Une filmographie danubienne ou le fleuve fait son cinéma…

Le Danube fascine depuis longtemps le monde cinématographique. Le fleuve fait ainsi l’objet de nombreux reportages, films documentaires, vidéos, installations, performances visuelles et sonores et autres projets artistiques, itinérants ou non.

Parmi les nombreux films documentaires et reportages consacrés au fleuve, à ses cultures, à son environnement et aux populations danubiennes, on regardera avec un grand intérêt les documentaires d’Ulrike Bartels, Jacques-Yves Cousteau (plus ancien), Joël Jenin et Dieter Zeppenfeld, Sybille Kraft, Nikolaus Geyrhalter et la belle série pour les télévisions allemandes et françaises de Martin Graff qui date toutefois de la fin des années quatre-vingt dix avec des portraits et des entretiens d’habitants danubiens.
Le beau documentaire en forme de remontée du fleuve de Daniel Barison et Daniel Ross Hölderlin et l’Ister, inspiré par le regard du philosophe Martin Heidegger sur l’oeuvre du grand poète allemand, s’inscrit dans une démarche originale.

À découvrir aussi parmi de nombreuses réalisations le travail créatif de l’artiste autrichien Reiner Prohaska.

Au-delà de la seule sphère documentaire, de la vidéo et des performances le fleuve occupe une place originale et conséquente dans de nombreux scénarios de films d’auteurs et de courts métrages. Citons parmi ces films dont les histoires battent souvent au rythme du fleuve le magnifique Codine d’Henri Colpi, inspiré du roman éponyme de Panaït Istrati, Le regard d’Ulysse de Theo Angelopoulos, Delta du hongrois Kornél Mundruczó, Donau, Dunaj, Duna, Dunav, Dunarea du serbe Goran Rebic, Vers la mer d’Annick Leroy et le récent Calea Dunarii (Le chemin du Danube) du jeune réalisateur roumain Sabin Dorohoï dans lequel le fleuve de la région roumaine des Portes de Fer est omniprésent et joue un rôle crucial dans le destin d’un enfant des lieux.

Le roman danubien de l’écrivain hongrois Mór Jókai (1825-1904) L’homme en or a été adapté à quatre reprises par des réalisateurs hongrois : en 1918 (Sándor Korda), 1936 (Béla Gaal), 1962 (Viktor Gertler) et pour la télévision en 2005 par Péter Gardós.

Plusieurs des magnifiques livres de l’écrivain Panaït Istrati ont été également adaptés pour le cinéma (Codine, Kira Kiralina, Les chardons du Baragan…)

La célèbre valse du Beau Danube Bleu a aussi inspiré un cartoon musical d’environ sept minutes produit par la MGM et Hugh Hartmann en 1939, The Blue Danube.

Cette filmographie ne prétend pas être exhaustive.

La statue de Lénine, gigantesque et déboulonnée, descendant le Danube sur une barge.

AKIN, Fatih (1973)
Im Juli (En juillet)
Allemagne, 2000
Réalisateur, scénariste, acteur et producteur né en Allemagne à Hambourg dans une famille d’émigrés turcs. Ours d’Or à Berlin en 2004 (Head-On) et Grand prix du jury de la Mostra de Venise en 2009 pour Soul Kitchen.
Im Juli est une jolie comédie sur le thème de la rencontre et des frontières dont l’intrigue se déroule d’Allemagne en Turquie et en grande partie le long du Danube.

ANDRÉ, Alexandre (?), LE DERLÉ, Charles (Karol Lajthay, 1886-1946)
L’enfant du Danube
France-Autriche, film en noir et blanc, 83 mn, 1935

Mélodrame avec Ginette Gaubert, Josseline Gaël (la nièce), Pierre Nay, Henry Marchand, et Victor Vina.
Un batelier du Danube et sa femme sans enfant, prennent à bord une jeune femme et sa nièce. L’homme s’attache si profondement que son épouse en devient jalouse. La jeune femme leur confie sa nièce et l’entente revient dans le couple.

ANGELOPOULOS, Théo (1935-2012)
Tou vlemma, tou Odyssea (Le Regard d’Ulysse)
Grèce-France-Italie, 1995
A., cinéaste grec exilé aux Etats-Unis (Bruno Ganz) depuis des années, retourne dans son pays natal et part à la recherche de trois bobines mythiques non développées des frères Manakis, pères du cinéma grec.
Cette belle Odyssée contemporaine, à la fois lyrique, contemplative et métaphysique mènera le cinéaste à parcourir les Balkans chaotiques et en guerre et à s’interroger sur le véritable sens de sa quête. De nombreuses scènes ont été tournées au bord et sur le Danube.
Ce film a obtenu le Grand Prix du jury du Festival de Cannes en 1995. Théo Angelopoulos obtiendra la Palme d’or du même festival en 1998 pour son film L’Éternité et Un Jour.

ANTEL, Franz (1913-2007)
Vier Mädel aus der Wachau (Quatre filles de la Wachau)
Autriche, 1957
Cinéaste prolifique, producteur et journaliste autrichien, Franz Antel a réalisé entre autres films Treize femmes pour Casanova (1977) et Johann Strauss (1987).

ARASAN, Ismet (1959)
Povestiri din Ada-Kaleh (Adakale Sözlerim Çoktur), Histoires d’Ada-Kaleh
Turquie, 2008
Documentaire émouvant sur l’histoire tragique des habitants lié aux séjours du réalisateur sur l’île, illustré avec de nombreux documents iconographiques personnels.
https://youtu.be/uHFMPAFXOn0

BARISON, David, et ROSS, Daniel (1970)
The Ister,
Canada, 2004

Prix de l’association québécoise des critiques (2004) et prix du groupement national des cinémas de recherche (2004)
Ce film documentaire s’inspire d’une conférence donnée par le philosophe Martin Heidegger sur le poète allemand Friedrich Hölderlin et en particulier sur son poème Der Ister d’après le nom donné par les grecs dans l’antiquité au Danube inférieur.
« Ce qui nous a amené à travailler sur le projet The Ister est né d’une passion commune pour la pensée de Heidegger et la conviction que le cinéma recèle un potentiel encore inexploité ou sous-développé pour aborder le questionnement philosophique. The Ister n’est ni une présentation ni une représentation du travail philosophique de Heidegger et encore moins un travail philosophique en lui-même. Présenter le travail de Heidegger d’un point de vue cinématographique nécessiterait – comme le dit Jacques Derrida – une audience prête à rester assise pour une projection de vingt quatre heures. »

Le film raconte la remontée du Danube, depuis son delta en Roumanie et en Ukraine jusqu’à sa source dans la Forêt Noire et invite à célébrer le fleuve en découvrant sur ses rives vestiges archéologiques, ses prouesses architecturales et ses villes détruites par les guerres. Sans cesse revient l’image de Prométhée que les rives du fleuve font découvrir à la fois comme enchaîné et comme déchainé. Une réflexion savante et poétique sur l’oeuvre de Heidegger, sur la technique, sur l’Europe, sur l’héritage grec et un grand hommage à la philosophie.

BARTELS, Ulrike, JENIN, Joël et ZEPPENFELD, Dieter
Die Donau
Allemagne, 2004
La série de 13 films documentaires de 28 mn  Le Danube, fleuve d’Europe propose une découverte du fleuve, de ses sources en Allemagne jusqu’à son delta dans la mer Noire en Roumanie et en Ukraine, et une rencontre des richesses culturelles et de l’art de vivre des 10 pays traversés par le fleuve.
Sources :
www.seppia.eu/fr/danube-fleuve-deurope

BERNARD, Raymond (1891-1977)
Le jugement de Dieu
France, 1949-1952
Film réalisé en 1949 et sorti en 1952 avec Andrée Debar (Agnès Bernauer) et Jean-Claude Pascal (Le Duc Albert de Bavière)
L’histoire tragique de la belle Agnès Bernauer, fille d’un barbier d’Augsbourg et du prince Albert de Bavière qui en tombe amoureux fou.
Réalisateur, scénariste, adaptateur, Raymond Bernard est le fils cadet de l’écrivain Tristan Bernard.

BOURGUET, Olivier, Des Carpates Au Danube, La Perle de l’Europe orientale
Documentaire «Connaissance du Monde», 1h 20
France, 2015

COUSTEAU, Jacques (1910-1997)
Le Danube
France, 1992 

Danube I : Lever de rideau
Danube II : Le rêve de Charlemagne
Danube III : Les cris du fleuve
Danube IV : Les inondations du fleuve
Un documentaire (en langue anglaise) sur le fleuve en quatre parties, de ses sources à son delta qui fut tourné deux ans après la chute du mur. Son ton sans complaisance décrit les incessantes et graves atteintes environnementales faites au fleuve par les hommes.
Une ode au fleuve sauvage !

CIULEI, Liviu
Valurile Dunării (Les valses du Danube)
Roumanie, 1960
Scénario de Dumitru Carabat et Francis Munteanu
Film, réalisé pour le Studio cinématographique de Bucarest.
Avec Irina Petrescu, Lazǎr Vrabie et Lucian Pintilie qui joue le rôle épisodique d’un soldat allemand.
https://youtu.be/v5WZaj90GOM

COLPI Henri (1921-2006)
Codine
France-Roumanie, 1963

Film franco-roumain d’Henri Colpi d’après le roman éponyme de Panaït Istrati, musique de Theodor Grigoriu, texte d’Henri Colpi. Production Como films – Romfilm – Tamara, avec Alexandru Virgil Platon, Razvan Petresco, Françoise Brion, Nelly Borgeaud et Germaine Kerjean.
Dans les années 1900, à Braïla, port de pêche et de commerce du delta du Danube à la population multiculturelle, l’enfance misérable du jeune Adrien Zograffi est bouleversée par l’amitié qu’il noue avec Codine, une force de la nature au passé compliqué et douloureux, ancien détenu révolté, cultivé et assoiffé d’amour. Adrien Zograffi est le témoin, dans un environnement danubien omniprésent, des luttes et des déchirements de son ami jusque dans les circonstances les plus sombres.

Codine d'Henri Colpi

 

CÜRLIS, Hans, TÜRK, Walter
Die Donau von den Schwarzwald bis zum Schwarzen Meer
Institut für Kulturforschung Berlin
Allemagne, 1929
Documentaire

DAQUIN, Louis (1908-1980)
Les Chardons du Baragan, 1958
France, 1958
D’après le magnifique livre éponyme de Panaït Istrati. Film réalisé en partenariat avec le réalisateur  roumain Gheorghe Vitanidis (1929-1994), musique de Radu Paladi.
Dans la Roumanie de 1906, sur la plaine aride du Baragan, Mataké, un adolescent, et ses parents paysans, vivent péniblement de la terre. Il quittent leur village dans l’espoir de trouver un meilleur sort, mais la mère meurt après un accident. Pour subsister, le père se fait engager dans une ferme. Après un vol, le propriétaire, un riche boyard l’accuse, et lâche sur lui ses chiens qui le tuent. Mataké, désormais seul, est recueilli par une famille compatissante.
Les récoltes sont mauvaises, les paysans vivent mal ; les boyards, eux, vivent bien. Au printemps 1907, les paysans poussés à bout se révoltent. La répression est sanglante, les massacres effroyables. Mataké, qui a survécu à l’horreur, décide, encore une fois, de partir.

DOROHOÏ, Sabin (1984)
Calea Dunuarii (Way of the Danube),
court métrage
Roumanie, 2012

Un magnifique court métrage plein d’émotion d’un jeune et talentueux réalisateur roumain dans le cadre somptueux danubien des Portes de Fer qui décrit la souffrance d’un exil économique à travers le regard d’un enfant.
https://youtu.be/kE2JQGOBres

FEJÖS, Pál (1897-1963)
Gardez le sourire
Tobis Klangfilm, Production Vandor
France-Autriche, 1933

Réalisateur et scénariste hongrois, naturalisé français en 1930.

FORGÁCS, Péter (1950), ANDRÁSOVITS Nándor (1894-1958)
Hongrie
L’exode du Danube (The Danube exodes) : deux histoires danubiennes filmées par le capitaine Nándor Andrásovits

DVD édité par Bit Works, Inc., 2011, version en anglais.
Ces deux films racontent l’exode des populations juives chassées de Slovaquie avant la deuxième guerre mondiale. 900 Juifs slovaques et autrichiens tentent sur deux bateaux qui descendent le fleuve de rejoindre la mer Noire pour ensuite poursuivre leur voyage vers la Palestine. Péter Forgács construit son scénario sur les films amateurs du commandant de l’un des deux bateaux (le Reine Élisabeth), Nándor Andrásovits. Il filme les passagers pendant leurs prières, leurs sommeil ou à l’occasion d’un mariage. À la fin de la journée, un autre exode en sens inverse se substitue au premier, celui non moins tragique des populations allemandes de la Bessarabie qui fuient vers le troisième Reich devant l’invasion russe.
https://youtu.be/Z2zzc9ZDGu0

The Danube Exodus : Rippling Currents of the River, (installation), 2002
Péter Forgács est un réalisateur et un artiste hongrois.

FRITSCH, Willy (1901-1973)
An der Donau, wenn der Wein blüht (Quand la vigne fleurit), extrait du film Walzerkrieg
Allemagne, 1933

GAÁL, Béla (1893-1945)
Az aranyember (L’homme en or)
Hongrie, 1936
Adaptation du roman « L’homme en or » de l’écrivain hongrois Mór Jókai.

GÁRDOS, Péter (1948)
Az aranyember (L’homme en or)
Hongrie, 2005
Adaptation pour la télévision hongroise du roman « L’homme en or » de l’écrivain hongrois Mór Jókai.

GERTLER, Viktor (1901-1969)
Az aranyember (L’homme en or)
Hongrie, 1962
Adaptation du roman « L’homme en or » de l’écrivain hongrois Mór Jókai.

GEYRHALTER, Nikolaus (1972)
Angeschwemmt (Washed ashore), Déposé par le courant
Autriche, 1994
Magnifique documentaire en noir et blanc avec de nombreux interviews dont celle de Joseph Fuchs, fossoyeur du petit et émouvant cimetière des anonymes de Vienne, au bord du fleuve où sont enterrés les corps des noyés et suicidés retrouvés dans le fleuve.
Le monde qui gravite autour du Danube est déterminé par deux facteurs essentiels : le fleuve lui-même et les étranges caractéristiques de ceux qui peuplent les berges. Et ils sont nombreux : pêcheurs et gardiens de cimetière, moines bouddhistes, locataires de petits jardins, mariniers ayant jeté l’ancre, vagabonds de toutes origines, soldats…
Le grand fleuve relie tous ces gens qui vivent en marge, à « contre-courant » et entretiennent un lien singulier avec lui.
Le film, en noir et blanc, raconte tous ces visages, toutes ces histoires, toutes ces nostalgies. La caméra filme avec la même retenue, avec le même calme les innombrables noyés qui reposent au « cimetière des disparus anonymes », le marinier roumain et son épouse, exilés, immobilisés depuis plus d’un an sur leur chaland parce que le blocus du Danube à cause de la guerre en ex-Yougoslavie leur barre le chemin du retour.
Sources : www.film-documentaire.fr/Angeschwemmt.html,film,8099

GRAFF, Martin (1944)
Donau ohne Visum (Le Danube sans visa)
ARD et TV Donauländer
Allemagne, 1989-1991
Téléfilm sur les pays riverains du Danube et leurs habitants (Allemagne, Autriche, Tchécoslovaquie, Hongrie, Yougouslavie, Roumanie, Union soviétique).

Donauträume (Rêves danubiens). Stromaufwärts (À contre-courant vers l’Europe ou De la mer Noire à la Forêt-Noire)
Allemagne, 1998
 3 x 30 mn, ZDF
Version pour Arte : Le réveil du Danube
2 x 45 mn
France-Allemagne, 1998-1999

GRUBER, Andreas (1968)
Hasenjagd – Vor lauter Feigheit gibt es kein Erbarmen (La chasse aux lièvres – Pas de pitié à cause de couardise)
Autriche, 1994
Le scénario relate la chasse et le massacre perpétué par les nazis et une partie de la population locale dans la région du Mühlviertel en février 1945 de prisonniers de guerre soviétiques, échappés du camp de concentration de Mauthausen en Haute-Autriche à proximité de Linz. Sur les 500 prisonniers échappés du camp, seuls onze ont survécu.

HARTMAN, Hugh (1903-1982)
The Blue Danube, MGM
USA, 1939

Dessin animé musical avec l’oeuvre éponyme de J. Strauss.

JACOBY, Georg (1882-1964)
Das Kind der Donau (Kind der Donau)
Autriche, 1950

Comédie musicale autrichienne de 1950, 112 mn, musique de Nico Dostal (1895-1981)
Premier film en couleur autrichien avec l’actrice, chanteuse et danseuse Marika Rökk.
https://youtu.be/dShu59qCoJI

KOBUSIEWICZ, Ada (1978)
Danube Treasure
Serbie, 2012

Documentaire vidéo expérimental, (5 mn)
« Danube Treasure » de la réalisatrice polonaise Ada Kobusiewicz déploie ses jeux de lumière sur le Danube, révélant la monstrueuse beauté des pollutions de la rivière. Il s’agit d’un documentaire vidéo expérimental sur la condition du monde contemporain à travers le problème des déchets rejetés dans le Danube. Le cadre poétique de ce film reflète le temps qui passe et interroge l’avenir de notre planète. La forme abstraite et floue qui y apparaît représente la fragilité, tout en restant ouverte à des interprétations multiples.
www.adakobusiewicz.com 

KORDA, Sándor (1883-1956)
Omul de aur / Az aranyember (L’homme en or) (1918)
Hongrie, 1918
Némafilm, 84 mn, avec Oszkár Beregi (Tímár Mihály) et Ica von Lenkeffy (Noémi)
Alexandre Korda quittera la Hongrie pour l’Angleterre en 1919 après avoir déjà réalisé plus de 25 films. Le cinéaste a porté ici à l’écran le célèbre roman « L’homme en or » de l’écrivain hongrois né sur les bords du Danube à Komarom, Mór Jókai (1825-1904). Ce film connaîtra un grand succès en Hongrie.

KRAFT, Sybille (1958)
Damals in Passau, (Autrefois à Passau), documentaire (série « Sous notre ciel »)
Damals in Ingolstadt (Autrefois à Ingolstadt), documentaire (série « Sous notre ciel »)
Damals in Regensburg, (Autrefois à Ratisbonne) documentaire (série « Sous notre ciel »)
Allemagne (?)
Sybille Kraft est une réalisatrice, journaliste, écrivaine, commissaire d’exposition allemande, collaboratrice de la Radio-télévision bavaroise, auteure, parmi de nombreux autres films, de plusieurs remarquables documentaires sur des villes bavaroises des bords du Danube. Ses oeuvres ont été récompensées à de nombreuses reprises.
www.br.de/unter-unserem-himmel112.html

KUSTURICA, Emir (1954)
Underground

France-Allemagne-Hongrie, 1995
Musique de Goran Bregović, production Ciby 2000

Chaos, destins croisés, poésie et négation de la vie dans cet inextricable labyrinthe des Balkans du réalisateur né à Sarajevo où se tissent et s’entrecroisent sans cesse, rêves et réalités, quotidien et éternité, traditions et modernité illusoire, raison et magie sur fond de  paysages danubiens. Décapant !

LEROY Annik (1953)
Vers la mer
Belgique, 1999

Film sélectionné à la Berlinale
Essai cinématographique en forme de «road movie», des sources du Danube jusqu’au delta par une réalisatrice, photographe et vidéaste bruxelloise inspirée.

LHOTSZKY, Georg (1937)
La Mousse des pierres
Autriche, 1968

Réalisateur autrichien né à Opava en Silésie (République tchèque).

MĂRGINEANU, Nicolae (1938 ) 
La porte blanche (Poarta albǎ)
Roumanie, 2014 

Le film est basé sur le livre «Le cousin Alexandre», écrit par Adrian Oprescu. Scénario de Nicolae Mărgineanu et Oana Maria Cajal. Avec Cristian Bota, Maria Ploae, Marius Chivu, Sergiu Bucur, Ion Besoiu, Ion Grosu. Produit par Ager Film, 86 mn.

L’histoire tragique de la construction du canal Danube-mer Noire appartient aussi à l’histoire du fleuve.
Adrian et Ninel se retrouvent côte à côte avec des détenus entassés dans des wagons de marchandises qui viennent d’arriver dans l’un des camps de travaux forcés du canal Danube-Mer Noire. Parmi les autres condamnés des enseignants, des avocats, des poètes, des philosophes, des paysans, des artistes, des scientifiques dont le régime communiste se méfie. Tous se rendent compte que ce travail a pour but de créer un lieu de souffrance organisée où il faut exterminer les indésirables et les opposants au régime communiste.
https://youtu.be/dXmduNc5Sb8

MARISCHKA, Ernst (1893-1963)
Sissi
Autriche, 1955
Le film mythique d’Ernst Marischka est une biographie romancée de la vie d’Élisabeth  de Bavière, femme  de l’empereur François-Joseph de Habsbourg.
Impossible de ne pas voir ce film au moins une fois dans sa vie pour le jeu et la beauté de Romy Schneider.

MUNDRUCZÓ, Kornél (1975)
Delta
Hongrie, 2008

Scénario : Yvette Bíró, Kornél Mundruczó, Image : Mátyás Erdély, Montage : Dávid Janscó, Musique : Félix Lajkó, Coproduction : Proton Cinema, Essential Filmproduktion, ZDF/Das kleine Fernsehspiel, ARTE
À la mort de son père, un jeune homme taciturne retourne dans le village de son enfance, dans le delta du Danube, labyrinthe d’eau et de végétation coupé du reste du monde. Il fait alors connaissance de sa jeune sœur, dont il ignorait jusque-là l’existence. Bien que frêle et timide, celle-ci est décidée à quitter le village pour le rejoindre dans la cabane délabrée où son frère s’est retiré. Ensemble, ils entreprennent la construction d’une maison sur pilotis au milieu du Danube, comme au milieu de nulle part. C’est une véritable histoire d’amour qui se tisse au fur et à mesure, presque silencieusement entre eux. Mais cette relation incestueuse n’est pas du goût des autres habitants. Au cours d’un repas auquel les deux jeunes gens convient leurs voisins, ils se trouvent confrontés à une réalité brutale.
Le cinéaste hongrois Kornél Mundruczó, diplômé de l’Université d’Art Dramatique et Cinématographique de Budapest (Színház- és Filmművészeti Főiskola), a  réussi un troisième long métrage d’une grande beauté. Tout à la fois paisible et sombre, servi par une mise en scène contemplative, il propose une relecture originale de la philosophie rousseauiste et questionne la liberté face au tabou universel qu’est l’inceste. L’interprétation elliptique et pleine de pudeur de Félix Lajkó et d’Orsolya Tóth (actrice fétiche du réalisateur hongrois) donne toute sa place au somptueux paysage du delta du Danube, traité dans ce film magnifique et d’un grand réalisme comme un personnage central à part entière.
Ce film a reçu le Grand Prix de la Fédération Internationale de la Presse Cinématographique au Festival de cannes (2008).
Sources :
www.tv-replay.fr/28-10-14/delta-arte-10919599.html

NOWOTNY, Franz (1949)
Exit – nur keine Panik (Sortie, mais pas de panique)
Autriche-RFA, 1980
Réalisateur et scénariste autrichien né à Vienne

PINTILIE, Lucian (1933)
Un été inoubliable
France-Roumanie, 1994

Scénario d’après la nouvelle La salade de l’écrivain roumain Petru Dumitriu
Production MK2- Filmex Roumanie, 1994
Dans les années 20, en Roumanie, le capitaine Dimitriu et sa famille sont mutés dans une garnison isolée de l’autre côté du Danube. Tandis que le capitaine reçoit l’ordre de prendre en otage des villageois bulgares et de les faire fusiller, sa femme se lie d’amitié avec eux.
Fable tragique anti-militariste et chronique intimiste sur fond de paysages danubiens.

Né en à Bucarest, Lucian Pintilie s’est exilé en France après la censure de son deuxième film La reconstitution (1969). Il est revenu dans son pays en 1990. Il tourne Le chêne en 1992, Un été inoubliable (1994), Trop tard (1996), Terminus Paradis (1998), L’après-midi d’un tortionnaire (2001) et Niki et Flo (2003).

PIŢA, Dan (1938), GRIGORESCU, Ioan (1930-2011)
Kira Kiralina

Roumanie, 90 mn, 2014
Adaptation cinématographique du roman éponyme de Panait Istrati, «Kira Kiralina» raconte l’histoire d’une belle et mystérieuse femme qui, aux côtés de sa mère, finit par vendre ses charmes aux hommes.
Le film a une aura orientale qui rappelle l’atmosphère magique des «Mille et Une Nuits». Les héroïnes sont vues à travers les yeux de Dragomir, frère et fils des deux femmes.
Avec Florin Zamfirescu, Iulia Dumitru, Stefan Iancu, Corneliu Ulici, Iulia, produit par Castel Film.

POPESCU, Mircea, D.
Salutare din Ada-Kaleh
Roumanie, 1968

S-au deschis Porţile din Fier ale Dunǎrii
Roumanie-Yougoslavie, 1972

documentaire sur l’histoire de la navigation et les aménagements du fleuve à la hauteur des Portes de Fer, les derniers pilotes des cataractes de l’ancienne Orşova, sur la disparition de l’île turque et des autres villages noyés par les eaux du nouveau lac artificielle. Commentaire final :Les Portes de fer du Danube, jusque-là encloses, se sont ouvertes ».
https://youtu.be/uHFMPAFXOn0

PROHASKA, Reiner (Autriche)
Boring River
Autriche, 2014

Un voyage créatif sur le trimaran »MS Cargo » de Melk (Autriche) jusqu’à la mer Noire
www.rainer-prohaska.net/cargo

QUEST, Hans (1915-1997)
Die Lindenwirtin vom Donaustrand (La femme aubergiste des bords du Danube)
Autriche-RFA, 1954

RADVÁNYI, Géza von (1907-1986)
Quelque part en Europe
Hongrie, 1947

1944 : quelque part au bord du Danube. Des enfants, victimes de drames terribles, surgissent d’un peu partout. Ils maraudent pour vivre et mènent une existence à moitié sauvage, craignant autant leurs semblables que les adultes…
L’atmosphère sombre et lugubre du film, drame néoréaliste, avec des extraits de reportages terrifiants de l’après-guerre en Hongrie, évolue peu à peu grâce à la rencontre par les enfants, d’un chef d’orchestre original et bienveillant, réfugié dans une forteresse à demi en ruine.
Geza von Radványi est le frère de l’écrivain hongrois Sándor Márai.

REBIC, Goran (1968)
Donau, Dunaj, Duna, Dunav, Dunarea
Autriche, 2003 (France, 2004)

Réalisateur né en 1968 à Vrsac en Serbie.
Donau, Duna, Dunaj, Dunav, Dunarea, film d’inspiration poétique raconte le dernier voyage vers la mer d’un vieux bateau rouillé Le Danube, de Franz, son capitaine au mauvais caractère et de passagers singuliers. Quand un jeune homme monte à bord avec le cercueil d’une femme et le désir d’exaucer ses dernières volontés, il n’a pas d’autre choix que de partir avec son vieux navire de Vienne vers la mer Noire. Un orphelin, un déserteur, un toxicomane et divers autres individus profondément déracinés font le voyage avec Franz, le jeune homme et le cercueil, un voyage de deux mille kilomètres vers l’est, où ils pourront peut-être trouver un foyer accueillant sur les rivages lointains du Danube.
http://youtu.be/dSXpcVER3cA

REED, Carol (1906-1976)
The Third Man (Le Troisième Homme)
Grande-Bretagne, 1950

Ce film culte, inspiré d’une nouvelle de Graham Green, se passe à Vienne à l’heure de la guerre froide. Holly Martins voudrait comprendre comment un de ses amis, Harry Lime, qui l’avait invité pour un séjour, est mort. L’amie de Harry, Anna tente de l’en décourager. Holly apprend par la police britannique que son ami est un trafiquant de pénicilline. Celui-ci est vivant, une autre personne ayant été enterrés sous son nom. Holly Martins participe à sa poursuite dans les égouts de la ville. Cerné, Harry demande alors à son ami Holly de le tuer.

REINERT, Emile Edwin (1903-1953) et RODE, Alfred (1905-1979)
Le Danube bleu
France, 1938
L’action se passe dans un camp de tziganes. Anika est aimée du pauvre Sandor et du riche Féry. Elle aime Sandor, mais accepte les cadeaux de Féry. D’où une jalousie violente entre les deux hommes qui un jour en viennent aux mains. Le lendemain, on retrouve Féry assassiné. Sandor est accusé du meurtre et chassé du camp. Anika, qui ne peut croire à sa culpabilité, se promet de découvrir le coupable. Elle a bientôt la preuve que le meurtrier est Rakos qui la courtise et a tué Féry par cupidité. C’est au tour de Rakos d’être chassé du camp. Il trouve en fuyant une mort dramatique. Anika recherche Sandor ; elle le retrouve chanteur aux Ambassadeurs de Budapest. Mais elle n’est pas venue seule. Toute la tribu est là qui obtient grand succès auprès du public du théâtre. Le directeur souhaiterait les engager tous, mais ils préfèrent leur liberté. Et accompagnés de Sandor, ils regagnent leur camp.
Sources :
Les fiches du cinéma 2001, La Cinémathèque française

REITZ, Edgar (1932)
L’histoire du tailleur Berblinger d’Ulm
Allemagne, 120 mn, 1979
 Avec Tilo Pruckner, Vadim Glowna, Hannelore Elsner…
La « véritable » et incroyable histoire tragi-comique du tailleur Albrecht Berblinger (1770-1829) qui conçut une machine volante à la fin du XVIIIème siècle. Son vol raté du 31 mai 1811, depuis la cathédrale d’Ulm se termina… dans le Danube où il fut secouru par des pêcheurs. Malgré le fait qu’il fut désormais pris pour un bonimenteur, il n’abandonna jamais tout au long de sa vie son ambition de voler.

SAIZESCU, Geo (1932-2013 )
Le Bal du samedi soir (Balul de Sambata Seara)
Roumanie, 2010, 108 mn 

SCHELL, Maximilian (1930-2014)
Légendes de la forêt viennoise
Autriche 1979

Acteur, cinéaste, scénariste et producteur autrichien, naturalisé suisse. Il fait partie des rares acteurs européens à avoir réussi à Hollywood.

SCHROETER, Werner (1945-2010)
Malina
Allemagne, 1991
Scénario d’Elfriede Jelinek
Déambulations d’une poétesse, partagée entre son mari, Malina, qui veille sur elle, et son amant, Ivan, dérouté par cette femme éprise de liberté. La solitude et ses obsessions la mèneront peu à peu vers la folie.

STEINWENDNER Kurt (1920-1972)
Wiennerinen-Schrei nach Liebe (Viennoises – cri d’amour)
Autriche, 1952

Réalisateur autrichien le plus important des années 1950-1960. Son premier film Der Rabe (Le corbeau), réalisé avec Wolfgang Kudrnovsky est considéré comme le premier film expérimental autrichien après la seconde guerre mondiale.
«Un des épisodes du film se déroule dans le cadre désolé du port viennois du faubourg d’Albern où se noue une relation triangulaire entre un capitaine de bateau du Danube, une prostituée au prénom d’Olga et un proxénète. La désolation des entrepôts d’Albern est un cadre exceptionnellement en symbiose avec l’histoire, d’une grande tristesse. Pourtant, même dans cette production en marge, le fleuve autorise finalement les protagonistes à un voyage fluvial en forme de vague happy end.»1
1Pierre Burlaud, Danube-Rapshodie, Images, mythes et représentation d’un fleuve européen, Partage du savoir, Éditions Grasset/Le Monde, Paris, 2001

STEMMLE, Robert, Adolf (1903-1973)
Donauschiffer (Bateliers du Danube)
Production Wien-Film GmbH
Allemagne – Autriche, 1940

Réalisateur et scénariste allemand
Drame sentimental
Avec le grand acteur hongrois Pál Jávor (1899-1979)
Bateliers du Danube, a pour théâtre le cours du fleuve entre Vienne et la mer Noire. L’équipage du vapeur Fortuna joue les rôles principaux, un équipage bigarré, cosmopolite, une cuisinière roumaine, des machinistes hongrois, mais sous les ordres d’un capitaine germanophone. L’entente est plutôt cordiale. Au gré des différentes escales, Budapest, Belgrade, Braïla et Sulina, des personnages inattendus montent à bord ou quittent le navire, chacun avec ses attentes, ses roueries, parfois sa cocasserie…
Quiproquos, ruses, tensions. Des conflits se nouent, qui peuvent devenir aigus, mais – comédie oblige – s’évanouissent comme par enchantement. »
Ce merveilleux vieux film est comme une métaphore de l’histoire de l’empire austro-hongrois et des peuples qui bordent les rives du Danube.1
1Pierre Burlaud, Danube-Rapshodie, Images, mythes et représentation d’un fleuve européen, Partage du savoir, Éditions Grasset/Le Monde, Paris, 2001

Donauschiffer
SIDNEY, George (1916-2002)
The Red Danube, (Le Danube rouge),
États-Unis, 1949
Comédie dramatique. Le film est basé sur une nouvelle Vespers in Vienna (1947) de l’écrivain Bruce Marshall. George Sidney est aussi l’auteur des Trois mousquetaires et de Scaramouche.

SZÉCHELY, István (Steve, 1899-1979)
Duna-parti randevú
Hongrie 1936
Réalisateur hongrois émigré aux USA.

WOLFF, Hans (1911-1979)
Der Hofrat Geiger (Le Conseiller Geiger)
Autriche, 1945
Réalisateur, scénariste et acteur allemand.

Sources :
Burlaud, Pierre Danube-Rapshodie, Images, mythes et représentation d’un fleuve européen, Partage du savoir, Éditions Grasset/Le Monde, Paris, 2001

Rîpeanu, Bujor T., Filmat în România, Un repertoriu filmografic 1911-1969, Éditions Fundaţiei Pro, Bucureşti, 2004

Tuţui Marian, Ada-Kakeh sau Orientul scufundat, Noi Media Print, Bucureşti, 2010

Eric Baude, mis à jour le 29 octobre 2017
Tous droits réservés

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