (1907-1983)
Der Donaudampfschiffahrtskapitän, Tango
Pianiste, compositeur, arrangeur, chef d’orchestre, directeur de théâtre, producteur radiophonique, né en Moravie du sud et mort à Klosterneuburg, près de Vienne. Il commence ses études de composition à Brno sous la direction de Leoš Janáček (1854-1928) puis à Vienne où il joue dans des boites de nuit au début de sa carrière et deviendra chef d’orchestre au Burgtheater et directeur du Stadttheater  (1947). Karl Loubé fonde son propre orchestre de danse en 1949 avec lequel il interprète un vaste répertoire tout en composant opérettes, comédies musicales, musiques de danses, de films et pour la télévision et lieders dont certains sont devenus très populaires tel le tango Der Donaudampfschiffahrtskapitän. On peut considérer ce musicien comme le successeur de Johan Strauss II.

MAHLER, Gustav (1860-1911)
Situé à la période charnière du XIXe et du XXe siècles, Gustav Mahler initie la transition vers le post-romantisme et le modernisme. Le compositeur autrichien bouleverse le genre symphonique et devient l’un des symboles du romantisme exacerbé.
Issu d’une famille juive modeste de Bohême du sud, Gustav Mahler étudie au Conservatoire de Vienne où il suit notamment les cours d’harmonie de Robert Fuchs et de composition de Franz Krenn. C’est à cette occasion qu’il rencontre Bruckner. Mahler occupe ensuite différents postes de chef d’orchestre et de directeur musical en Europe centrale et en Autriche. Son génie de l’orchestration est remarqué lorsqu’il dirige Mozart, Beethoven et Wagner à l’opéra de Prague, salle qu’il quitte en raisons de conflits avec l’administration et les musiciens. Sa nomination comme directeur musical de l’opéra de Vienne, capitale alors en pleine ébullition artistique, constitue l’apogée de sa carrière. Dans le désaccord qui oppose les conservateurs (brahmsiens) aux progressistes (wagnériens), Gustav Mahler choisit son camp, celui de Wagner, compositeur qui le fascine par la révolution musicale qu’il porte. Victime d’antisémitisme malgré sa conversion et son épanchement pour le mysticisme catholique, il quitte Vienne et fini sa carrière à l’orchestre philharmonique de New York.
Par leurs dimensions monumentales, la démesure de l’effectif orchestral, la volonté d’embrasser un monde, les symphonies de Mahler constituent des chefs d’œuvre du romantisme. Jouant sur les contrastes entre trivialité et gravité, il excelle dans l’écriture contrapuntique, libre, dissonante et de plus en plus audacieuse.
De son vivant, c’est davantage son talent orchestral que son génie de compositeur qui sera célébré. Par l’évolution subtile de principes à laquelle son œuvre participe, il influence notamment Schönberg ou Chostakovitch.

L’œuvre de Mahler en 6 dates :

  • 1884-1885 : Lieder eines fahrenden Gesellen (Chants d’un compagnon errant)
  • 1888-1896 : Symphonie numéro 1 «Titan»
  • 1888-1894 : Symphonie numéro 2  «Résurrection»
  • 1901-1904 ; Kindertotenlieder (Chants pour des enfants morts)
  • 1903-1904 : Symphonie numéro 6 «Tragique»
  • 1908-1909 : Das Lied von der Erde (Le Chant de la Terre)

La vie de Mahler en 6 dates :

  • 1883-1885 : second Kapellmeister à l’Opéra de Kassel, rencontre Johanna Richter à qui il dédie les Lieder eines fahrenden Gesellen.
  • 1886 : dirige à l’opéra de Prague des représentations de Mozart, Gluck, Beethoven et Wagner
  • 1888-1891 : directeur musical de l’Opéra Royal de Budapest.
  • 1897- 1908 : dirige l’opéra de Vienne.
  • 1901 : épouse Alma Schindler.
  • 1908 : dirige au Metropolitan Opera de New York.Sources : Radio France, France-Musique : www.francemusique.fr

MANDICEVSCHI, Eusebie (1857-1929)
Compositeur, chef d’orchestre, chef de choeur et musicologue autrichien originaire de Bucovine et mort à Vienne, plus connu sous le nom de Eusebius Mandyczewski.

MARTINI, Jean-Paul Egide (1741-1816)
Ce contemporain de Joseph Haydn, né en Allemagne à Freystadt, à fait ses études au séminaire jésuite de Neuburg/Donau puis s’est installé en France où il occupa des fonctions importantes pour l’ancien régime et à la Restauration. Son oeuvre est aujourd’hui complètement tombée dans l’oubli à l’exception notoire de sa chanson Plaisir d’amour. 

MASQUELIER, Franck
Souvenir des rives du Danube,  pièce pour violoncelle et piano, Éditions Da Camera, 2019

MORENO (?)
Les flots du Danube, d’après l’oeuvre de I. Ivanovici
Musicien tsigane, guitariste, originaire de l’est de la France.
Ce fleuve métaphorique ne serait-il pas, avant tout celui des tsiganes, des minorités et de tout être humain qui se confronte durant toute son existence à l’absurdité des frontières ?
Les flots du Danube (CD Moreno Boléro – 1996, CDAL 175)

MONTEVERDI, Claudio (1567-1643)
   Mais que diable vient faire le musicien italien dans cette liste de compositeurs liés au Danube ?
C. Monteverdi est entré au service du duc de Mantoue et de Montferrat, Vincenzo Ier (1562-1612) en 1590, noble au service duquel il restera fidèle jusqu’à sa mort. Vincenzo Ier fait partie des armées impériales qui font le siège et reprennent Strigonia (Esztergom) en 1595 et C. Monteverdi l’a accompagné à sa demande. La ville sera reconquise par les Ottomans (1605) qui en seront définitivement expulsés en octobre 1683 par une coalition de troupes catholiques.

Strigonia (Esztergom) Gravure de Joris (Georg) Hoefnagel (1542-1601), 1595

MOSCOPOL, Jean (1903-1980)
   Né au bord du Danube en 1903 à Brăila dans une famille d’origine grecque, J. Moscopol montre des talents musicaux précoces. Il exerce différentes professions avant de choisir une carrière d’artiste en 1929. Il rejoint une troupe d’opérette bucarestoise puis parcourt le pays en tournée avec l’acteur Ion Manolescu et enregistre pour La voix de son maître environ 300 chansons. Invité à Berlin il est accompagné par des orchestres réputés et prendra aussi des cours de chant classique.
Après guerre, ayant une sainte horreur du communisme, il choisit l’exil, avec l’aide de l’actrice Elvira Popesco, s’établit brièvement en Grèce, en Allemagne et en France pour enfin s’installer aux États-Unis.
À New York, Jean Moscopol ne retrouvera toutefois pas sa célébrité d’avant-guerre et doit s’investit dans la vie de la diaspora roumaine dont il dirige la communauté de l’église Sfântu Dumitru. Il ne retourne au chant que pendant la décennie 1970, encouragé par le directeur du quotidien Universul Aristide Buhoiu et meurt en exil en 1980.
Le régime communiste a voulu effacer l’existence de cet artiste de la mémoire collective roumaine. Son expérience de chanteur  dissident ne pouvait naturellement qu’exciter la colère de la censure totalitaire.
Un  double CD a été édité par Star Media Music, réf. SMM 008 « Jean Moscopol – Cântece de dragoste / Balade şi cuplete anticomuniste ». Ţară comunistă (Pays communiste) est une mise en dérision des pratiques dictatoriales.
Sources :
Alain Chotil-Fani
http://souvenirsdescarpates.blogspot.fr/
moscopol.blogspot.com

MOSONYI, Mihály (1815-1870), baptisé Michael Brand
Article en cours d’écriture
Compositeur hongrois ami fidèle de F. Liszt qui l’invita à écrire deux mouvements de sa Messe de Gran et de F. Erkel ayant écrit trois opéras, des messes, des cantates, des choeurs, des lieders, des oeuvres symphoniques, de la musique de chambre (quatuors à cordes, des pièces pour piano) des transcriptions…  
Schifflieder 1854
Libera me de la messe n°4 en la majeur
https://youtu.be/X10_P0S5oLU?feature=shared

MOZART, Wolfgang Amadeus (1756-1791)
Gehn wir im Prater, gehn wir in d’Hetz
Canon KV 558 (2 septembre 1788)
https://youtu.be/BoL2NUnldDU 
   Bien que né à Salzbourg, ville culturellement pétrie d’influence italienne grâce à ses princes-archevêques, baignée par les eaux vives de la Salzach, un sous-affluent alpin de la rive droite du Danube, autrefois importante voie commerciale et de transports de matières premières (bois et sel) et de marchandises, Mozart a passé une grande partie de sa courte vie dans la capitale de l’empire des Habsbourg. Ce séjour a été entrecoupé de nombreux périples avec sa famille à travers l’Europe. Quelques liens rattachent Mozart au fleuve et à ses rives allemandes, autrichiennes, slovaques et hongroises en particulier les parfois très brèves haltes qu’il fait lors de voyages avec sa famille à Donaueschingen dans le château des princes de Furstenberg (à l’endroit même où le Danube prend officiellement ses sources sous les fenêtres depuis lesquelles le jeune musicien a sans doute contemplé le parc élégant et le bassin natif du Danube), Ulm, Günsburg, Dillingen, Regensburg (Ratisbonne), Passau, Linz, Mauthausen, Ybbs, Melk, Stein, Vienne, Presbourg et Budapest.

Maison Mozart Linz

La « Mozarthaus » à Linz, photo Danube-culture, © droits réservés

La grand-mère maternelle du compositeur, Eva Rosina Barbara Altmann (1681-1755) qui se mariera pour la seconde fois avec Nikolaus Pertl de Sankt-Gilgen, le grand-père maternel du compositeur, était originaire de Stein/Donau en Wachau (Basse-Autriche) tout comme, étonnante coïncidence, Ludwig von Köchel (1800-1877), musicologue, chercheur, botaniste et auteur du catalogue des oeuvres de Mozart. Nikolaus Pertl est décrit dans la littérature scientifique mozartienne comme un père de famille à la fois simple et chaleureux aimant jouer s’amuser et chaleureux. Cet héritage du côté maternel pourrait avoir été en partie responsable des « traits naïfs, drôles et enfantins » qui caractérisait l’esprit de Mozart comme l’écrit le musicologue Alfred Einstein. C’est à Sankt-Gilgen, au bord du Wolfgansee (sic!), dans le Salzkammergut où le couple a déménagé, que naîtra leur fille Anna-Maria Walburga (1720-1778), mère du compositeur, un personnage discret mais central dans l’enfance et l’évolution du jeune prodige et dont on se souviendra qu’elle décède à Paris à l’âge de 57 ans. Le registre de sépulture de l’église Saint-Eustache dans laquelle a lieu l’enterrement mentionne à la date du 3 juillet 1778 que « le dit jour, Anne-Marie Perlt, âgée de 58 ans, femme de Léopold Mozart, maître de chapelle de Salzbourg en Bavière, décédée hier rue du Gros-Chenet, a été inhumée au cimetière en présence de Wolfgang Amadi Mozart, son fils, et de François Haina, trompette de chevau-légers de la garde du roi. » La tombe du petit cimetière a malheureusement disparu. Une plaque commémorative apposée dans l’église en 1953 rappelle cet évènement, un évènement qui a laissé longtemps un souvenir douloureux au compositeur bien mal entouré par ses protecteurs parisiens dans ces instants tragiques.
Une promenade sur les traces des familles Mozart et Köchel  à Krems/Stein est proposée par l’office du tourisme :
www.musikinkrems.at
Mozart s’est rendu accompagné de sa famille à Vienne dès l’âge de six ans. Les voyages vers la capitale autrichiennes leur donneront l’occasion de descendre sur le Danube en coche d’eau ordinaire comme le faisait la plupart des voyageurs peu fortunés de cette époque. Un voyage qui pouvait réserver parfois de bonnes mais aussi de mauvaises surprises.

Plaque commémorative sur les murs de l’église paroissiale rappelant le séjour de la famille Mozart (Wolfgang, sa soeur, Nannerl et son père Léopold) à Mauthausen, du 4 au 5 octobre 1762. Mozart est alors âgé de 6 ans. Photo © Danube-culture, droits réservés

« N’avez-vous pas pensé que nous serions déjà à Vienne, alors que nous sommes toujours à Linz ? Demain, si Dieu le veut, nous continuerons notre chemin par le coche d’eau ordinaire. Nous serions déjà arrivés si nous n’avions été contraints de nous arrêter, bon gré, mal gré, 5 journées entières à Passau… »
Leopold Mozart à Lorenz Hagenauer à Salzbourg, de Linz le 3 octobre 1762

C’est sur un coche d’eau semblable à celui-ci que la famille Mozart voyage sur le Danube

C’est le lundi 20 septembre 1762 que la famille Mozart arriva à Passau à cinq heures du soir. Léopold obtient que son fils joue devant le prince-évêque de Passau, Joseph Maria, comte von Thun-Hohenstein (1713-1763), en sa présence. Wolfgang reçoit pour sa prestation un ducat d’or. Contrairement à l’intention initiale de son père, le séjour à Passau dura cinq jours, la faute en étant au prince-évêque comme l’écrit Leopold Mozart dans l’extrait de sa lettre ci-dessus. Sa sœur, Maria Anna, âgée de onze ans et qui n’a pas accompagné son frère pour son audition devant l’évêque, se rend en pèlerinage à Maria-Hilf sur la base d’une promesse faite à la femme de ménage. Le dimanche 26 septembre, la famille s’embarque enfin pour Linz en compagnie du chanoine de Passau, le comte Herberstein.
Il est surprenant que la famille Mozart n’ait pas donné de concert à Passau. Mais elle aurait eu besoin pour cela de l’autorisation du Spielgraf, qui était à l’époque l’organiste de la cathédrale de Passau et vice-maître de chapelle, Vinzenz Schmid. Léopold en a-t-il fait la demande ?
Les Mozart, après Passau et Linz où Wolgang est malade, s’arrêteront ensuite à Mauthausen (qu’on peut traduire en français par Bourg-de-péage, sur la rive gauche) où le jeune compositeur aurait également joué sur l’instrument de l »église paroissiale puis à Ybbs/Danube (rive droite) au monastère franciscain le 5 octobre 1762. Là, à stupéfaction des moines, il improvise sur les orgues :
« Monsieur mon très cher ami,
Le jour de la Saint-François, nous avons quitté Linz par le coche d’eau ordinaire et sommes arrivés le soir même à 7 heures et demie à Mauthausen, par une nuit très noire. Le mardi suivant, nous sommes arrivés à Ybbs, où deux frères mineurs et un bénédictin, qui étaient avec nous sur le bateau, ont dit une messe au cours de laquelle notre Wolferl se déchaina à l’orgue et joua si bien que les pères franciscains qui étaient à table avec quelques hôtes, laissèrent là leur repas, tout comme leurs invités, se précipitèrent dans le choeur et faillirent mourir d’étonnement… »
Leopold Mozart  à Lorenz Hagenauer, Vienne, le 16 octobre 1762

Le jeune Mozart sur les orgues du couvent franciscains d’Ybbs/Donau, d’après un dessin de Karl Offterdinger (1829-1889)

Enfin les 13 et 21 octobre, Wolfgang et sa soeur se produisent tous les deux devant l’impératrice Marie-Thérèse à Vienne.
Leopold Mozart écrit dans cette même lettre que l' »on fait beaucoup de bruit au sujet des remous et tourbillons » [vraisemblablement ceux de la Strudengau en aval de Grein] que cela n’en vaut pas la peine. Nous en reparlerons en son temps… »
En revenant de Vienne lors d’un second voyage, en 1767, les Mozart visitent incognito l’abbaye bénédictine de Melk en Wachau (rive gauche) mais l’enfant prodige, déjà célèbre, est reconnu lorsqu’il joue sur les orgues. Lors de leur voyage de retour en 1768, la famille est cette fois invitée à déjeuner par l’abbé.
Il n’existe pas d’oeuvre spécifique du musicien autrichien inspirée par le fleuve mais… qui sait ! Comme tout bon Viennois, Mozart eut l’occasion d’aller se promener dans le grand parc du Prater sur les bords du Danube, ouvert au public en 1766 par l’empereur Joseph II.
On se souvient que Mozart a été inhumé au cimetière Sankt-Marx de Vienne selon les règles strictes édictées par l’empereur Joseph II : bénédiction la veille devant une douzaine de personnes, transport le soir au Zentralfriedhof, inhumation communautaire le lendemain, absence de stèle. Les autorités ont bien essayé par la suite de récupérer sa dépouille, mais personne ne se souvenait plus avec certitude du lieu de la sépulture. En 1859, un monument fut érigé à l’emplacement supposé de sa tombe puis, en 1891, un cénotaphe au Zentralfriedhof.
« Que Vienne soit par excellence la ville de la musique, c’est la fausse rumeur qui persiste. En réalité, Vienne a envoyé Mozart et Vivaldi à la fosse commune, méconnu le génie de Schubert, ignoré celui d’Hugo Wolf, mené la vie dure à Mahler, contraint Schönberg à l’exil. Et tous, pour séduire un public à la fois cruel et frivole, se sont échinés à écrire dans un genre contraire à leur tempérament ».
Dominique Fernandez, La perle et le croissant, l’Europe baroque de Naples à Saint-Petersbourg, Plon, collection Terres Humaines, 1995

Vienne, capitale de la musique ?
Si Franz Schubert a malgré tout droit, en plus d’une rue, à un boulevard, le « Schubert Ring », ni Mozart (à qui la ville, a, en plus du nom d’une rue, a quand même fini par attribuer le nom d’une place en…1862, place sur laquelle une fontaine de la Flûte enchantée « Zauberflötebrunnen » a été installée en 1905, mieux vaut tard que jamais… ), ni Haydn (dont une seule rue porte le nom, la « Haydngasse » où se trouve son dernier domicile transformé en musée), n’ont eu droit à ce privilège. J. Strauss n’a pas non plus ni boulevard, ni place, ni rue mais seulement un chemin, le « Straussweg », tout comme Donizetti. Heureusement Franz Liszt a sa rue et il existe bien une Dvorakstrasse mais c’est celle de Max Dvorak, historien d’art.  Certes ces compositeurs ont leurs monuments commémoratifs mais Vienne peut-elle vraiment se prétendre la capitale de la musique ?

MUFFAT, Georg (1653-1704)
Compositeur et organiste d’origine savoyarde, élève de J. -B. Lully. Il occupe le poste d’organiste à la cathédrale de Strasbourg puis étudie à Ingolstadt, grande ville bavaroise sur le Danube, sollicite sans succès l’empereur Léopold Ier pour un poste de musicien à la cour de Vienne, séjourne à Prague, travaille à la cour du prince archevêque de Salzbourg Max Gandolf von Kuenburg comme organiste et musicien de chambre, voyage en Italie. Insatisfait de son poste à Salzbourg et de la relation avec le nouvel archevêque, il se tourne une nouvelle fois sans succès vers Vienne et obtient en 1690 le poste de Maître de chapelle de l’évêque de Passau Johann Philipp v. Lambert, poste qu’il occupe jusqu’en 1700. G. Muffat fait la synthèse dans ses excellentes compositions (Armonico tributo, 1682, Apparatus musico-organisticus, 1690…) des styles français et italiens. Ses quatre fils et plusieurs de ses petits-fils furent également musiciens et compositeurs.

MÜHLBERGER, Karl (1857-1944)

Karl Mühlberger (1857-1944)

Chef d’orchestre d’harmonies militaires autrichien et compositeur né en Wachau à Spitz/Donau. Karl Mühlberger a étudié avec le musicien tchèque Karel Komzák et au Conservatoire des Amis de la Musique de Vienne avec Josef Hellmesberger.

Sources :
www.vms.bz.it

NIKODIJEVIC, Marko
Cvetic, kucica… (Petite fleur, petite maison…)
Compositeur serbe contemporain, Marko Nikodijevic évoque dans cette oeuvre le dessin d’une petite fille kosovare de 5 ans dont le corps a été retrouvé dans le Danube en 1999.

NONO, Luigi (1924-1990)
Post-Prae-ludium per Donau (1987) pour tuba et électronique live
Oeuvre composée en 1987 et créé la même année dans le cadre du festival de musique contemporaine de Donaueschingen (Allemagne) et dédiée à Giancarlo Schiaffini. À l’occasion de la première, donnée le 17 octobre 1987 à Donaueschingen (d’où le nom du fleuve dans le titre), le compositeur écrivit : « Si le déroulement de la composition est arrêté dans les moindres détails, la notation en revanche ne sert que de base pour l’interprète. Les nouvelles possibilités techniques qu’offre un tuba à six pistons donnent l’occasion au musicien de produire accidentellement d’autres occurrences sonores au-delà de ce modèle. La transformation électronique des sons n’est introduite dans la composition qu’avec modération et de manière différenciée. Le joueur de tuba doit écouter tous les procédés d’amplification du son, les assimiler et y réagir. C’est cette interaction entre la notation préétablie, une nouvelle technique de jeu et la musique électronique live  qui donne naissance à une interprétation vivante. »
Sources :
Programme Ars Musica, 1992

PEJAČEVIĆ, Dora (1885-1923)
Compositrice austro-hongroise appartenant à une famille de la noblesse croate, née à Budapest.

PLEYEL, Ignace Joseph (1757-1831)

Ignaz Joseph Pleyel (1757-1831)

Pianiste, chef d’orchestre, compositeur, éditeur et remarquable facteur d’instrument contemporain  et ami de Mozart, né en Basse-Autriche sur la rive gauche du Danube, dans le petit village entouré de vignobles de Ruppersthal, aux portes de la Wachau en amont de Vienne. Il fut l’élève tout d’abord du compositeur et pédagogue tchèque établi dans la capitale autrichienne Jan Křtitel Vaňhal (1739-1813)  puis de Joseph Haydn à Eisenstadt. En 1777 le comte Ladislas Erdödy le prend à son service. Il voyage en Italie et prend ensuite à sa mort la succession de Franz Xaver Richter (1709-1789), musicien originaire de Moravie, comme Maître de Chapelle à la cathédrale de Strasbourg en 1789, se rend ensuite à Londres où il dirige les Professionals Concerts et interprète lui-même ses propres oeuvres. Pleyel semble avoir eu maille à partir avec les autorités révolutionnaires françaises en 1793 mais s’établit malgré tout à Paris en 1795, ouvre un magasin de musique et d’instruments et fonde sa propre maison d’édition. Il inaugure en 1808 sa fabrique de piano en y associant son fils Camille à partir de 1815.
Ce fût l’un des compositeurs les plus joués, publiés et arrangés de son temps. Une grande salle de concert de Paris porte son nom. On peut aussi visiter sa maison natale à Ruppersthal aujourd’hui transformée en petit musée géré par la Société Internationale Ignaz Pleyel.
Musée I. J. Pleyel de Ruppersthal et Société International Pleyel :
www.pleyel.at

PORUMBESCU Ciprian (1853-1883)

Zȃna Dunarii (La fée du Danube) pour piano
La malurile Prutului (Sur les rives du Prut), valse pour soliste, choeur et piano, 1877
Compositeur, violoniste, chef de choeur et pédagogue roumain né et mort, à l’âge de 29 ans en Bucovine. Il fut élève au conservatoire de Czernowitz (Bucovine austro-hongroise) et de Vienne où il suit les cours de Franz Krenn et d’Anton Bruckner. Ses oeuvres sont jouées par les orchestres populaires de la capitales et ses chansons sont reprises par les jeunes étudiants de son pays comme hymnes à la liberté.
En raison de ses convictions politiques en faveur de la Roumanie, il doit retourner en Bucovine. Son opérette Crai Nou (La nouvelle lune), écrite en 1882, devient une des oeuvres les plus jouées de ce répertoire dans les années 1900. Le conservatoire de Bucarest porte son nom.

PREINDL, Joseph (1756-1823), organiste et compositeur, professeur de piano et de chant, né à Marbach an der Donau (Basse-Autriche) la même année que Mozart. Son père est organiste. Il chante dans la maitrise d’enfants de l’abbaye de Mariazell auprès de Franz Xaver Widerhofer (1742-1799), part à Vienne dès l’âge de 16 ans comme organiste et devient l’élève de Johann Georg Albrechtsberger (1736-1809). En 1773, il exerce comme professeur à l’orphelinat puis tient les orgues de l’église Maria am Gestade  (Notre-Dame-du-rivage) deux années plus tard. En 1793, il est nommé organiste à l’église Saint-Pierre de Vienne et en 1797 à l’église Saint-Michel. Entretemps il est également devenu l’assistant de J.-G. Albrechtsberger à la cathédrale Saint-Étienne auquel il succèdera en 1809 comme Maître de chapelle. J. Preindl est citoyen de la ville de Vienne dont une rue porte son nom. Ce compositeur a écrit principalement de la musique d’église et des oeuvres pour orgue.

PTAK, Martin 
River Tales, « The endless stream of recurrence »
Musicien et compositeur autrichien né à Krems/Donau en Wachau.
« River Tales est une séquence de pièces instrumentales incarnant sous forme d’onomatopées la puissance et le débit du Danube. Tout au long de son parcours, le style évoque l’eau et les éléments de la nature. Stream est tout en tourbillons d’arpèges de piano courant sur les rochers. Wings fait s’envoler une mélodie de piano dans le style de Chopin sur un fond ensoleillé tandis que Storm inonde l’atmosphère de gros nuages ​​noirs menaçants aux cuivres. Une dramaturgie s’installe. L’oeuvre se partage dans une authentique synthèse de styles et de symboles. Un des sous-titres fait référence à des éléments autobiographiques. La jeunesse du tromboniste, pianiste et compositeur dans la ville autrichienne de Krems/Donau inspire une fusion confiante de la musique et de la mémoire. Les changements agités signalent le flux et la fluidité de l’expérience et sont évoqués dans de riches orchestrations de cordes. Les courants changeants de la séquence entrainent l’auditeur vers l’aval, parfois loin du rivage jusqu’au calme d’une paix intérieure. insaisissable. »
Le tromboniste, pianiste et compositeur Martin Ptak a passé sa jeunesse « an der schönen blauen Donau », dans la petite ville autrichienne de Krems (rive gauche), porte d’entrée de la Wachau. En descendant le fleuve vers aval depuis Krems, on arrive à la capitale historique musicale de Vienne en un peu moins d’une heure. L’eau, la musique et le vin ont fusionné dans cette étendue de terre depuis des temps immémoriaux. Ils coulent de même dans les contes musicaux fluviaux de Martin Ptak : musique de film et improvisations, souvenirs d’enfance et départs, effet de surface ou profondeur, choeur de trombones, tapisserie de cordes et multiples motifs pianistique. Une longue bande sonore des sources du fleuve jusqu’aux extrémités de son delta.
The source, Stream, Wings, Merging, Storm, Flood, Sinking, Darkstone, Cycle, Kanon, Panta Rhei.
Martin Ptak, piano, Albin Janoska, Fender Rhodes, harmonium, live-sampling, Julia Maly, violin (track 2, 10), Claus Riedl, violin, Lena Fankhauser, viola, Melissa Coleman, cello, Alois Eberl, Martin Riener, Dominik Stöger, trombone, Gerald Pöttinger, bass trombone, contrabass trombone, Franz Winkler, tuba (track 6, 8), Martin Eberle, trumpet solo (track 2, 4, 8), Alois Eberl, trombone solo (track 9) 

CD col legno WWE1CD20441

ROIZEN, Elena (1945-2007)
Chanteuse roumaine traditionnelle
Hai Dunărea mea (Viens mon cher Danube !)
https://youtu.be/8MjhenGOBLY

ROMAN, Elly (1905-1996)
Compositeur roumain d’origine juive d’opérettes, de comédies musicales et de nombreuses mélodies dont certaines ont connu un immense succès.
La ballade rythmique Ada-Kaleh conte les amours d’Aiseh et de Dragomir. Texte de Ștefan Tita, chanson interprétée par Gigi Marga, orchestre placé sous la direction de Teodor Cosma
https://youtu.be/1uG-UWyGdpU

« De veacuri Dunarea de-argint,
se despleteste povestind,
de prea frumoasa Aiseh
din Insula Ada Kaleh.

Soptea povestea c-a-ndragit
pe Dragomir, luntras vestit,
si in fermecatul serii ceas,
ei doi cântau cu dulce glas

Ada Kaleh, Ada Kaleh,
pe-al tau pamânt vrajit
ce minunat a-nflorit
iubirea floarei de cais
Ada Kaleh, Ada Kaleh,
tu cresti iubirea mea din vis

În calea primei lor iubiri
crescut-au grele împotriviri,
spuneau ai ei: « sa-i despartim »,
spuneau ai lui: « de neam strain »,

Dar nu, ei nu s-au despartit,
pe veci în valuri s-au unit,
si-n fermecatul serii ceas,
adâncul parca prinde glas

Ada Kaleh, Ada Kaleh,
pe-a-l tau pamânt vrajit
ce minunat a-nflorit
iubirea floarei de cais
Ada Kaleh, Ada Kaleh,
tu cresti iubirea mea din vis

Dar anii peste ani au nins,
si noi lumini azi s-au aprins,
azi Dragomir si-o Aiseh,
fac nunta in Ada Kaleh
Azi vietile lor s-au unit,
urmasii celor ce-au pierit,
si în fermecatul serii ceas,
rasuna dulce al lor glas

ROT Michaël (1955)
Am Donaustrand, arrangement (2016) pour voix et orchestre (piano) de la valse de Johann Strauss opus 356
Blau liegt Wien an der Donau pour  clarinette, cor, basson et cordes, opus 36, 1993Compositeur, arrangeur et écrivain autrichien, responsable de La « Neue Johann Strauss Gesamtausgabe », nouvelle édition scientifique et c
ritique intégrale en cours des oeuvres de J. Strauss junior, placée sous le patronage de l’Orchestre philharmonique de Vienne et publiée depuis 1995 par la Strauss Edition Wien. Cette démarche est basée précisément sur le catalogue complet des œuvres établi par M. Rot (Rot-Verzeichnis RV). Des partitions séparées, des extraits (ouvertures, arias), des réductions pour piano ainsi que du matériel d’interprétation, sont également disponibles pour toutes les œuvres déjà éditées.

RÓZSA Miklós (1907-1995)
Musique de film du Beau Danube Rouge (1949)
Compositeur hongrois né à Budapest qui émigra en 1940 au USA dont les musiques de films comme celles du Voleur de Bagdad (1940) de Ludwig Berger, Michael Powell et Tim Whelan, du Livre de la jungle (1943), de Zoltan Korda, réalisateur britannique d’origine hongroise, du Danube rouge (1949) de Georg Sidney (1916-2002) et de nombreuses autres, connurent un grand succès et furent également récompensées par plusieurs oscars de la meilleure musique de films (La Maison du docteur Edwardes, Othello, Ben-Hur). Le compositeur recevra également un César pour la musique du film La Providence (1977) du réalisateur français Alain Resnais. Outre les musique de film, Miklós Rózsa a également écrit des oeuvres symphoniques, des pièces concertantes, de la musique vocale (lieders, choeurs …) et de chambre, des oeuvres pour piano et plusieurs instruments solos, des arrangements de musiques de films pour des versions concert. Sa carrière professionnelle s’étend de 1918 à 1982 !
https://youtu.be/oFovRuC8GFQ?feature=shared

Miklós Rózsa (1907-1995)

RUBINSTEIN, Anton Grigoryevitch (1829-1894)
Compositeur, pianiste, chef d’orchestre et pédagogue éminent né en Ukraine
« Lorsqu’après 1871, je descendis le Rhin de Mayence à Rotterdam, j’eus l’impression que ce fleuve peut couler paisiblement ; ses luttes sont terminées, il n’a plus désormais qu’à laisser flotter au fil de ses eaux les ladies anglaises et les misses américaines qui notent au crayon, dans leur Baedecker, le roc de la Loreley, le Stolzenfels ou le Rolandseck… Mais lorsque j’ai descendu le Danube de Vienne à Galatz et que j’ai observé les passagers du bateau, où se trouvaient mélangés des Allemands, des Hongrois, des Serbes, des Roumains, des Turcs, des Russes, j’ai compris que là se jouerait encore une terrible tragédie, dont dépendra la paix de l’Europe. »
Pensées et aphorismes d’Anton Rubinstein, Le Ménestrel n°8 du 25/02/1900, p. 60

RÜEGG, Mathias (1952)
Donauwalzer, arrangement de la valse du Beau Danube Bleu de Johann Strauss
L’oeuvre apparait dans le cd consacré à Johann Strauss « ALL THAT STRAUSS, First New Year’s Concert in Jazz » du Vienna Art Orchestra.
Vienna Art Orchestra : www.vao.at

SAINT FLORIAN (abbaye augustinienne de), Haute-Autriche
Une des plus prestigieuses abbayes danubiennes autrichiennes avec une longue tradition musicale d’un très haut niveau.
Les premiers documents de la longue tradition musicale de l’abbaye remontent au début du IXe siècle. Le manuscrit des Lamentations de Jérémie avec celui des Neumes de Saint-Gall sont aussi les plus anciennes sources musicales écrites d’Autriche. Les deux orgues de la collégiale illustrent au XVIe siècle la place conséquente de la musique dans la vie quotidienne de l’abbaye. Le grand orgue de la collégiale (1770-1774) est l’oeuvre du facteur Franz Xaver Krismann de Laibach. Le répertoire de l’abbaye s’est ouvert entretemps alors à différents styles au-delà des oeuvres religieuses incluant de la musique instrumentale. Ce sont les chanoines avec les musiciens employés au service du monastère et les chanteurs du chœur qui animent les offices religieux, les repas de cérémonies et de fêtes ainsi que lors des visites d’invités de marque ou encore dans le cadre de représentations théâtrales.
Le musicien de l’abbaye le plus célèbre au XVIIIe siècle fut le chanoine Franz Joseph Aumann (1728-1797). Ses œuvres, comparables à de celles de Michael Haydn (1737-1806), frère de Joseph Haydn (1732-1809), ou d’autres compositeurs contemporains, ont été diffusées bien au-delà des limites régionales. Ce chanoine entretenait d’ailleurs une relation amicale avec Michael Haydn qui lui rendit visite à l’abbaye.
Franz Schubert dont les chanoines, les musiciens et les chanteurs de l’abbaye aimaient à interpréter les oeuvres, faisait aussi partie des nombreux invités privilégiés. L’un de ses proches amis, le poète et librettiste Johann Mayrhofer (1787-1836) appartint au monastère pendant un certain temps.
Le chanoine Florian Franz Xaver Müller (1870-1948),l’un des compositeurs de Haute-Autriche les plus importants de la période romantique tardive, organiste du monastère et chef de choeur, occupa par la suite le poste de directeur musical de la cathédrale de Linz. Sa musique a été influencée par Anton Bruckner un musicien à qui il voua une véritable vénération tout au long de sa vie et qui fut le titulaire du grand orgue de la collégiale de l’abbaye de 1848 à 1855. A. Bruckner est enterré, selon sa volonté, derrière cet instrument.
Plus récemment, Augustinus Franz Kropfreiter (1936-2003), organiste et compositeur, perpétue la musicale du monastère à son plus haut niveau. Entré au monastère en 1954, il en est nommé organiste en 1960 puis Regenschori (Maître de chapelle) cinq ans plus tard. Après trois décennies de concerts et de tournées en Europe, au Japon et en Amérique du Sud, il se consacre exclusivement à la composition tout en aimant improviser à l’orgue. D’abord influencé par des compositeurs comme Paul Hindemith et Franck Martin, il s’est orienté vers la polyphonie et la dodécaphonie.
Quelques oeuvres de Franz Kropfreiter :  Altdorfer Passion (1965), Te Deum (1970), Signum pour orgue (1976), Sinfonia concertante (1979), Severin-Oratorium (1980/81 ), Magnificat (1983), Concerto pour orgue et orchestre (« Leipziger Konzert », 1984), 1ère symphonie pour grand orchestre (1985), symphonie pour cordes (1985), Stabat Mater (1986), 2ème symphonie pour grand orchestre (1990), Soliloquia (1993), 3ème symphonie (M) et Testament pour grand orchestre (1994/95)…
Sources :
www.stift-st-florian.at

SCHÄCHTER, Rafaël  (27 mai 1905-1944)
Pianiste, compositeur et chef d’orchestre, né à Brăila dans la communauté juive. Il fait ses études à Brno puis au Conservatoire de Prague. Il est forcé d’interrompre ses activités musicales à l’arrivée des nazis puis est interné au camp de Terezín (Bohême du nord)  en 1941 où il organise de nombreuses manifestations musicales, dirige 35 fois l’opéra « La fiancée vendue » de B. Smetana, « Le Baiser » du même compositeur, des oeuvres lyriques de Mozart et le Requiem de Verdi à plusieurs reprises en reconstituant à chaque fois le choeur après la déportation de ses membres. Il est lui-même déporté en 1944 au camp de concentration d’Auschwitz et meurt avec de nombreux autres prisonniers du camp de Terezín dès son arrivée. Le charisme et le talent de R. Schächter aida les prisonniers du camp à affronter l’horreur de leur situation et à ne pas désespérer.

SCHANDL, Ernst (1920-1997)
Musicien, compositeur et pédagogue autrichien né à Gmünd et mort à Krems-Stein sur le Danube. Il a écrit de nombreuses oeuvres (marches) en hommage au Danube, très populaires dans la Wachau et en Basse-Autriche.
www.ernstschandl.at
https://youtu.be/8Rbmbb4Q8lU?feature=shared

SCHENCK, Johannes (env. 1656-1712)
L’Écho du Danube, six sonates pour viole de gambe et basse continue
Compositeur né à Amsterdam vers 1656, si l’on en croit son certificat de mariage. Johannes Schenck est un éminent joueur de viole de gambe et compositeur de l’ère baroque sur la vie duquel nous avons relativement peu d’informations. La plupart des oeuvres qui sont parvenues sont d’une grande virtuosité. À 40 ans il est engagé par le prince électeur de Palatinat Johann Wilhem II dont la cour se tient à Düsseldorf sur le Rhin comme musicien de chambre de la cour. Il en devient ensuite intendant en 1710. Il accompagne un an plus tard le prince électeur à Francfort pour les fêtes couronnement de Charles VI.
L’empereur autrichien Léopold Ier de Habsbourg était un musicien averti et lui-même joueur de viole de gambe et compositeur. Aussi J. Schenck conçut-il le projet de se rendre à Vienne et de solliciter l’empereur au sein de sa cour. Malheureusement pour le virtuose hollandais, Léopold Ier de Habsbourg décède peu de temps après l’arrivée de J. Schenck et ses projets ne purent se réaliser. Il dut rentrer à Düsseldorf.
La suite de sonates intitulées L’Écho du Danube pourrait avoir été composée en vue de ce voyage à Vienne et initialement destinées à l’empereur autrichien. Selon certaines sources musicologiques cette suite aurait pu être écrite à Neuburg sur le Danube (bade-Wurtemberg). L’oeuvre n’est-elle pas précisément dédicacée au baron de Diamanstein, le superintendant de la musique de la cour ? Le manuscrit de ces oeuvres, probablement celui apporté par J. Schenck à Vienne et aujourd’hui conservé à la Bibliothèque de l’Albertina, ne porte pas la mention du titre L’Écho du Danube contrairement à l’édition plus tardive publiée à Amsterdam par Estienne Roger. Un titre comme une évocation nostalgique d’un voyage sur les bords du Danube et d’une rencontre ratée avec un empereur musicien ?

Les six sonates de cette suite seront également éditées sous ce titre à Paris chez Le Clerc et Boivin en 1742.
J. Schenck a intitulé une autre de ses oeuvres Les Nymphes du Rhin.

Sources :
Ces informations proviennent du livret du CD consacré à des
oeuvres pour viole de gambe de Johannes Schenck enregistrées par Lorenz Duftschmid (CPO 999 682-2) et du booklet de l’enregistrement réalisé par Hille Perl, The Music of Johan Schenk (DHM 88691903812)

SCHIKANEDER, Johann (Baptist) Joseph Emanuel (1751-1812)
Compositeur, chanteur, musicien, acteur de théâtre, librettiste, régisseur et directeur de théâtre, né au bord du Danube dans la petite ville bavaroise de Straubing et mort à Vienne. L’histoire a principalement retenu le nom d’Emmanuel Schikaneder en l’associant au succès de la Flûte enchantée de Mozart dans lequel il tint le rôle de Papageno lors de la première mais ses activités artistiques ont été multiples.

Emanuel Schikaneder en Papageno, 1791

SCHISKE, Karl (1916-1969)
Compositeur autrichien et professeur de composition à l’Académie de musique de Vienne, né à Győr (Hongrie) dans l’Empire austro-hongrois et mort à Vienne. Il séjourne à partir de 1919 à Orth/Danube dans un environnement favorable à son travail de compositeur ainsi qu’à Vienne. Ami du peintre Carl Unger, il fut un grand admirateur de la musique d’Anton Bruckner.
Le musée de l’histoire local d’Orth/Danube consacre une partie de ses expositions à la présentation de la vie et des oeuvres de ce compositeur.

Karl Schiske (1916-1969), photo droits réservés

SCHÖNBERG, Arnold (1874-1951)
   Compositeur, peintre et théoricien viennois. Arnold Schoenberg a toujours considéré sa musique comme l’héritière authentique de la tradition classique et romantique allemande. Celui qui proclamait : « il y a encore beaucoup de bonnes musiques à écrire en do majeur » fut pourtant l’initiateur d’une révolution atonale sans précédentAutodidacte, Arnold Schoenberg fait ses armes en arrangeant et en orchestrant des opérettes et des chansons populaires. À partir de 1894, il bénéficie des conseils d’Alexander Zemlinsky – son futur beau frère – qui lui enseigne l’art du contrepoint. Fasciné par la musique de Richard Wagner et de Johannes Brahms. A. Schoenberg compose des œuvres de jeunesse dans la tradition romantique allemande. De cette époque, il laisse notamment l’une de ses pièces maîtresses – La nuit transfigurée – composée à l’âge de 26 ans.

Arnold Schoenberg (1874-1951)

   Une fois franchi le seuil vers l’atonalité, A. Schoenberg entame une période de création intense où il conduit l’émancipation de la dissonance à son paroxysme. C’est dans cette période dite d’ »atonalisme libre » que s’inscrivent le mélodrame Erwartung et le Pierrot Lunaire. Au début des années 1920, le compositeur met au point le dodécaphonisme sériel qu’il applique dans ses œuvres jusqu’à pousser le procédé à sa plus extrême virtuosité.
Exilé à Paris puis aux États-Unis où il se consacrera à l’enseignement jusqu’à la fin de sa vie, Arnold Schoenberg fut conscient d’avoir opéré une rupture musicale avec le passé même s’il restait persuadé d’être un conservateur qu’on avait forcé à devenir révolutionnaire.

Arnold Schoenberg en 6 dates :

  • 1882 : Arnold Schoenberg commence à étudier le violon et le violoncelle.
  • 1901 : épouse Mathilde Zemlinsky, sœur de son ancien professeur et s’installe à Berlin.
  • 1903 : fait la connaissance de Gustav Mahler  à Vienne et entame une carrière de professeur.
  • 1910 : Arnold Schoenberg commence à enseigner à l’Académie de musique de Vienne et se tourne vers la peinture expressionniste.
  • 1911 : achève son Traité d’Harmonie dédié à la mémoire de Gustav Mahler et s’installe pour la seconde fois à Berlin où il rencontre Ferruccio Busoni.
  • 1933 : reconverti au judaïsme, il émigre aux Etats-Unis où il devient professeur à Boston puis à New York.

Arnold Schoenberg en 6 œuvres :

  • 1897 : Quatuor à cordes en ré majeur
  • 1899 : Nuit transfigurée
  • 1903 : Pelléas et Mélisande opus 5
  • 1911 : Gurrelieder
  • 1912 : Pierrot Lunaire opus 21
  • 1936 : Concerto pour violon et orchestre opus 36

Sources :
documentation de Radio France : www.francemusique.fr

SCHRAMMEL, Johann (1850-1893)
« Les valses » des frères Johann et Josef Schrammel faisaient partie de la culture musicale de Vienne et enthousiasmaient aussi bien les artisans, les commerçants, les petits et grands bourgeois que la noblesse de la ville. »
Walter Deutsch

Violoniste et compositeur viennois appartenant à une dynastie de musiciens populaires avec son père Kaspar Schrammel (1811-1895), son demi-frère Konrad Schrammel (1833-1905), son frère Josef (1852-1895) et son fils Hans Schrammel (1875-1933). Créateur avec son frère Josef de la « Schrammelmusik » dont les mélomanes de la capitale autrichienne se délectent encore de nos jours lors de nombreux occasions dans les auberges et les Heuriger où le vin coule joyeusement dans les verres. Il est vrai qu’à Vienne le vin ne va pas sans musique et vice-versa ! Il s’agît d’une authentique culture musicale viennoise d’une grande popularité qui puise ses origines dans la musique traditionnelle autrichienne et se confond parfois avec le répertoire de Wiener Lieder. Johann Schrammel est l’auteur de l’une des plus célèbres marches autrichiennes Wien bleiblt Wien.

SCHRAMMEL, Josef (1852-1895)
Violoniste et frère de Johann Schrammel. Il fonde avec celui-ci et le contraguitariste Anton Strohmayer en 1878 un trio (2 violons et une contraguitare) puis un quatuor (petite clarinette en sol ou « picksüßes Hölzl ») lorsque le clarinettiste Georg Dänzer se joint au groupe. Celui-ci acquiert une immense popularité et joue non seulement pour les classes populaires, la bourgeoisie viennoise mais aussi pour l’aristocratie. À la mort de G. Dänzer, la petite clarinette est remplacée par un accordéon. De nombreux ensembles continuent à perpétrer cette tradition.
www.donauschrammeln.at

SCHUBERT, Franz (1797-1828)
Am Strom (au bord du fleuve) D. 39, opus 8/4, texte de Johann Mayrhofer
Lied eines Schiffers an die Dioskuren, D. 360, opus 65 n°1, texte de Johann Mayrhofer

Der Schiffer (Le marinier) D. 536 n° 2
Auf der Donau (Sur le Danube), D. 553, op.21 n°1, 1817, texte de Johann Mayrhofer (1787-1836)

Auf der Wellen Spiegel schwimmt der Kahn,
Alte Burgen ragen himmelan,
Tannenwälder rauschen geistergleich,
Und das Herz im Busen wird uns weich.
Denn der Menschen Werke sinken all’,
Wo ist Turm, wo Pforte, wo der Wall,
Wo sie selbst, die Starken, erzgeschirmt,
Die in Krieg und Jagden hingestürmt?
Trauriges Gestrüppe wuchert fort,
Während frommer Sage Kraft verdorrt:
Und im kleinen Kahne wird uns bang,
Wellen drohn wie Zeiten Untergang.

Le bateau glisse sur le miroir des vagues ;
les anciens châteaux s’élèvent vers le ciel,
les forêts de pins s’agitent comme des fantômes,
et nos cœurs s’affaiblissent dans nos poitrines.
Car toutes les œuvres de l’homme meurent ; il n’y a plus de tour, de porte, de rempart ;
où sont maintenant la tour, la porte, les remparts?
Où sont les puissants eux-mêmes, dans leur armure d’airain.
armure qui s’élançaient au combat et à la chasse ?
Les sombres buissons grandissent en rampant
tandis que le pouvoir du mythe pieux décline.
Et dans notre petit bateau, notre peur grandit;
les vagues, comme le temps, menacent le destin.

Der Strom (Le fleuve) D. 565, texte ?
Der Fluss (La rivière) D. 693, texte de Friedrich Schlegel (1772-1829)
Der Schiffer (La batelier) D 694, texte de Friedrich von Schlegel
Schiffers Scheidelied, D. 910, texte de Franz von Schober (1796-1882)
Auf der Strom (Sur le fleuve), D. 943, op. posth. 119, sur un texte de Ludwig Rellstab

Gustav Klimt (1862-1918), Franz Schubert au piano, 1899. L’adolescente Maria Zimmermann, modèle du peintre, est représentée à gauche, 1899

Instituteur et compositeur autrichien, peut-être le plus viennois et le plus danubien de tous les grands musiciens autrichiens. La nature et ses éléments sont une immense source d’inspiration et de consolation inépuisable pour Franz Schubert et ses amis de son cercle intime, poètes, peintres et musiciens de la capitale qui aiment se promener ensemble et tenir des académies dans les environs de Vienne. Plusieurs de ses lieder sont consacrés à l’élément liquide, à la mythologie de l’eau, au fleuve, aux bateliers, aux rivières et à leur environnement.
Par ailleurs et d’une certaine manière on peut dire que le Danube et ses affluents sont présents dans de nombreuses oeuvres du compositeur en tant que source d’inspiration. Franz Schubert séjourna régulièrement non loin du fleuve, au château d’Atzenbrugg, près de Tulln, en amont de Vienne, pendant les étés de 1820 à 1823. Il y était invité avec quelques autres artistes par son ami Franz von Schober (1796-1882). Promenades (au bord du fleuve), fêtes musicales et poétiques étaient au programme de ces joyeuses journées estivales.
Le château d’Atzenbrugg, restauré par la municipalité se visite et des concerts y sont régulièrement organisés.

Kupelwieser, Atzenbrugg, F. Schubert, aquarelle, 1821

Leopold Kupelwieser (1796-1862), pantomime au château d’Atzenbrugg, où le cercle d’amis de Franz Schubert venait en excursion durant les étés autour de 1820. F. Schubert est au piano, collection Wien Museum

On attribue cette phrase à Schubert à propos de Beethoven : « Il sait tout, mais nous ne pouvons pas tout comprendre encore, et il coulera beaucoup d’eau dans le Danube avant que tout ce que cet homme a créé soit généralement compris. »

Der Schiffer (Le batelier), lieder opus 21, D. 536 n°2 pour voix et piano
Texte de Johann Baptiste Mayrhofer (1787-1836)

« Im Winde, im Sturme befahr ich den Fluß,
Die Kleider durchweichet der Regen im Guß ;
Ich peitsche die Wellen mit mächtigem Schlag,
Erhoffend, erhoffend mir heiteren Tag.

Die Wellen, sie jagen das ächzende Schiff,
Es drohet der Strudel, es drohet das Riff.
Gesteine entkollern den felsigen Höh’n,
Und Tannen erseufzen wie Geistergestöhn.

So mußte es kommen, ich hab es gewollt,
Ich hasse ein Leben behaglich entrollt ;
Und schlängen die Wellen den ächzenden Kahn,
Ich priese doch immer die eigene Bahn.

Drum tose des Wassers ohnmächtiger Zorn,
Dem Herzen entquillet ein seliger Born,
Die Nerven erfrischend – o himmliche Lust,
Dem Sturme zu trotzen mit männlicher Brust. »

« Dans le vent et la tempête je traverse la rivière,
La pluie coule sur mes vêtements ;
Je fouette les vagues avec de mes coups redoublés,
Espérant quelque jours meilleurs.

Les vagues chassent mon bateau qui gémit,
Les tourbillons se font menaçants, les récifs le guettent.
Des rochers dévalent des falaises,
Et les sapins soupirent comme des fantômes à l’agonie.

C’est ainsi que cela devait être, je l’ai voulu,
Je hais la vie facile ;
Et même si les vagues mordent mon bateau,
Je préfère mon propre destin.

Qu’elle gronde la colère impuissante de l’eau,
De mon cœur jaillit une source de grâce,
qui apaise mon coeur – Ô plaisir céleste,
Défier la tempête avec un cœur d’homme. »

« La vision comparative que Mayrhofer donne du paysage du fleuve en amont de Vienne reflète exactement, et aujourd’hui encore, le caractère de cet endroit. »
Dietrich Fischer-Diskau, Les lieders de Schubert, Diapason Robert Laffont, Paris, 1977

Lied eines Schiffers an die Dioskuren, D. 360, opus 65 n°1, texte de Johann Mayrhofer : https://youtu.be/vx8HICw2xKk

La stèle de Franz Schubert au cimetière central de Vienne (Zentralfriedhof, groupe 32 A, n° 28), réalisée par Carl Kundmann (1838-1919) et Theophil Hansen (1813-1891), auteurs de la statue du même compositeur dans le Stadtpark de Vienne. Theophil Hansen est l’architecte parmi d’autres bâtiments, de l’opéra de Vienne et du parlement autrichien. Photo Danube-culture, © droits réservés

SERESS, Rezső/Rudolf Spitzer (1899-1968)
Pianiste, compositeur, artiste de théâtre, cirque (trapéziste) et de bar-restaurant, appartenant à la communauté juive de Budapest au destin tragique. Il est emprisonné avec sa mère dans un camp de travail pendant la seconde guerre mondiale par les nazis. Seress Rezső survit à Budapest dans une grande pauvreté malgré le succès de certaines de ses chansons et se suicide à l’âge de 68 ans. Sa chanson la plus célèbre « Szomorú Vasárnap » (« Sombre dimanche« ), ou « Gloomy sunday » reprise en anglais par Paul Rebeson en 1940 et chantée également par Billie Holliday, intitulée initialement « Vége a Világnak » (« The end of the World« ) sur les paroles de son ami le poète hongrois László Jávor et écrite pendant un séjour à Paris en 1933, fut injustement accusée d’être à l’origine de nombreux suicides dans le Danube. La chanson est utilisée par plusieurs cinéastes dont  Steven Spielberg (« La liste de Schindler »), Abel Ferrara, Sally Poter, Daniel Monzón… Elle a également été interprétée depuis par de nombreux chanteurs parmi lesquels Serge Gainsbourg (paroles de Jean Marèze et François-Eugène Gonda), Claire Diterzi, Sanseverino, Ray Charles, Björk, Loreena McKennit, Sarah Vaughan…
https://youtu.be/f4tQ2o3dp6Y 

SIEBERT, Adolphe (1899-1991)
Chef d’orchestre autrichien. Il fait ses études et vit à Vienne jusqu’en 1938. Ayant la réputation d’infatigable travailleur, il se consacre aux opérettes et aux valses viennoises. Il émigre ensuite en France et travaille pendant 25 ans pour France-Musique en tant que producteur. Comme chef d’orchestre, il dirige sa propre formation et devient le premier chef permanent de l’orchestre lyrique de la radiodiffusion française. A. Siebert était féru d’opérettes viennoises et de valses autrichiennes. L’essentiel de sa discographie est consacré à ce répertoire.
A. Siebert anime régulièrement au cours des années 70 des émissions sur France-Musique, émissions intitulées « Du Danube à la Seine » puis « Concert Promenade » jusqu’en 1991 émission qui a choisi pour indicatif « Un café viennois » du compositeur Robert Stolz.

SOUSA, John Philip (1854-1932) 
Across the Danube, marche opus 36 (1877)

Les armées russes traversèrent le Danube à Sistova en juin 1877 et remportèrent des victoires décisives dans leur guerre contre l’Empire ottoman ce qui amènera celui-ci à signer le traité de San Stefano en mars 1878. John Philip Sousa attribue l’inspiration de Across the Danube à l’une de ces  victoire (Paul E. Bierley, The Works of John Philip Sousa (Westerville, Ohio : Integrity Press, 1984)
Musicien, chef d’orchestre et d’harmonies militaires américain d’origine portugaise des Açores, espagnole par son père et bavaroise par sa mère. Après avoir dirigé la United States Marines Band, il forme son propre orchestre à vent le Sousa’s band et se verra attribué le surnom du « Roi de la marche ». Il existe également un arrangement de cette oeuvre pour piano par Winner Septimer (1827-1902) publié la même année.
https://youtu.be/505yrNo5RV8?feature=shared

STADLER Maximilien, abbé (1748-1833)
Pianiste, compositeur, musicographe, ami de, Haydn, Mozart, Beethoven et Schubert,
prieur de l’abbaye bénédictine de Melk de 1784 à 1786

STOICAN, Ioan Petre (1930-1994)
Musicien traditionnel roumain (lăutari), violoniste né à Olteniţa, port roumain danubien de la rive gauche.

STOLZ, Robert, (1880-1975)
Drei von der Donau (Les trois du Danube), opérette créée à Vienne en 1947, livret de Robert Gilbert (1899-1978) et Rudolf Österreicher ( ), d’après le poème magique en trois actes de Johann Nestroy (1801-1862) « Der böse Geist Lumpacivagabundus
oder Das liederliche Kleeblatt » (1933)
Träume an der Donau (Rêveries au bord du Danube), opus 662, RSWV 520, lieder pour voix et orchestre :

« Träume von Linz an der Donau
Trage ich heimlich bei mir
Ich kann Linz nicht vergessen
Kann mich nicht trennen von hier
Träume von Linz und der Donau
Lassen erklingen mein Herz
Denk an die schönen Stunden
Denk an den Pöstlingberg

Mühlviertler Land
Mein Heimatland
Wie lieb ich dich
Schönes Voralpenland
Mühlviertler Land
Mein Heimatland
Ich bleib dir treu
Mein geliebtes Donauland »

Compositeur prolifique et chef d’orchestre autrichien originaire de Graz (Styrie), considéré comme le dernier représentant de la valse viennoise et de l’âge d’argent de l’opérette. R. Stolz a également écrit de nombreuses musiques de films y compris pendant son séjour au États-Unis où il avait du émigré en 1938 et où il conquit, en tant qu’ambassadeur de la musique viennoise, Broadway. Il revint à Vienne après la guerre (1946) et compose presque jusqu’à la fin de sa vie laissant une oeuvre considérable d’environ 50 opérettes, une centaine de musiques de film et de nombreuses pièces dont le succès ne s’est pas démenti jusqu’à aujourd’hui.
 Ses domaines de prédilection étaient ceux de la « petite » opérette agréable et amusante et de la chanson viennoise. Sa musique est avant élégante, pétillante et toujours d’une grande expressivité. Comme chef d’orchestre, il fut un infatigable interprète des oeuvres de la dynastie Strauss, Joseph Labitzky, Franz von Suppé, Joseph Lanner, Carl Michaël Ziehrer…

 Le monument dédié au compositeur Robert Stolz (1880-1975) dans le parc municipal de la ville de Vienne (Stadtpark), photo © Danube-culture, droits réservés 

« Si je ne ressens rien dans mon coeur, la musique n’atteindra pas les auditeurs ; on ne convainc que si l’on ressent et croit soi-même. Mon plus grand souhait, c’est que mes mélodies continuent de vivre dans le coeur des hommes. Je saurai alors que j’aurai accompli ma tâche et que ma vie n’aura pas été inutile. »
Robert Stolz
« Du sollst der Kaiser meiner Seele sein… », Une des plus belles mélodies de R. Stolz chanté par la soprano autrichienne Angelika Kirschläger

STRAUSS, Johann, père (1804-1849)
STRAUSS, Johann II ou fils (1825-1899)
STRAUSS, Josef (1827-1870)
STRAUSS, Edouard (1835-1916)

Donaulieder, valse opus 127 (Johann Strauss I/père)
An der schönen blauen Donau (Sur le beau Danube bleu), valse opus 314 (Johan Strauss II/fils)
Vom Donaustrande (De la grève du Danube)polka tirée de l’opérette Carnaval à Rome, opus 356 (Johann Strauss II, 1873)
Donauweibchen (La nymphe du Danube), valse opus 427 dont plusieurs thème sont tirés de l’opérette Simplicius  (Johann Strauss II). Créée sous la direction de J. Strauss en décembre 1887 au ‘Theater an der Wien », l’opérette fut jouée jusqu’en 1894 puis la partition fut oubliée et ne fut retrouvée que récemment. Le livret est une adaptation de la nouvelle picaresque « Simplicius simplicissimus » de l’écrivain allemand Hans Jakob Christoffel von Grimmelshausen (1621/22 ? -1676) par Viktor (Viktor) Léon (1858-1949), journaliste et écrivain austro-hongrois d’origine juive qui collabora également au livret de l’opérette « La veuve joyeuse » de Franz Lehár. V. Léon écrivit également les livret des opérettes « Sang Viennois » (J. Strauss junior, 1889), « Le pays du sourire (F. Lehár, 1929)  et travailla aux livrets d’opérettes pour d’autres compositeurs et non des moindres (Alfred Zamara, Robert Mahler, Richard Heuberger, Leo Fall, Alfred Grünfeld, Max Josef Beer, Emerich Kálmann) qui furent pour un certain nombre d’entre elles, adaptées ultérieurement au cinéma.

 Simplicius, opérette op. 427 livret de Victor Léon, dédiée au prince Ernest II de Saxe-Coburg-Gotha

On trouve également parmi les autres titres des valses, danses et autres oeuvres de la famille Strauss de nombreuses évocations des grands fleuves comme Die Lorelei – Rhein Klänge, valse opus 154 (J. Strauss I), Die Moldauerklänge, (J. Strauss I), Die Lava – Ströme, valse (J. Strauss II), Wellen und Wogen, Sirenen (J. Strauss), Neva, polka (J. Strauss), An der Moldau, polka française de l’opérette La Chauve – souris (J. Strauss II), An der Wolga, polka-mazurka opus 425 (J. Strauss II), An der Elbe, valse opus 477 (J. Strauss II).

Les « rois » de la valse, au cente Johann Strauss junior

Johann Strauss I
Johann Strauss I (Johann Strauss père) est un compositeur autrichien qui contribue à populariser le genre de la valse avec son ami Joseph Lanner et son rival Carl Michaël Ziehrer. Ils établissent les bases d’un genre musical qui permettront à ses fils de fonder une véritable dynastie. On peut citer, parmi ses oeuvres les plus populaires, la Marche de Radetzky et la valse de la Lorelei Rheine Klänge.
Johann Strauss (I) est le père de Johann Strauss (II), Josef Strauss et Eduard Strauss, de deux filles, Anna, née en 1829 et Thérèse née en 1831. Son fils, Ferdinand, né en 1834, décède à l’âge de dix mois.
Les parents de Johann Strauss I, tenaient une auberge pour les bateliers à proximité d’un bras du Danube. Sa mère meurt brutalement lorsqu’il a 7 ans. Cinq ans plus tard c’est son père qui se noie lors d’une inondation d’une Danube. Sa belle-mère cherche alors à placer le jeune garçon comme apprenti chez un relieur, Johann Lichtscheidl. Il prend des leçons de violon et d’alto en complément de son apprentissage qu’il termine en 1822. J. Strauss I étudie en parallèle la composition avec Johann Polischansky et obtient une place dans l’orchestre local d’un certain Michael Pamer. Il quitte cette formation pour rejoindre un quatuor à cordes connu sous le nom de « Quatuor Lanner ». C’est un ensemble de chambre formé par un rival potentiel, Joseph Lanner et les frères Karl et Johann Drahanek. Ce quatuor à cordes qui joue des valses viennoises et des danses populaires allemandes se transforme en un petit orchestre à cordes dès 1824.
Johann Strauss I prend la direction de cette formation à l’issue du carnaval de la même année assurant en même temps la direction d’un second orchestre plus  réduit, formé en raison du succès du premier. En 1825, il décide de créer son propre ensemble et commence à composer après avoir réalisé qu’il peut aussi s’inspirer du succès de son rival afin de mettre fin à ses propres problèmes financiers. Il se place dès lors en concurrent officiel de Lanner et devient rapidement un des plus célèbres compositeurs de danses à Vienne. Il part en tournée avec son orchestre en Allemagne, aux Pays-Bas, en Belgique, en Angleterre et en  Écosse.
Lors d’un voyage en France en 1837, J. Strauss I entend un quadrille et, séduit par cette danse, commence immédiatement à en écrire. Puis il importe cette danse en Autriche lors du carnaval de 1840, événement à partir duquel elle devient populaire. Son voyage en France démontre l’extraordinaire audience de la musique de J. Strauss dans les différents milieux sociaux. Son projet ambitieux de jouer sa musique en Angleterre à l’occasion du couronnement de la reine Victoria en 1838 se réalise.
Le compositeur se marie avec Maria Anna Streim en 1825 dans la paroisse de l’église de Liechtenthal à Vienne. Ce mariage est relativement instable, en raison de ses absences prolongées, de ses fréquentes tournées à l’étranger. Il prend une maîtresse, Émilie Trambusch, avec laquelle il aura huit enfants. Cette situation a probablement marqué les premières compositions de son fils Johann alors que son père avait formellement interdit à ses enfants de prendre des cours de musique. Avec la déclaration de paternité d’une fille née de sa liaison avec sa maîtresse, sa femme demande le divorce en 1844. Elle permet à son fils Johann de poursuivre activement sa carrière musicale.
En dépit de ses problèmes familiaux, Johann Strauss I continue à effectuer de nombreux voyages dans les îles britanniques, demeurant toujours prêt à écrire de nouvelles oeuvres pour des organisations de charité. Ses valses s’inspirent de danses populaires et sont précédées d’une courte introduction avec peu voire même sans lien avec la structure précédente. Elles sont généralement suivi d’une courte coda et d’une conclusion agitée. Johann Strauss junior, quant à lui, développera et étoffera la structure de la valse, utilisant  pour sa musique un nombre d’instruments plus conséquent que les oeuvres de son père.
J. Strauss I est parmi les premiers compositeurs avec Joseph Lanner, à composer des oeuvres en leur donnant des titres individuels, comprenant qu’il est indispensable de rendre ses compositions immédiatement reconnaissables et d’en garantir par la même occasion un succès éditorial et durable. Il est aussi un des premiers musiciens à défendre, à l’occasion de ses concerts dans la salle de bal Sperl de Vienne, le principe de collecter un droit d’entrée fixe.
J. Strauss I meurt à Vienne en 1849. Il est d’abord enterré au cimetière de Döbling aux côtés de son ami et rival Joseph Lanner. En 1904, leurs dépouilles sont transférées dans les tombes d’honneur du cimetière central de Vienne. L’ancien cimetière de Döbling porte désormais le nom de parc Strauss-Lanner.
Berlioz lui-même dit du « Père de la Valse Viennoise » que « Vienne sans Strauss c’est comme l’Autriche sans le Danube ».

Le Monument à Johann Strauss dans le Parc municipal (Stadtpark) de Vienne

Johann Strauss II (junior)

Ach, welch ein Leben !
klar und helle,
wie die Welle
sprudelt es dahin !

Frauen und Reben,
herbe, wilde,
süsse, milde,
duften hier und blüh’n !

Zieht dich die Zaubermacht
lieblicher Augenpracht
hin an den Strand der Donau,
ja, da gibt es kein Entflieh’n !

Ah, quelle vie !
claire et transparente,
telle une vague
elle pétille jusque là-bas !

Femmes et vignes,
austères, sauvages,
suaves, douces,
embaument ici et fleurissent !

Le pouvoir magique
de la charmante splendeur des yeux
attire sur la grève du Danube,
oui, impossible de s’y soustraire !

Am Donaustrand (Sur la grève du Danube), improvisation pour voix et piano.
Texte de Ignaz Schnitzler (1939-1921), librettiste de l’opérette Le baron tsigane (1885)
Publié comme supplément dans le premier cahier de la revue viennoise An der schönen, blauen Donau du 15 janvier 1886.
Cette petite pièce divertissante contient des extraits de la valse du Beau Danube bleu opus 314 (première partie) et de la valse des Femmes viennoises opus 423. Le manuscrit de cette oeuvre a malheureusement été perdu.
Johann Strauss II (fils ou junior) a souvent joué les oeuvres de son père déclarant ouvertement son admiration pour sa musique malgré leur rivalité, rivalité entretenue par la presse d’alors. Johann Strauss père refusa par contre de se produire au Casino Dommayer où son fils avait débuté. Il contraria même ses débuts de carrière mais il fût vite relégué au second rang derrière son fils en terme de popularité.

« Il n’est pas dans mes intentions de me mesurer avec insolence au génie de mon père. »
« Je suis certain que mon père dans la tombe se réconciliera avec moi si je sais prouver que je ne suis pas indigne de ma profession d’artiste. »

« C’est étrange mais votre musique reste aussi jeune que vous. Après tant d’années, elle n’a pas pris une ride. »
Propos de l’empereur François-Joseph de Habsbourg à propos de la musique de Johann Strauss fils.

Polka Von Donaustrande, tirée de l’opérette le Carnaval de Rome et interprétée par la soprano autrichienne Andre Kirschlager

À propos de la valse du Beau Danube bleu

Johann Strauss junior a 42 ans lorsque, à la demande du directeur de l’association chorale de Vienne, il compose sa valse du Beau Danube bleu. Les premières paroles sont médiocres mais de circonstances.
Lors de l’exposition universelle de Paris de 1867 Johann Strauss est invité à l’ambassade d’Autriche. On lui demande d’ajouter une valse à son programme musical. Il fait acheminer de Vienne la partition du Beau Danube bleu et obtient avec cette nouvelle version un tel triomphe que les éditeurs viennois, dans les semaines qui suivent, ne parviennent qu’avec difficulté à répondre à la demande.

Le beau Danube bleu est constitué de cinq valses qui s’enchaînent, toutes précédées d’une introduction. Elles se concluent par une coda, correspondant ainsi au plan habituel fixé par les Strauss.
L’atmosphère magique qui se dégage de ce morceau tient à plusieurs éléments :

– une orchestration irréprochable et raffinée, utilisant dans l’introduction les sonorités des cors extrêmement enveloppantes et «romantiques», très proches de celles de Brahms et de la grande tradition romantique viennoise.

– le thème de la première valse qui s’impose par son dessin d’une grande souplesse, permettant de donne une grande unité à l’œuvre. Il apparaît dès l’introduction, et revient textuellement dans la coda.

– les nombreux changements de tonalités d’une valse à l’autre (et au sein de chacune) évitent subtilement l’impression de répétition.

Le Beau Danube bleu (deuxième version du texte)

Danube bleu
Si, comme un dieu,
On t’a chanté,
Coeur exalté,
C’est que tes flots,
Rires ou sanglots,
Portent la vie et l’amour
Tout le long de ton parcours !

Quand vient le printemps,
Tu vois en passant
La Bavière
Tout entière,
En couples heureux,
Sous l’effet joyeux
De la bière,
Vivre, ardente, sous tes yeux.

Et même au lointain,
L’écho des refrains,
De tes rives
Nous arrive
On boit et l’on rit !
Sous un ciel exquis,
Tout avive
Le bonheur des coeurs épris !

Mais la forêt magique,
Les soirs mélancoliques,
En de sombres musiques,
A ceux de tes flots mêlent ses bruits !
Et lorsque tes eaux grondent,
Les sapins te répondent
Et leurs voix se confondent
En un chant tragique, dans la nuit

Alors dans certains vieux manoirs,
On voit glisser des ombres
Ce sont des fantômes en nombre
Venant les revoir !
Légendes de tristesse,
L’esprit plein de détresse,
De vous fuir on se presse,
Car plus loin, bientôt voici l’espoir !

Voici Vienne, à l’accueil prometteur !
Salut, Vienne, au séjour enchanteur !
Voici la volupté, le désir,
La joie et le plaisir !
Enlacés passionnément,
Voici tous les amants,
Valse de Vienne,
Qui dansent éperdument
Sur tes airs prenants
De magicienne !
Arrêtons-nous un peu,
Ecoutons les aveux
Perdons la tête !
C’est du fleuve d’amour, du beau Danube bleu,
La fête !

Ô vous, les tziganes rêveurs,
Aux chants berceurs,
Pleins de douceurs,
Suivez d’un archet merveilleux
Son rythme mystérieux !
Follement,
Tendrement,
Dans l’ivresse
Des caresses.
Jouez et chantez !
Inventez
De nouveaux refrains,
Sans souci des lendemains !

Car le Danube va suivre son cours,
Comme le bonheur, il passe… il court !
Il emporte tout avec lui,
Vers d’autres destins, il s’enfuit !
Les matins,
Gardant des tons incertains,
Il reflétera l’azur
Au midi d’un ciel pur !
Mais le soir,
Il entendra les noirs
Sons tristement cadencés,
Les plaintes des amants délaissés !
Mais va… va… toujours
Au fil des jours !
Qu’importent
Ceux que tu fais pleurer !
D’autres, sur tes bords,
Viendront s’adorer !

Danube bleu
Si, comme un dieu,
On t’a chanté
Coeur exalté.
C’est que tes flots
Rires ou sanglots,
Portent la vie et l’amour
Tout le long de ton parcours !

Le Beau Danube bleu et les sirènes du Danube
   L’écrivain Ödon von Horváth (1901-1938), auteur qui fut qualifié de « dégénéré » par les Nazis et dont ils brûleront les livres en 1933, fait à sa manière la « part belle » aux Valses de Johann Strauss et en particulier à celle du Beau Danube bleu dans sa pièce Légendes de la forêt viennoise (Geschichten aus dem Wienerwald, 1931). Cette pièce met en scène un groupe de petits-bourgeois et commerçants du quartier viennois de Josefstadt, qui, déshabillés brutalement de leur verni comportemental et social superficiel, sont livrés à leurs attirances pulsionnelles. Le kitsch s’invite à tous les niveaux et triomphe au milieu de cette farce tragicomique danubienne cruelle. Les protagonistes sont emmenés dans un épilogue pathétique au paroxysme de leurs trivialité. Revenant comme des refrains déchus tout au long de la pièce, les valses de Strauss qui ont symbolisé « la gaieté et l’insouciance, ainsi que le rayonnement culturel de Vienne dans la deuxième moitié du XIXe siècle, « appartenant à un âge d’or idéalisé entrent en collision avec les comportements triviaux des petits-bourgeois horvathiens : Le Beau Danube bleu est joué (massacré) par un misérable orchestre de bar et sert « de toile de fond au numéro de « trois filles à moitié nues, les jambes prises dans une queue de poissons » qui sont supposer figurer « les sirènes du Danube ». La valse est réduite à l’état d’ornement dans un tableau de mauvais goût : à l’esthétique se substitue le pornographique. »1

Blue Danube Blues 1922, Fox Trot de Jerome Kern (1885-1945) sur le thème du Beau Danube Bleu, un des titres de la Comédie musicale « Good morning Dearie »

Une version enregistrée en Europe (?) en 1922 par le violoniste Marek Weber (1888-1964) et son orchestre.  Enregistrement acoustique. M. Weber a ensuite enregistré fréquemment pour de nombreux labels, dont Parlaphone, Electrola, Columbia et Victor. Il quitta l’Allemagne en 1933 lorsque les nazis déclarèrent sa musique dégénérée et s’installa aux États-Unis.
https://archive.org/embed/BlueDanubeWaltz_201811

STRAUSS, Richard (1864-1949)
Die Donau, poème symphonique opus 291, TrV 284 (fragments) pour grand orchestre choeur et orgue, 1941
Dernier poème symphonique du prolifique compositeur et chef d’orchestre allemand. L’oeuvre est inachevée,  seule environ 400 mesures ont été retrouvées.

Un manuscrit musical autographe de la partition, quinze mesures à l’encre noire sur deux systèmes, les sept premières de quatre puis les huit suivantes de trois portées. Celui-ci fut proposé aux enchères à Paris, salle Drouot il y a quelques années… 

STRECKER, Heinrich (1893-1981)
« Drun’t in der Lobau » (« En bas dans la Lobau« )
Cette chanson, un slow fox-trot opus 290 extraite du merveilleux répertoire de mélodies populaires viennoises, écrite en 1927 par Heinrich Strecker, prolifique compositeur viennois d’opérettes et de « Wiener lieder » (son opus compte plus de 350 oeuvres). Les paroles sont d’Aloïs Eckhardt et de l’écrivain et librettiste Fritz Löhner Beda (Bedřich Löwy, 1883-1942) originaire de Moravie du Nord, collaborateur de Franz Lehar (« Le pays du sourire« ) qui fut arrêté et emprisonné à Buchenwald en 1938 puis assassiné en 1942 à Auschwitz.
Heinrich Strecker lui survécut près de quarante ans. Une ombre sinistre plane malheureusement au-dessus de ce musicien : il fut membre dès 1933 et jusqu’en 1945 du NSDAP, le parti pro-nazi. Certaines de ses oeuvres témoignent tristement de ses convictions politiques à cette époque.
De nombreux chanteurs et animateurs célèbres ont  inscrit « Drun’t in der Lobau » à leur répertoire : Richard Tauber, Peter Alexander, Greta Keller, les Comedian Harmonists, Peter Minich, Erich Kunz, Karel Gott, James Last …
Voici une version de cette chanson populaire qui fait office d’hymne officieux de la Lobau, interprétée (chantée et sifflée !) par le ténor Marino van Wakeren :
https://youtu.be/8z-CEAwMJeI

SUCHOŇ, Eugen (1908-1993)
Compositeur, pianiste, improvisateur, un des grands représentants de la musique slovaque du XXe siècle. Né dans une famille de musiciens, il montre des aptitudes pour la musique très jeune. Après avoir étudié au Conservatoire de Prague, il enseigne à l’Université Comenius puis au Collège de musique et d’art dramatique de Bratislava. Son opéra Krútňava (« le Tourbillon », 1949) constitue le premier ouvrage lyrique de la nation slovaque.

SULZER, Baldwin (1932-2019)
Die Donau – Eine Linzer Wassermusik pour flûte, hautbois, clarinette, cor, basson, trompette, trombone, tuba, percussions et cordes, opus 229, 2003, 13 mn
Compositeur autrichien
« Je travaille dans la tradition de la 2e école de Vienne, avec une nette accentuation des éléments musicaux, ludiques et divertissants ».
Balduin Sulzer

SUPPE, Franz von (1819-1895)
Dolch und Rose oder das Donaumädchen (Dolch et Rose ou la jeune fille du Danube), musique de scène, 1844
Création à Vienne au Théâtre de Josefstadt le 30 novembre, livret de Franz Xaver Told.
Compositeur né en Dalmatie à Split (Spalato), alors dans l’Empire autrichien et mort dans la capitale autrichienne.

SÜSS, Rudolf (1872–1933)
Prêtre et compositeur, surnommé « le chantre de la Wachau ».

TEIKE, Carl Albert Hermann (1864-1922)
Am Donaustrand, marche (1883 ?)
Corniste et hautboïste, chef d’orchestre militaire et compositeur allemand actif à Ulm dans les années 1880. Son oeuvre Am Donaustrand est sa première marche.

VIVALDI, Antonio (1678-1741)
Vivaldi  à Vienne
La dernière partie de la vie d’Antonio Vivaldi (1678-1740) est sans doute parmi les plus sombres périodes de l’existence du génial compositeur et prêtre vénitien. On suppose que le musicien a peut-être quitté l’Italie à cause de l’insuccès de ses dernières oeuvres de l’époque de Ferrare et de préoccupations financières qui allaient en s’aggravant.
Nul n’est encore arrivé à savoir quel jour précis Vivaldi quitte Venise pour Vienne. En recoupant certaines sources, on peut supposer que ce fut entre les 12 et 24-27 mai 1740 mais aucune information ne nous est parvenue concernant son itinéraire entre les deux villes. L’état de mauvaise santé du compositeur l’a peut-être obligé à faire plusieurs étapes dont une à Graz, ville de Styrie située sur l’une des grandes routes de Venise à Vienne.
Il semblerait qu’arrivé à Vienne, le musicien « prit pension chez la veuve du sellier (ou tailleur, cela non plus n’est pas clair) Anton Wahlerin (mais il y a d’autres orthographes du nom : Wallerin, Wahler, Waller), prénommée Maria Agate. »1 La maison de la veuve se trouvait près du Kärntnertheater (Théâtre de la porte de Carinthie) au sud des remparts de la ville. Cette maison avec d’autres bâtiments fut malheureusement détruite en 1858 dans le cadre de la rénovation de la capitale impériale et elle a laissé sa place au Ring (boulevard du Ring) et, à l’emplacement même de la maison de la veuve, à l’hôtel Sacher ce que évidemment savent bien peu de celles et ceux qui fréquentent aujourd’hui cet établissement  de luxe.
Si Vivaldi choisit d’aller à Vienne, c’est en raison de la présence de l’empereur Charles VI (1685-1740) qui lui a témoigné un intérêt bienveillant quelques années auparavant et auquel le compositeur a dédié son recueil de douze concertos pour violon, La cetra, opus 9, composé en 1727.

Mais, pour son grand malheur, Charles VI meurt le 20 octobre. La vie musicale viennoise et les fastes de la cour des Habsbourg et de la vie culturelle, suite au déclenchement d’une nouvelle guerre européenne (Guerre de succession d’Autriche, 1740-1748, guerre déclarée par Frédéric II de Prusse) et le départ de Marie-Thérèse d’Autriche (1717-1780) pendant quelques temps en Hongrie, s’interrompent. Voilà le « vieux » prêtre roux sans ressources et sans activité à l’âge de 63 ans, cherchant désespérément un autre mécène que celui sur lequel il comptait et obligé de vendre des oeuvres à bas prix pour subsister.
Le compositeur meurt chez la veuve du sellier Anton Wahlerin dans la nuit du 27 au 28 juillet 1741 (d’inflammation intestinale ou « peut-être d’une crise aiguë de cet asthme bronchial dont il était affligé depuis sa naissance »)2. Vivaldi est inhumé le jour même, dans une fosse commune du Spittaler Armenünder Gottesacker, (Cimetière des pauvre pêcheurs) à côté de la monumentale église saint-Charles (Karlskirche) de l’architecte Bernhard Fischer von Erlach (1656-1723) ), achevée en 1739.     Si l’on en croit le musicologue britannique H.C. Robbins Landon, « parmi les six membres de la Kantorei de la cathédrale saint-Étienne [dirigée alors par Georg Reutter (1708-1772), maître de chapelle de la cathédrale] à l’époque des funérailles de Vivaldi, figurait le très jeune Joseph Haydn (1732-1809), lequel fut donc « une des rares personnes à témoigner des la disparition de ce grand compositeur. »3

 

La modeste plaque commémorative consacrée à Antonio Vivaldi.  Photo © Danube-culture, droits réservés 

Sur l’emplacement du cimetière pour les pauvres sera édifiée en 1829 l’Université Technique de Vienne. Mais alors que reste-t-il aujourd’hui du séjour fatal à Vienne d’Antonio Vivaldi ? Rien ou si peu, une plaque ridiculement petite sur l’immense façade de l’un des bâtiments de la Karlsplatz (en fait au début de la Karlgasse) avec la mention suivante :

Hier wohnte im Jahre 1741 der grosse Komponist
                Antonio Vivaldi
✳︎ 4. 3. 1678 in Venedig   ✝︎ 28. 7. 1741 begraben
Gewidmet vom 
Orchester und Professorenverband der Technischen Universität Wien

Plaque que l’on peut traduire ainsi : « Ici a habité pendant l’année 1741 le grand compositeur Antonio Vivaldi, [né] le 4 mars 1678 à Venise, [mort] le 28 juillet 1741 à Vienne. [Plaque] offerte par l’orchestre et le cercle des professeurs de l’Université technique de Vienne. »

Gianni Aricò (1941-2021) : Les Putte de la Pietà, photo droits réservés

   « Sur la Rooseveltsplatz, derrière l’abside de la Votivkirche dans le Schottenring, en plein centre, s’élève un monument en marbre de Carrare, qui représente un trio féminin de violons (Les Putte de la Pietà) avec un médaillon en bronze du « Prete Rosso », oeuvre du sculpteur  vénitien Gianni Aricò (1941-2021). Il a été inauguré en 2001, deux cent soixante ans après la mort du compositeur. »4
Vienne a encore attribué depuis 1972 une rue au « prêtre roux », la « Vivaldigasse » et a  été plus généreuse que Venise, sa ville natale, laquelle n’a pas même dédié à Vivaldi l’ombre d’un monument…

Notes :
1 Orlando Perera, Vivaldi, la cinquième saison, Éditions Naïve, Paris, 2011

2 Orlando Perera, Vivaldi, la cinquième saison, Éditions Naïve, Paris, 2011
3 Orlando, Perera, Vivaldi, la cinquième saison, Éditions Naïve, Paris, 2011
4 Orlando, Perera, Vivaldi, la cinquième saison, Éditions Naïve, Paris, 2011

Sources :
PERERA, Orlando, Vivaldi, la cinquième saison, Éditions Naïve, Paris, 2011

VOLKMANN, Robert (1815-1883)
Visegrád, 12 musikalische Dichtungen (12 poèmes musicaux), oeuvre pour piano opus 21 : Der Schwur, Waffentanz, Beim Bankett, Minne, Blumenstück, Brautlied, Die Wahrsagerin, Pastorale, Das Lied can Helden, Der Page, Soliman, Am Salomonsthurm – Élegie

WALDTEUFEL, (Charles)-Emile (1837-1915)
Les sirènes, valse (1878)
Orchestration de la valse de Josif Ivanovici Les flots du Danube (1886)
Compositeur, pianiste et chef d’orchestre français né à Strasbourg dans une famille de musiciens. Il étudie le piano avec sa mère, d’origine bavaroise puis intègre la classe d’Adolphe Laurent au Conservatoire de Paris. Nommé pianiste de la cour de Napoléon III en 1865 il devient ensuite puis directeur des bals nationaux dont il dirige la musique à Paris et en province. Le compositeur se marie avec la cantatrice Célestine Dufau en 1871. Après la guerre de 1870, on le présente au prince de Galles (futur Edouard VII), ce qui lui permet de faire connaître ses oeuvres en Angleterre, en particulier ses valses qui sont éditées. Son audience s’élargit en Europe et au-delà, il dirige à Berlin, Paris reçoit une invitation à se produire à New York mais la décline.
Émile Walteufel est chargé de réaliser en 1886 la version pour orchestre de la valse de Josif Ivanovici Les flots du Danube.
Waldteufel n’est pas directement lié au Danube mais il peut être considéré comme l’un des plus grands compositeurs de valses après la famille Strauss et Carl Michaël Ziehrer. Il en a écrit plus de 180.

WEBERN, Anton (1883-1945)
Compositeur et chef d’orchestre autrichien né à Vienne. D’abord élève en piano, violoncelle et théorie avec Edwin Komauer, il fait ensuite des études de philosophie et de musicologie à l’université de Vienne. En 1906, il y termine sa thèse de doctorat et manifeste son intérêt pour la polyphonie ancienne et ses jeux d’écriture. Webern commence à composer, sans doute sous l’influence de Wagner. Sa rencontre avec Arnold Schoenberg, dont il devient le premier et le plus dévoué disciple, est décisive. Avec son condisciple et ami Alban Berg, il forme le premier cercle des élèves de Schoenberg, et va suivre l’évolution stylistique de son maître, de l’atonalité à la dodécaphonie, ajoutant à chaque fois un degré de radicalité supplémentaire aux inventions théoriques de Schoenberg. De 1908 à 1914, Webern est chef d’orchestre à Vienne et en Allemagne. Il compose en 1909, les Six Pièces pour orchestre opus 6, qui sont sa seule pièce pour grande formation. En 1913-1914, s’ouvre la période des oeuvres brèves : on peut parler d’expressionnisme de la concision. Entre 1917 et 1921 sont écrits de nombreux cycles pour voix. Le compositeur renonce à l’accompagnement pianistique pour le petit ensemble ou la clarinette qu’il affectionne particulièrement. De 1927 à 1938, il est chef d’orchestre à la Radio autrichienne de Vienne mais la montée du nazisme bouleverse sa vie : sa musique est assimilée à de « l’art dégénéré ».  Schoenberg s’est exilé, Berg meurt en 1935 et Webern reste seul dans la ville, perdant ses emplois de musicien.  À la fin de la guerre un soldat américain le tue, à la suite d’un tragique méprise, alors que le compositeur sortait fumer un cigare à l’extérieur, malgré le couvre-feu, à la suite d’un repas chez son gendre. Son oeuvre sera redécouverte très rapidement par les musiciens de la génération de 1925 : Boulez, Maderna, Nono, Stockhausen, Pousseur… qui fonderont à leur tour « l’École de Darmstadt » et le « sérialisme intégral » sur les techniques de composition mise au point par Webern pendant l’entre-deux-guerres. Le pointillisme et la concision, caractéristiques de l’écriture webernienne, seront également systématiquement imités par les jeunes compositeurs des années 1950, qui ont longtemps tenu Webern pour le plus important des trois viennois.

Sources :
Ircam – Centre Pompidou, 2005

WEINER, Léo (1885-1960)
Toldi, poème symphonique
Compositeur hongrois, né et mort à Budapest. Il fut professeur de composition au Conservatoire de la capitale hongroise.

Leo Weiner (1885-1960)

WERNER, Joseph Gregor (1693-1766)
On sait peu de choses sur la formation musicale de ce musicien, né à Ybbs-sur-le-Danube (Basse-Autriche). Il occupe le poste d’organiste à l’abbaye bénédictine de Melk de 1715 à 1716 (ou év. jusqu’en 1721) puis séjourne à Vienne dans les années 1720, période pendant laquelle il étudie avec le compositeur de la cour Johann-Joseph Fux. En 1728, il prend le poste de maître de chapelle à la cour du prince Pal-Anton Esterházy, au château d’Eisenstadt. L’arrivée du compositeur ouvre une nouvelle ère pour la chapelle musicale après sept années d’inactivité relative liée à la mort du prince Joseph en 1721 et la volonté de sa veuve de faire des économies dans les dépenses. Les musicologues Robbins Landon et Jones suggèrent que Werner pourrait avoir été engagé à l’instigation du prince Pal-Anton, alors âgé de 17 ans.
Werner compose abondamment pour la chapelle princière et fait venir de nouvelles oeuvres interprétées à la cour de Vienne avec l’assentiment de son employeur féru de musique et lui-même instrumentiste et compositeur. À partir de 1761, Joseph Haydn, vice-maître de chapelle, l’assiste ce qui provoque de vives tensions et une pétition de protestation de J. G. Werner (1765). Une solution est trouvée qui consiste finalement à diviser la chapelle en un ensemble d’église dirigé par J. G. Werner et une formation de chambre dirigé par J. Haydn. Werner meurt à Eisenstadt le 3 mars 1766. J. Haydn arrangera en 1804 pour quatuor à cordes six fugues avec des introductions tirées des oratorios de J. G. Werner .
Ses fonctions musicales l’ont conduit à écrire des messes a cappella dans un style contrapuntique austère, une vingtaine d’oratorios composés pour le Vendredi saint, de la musique d’église avec accompagnement instrumental et des symphonies. Le musicologue Jones discerne chez Werner deux manières d’écrire différentes, la plupart des œuvres suivant un style strictement contrapuntique, une minorité employant un idiome nettement plus intime, faisant appel à des éléments de la musique folklorique.
Quelques œuvres du compositeur ont été publiées de son vivant notamment sa série de douze suites orchestrales suivant les douze mois de l’année « Neuer und sehr curios-Musicalischer Instrumental-Calender » (« Nouveau et très curieux calendrier d’instruments de musique »), imprimée à Augsbourg en 1748. Des manuscrits ont été retrouvés s dans la collection de la Bibliothèque Országos Széchényi de Budapest ainsi que dans les archives publiques de la ville de Győr.

WIA ZWA (groupe)
Oide Donau (Vieux Danube)
En dialecte viennois « alte » se dit « oide ». Une des récentes chansons du groupe austropop viennois Wia Zwa.
www.youtube.com/watch?v=Yp8F1Nz2g98

WILHORN, Franck (1959)
Danube Symphony (Donau symphonie, poème symphonique,  2020

Poème symphonique composé en 2020, enregistré en 2021 et créé le 3 novembre en 2022 à Vienne.
L’idée de la symphonie est née en 2019 lors d’une promenade commune du compositeur Frank Wildhorn et de l’entrepreneur et producteur de musique Walter Feucht à Ulm, au bord du Danube. Feucht a alors demandé à Wildhorn d’écrire une oeuvre dédiée au Danube. La symphonie du Danube a été composée en grande partie à Hawaï en 2020 puis elle a été enregistrée par l’Orchestre symphonique de Vienne en avril 2021. La première de l’oeuvre a eu lieu le 3 novembre 2022 dans la salle du Musikverein avec l’Orchestre symphonique de Vienne placé sous la direction de Koen Schoots. La symphonie se compose de neuf mouvements et dure environ une heure.
Mouvements :
La voix du Danube
Un nouveau printemps s’annonce
Un millénaire dans la vie du Danube
Rhapsodie d’un amoureux
Souvenirs d’un été viennois
Romance d’automne
Procession des héros
Chanson pour mon père
Couleurs de l’hiver – Finale

La musique elle-même est une œuvre classique, à la fois moderne et respectueuse des traditions, elle rend hommage à l’histoire d’un cours d’eau qui a presque tout connu. Entre le romantisme de Sissi et les affres des nombreuses guerres, la symphonie décrit un printemps agréablement fleuri ou un été viennois dansant la valse, l’ambiance des marches héroïques, en bref une histoire du Danube, plutôt de celle des hommes qui habitent sur ses rives et qui se déroule au fil du temps. Ce sont les vicissitudes qui constituent l’univers émotionnel de la Symphonie du Danube. L’oeuvre évoque aussi des œuvres d’art cinématographiques ainsi des souvenirs personnels, explore l’inconnu tout en se référant à ce qui est proche, invitant l’auditeur à la dérive de la Forêt-Noire jusqu’à la mer Noire.
Le compositeur  américain Frank Wildhorn est à l’origine de succès de grands noms comme Whitney Houston, Sammy Davis Jr., Liza Minelli… C’est aussi le premier compositeur américain dont trois spectacles ont été présentés simultanément à Broadway.

Discographie
Orchestre symphonique de Vienne sous la direction de Koen Schoots, Hit Squad / MG Sound, ISBN/GTIN 9120006684422

XENAKIS, Yannis (1922-2001)
Compositeur, architecte, ingénieur né dans la communauté grecque de Brǎila (Roumanie)
Il se réfugie en France et travaille avec Le Corbusier comme ingénieur puis poursuit ses recherches musicales avec le soutien d’Oliver Messiaen en s’intéressant à de nouveaux champs musicaux, spatiaux et acoustiques. Son héritage musical de plus de 150 oeuvres est considérable.

Plaque apposée sur la maison natale du compositeur à Brăila, photo © Danube-culture, droits réservés

ZAWINUL, Joe (1932-2007)
Symphonie Stories of the Danube, 1993

Musicien autrichien talentueux et éclectique, d’origine hongroise, tchèque et tsigane, fondateur avec Wayne Shorter et Miroslav Vitous du groupe légendaire de jazz-rock « Weather Report ».
Sa symphonie Stories of the Danube (1993) est une commande de la « Brucknerhaus » de Linz (Haute-Autriche). L’oeuvre a été créé la même année pour l’ouverture du Festival Bruckner de la ville.

ZIEHRER, Carl Michaël (1843-1922)
Gruss an Pest (Salut à Pest), polka opus 140
Stromabwärts (En aval) valse, opus 141
Wacht an der Donau! (Veille sur le Danube !), marche opus 385
Donausegen (valse) opus 446
Von der Donau zur Spree (Du Danube à la Spree), valse opus 502

Monument dédié à Carl Michaël Ziehrer (1843-1922) dans le parc municipal de Vienne, photo © Danube-culture, droits réservés 

   Compositeur et chef d’harmonies militaires né à Vienne. Son père finance ses études au conservatoire de la capitale autrichienne. Il suit les cours dans cette institution du grand théoricien de la musique, compositeur et organiste Simon Sechter (1788-1867) qui fut également le professeur d’Anton Bruckner. L’éditeur viennois Haslinger l’engage pour diriger les concerts à la salle de Diane après un échec financier avec Johann Strauss fils (1863). En 1870, C. M. Ziehrer accepte, durant trois années, le poste de chef de l’harmonie du 55ème régiment d’infanterie, forme ensuite un orchestre pour l’Exposition Universelle de Vienne de 1873 puis fonde un journal musical (1874) et dirige une nouvelle harmonie militaire (1875-1877). À la suite d’un conflit avec Édouard Strauss pour le nom de son orchestre, il part diriger en Allemagne et en Europe de l’Est. En 1893, C. M. Ziehrer représente l’Autriche à l’Exposition Universelle de Chicago et poursuit par une grande tournée américaine.

   C. M. Ziehrer participe également à la création du Wiener Tonkünstler Orchestra, formation qui donnera naissance à l’Orchestre Symphonique de Vienne. L’empereur François-Joseph de Habsbourg lui confiera la direction des bals de la cour impériale dont le dernier a lieu sous sa direction en 1914. C’est le seul directeur de cette prestigieuse institution qui n’appartint pas à la famille Strauss.
Si ses opérettes, par leur aspect « régional » ont connu un retentissement relativement limité à l’international, ses oeuvres instrumentales et ses lieder sont par contre parmi les plus réputés de ces genres musicaux. C.M. Ziehrer dont la carrière ressemble à celle de Johann Strauss père, excepté ses années où il déploya des activités en tant que chef d’harmonies militaires, fut le grand rival des fils de ce dernier.
Compositeur prolifique, il a écrit 23 opérettes, environs 210 polkas, 84 marches, plus de 130 valses, de nombreux pots-pourris et autres danses.

ZOBL, Wilhem (1950-1991)
Donaulieder (Schachwalzer n°2), 1984
Compositeur autrichien de musique contemporaine.
Cette pièce de musique contemporaine pour un ensemble de 12 musiciens a été créée en 1985 à Hainburg an der Donau (rive droite, Basse-Autriche).

Eric Baude, © Danube-culture, droits réservés, mis à jour mai 2024

Hamilton Aïde, The Danube river chanté par Grace Kerns enregistré pour Columbia records

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