Les oiseaux du Danube : le Chevalier guignette (Actitis hypoleucos)

Le long du Danube, miraculeusement préservé, malgré une domestication intense sur la partie haute du fleuve, par une géographie particulière avec ses zones innondables, derniers vestiges  représentatifs des forêts alluviales qui accompagnaient la plupart des grands cours d’eau européens, se retrouve une des faunes les plus riches d’Europe. Parmi elle les oiseaux  sont peut-être les plus nombreux.

Bunǎ ziua, bonjour !

Je suis un Chevalier guignette (Actitis hypoleucos), je suis un petit échassier appartenant à la famille des limicoles* (ordre des Charadriiformes) et à l’espèce des Scolopacidés. J’ai pour cousins et cousines les Chevaliers arlequin, sylvain, culblanc, gambette, stagnatile, aboyeur, les Bécasseaux maubèche, sanderling, minute, de Temminck, cocorli, variable, falcinelle et autres Bécassines sourdes, des bois, des marais, Barges, Courlis, Tournepierre et j’en oublie !

J’habite avec eux et de nombreux autres d’oiseaux limicoles dans le delta du Danube et le long du fleuve un peu plus en amont. Il paraîtrait même qu’on serait même sur cet immense territoire  deltaïque de 5640 km2 et dans ses environs 180 espèces nicheuses et 98 comme hivernantes ou de passage au moment de la migration. Nous les Chevalier guignette n’y restons pas toute l’année, nous sommes des migrateurs et nous aimons nous dégourdir les ailes en entreprenant parfois de longs voyages jusqu’en Europe du Nord, sur les côtes maritimes de Finlande et des autres pays scandinaves.

Assez petit (je suis le plus petit de ma famille !), j’ai une grande queue qui présente une posture bossue caractéristique. Mon dos est marron, ma poitrine densément striée et mon ventre et dessous blanc de neige. Mes courtes pattes sont gris-verdâtres, mon bec marron foncé et mon iris marron. Je mesure entre 18 et 20,5 cm de longueur, pèse (je ne suis pas bien lourd !) entre 41 et 56g et mon envergure oscille entre 32 à 35 cm.

Chevalier guignette (Actitis hypoleucos)

Quand je suis au sol et marche j’actionne ma queue de haut en bas comme mes copines les bergeronnettes si élégantes. J’aime aussi beaucoup m’amuser à voltiger juste au-dessus de l’eau. Pour qu’on me reconnaisse j’exhibe en vol une striure alaire blanche bien visible.

J’aime me faire un petit nid douillet discret dans un creux peu profond au milieu de la végétation, tapissé de feuilles sèches, d’herbes, etc.

Pour notre reproduction les femelles pondent 4 oeufs au mois de mai que nous couvons mâle et femelle pendant 21 à 24 jours. Nos oisillons sont pressés de quitter le nid peu après l’éclosion, il est vrai qu’on est un peu serré à quatre dans celui-ci. Ils deviennent très tôt autonomes dans leur alimentation et prennent leur envol après 3 semaines environ. Il n’y a pas trop de temps à perdre quand on est un Chevalier guignette.

Oeufs de Chevalier guignette

Je préfère émigrer de nuit, seul ou en petits groupe.

Ce que je mange ? Plutôt de petits invertébrés, larves, chenilles, moustiques, petits papillons, insectes… Il y a 18 000 espèces d’insectes différentes dans le delta ! De quoi satisfaire les plus difficiles d’entre nous. La table y est servie à volonté !

Pour chanter et communiquer, j’émets de petits appels aigus, faibles et variés en particulier un « ti-vii-viit » assez perçant.

J’habite dans le delta de la fin de l’été jusqu’au printemps. On y était très tranquille jusqu’à maintenant et la nourriture est si abondante. Le climat tempéré nous plaît beaucoup. Pourtant de nouvelles activités humaines ont vu le jour et j’ai entendu dire que certaines espèces de grands oiseaux comme l’Outarde canepetière, le Harle piette auraient disparu et d’autres encore se raréfiaient.

*Limicole vient du latin limus, « limon », « boue ».

Eric Baude, mai 2017

Sources : Dominique Robert, Les oiseaux au fil du fleuve, Editions R. Chabaud – Le Chevalier, 1988

 

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