Vukovar, symbole d’une ville danubienne multiculturelle autrefois prospère.

   Avec son port fluvial et ses activités industrielles, Vukovar a longtemps été le symbole d’une ville danubienne prospère et multiculturelle. Après avoir été bombardée et en grande partie détruite par l’armée serbe pendant la dernière guerre en Yougoslavie, la cité danubienne croate rénovée offre un visage avenant aux visiteurs.   

Cette charte d’une corporation d’artisans de Wukowar (Vukovar) avec une vue d’époque de la ville et du Danube depuis la rive septentrionale du fleuve date de 1825. Les bateaux-moulins à eau sur le Danube sont restés en service jusqu’à la fin de la deuxième guerre mondiale. Le pont, au milieu de la gravure, a été édifié à l’époque du sultan Suleyman II en 1526. Les deux signataires de cette charte, le chef des artisans et son subordonné ont des noms slaves, ce qui signifie que les différents groupes ethniques de la ville bénéficiaient de droits égaux en tant que citoyens. Sources Günter Schild, Deutsche Geschichte im Osten Europas,  «Land an der Donau», Siedler Verlag, Berlin, 1995

Située dans la partie méridionale de la plaine pannonienne, dans la région croate de Slavonie, abondant grenier à blé, surnommée autrefois « La petite Vienne » comme Timisoara, la capitale du Banat roumain ou encore Ruse, grand port danubien bulgare, au confluent de la Vuka avec le Danube (rive droite), Vukovar était riche d’un patrimoine architectural baroque, hérité de son passé austro-hongrois.

Croates, Serbes, Hongrois, Juifs, Italiens, Allemands, notamment, ont toujours cohabité pacifiquement après le retour de la ville dans le royaume de Hongrie jusqu’à ce que l’effondrement de la Yougoslavie et les événements traumatiques de la fin du XXe siècle ne viennent bouleverser les relations intercommunautaires serbo-croates qui, près de trente ans après le siège de trois mois, la destruction de la ville et le massacre d’une partie de ses habitants par l’armée yougoslave et les paramilitaires serbes, restent animées par une méfiance réciproque. À Vukovar la purification ethnique animée par une haine de l’autre s’en est pris non seulement à la population multiculturelle, non seulement à tous les monuments symboliques de l’histoire et des activités de la ville de celle-ci mais aussi aux maisons, au paysage urbain, à l’existence même de la ville.

Cette cité croate de la rive droite du Danube d’environ 28 000 habitants a fait depuis 2011 de très importants efforts de restauration de ses monuments historiques et cherche à retrouver son dynamisme touristique. Musées, évènements culturels, activités de loisirs, parcs naturels, port de plaisance offrent aux visiteurs un portrait attachant de cette petite ville danubienne.

Le port de plaisance, photo © Danube-culture, droits réservés

Vukovar est la ville natale de Lavoslav Ružíčka (1887-1976), prix Nobel de Chimie (1939) dont la famille comptait des membres d’origine tchèque, autrichienne, allemande et croate ainsi que de l’écrivaine et poétesse croate Ivana Simić Bodrožić (1982) dont le roman  Hôtel Z a été traduit et publié en français.

Office de tourisme de Vukovar :
turizamvukovar.hr

Danube-culture, mai 2020, droits réservés

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