Le Danube lui-même est une expérience qui concerne le monde entier.

Karl Markus Gauß

Longer les rives du Danube permet
de penser avec la mentalité de plusieurs peuples.

Claudio Magris

Être entre Donaueschingen et Braila ;
c'est la seule définition valable de l'instant.

Péter Esterházy

Tout, sur ce grand fleuve excite la curiosité, l’admiration, la contemplation.

Le Corbusier

Il n’est pas facile d’écrire sur le Danube, parce que le fleuve s’écoule sans cesse et sans repères, sourd aux propos et au langage qui articule et découpe l’unité du vécu.

Franz Tumler

Les longs flots du Danube enlacent leurs volutes
Qui sont présent, passé et avenir mêlés...

Attila Jószef

Le Danube a tant de facettes différentes : c'est ce qui fait de lui le plus européen des fleuves.

Andrej Stasiuk

Le Danube qui par cinq fleuves tombe échevelé dans la mer.

Victor Hugo

Le Danube inspire une passion contagieuse à ses riverains. Mes compagnons savaient tout de leur fleuve.

Patrick Leigh Fermor

Notre Danube ! Chaque fois que son nom se fait entendre, des doigts invisibles pincent les cordes de nos coeurs.

Yordan Yovkov

La vue de mon cher Danube, par nos nuits tièdes et étoilées, nos clairs de lune, répondait à mon plus grand rêve d’enfance.

Panaït Istrati

"C'est le fleuve qui construit lui-même son paysage et qui sans cesse le modifie"

Prof. Gustav Wendelberger

Le Danube et l’espace danubien…

« L’Océan et Téthys engendrèrent les Fleuves à l’onde tourbillonnante : Le Nil, l’Alphée, l’Eridan qui bouillonne, le Strymon, le Méandre, l’Istros [le Danube] au cours magnifique… »
Hésiode

Nous vous souhaitons la bienvenue sur la page d’accueil de danube-culture.org, un site en langue française consacré au deuxième plus grand fleuve du continent européen.

Ce site aborde le fleuve dans une perspective holistique : on y parle d’histoire, de littérature, d’ethnologie, d’environnement, de navigation, de climatologie, de destins liés au Danube, d’hydrographie, d’îles, d’oiseaux, de poissons, de musique, de cuisine et de vins, de croisières, de cinéma, de festivals, de littérature, de souvenirs, de mythologie, de savoirs et savoir-faire, de légendes… L’une d’elles, parmi les plus connues ne raconte-t-elle pas que Jason et ses compagnons auraient remonté le Danube au retour de leur périlleuse expédition pour la conquête de la Toison d’or, de l’une de ses bouches jusqu’au-delà des Portes-de-Fer ! 

Konstantinos Volanakis (1837–1907), le navire Argo

Seul fleuve européen important à se diriger dans un axe général d’ouest en est, il a une double naissance, à la problématique non encore tout à fait résolue, en Forêt-Noire. Il traverse le continent au gré des reliefs qui lui dictent son chemin pour se jeter, en se partageant en trois grands bras et de multiples ramifications secondaires, par un grandiose delta, prodigue en biodiversité, dans la mer Noire, une mer fermée appartenant à part égale à l’Asie et à l’Europe.

Le Danube est, sur de nombreux des aspects un fleuve fascinant et au destin complexe. Son histoire commence longtemps avant que les hommes ne viennent peupler et coloniser son delta, ses rives puis son bassin.

Le Danube et les hommes

On trouve sur les rives du Danube des témoignages de la présence humaine parmi les plus anciens du continent européen. Plusieurs représentations féminines et mythiques de la préhistoire dites Vénus symbolisent le lien intime des hommes avec le fleuve dès le Paléolithique comme la Vénus de Hohle Fels découverte en 2008 dans une grotte du Jura souabe, près d’Ulm (Allemagne), sculptée dans de l’ivoire de mammouth et datée d’env. 35 000- 40 000 ans av. J.-C., celle de Galgenberg ou « Fany von Galgenberg« , statuette en serpentine verte trouvée en 1988 à Strautzing, près de Krems, dans la Wachau (Autriche), datée de plus de 32 000 ans avant J.-C., la Vénus de Willendorf, découverte en 1908 à Willendorf (Wachau), divinité fluviale aux formes généreuses de l’époque glaciaire (entre 30 000 et 20 000 avant J.-C.) en calcaire et leur cadette Nefertiti, découverte sur l’extraordinaire site archéologique de Vinča (Serbie), lieu sur lequel les hommes s’étaient installés dès la première période du Néolithique moyen, époque que  le poète romain Ovide a appelé plus tard « l’âge d’or du genre humain ». Tout comme celui de Vinča, le site serbe encore plus ancien de Lepensky Vir (9500 – 6200 av. J.-C.) témoigne également du haut degré de savoir faire de ces premières civilisations danubiennes et de leur lien avec le fleuve.      

Les premiers navigateurs à s’aventurer sur le delta du Danube seraient les Phéniciens suivis des Égyptiens et des Grecs. 

Longtemps après s’installent sur les rives danubiennes les Thraces, les Scythes, les Grecs, les Macédoniens, les Ylliriens, les Celtes dont la langue pourraient être à  l’origine du nom de Danube, puis les Romains qui font du fleuve une de leurs principales frontières, leur « Limes », contre les barbares ainsi qu’un axe commercial et de communication. Leur flotte militaire, adaptée au contexte fluvial, stationne près des garnisons réparties le long du Danube. 

S’implantent ultérieurement des tributs que le bassin danubien occidental séduisait tout autant : Huns, Avars, Magyars, Germains, Slaves, Francs, Tsiganes, et autres peuplent venus des steppes et d’autres continents. Puis, à la fin de l’empire byzantin et des deux empires bulgares, leurs succèdent à l’est tout d’abord les Mongols puis les Ottomans aux velléités de conquêtes européennes. Ils avancent et s’étendent vers l’ouest. Les Ottomans seront difficilement repoussés trois siècles plus tard et à plusieurs reprises par des coalitions d’armées catholiques venues prêtées main forte aux troupes de l’empire menacé des Habsbourg. Tous comme les Romains, les Ottomans avaient bien compris les intérêts stratégiques et économiques de maîtriser la navigation sur le Danube et s’y emploient avec succès. Ils s’appuient pour leurs conquêtes (et pour leurs échanges commerciaux !) sur des embarcations bien adaptées aux conditions particulières et complexes de la navigation danubienne. Les Russes s’empareront par la suite du bas-Danube au détriment des Ottomans.  

Longue est la liste des empires du bassin danubien qui connaissent d’abord une expansion puis déclinent, se replient sur leur territoire d’origine voire disparaissent. Il y a là pour l’Europe d’aujourd’hui une édifiante leçon d’histoire.

Malgré des conflits récurrents le fleuve est aussi resté un axe sur lequel et le long duquel les échanges et des routes commerciaux se sont développés.  

Les enjeux internationaux du fleuve : le long processus de la navigation commerciale

Aux exceptions notables de l’Empire romain et, pour  la partie inférieure du fleuve, de l’Empire Ottoman, la navigation sur le fleuve est jusqu’au XIXème siècle aux mains des nations riveraines et de leurs représentants locaux plus ou moins officiels. 

Le XIXème sera l’époque qui verra enfin naître l’idée d’un statut international pour le fleuve, idée (inspirée de la révolution française) qui, à cause des nationalisme qui vont agiter les peuples danubiens, de l’obstiné centralisme viennois et de la guerre de Crimée, ne pourra se concrétisera qu’en 1856.

Le premier phare construit par la Commission Européenne du Danube à Sulina sur le bras du même nom, aujourd’hui transformé en Musée (photo droits réservés)

Le traité de Paris est signé le 18 mars 1856 et en vertu de l’article 16 de celui-ci une première commission internationale voit le jour, la Commission Européenne du Danube qui est chargée des travaux d’aménagement « nécessaires, depuis Isaktcha [Isaccea, rive droite mille 56,05], pour dégager les embouchures du Danube, ainsi que les parties de la mer y avoisinant, des sables et autres obstacles qui les obstruent, afin de mettre cette partie du fleuve et lesdites parties de la mer dans les meilleures conditions possibles de navigabilité. » Le mandat de la CED qui n’était initialement que de deux ans fut prolongé jusqu’à la fin des travaux puis il sera à nouveau prolongé à plusieurs reprises jusqu’en 1939, date à laquelle la CED transmettra à la Roumanie la gestion des aménagements réalisés dans le delta du Danube. Une nouvelle convention sera signée en 1921, après la première guerre mondiale pendant laquelle le Danube a lui-même été le théâtre d’affrontements tragiques. Une Commission Internationale du Danube est instituée, complémentaire de la Commission Européenne du Danube qui s’occupe du secteur Brăila-mer noire. La CID s’occupe des problèmes de navigation sur le reste du fleuve et des affluents correspondant.  Elle est dissoute en 1940 à la conférence de Vienne, sous la pression des nazis. La navigation danubienne commerciale est totalement interrompue pendant la deuxième guerre mondiale.
Une nouvelle commission internationale, la Commission du Danube est établie à la suite de la Convention relative au régime de navigation sur le Danube, signée le 18 août 1948 à Belgrade. Elle a son siège à Budapest. Ses compétences en terme de navigation s’exercent depuis cette date et s’étendent d’Ulm (Allemagne) à Braïla (Roumanie). Une Administration du Bas Danube roumaine, dit « Danube maritime », gère en complément, le secteur de Braïla à Sulina.

Navigation maritime sur le bras aménagé de Sulina

Le Danube n’a aucune nationalité, il n’appartient à aucun pays. Il n’est ni allemand,  ni autrichien, ni slovaque ou hongrois, croate, serbe, roumain, bulgare, ukrainien ou moldave, le Danube est le Danube.

N’hésitez pas à nous contacter pour nous faire part de vos remarques et suggestions et éventuelle collaboration.

Nous vous souhaitons une fructueuse visite  !
 

[Lire la suite]
Retour en haut de page
e31b0e4857986220bc8c284036cf0ce1KKKKKKKKKKKK