Une pagode bouddhiste, symbole de la paix au bord du Danube viennois

   La Pagode de la Paix de Vienne est un stupa bouddhiste situé au bord du Danube (rive droite), en amont de la centrale hydro-électrique de Freudenau. C’est l’une des quelques quatre-vingt pagodes de la paix dans le monde mais l’unique bâtiment bouddhiste érigé au bord même du fleuve.

   La construction du stupa par des moines japonais de l’ordre Nichiren Nipponzan-Myohoji a été réalisée entre 1982 et 1983 d’après les plans de l’architecte autrichien Franz Richard Schnabel. La cérémonie d’ouverture a eu lieu le 25 septembre 1983 en présence du fondateur de cet lignée bouddhiste de l’ordre Nipponzan Myōhōji, Nichidatsu Fujii  (1885-1985), de nombreux représentants de diverses traditions bouddhistes et des personnalités autrichiennes.

   L’ordre bouddhiste Nichiren Nipponzan Myōhōji (日本 妙法 寺), issu a été fondé en 1917, à l’âge de 33 ans par le moine japonais Nichidatsu Fujii (1885-1985). Nichiren (1222-1282), de son vrai nom Zenni Chimaro, est une des grandes personnalités du bouddhisme japonais médiéval, ayant vécu pendant une période d’aspiration générale de réforme du bouddhisme institutionnel. Le matin du 28 avril 1253, au sommet d’une montagne proche du monastère du Mont Hiei, face à l’horizon et au soleil levant, Nichiren a prononcé d’une voix puissante le mantra, « Nam Mu Myoho Renge Kyo ». Le même jour, après avoir exposé sa doctrine à ses frères, il est contraint de s’enfuir. Ce moine, fils de pécheur réformateur itinérant, s’est entièrement dévoué à la diffusion du Sûtra du Lotus dans un contexte environnemental (tremblements de terre, inondations, famines…) politique et social (révolte, complots…) particulièrement difficile. Il est même condamné à mort mais un miracle lui permet d’en réchapper.

Nichiren (1222-1282), temple de Kuon-ji, Japon

Parabole de la Tour aux trésors du Sûtra du lotus : « Dans les époques impures faites de terreurs et de dangers, nous proclamerons le Sûtra suprême. […] Assurément, il y aura des hommes malveillants, qui nous ridiculiseront et nous abuseront, nous assaillirons avec des armes et des bâtons. Tout cela nous l’endurerons avec persévérance ».

   À l’heure actuelle, le bouddhisme Nipponzan Myōhōji comprend environ 1 500 moines et moniales ainsi que des sympathisants laïcs dans le monde entier. Les principales actions du programme de consolidation de la paix de cet ordre sont des marches pour la paix comme la commémoration de la fin de la Seconde Guerre mondiale, les bombardements d’Hiroshima et de Nagasaki (6 et 9 août 1945) ou pour protester contre la prolifération des armes nucléaires, l’érection de pagodes de la paix dans le monde (quatre-vingt à l’heure actuelle) et des récitations de sutras individuelles et collectives comme le Nam(u) Myō hō ren ge kyō ( 妙法 蓮華経), nom sacré du Sûtra du Lotus Myoho Renge Kyo, 妙法連華経, la phrase rituelle exacte ou mantra, selon la terminologie bouddhique, étant Nam Myoho Renge Kyo (南無妙法蓮華経), en français « Que l’adoration soit au Sûtra de la Loi Merveilleuse ».

 Siddhārtha Gautama avec son cocher Channa et son cheval Kanthaka, photo Danube-culture, droits réservés

    Le stupa mesure environ 28 mètres de haut. La figure centrale du Bouddha représente Bouddha Shakyamuni, les 7 bas-reliefs illustrent des scènes de la vie de Siddhārtha Gautama, de sa naissance à son éveil et de ses enseignements jusqu’à sa mort.

Photo Danube-culture, droits réservés

   La Pagode de la Paix est ouverte au public et accueille régulièrement des manifestations bouddhistes et culturelles ainsi que la cérémonie de commémoration du bombardement atomique de Nagasaki le 9 août 1945, trois jours après celui d’Hiroshima, les deux bombardements faisant plusieurs centaines de milliers de morts.

Temple bouddhiste de la Pagode de la paix, Vienne, photo Danube-culture, droits réservés

Le moine Gyosei Masunaga devant le temple bouddhiste de la Pagode de la paix

   À proximité du stupa se trouve également un temple bouddhiste animé par le moine japonais Gyosei Masunaga. Gyosei Masunaga est né en Mandchourie en 1945. Cette région du nord-est de la Chine d’aujourd’hui était alors occupée par le Japon et fut libérée par les troupes soviétiques. Lui-même ainsi que sa famille ont vécu de près les conséquences de la deuxième guerre mondiale.

   Gyosei Masunaga souhaitait devenir homme d’affaire comme son père mais lors d’un voyage en Inde, il rencontre celui qui allait devenir son futur maître, Nichidatsu Fujii. Il choisit alors de devenir moine bouddhiste de l’ordre japonais Nipponzan-Myōhōji. 

Photo Danube-culture, droits réservés

  Chaque année, fin mai on célèbre également à la Pagode de la paix la Fête du Vesakh, fête dédiée à la commémoration de la naissance, de l’illumination et de la mort du Bouddha. Le festival annuel de la pagode de Vienne a également lieu à la fin du mois de juin.

Eric Baude, Danube-culture, avril 2020, droits réservés

La Pagode de la paix, en étroite symbiose avec le Danube, dans le quartier de Wien-Freudenau, photo Danube-culture, droits réservés

Bibliographie :
www.peacepagoda.net
GIRA, Denis, Comprendre le bouddhisme, Bayard, Centurion, 1989.
Le Sûtra du Lotus, suivi du Livre des sens innombrables et du Livre de la Contemplation de Sage-Universel, traduction de Jean-Noël Robert, Fayard, 1997
MASAHARU, Anesaki, Nichiren. Le moine bouddhiste visionnaire, Myoho, 2006, en langue anglaise, Harvard University Press, 1916
Nichiren Daishonin Gosho Zenshû, 1952, traduction française : Lettres et traités de Nichiren, ACEP, 1992.
VALAT, Rémy, Nichiren, article de Japon infos du 9 avril 2012
www.infosjapon.com

Stupa de lumière sur le Danube, Pagode de la paix, Vienne, photo Danube-culture, droits réservés

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