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Une filmographie danubienne ou quand le fleuve fait son cinéma…

   La beauté, la longueur et la diversité du cours du Danube, la poésie de ses méandres, la variété infinie de ses paysages, la diversité de ses villes et de ses villages sur ses deux rives, la brutalité surprenante et austère de certains reliefs et défilés que le fleuve traverse avec moins de fougue qu’autrefois, l’abondante générosité de certaines de ses plaines dans lequel le lit du Danube ondoie et paresse nonchalamment, en particulier celles de Pannonie et du rude Baragan, ses lumières et ses ombres inséparables, parfois surnaturelles, ensorcelantes, ses innombrables îles apprivoisées ou non aux silhouettes sensuelles, leurs ambiances aux multiples effluves enivrantes, ses labyrinthes de bras dits morts entremêlés, ses dernières forêts alluviales riveraines presque impénétrables où la nature s’endort à la morte saison puis recommence à foisonner et explose de vie au retour du printemps, ses confluences, ses affluents, son delta à la géographie inlassablement recommencée, redessinée, réinventée, ses métamorphoses saisonnières, journalières, heure après heure, instant après instant, ses patrimoines naturels et culturels, sa faune sauvage terrestre, aquatique et aérienne, sa relation complexe avec le monde des humains, douloureuse ou insouciante, ses singuliers, courageux et attachants bateliers et mariniers d’autrefois, ses patients pêcheurs amateurs ou professionnels de plus en plus rares à mesure que les poissons disparaissent, ses braconniers, ses habitants sédentaires (parfois sédentarisés volontairement…) ou nomades, leurs coutumes, leurs traditions et leurs pactes conclus en secret avec le fleuve, tous ces éléments engendrent un univers fascinant qui séduit depuis longtemps la sphère cinématographique. Le Danube est naturellement un metteur en scène exceptionnel ! Mais c’est aussi un « entremetteur », un médiateur, un passeur qui tente de réconcilier les mondes visibles et invisibles, sauvages et anthropisés. Ce fleuve qui joue dans les films souvent bien plus qu’un rôle de décor, se prête également à des comédies populaires dans de nombreux oeuvres cinématographiques. Il peut être aussi, il est (malgré lui) le cadre de tragédies de l’histoire des hommes ou de drames intimes ou une matière nourrissant une réflexion philosophique, historique, littéraire, poétique, géostratégique. environnementale, ethnologique… Un Danube dont les images qui se reflètent dans ses eaux est un miroir du divin.
Le fleuve est à l’évidence une prodigue et inépuisable source d’inspiration.   

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Eric Baude, © Danube-culture, 2022 droits réservés

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