István Széchenyi, le plus grand des Hongrois

Homme d’État, ingénieur, économiste précurseur, chef des aristocrates éclairés, figure de proue du parti des réformes, le comte Széchenyi a joué un rôle essentiel dans le renouveau de la Hongrie. Le compromis austro-hongrois de 1867 consacre le triomphe de ses conceptions.
Les villes de Buda et Pest, autrefois séparées, doivent à ce grand réformateur hongrois entreprenant et épris de culture et de sciences le premier pont en dur qui les relia, le pont des Chaînes (Lánhíd), construit entre 1842 et 1849 par deux ingénieurs britanniques, William Tierney Clark et Adam Clark. Schechenyi s’est aussi impliqué dans l’aménagement et la régulation du Danube et de la Tisza ainsi que dans le développement de la navigation sur le grand fleuve et quelques-us de ses affluents.

István Széchenyi est né à Vienne en 1791, année de la mort de Mozart. Entré dans l’armée autrichienne à dix-sept ans, il se distingue contre les troupes napoléoniennes à Leipzig, en 1813, ainsi qu’à Tolentino face à Murat en 1815 où celui-ci est défait. De 1815 à 1821, il voyage, étudiant les institutions des différents pays européens. Un second voyage en Angleterre, avec son ami Nicolas Wesselényi, attire son attention sur l’importance du commerce et de l’industrie. En 1825, en France, il remarque l’intérêt du canal du Midi et songe à régulariser les fleuves de son pays (Tisza et Danube). À la diète de 1825 il offre 60 000 florins pour aider à la fondation d’une académie hongroise. Il entreprend une politique de réformes à caractères économique et culturel, pour tirer sa patrie de l’état arriéré où, selon lui, elle se trouve. Széchenyi veut, en particulier, moderniser l’agriculture en abolissant la corvée, développer l’élevage des chevaux et créer un réseau de communications.

La naissance de la Compagnie de navigation sur le Danube (D.D.S.G.), en 1833, est le fruit de ses efforts : désormais, des vapeurs relieront Vienne à Buda et, ultérieurement, à la mer Noire. Il encourage aussi la navigation de vapeurs sur la Tisza et fait construire le premier pont en dur de la capitale, le pont des chaines (Lanchid), un ouvrage suspendu  reliant Buda à Pest. Mais son programme de réformes et son libéralisme modéré sont d’ores et déjà menacés par Lajós Kossuth (1802-1894) et les libéraux extrémistes : Széchenyi craint que le radicalisme ne replonge sa patrie dans le chaos d’où il tente de la tirer. Il ne manque pas une occasion, à la diète, d’attaquer les extrémistes jugeant que la Hongrie n’est pas encore mûre pour l’indépendance. Il se brouille avec Kossuth mais, en 1848, fait partie du premier cabinet hongrois formé par le prince Batthyany. Désespéré par l’évolution de la situation hongroise, il tombe malade, doit être interné le 5 septembre 1848, et séjournera dans une maison de santé de Vienne. De retour chez lui, Szechenyi met fin à ses jours après une perquisition  de la police politique.

Sources :
Jean BÉRENGER, « SZÉCHENYI ISTVÁN comte (1791-1860)  », Encyclopædia Universalis [en ligne], consulté le 23 octobre 2014. URL : http://www.universalis.fr/encyclopedie/istvan-szechenyi/

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