Danube, musiques et musiciens (suite)

Compositeurs liés au fleuve, musiques danubiennes, inspirées ou composées dans l’environnement danubien.
de A… comme Adolphe ADAM à Z… comme Carl Michaël ZIEHRER.

ALBRECHTSBERGER, Johann Georg (1736-1809)
Compositeur autrichien né à Klosterneuburg sur le Danube et mort à Vienne. Ami de Joseph Haydn et de Wolfgang Amadeus Mozart, organiste de la cour d’Autriche et maître de chapelle de la cathédrale Saint-Étienne de Vienne. Il fut une année le professeur de Ludwig van Beethoven. Il est enterré au cimetière viennois de Saint-Marx, non loin du monument dédié à Mozart. 

ADAM, Adolf (1803-1856)
La fille du Danube, 1836
La fille du Danube, ballet-pantomime en deux actes et quatre tableaux.
L’oeuvre fut  composée pour Marie Taglioni (1804-1884), la plus grande danseuse de l’époque romantique et créée à Paris  au Théâtre de l’Opéra-Le Peletier, le 21 septembre 1836. Les décors ont été conçus  par Pierre-Luc Charles Cicéri, Jules Diéterle, Léon Feuchère, Édouard Despléchin et Charles Séchan. Ce ballet-Pantomime ouvrit au compositeur la scène de l’Opéra de Paris. Le 13 octobre de la même année a lieu la première d’un autre de ses grands succès, l’opéra-comique Le postillon de Longjumeau sur un livret de Leuven et Brunswick (initialement intitulé Une voix), avec le ténor Jean-Baptiste Chollet dans le rôle titre.

Marie_Taglioni_portrait

Marie Taglioni (1804-1884), créatrice du rôle de Fleur-des-Champs dans La fille du Danube

ARBAN, Jean-Baptiste (1825-1889)
Les échos du Danube, suite de valses pour piano (1883)

BACKUS, Gus (Donald Edgar Backus, 1937)
Er macht mich krank, der Mondschein auf der Donau (1962)
Chanson extraite du film « Les filles aiment çà » (Das haben die Mädchen gern) avec Paul Hörbiger und Brigitte Wentzel.

BARTÓK, Belá (1881-1945)
Le cours du Danube, opus 18 [A Duna folyása, BB 1/20]

Belá BARTÓK (1881-1945)

Compositeur hongrois, né dans les confins du Banat serbo-roumano-hongrois à San Nicolau Mare (Nagyszentmiklós en hongrois), aujourd’hui petite ville roumaine toute proche de la frontière hongroise.

« L’oeuvre majeure de cette floraison est inspirée par une leçon de géographie reçue à l’école, en 1890 : un poème pour piano intitulé Le Cours du Danube [A Duna folyása, BB 1/20], où Bartók décrit la descente du fleuve, de sa source à la mer Noire. C’est manifestement la composition dont il est le plus souvent fier. Dans le premier catalogue de ses oeuvres dressé en 1894, le titre est écrit en lettres capitales, souligné d’un trait gras, et c’est le seul morceau qui porte une dédicace : « Dédié à Maman » [« Ajánlva mamának »]. Dans le second catalogue, Le Cours du Danube apparaîtra avec la même majesté, en capitales et souligné trois fois. La dédicace a gagné en solennité : « À Maman (Mme veuve Bartók) » [« A mamának, Özv. Bartókné »]. C’est la plus longue (trente-deux pages) et la plus élaborée des oeuvres d’enfance : les trois mouvements se découpent chacun en plusieurs sections, au gré d’un programme géographique au patriotisme naïf et attendrissant, soigneusement inscrit dans la partition.

Le premier mouvement débute par l’image de flots tumultueux (la mélodie se détache d’arpèges brisés en  doubles croches : « L’origine du Danube » [« A Duna eredete »] ; une partie centrale en accords staccato est finalement raturée : « Ceci ne doit pas être joué » [« Ezt nem kell játszani »]. Le fleuve s’apaise (un 6/8 en forme de barcarolle, spécifié « amabile ») et s’égaie au son d’une polka : « Il se réjouit à l’idée qu’il approche de la Hongrie » [« Örvend, hogy Magyarországhos közeledik »]. L’imminence de l’événement se traduit par des accords majestueux. Le second mouvement s’ouvre par cette bonne nouvelle : « Il se réjouit plus encore, parce qu’il est arrivé en Hongrie » [« Még jóbban örvend, mert Magyarországhos jött »]. Le fleuve laisse éclater sa joie en gaies appogiatures, puis « [il] dialogue avec ses affluents… Ceux-ci lui répondent [« A Duna bezsélget a mellékágakkal… Felelnek neki »]. Le Danube entre dans Budapest [« Budapestre érkezett »] au son d’une csárdás (l’une des danses propagées au XIXe siècle par les orchestres tsiganes, et qui passait alors pour l’authentique folklore hongrois). Il reçoit la Tisza [« Felveszi a Tiszát »], Allegro, puis fait ses adieux à la Hongrie [« Elbúcsúzik Magyarországtól »] : la musique, de fa majeur, s’infléchit en ré mineur prenant les tournures d’un mouvement lent de  Verbunkos (danse traditionnelle de recrutement), la plus grande forme des orchestres tsiganes (rythmes pointés, quatrième degré élevé, formules cadentielles typiques). Un rythme de marche, puis un thème de choral solennel saluent les gorges grandioses de la Porte des fer [« A Vaskapúnál van »], puis on entend l’écho des rochers [« A sziklák visszhangja »] (effets charmants dans l’aigu du piano). Au début de la troisième partie, « Le Danube est encore triste d’avoir quitté la Hongrie » [« A Duna még szomorú, hogy Magyarországot elhagyta »] : la mélodie accompagnée, en ré mineur, Andante amabile, est secouée  d’appogiatures chromatiques comme de sanglots. Puis le fleuve retrouve son entrain, Allegro, staccato : « Il recueille l’Olt et s’en réjouit » [« Felvezsi az Oltat és örvend neki »]. Dans un souci louable d’organisation, Bartók clôt sa partition par un thème très proche de celui du début, Moderato, en ré mineur, puis en fa majeur. Il peut conclure : « Il s’est jeté dans la mer Noire » [« Beleömlött a Fekete tengerbe »].

C’est cette pièce que Béla choisit d’interpréter, le 1er mai 1892, lors de sa première apparition publique connue avec certitude : un concert de charité de l’école communale au profit de ses instituteurs nécessiteux, à Nagyszöllös, où il se produit en tant que « compositeur » et « pianiste ». En plus du Cours du Danube, il joue des pièces d’Alfred Grünfeld et Joachim Raff, ainsi que l’Allegro de la Sonate opus 53, « Waldstein » de Beethoven. Le succès est vif, mesurable non seulement aux applaudissements mais aussi aux nombreux bouquets reçus par l’enfant : sept dont un de bonbons. Cette prestation lui vaut sa première critique de concert, dans l’hebdomadaire local, Ugocsa (du nom du « comitat » dont Nagyszöllös était le chef-lieu). »

Sources :
Claire Delamarche, Béla Bartók, « Premières compositions », Librairie Arthème Fayard, Paris, 2012

On ne manquera pas de visiter la maison du compositeur à Budapest où il vécut de 1932 à 1940 avant d’émigrer aux États-Unis, maison transformée désormais en musée et (trop) peu visitée. On peut aussi fréquenter, parce qu’ils sont incontournables pour tout mélomane qui séjourne à Budapest et se respecte, quelques haut-lieux de musique de la capitale comme l’exceptionnel auditorium Belá Bartók à l’acoustique extraordinaire et son enceinte en bois clair, situé dans un ensemble  architectural contemporain très réussi sur les bords du fleuve (Palais des Arts, quartier du Millenium). La musique et le Danube sont encore une  fois associés pour de magnifiques concerts. Beaucoup d’autres lieux de Budapest rappellent au visiteur le souvenir du musicien hongrois d’exception. Des manifestations annuelles comme le Festival du printemps ne manquent jamais de rendre lui rendre un hommage justifié.

Comme La capitale autrichienne, la vie de Budapest bat au rythme des multiples musiques et programmations de concerts et d’opéras qui l’animent tout au de long de l’année. Le Sziget Festival, sur l’île Marguerite est l’un des évènements musicaux budapestois les plus populaires de l’année.
Maison de Belá Bartók www.bartokmuseum.hu
Festival de printemps de Budapest : www.festivalcity.hu
www.szigetfestival.com

BEETHOVEN, Ludwig von (1770-1827)
On ne peut aussi sous-estimer l’influence du fleuve dans les sources d’inspiration de Beethoven qui habita en tout 35 années de sa vie dans la capitale impériale autrichienne et y changea de nombreuses fois pour diverses raisons de résidence (plus d’une quinzaine en comptant ses brefs séjours). Il séjourne en 1802 au nord de la capitale à Heiligenstadt (Döbling, aujourd’hui quartier de Vienne) où son médecin l’a envoyé se reposer après ses problèmes de surdité. C’est dans cette résidence de la rue Probus qu’il écrit à l’automne son testament dit de « Heiligenstadt », une lettre qui reflète son profond désespoir face au fait de ne plus pouvoir entendre :  » Et mon malheur m’afflige doublement, car je dois rester méconnu, je n’ai pas le droit au repos dans la société humaine, aux conversations délicates, aux épanchements réciproques ; presque absolument seul, ce n’est que lorsque la plus haute nécessité l’exige qu’il m’est permis de me mêler aux autres hommes, je dois vivre comme un exilé, à l’approche de toute société une peur sans pareille m’assaille, parce que je crains d’être mis en danger, de laisser remarquer mon état – c’est ainsi que j’ai vécu les six derniers mois, passés à la campagne sur les conseils avisés de mon médecin pour ménager autant que possible mon ouïe ; il a presque prévenu mes dispositions actuelles, quoique, parfois poussé par un instinct social, je me sois laissé séduire. Mais quelle humiliation lorsque quelqu’un près de moi entendait une flûte au loin et que je n’entendais rien, ou lorsque quelqu’un entendait le berger chanter et que je n’entendais rien non plus ; de tels événements m’ont poussé jusqu’au bord du désespoir, il s’en fallut de peu que je ne misse fin à mes jours… »

 La maison (Probusgasse) où Beethoven écrivit son testament dit « de Heiligenstadt » Photo © Bwag/Commons

Beethoven reviendra séjourner à Heiligenstadt en 1808 dans une maison de la « Grinzingerstraße » où réside alors le tout jeune poète Franz Grillparzer.
Pendant sa jeunesse il avait émis le voeux d’être pêcheur et plus tard, lors de son séjour viennois, il aimait à se rendre au bord du Danube,  pour observer les pêcheurs.
Le compositeur proposa en 1823, peu de temps après le début des travaux, de venir diriger sa Missa Solemnis pour la consécration de la basilique saint Adalbert d’Esztergom sur le Danube hongrois, en amont de Budapest. La construction de l’édifice dura près de cinquante ans. La basilique ne fut consacrée qu’en 1856. Aussi ce fut Franz Liszt qui dirigea sa Graner Messe ou Messe d’Esztergom à cette occasion

BERG, Alban, (1885-1935)
Alban Berg est né à Vienne. Il s’impose comme l’un des précurseurs les plus importants de la musique contemporaine. Il adopte successivement l’atonalisme et le dodécaphonisme. Formé par Arnold Schönberg, il est avec Anton Webern à l’origine d’un mouvement essentiel : la Seconde École de Vienne, en référence à la première composée de Haydn, Mozart et Beethoven. Son exploration musicale atteint la limite du sérialisme.

Dès son plus jeune âge, Alban Berg apprend le piano en autodidacte et façonne des mélodies de manière spontanée. Devenu l’élève de Schönberg en même temps que Webern, il dépasse l’influence première du romantisme allemand pour s’essayer à l’atonalisme, dans une Sonate pour piano (1908) puis un Quatuor à cordes (1910). Ces premières pièces reflètent encore le goût du compositeur pour  Wagner, Wolf et Mahler. C’est dans l’opéra Wozzeck (1925) que Berg fait véritablement apparaître de nouvelles techniques, notamment vocales (Sprechgesang), qui cependant ne se trouvent jamais affranchies des formes classiques.

La période dodécaphonique de Berg débute en 1925 avec le Concerto de chambre. Elle se poursuit jusqu’à la fin de sa vie avec des œuvres marquantes telles que l’opéra inachevé Lulu. Créé lui aussi de façon posthume, le Concerto à la mémoire d’un ange, œuvre très personnelle pour violon et orchestre, exprime un lyrisme et un mysticisme obtenus grâce à une utilisation libre de la série et un appui sur des fragments musicaux de référence (chanson populaire ou choral de Bach). Alban Berg a dédié cet oeuvre à Manon Gropius, fille d’Alma Mahler et de l’architecte Walter Gropius décédée le lundi de Pâques 1935 à l’âge de 18 ans. Il mourra le 24 décembre de la même année.

Entre innovation révolutionnaire et relecture du passé, Alban Berg développe une production marquante et décisive pour l’entrée dans le XXème siècle.

Alban Berg en six dates :

  • 1910 : création d’une association de littérature et de musique ; mouvement de la Seconde École de Vienne initié avec Schönberg et Webern.
  • 1911 : transcription d’une symphonie de chambre de Schönberg pour piano.
  • 1912 : réalisation d’un almanach avec le peintre Kandinsky, fondateur de l’art abstrait (première œuvre non figurative en 1910).
  • 1925 : Berg intègre la nouvelle Société Internationale de Musique Contemporaine qui a pour objet la diffusion des idées musicales nouvelles.
  • 1926 : adoption du système dodécaphonique développé par Schönberg à partir de 1923.
  • 1927 : Berg signe un contrat avec Universal Edition, ce qui le libère des contraintes matérielles.

Alban Berg en six œuvres :

  • 1905-1908 : Sieben frühe Lieder (Sept lieder de jeunesse), cycle de lieder pour voix de femme et piano ; orchestration en 1928.
  • 1910 : Quatuor à cordes n°1 ; Berg bascule dans l’atonalisme.
  • 1923-25 : Kammerkonzert, concerto de chambre pour violon, piano et treize instruments à vent ; dédié à Schönberg. Première œuvre dodécaphonique de Berg.
  • 1925 : Wozzeck, opéra en trois actes d’après la pièce Woyzeck de G. Büchner, créé à Berlin. Considéré comme le premier opéra atonal malgré la présence de formes traditionnelles.
  • 1929 (achevé en 1979 par Friedrich Cerha) : Lulu, premier opéra dodécaphonique, sur un livret inspiré par des œuvres de Frank Wedekind (La boîte de Pandore et L’esprit de la terre). Création à l’opéra de Zurich en 1937 puis en 1979 sous forme achevée à l’Opéra de Paris.
  • 1935 : Concerto à la mémoire d’un ange, concerto pour violon créé de façon posthume en 1936 par Louis Krasner.

Sources :
Radio France, France-Musique :
www.francemusique.fr

BRAHMS, Johannes (1833-1897)
Am Donaustrande (Sur la grève du Danube), Liebeslieder Walzer, opus 52 n° 9 pour voix et accompagnement de piano à quatre mains, texte de Georg Friedrich Daumer (1800-1875)

Sur la grève du Danube
Sur la grève du Danube, une chaumière
Une fille aux joues roses, à la fenêtre
La belle est bien gardée
Dix verrous condamnent sa porte
Dix verrous de fer, quelle plaisanterie,
Je les briserai comme du verre.

Le grand compositeur allemand est né à Hambourg sur les rives d’un autre fleuve, l’Elbe mais il s’est imposé à Vienne, en territoire danubien et on ne peut s’empêcher de penser, comme pour Bruckner, au fleuve impérial en écoutant ses oeuvres symphoniques et certaines de ses pièces vocales. 

BREGOVIĆ, Goran (1950)
Musicien et compositeur né dans une famille serbo-croate à Sarajevo. Il a écrit de nombreuses musiques de film, en particulier pour les long-métrages d’Emir Kustarica, Patrice Chéreau, Radu Mihaileanu, Marc Rivière… ( Le Temps des Gitans, 1990, Arizona Dream, 1993, Underground, 1995, La Reine Margot, Train de vie, Le lièvre de Vatanen…). Il est le fondateur de l’Orchestre des Mariages et enterrements avec lequel il s’est produit à travers toute l’Europe.

Sa musique est un « patchwork » très coloré et très rythmique d’influences diverses.
Un musicien du Danube balkanique emblématique dont les oeuvres ne laissent jamais indifférent.

BRUCKNER, Anton (1824-1896)
Compositeur, organiste autrichien de l’époque romantique, né à Ansfelden sur la rivière Traun (Haute-Autriche), affluent de la rive gauche qui se jette dans le Danube en amont de Linz. Il a été attribué à Bruckner le surnom peu flatteur de « paysan du Danube » en raison de ses manières assez frustres. Ses contemporains n’ont apprécié que sur le tard sa musique mais c’est pourtant l’un des musiciens les plus importants et les plus innovateurs de son temps.

Ses oeuvres les plus significatives sont ses grandes symphonies, ses trois grandes messes et son Te Deum. Bruckner était également un génial  improvisateur sur l’orgue.

Anton Bruckner (1824-1896)

Bruckner et Linz

« Linz, chef-lieu de la Haute-Autriche, province natale du Maître, est désormais le foyer de son culte musical, grâce à son élève et biographe Auguste Göllerich. I1 s’y donne toutes les années un festival Bruckner, d’où l’on accourt de tous les points de l’Allemagne resplendissent les Alpes, tandis que le vaste Danube s’épand dans les plaines au milieu d’inextricables saulaies et de grasses prairies. Et dès lors les symphonies de Bruckner auront ce caractère fluvial, ces débordements, ces progressions essoufflantes pour les poitrines citadines, accoutumées à respirer des atmosphères moins vitales, et cet apparent désordre qui n’est que l’ordre naturel avec la variété d’une création, tous les recoins enchanteurs du bocage, les petites fleurs des prés, le scintillement des neiges lointaines et les nuages au flanc de la montagne. »

William Ritter, « Un grand symphoniste « 

Le compositeur a habité Linz et dans ses environs. Cette ville, chef-lieu de la Haute-Autriche, cité entreprenante et attachante qui fut en 2009 Capitale européenne de la culture, propose une visite guidée sur le thème du compositeur. On  part ainsi à la découverte des lieux qui lui étaient chers ou de ceux qui lui sont dédiés comme sa maison, la vieille cathédrale « Der alter Dom » et pour laquelle il écrivit sa première symphonie. L’initiative « Escaliers de Bruckner » permet de voyager dans les pas de Bruckner et de découvrir les orgues sur lesquelles il jouait et improvisait.
Bruckner composa sa Messe en mi mineur pour la nouvelle cathédrale de Linz,  « Die Neuer Dom », appelée aussi « Mariendom ».

La « Brucknerhaus », salle de spectacle construite en 1974 par les architectes finlandais Kaja et Heikki Sirén est en forme de tarte de Linz (!), en référence à la célèbre pâtisserie locale imitée (plus ou moins fidèlement) dans le monde entier. Cette salle accueille également en résidence l’une des meilleures formations symphoniques autrichiennes le   « Bruckner Orchester ».

La salle de concert de l’orchestre philharmonique de Linz sur les bords du fleuve, photo Danube-culture, droits réservés

Le festival « Brucknerfest » a lieu à Linz une fois par an depuis 1979 et offre un mélange unique entre tradition et futur grâce à la venue à des musiciens de renommée internationale et un spectacle de son et lumière sur le Danube.

L’Université privée Anton Bruckner, ouverte en 2004, est dédiée à la musique, au théâtre et à la danse. Elle accueille plus de 850 étudiants pour près de 200 professeurs venant du monde entier.
www.bruckneruni.at

À 20 km de Linz se trouve la grande Abbaye baroque de Saint Florian, une des abbayes les plus réputées de Haute-Autriche. À l’intérieur, on peut admirer les deux orgues exceptionnelles dont un possédant plus de 7000 tuyaux, dit « de Bruckner ». Celui-ci en fut le titulaire de 1848 à 1855. Le compositeur est enterré, selon sa volonté, derrière ces instruments.
www.stift-st-florian.at

Une promenade musicale de quelques 8 kilomètres mène également par les champs et par les prés d’Ansfelden jusqu’à l’Abbaye de St. Florian. Cet itinéraire s’accomplit au rythme d’extraits de ses 10 symphonies grâce à des bornes interactives placées le long du chemin dont on peut recevoir les informations sur différents appareils avec une fonction GPS (portable, iphone…).

Tourist Information Linz : www.linz.at/tourismus
Maison d’A. Bruckner Linz : www.brucknerhaus.at
Brucknerorchester Linz : www.bruckner-orchester.at
Promenade musicale en compagnie de Bruckner : www.geocaching.com

BOULANGER, Georges (1893-1958)
De son vrai nom Ghiţa Bulencea. Violoniste, chef d’orchestre et compositeur d’origine roumaine né à Tulcea aux portes du delta du Danube.

CZERNY, Carl (1791-1857)
Pianiste virtuose, compositeur et pédagogue viennois qui fut notamment le professeur de Franz Liszt.

CZIBULKA, Alfons (1842-1894)
Am Donaustrand, marche

DVOŘÁK, Antonín (1844-1901)
A já ti uplinu preč po Dunaječkuopus 32 n°1
Le compositeur habita dans ses jeunes années à Nelahozeves, un petit village au bord de l’Elbe tchèque mais c’est à travers la poésie populaire que s’établit le lien de Dvořák avec le Danube. Dans la première chanson de ses Duos moraves, opus 32 pour soprano, mezzo et piano, le compositeur met en musique un joli texte de poésie populaire morave A já ti uplinu preč po Dunaječku.

La thématique du Danube se rencontre évidemment régulièrement dans les chants populaires tout au long du parcours du fleuve, de ses sources jusqu’à son delta.
https://youtu.be/UWcjoAkBM1w

Pour en savoir plus sur A. Dvořák :
www.musicabohemica.org

FAHRBACH, Philipp  (1815-1885)
Die Donau Nixe und Vater Rhein
Compositeur né et mort à Vienne. Il commence par jouer sous la direction de J. Strauss senior en 1825 puis s’en émancipe en 1835 en créant son propre orchestre, devant ainsi un rival de Johann Strauss père puis du fils Johann Strauss junior.

Son fils Philipp (1843-1894) deviendra également compositeur et dirigera l’orchestre de son père. Il se produira à Paris en 1878 à l’occasion de l’Exposition universelle.

FARKAS, Ferenc (1905-2000)
The Danube valley
Né à Nagykanizsa (Hongrie) le 15 décembre 1905, mort à Budapest le 10 octobre 2000.

Ferenc Farkas étudia la composition à l’Académie de Musique de Budapest avec Leò Weiner et Albert Siklòs (1922-1927) puis à l’Accademia Santa Cecilia de Rome avec Ottorino Respighi (1929-1931). De 1932 à 1936, il séjourna à Vienne et à Copenhague où il écrivit de nombreuses musiques de film pour le metteur en scène Paul Fejös. De retour en Hongrie, il assura plusieurs fonctions musicales à Budapest, Kolozsvàr (Cluj, en Roumanie actuelle), Székesfehérvàr et enseigna la composition à l’Académie de Musique Franz Liszt de Budapest depuis 1949 jusqu’à sa retraite en 1975. Parmi ses nombreux élèves, citons György Ligeti, György Kurtag, Emil Petrovics, Zsolt Durkò, Sàndor Szokolay, Attila Bozay, Zoltàn Jeney.

Ferenc Farkas puise ses sources dans la musique populaire hongroise et la tradition musicale italienne mais explore aussi les courants modernes comme la dodécaphonie. Son oeuvre (plus de 700 titres) s’étend à tous les genres de musique : opéras, comédies musicales, ballets, musiques de film et de scène, oeuvres pour orchestre, concertos, musique de chambre, messes, cantates, oratorios, choeurs et lieder.

Une invention mélodique, un goût du rythme, vif et spontané, une parfaite aisance à écrire dans tous les styles et pour tous les instruments, une culture cosmopolite, un désir constant de concilier tradition et modernité sont les composantes du microcosme très personnel de Ferenc Farkas. Son oeuvre a enrichi la musique hongroise de nouvelles perspectives.

Parmi les nombreuses distinctions dont Ferenc Farkas a été honoré, citons :

le Prix Kossuth (1950, 1991)
le Prix Gottfried von Herder (1979)
le Chevalier de l’Ordre de la République italienne (1984)

Sources :
site officiel de Ferenc Farkas : www.ferencfarkas.org

FUČÍK, Julius (1872-1916)
Donausagen Waltz, (Valse des légendes du Danube) opus 233,  Danubia, opus ?, marche
Ce compositeur tchèque né à Prague a été l’élève d’Antonín Dvořák au conservatoire de la même ville.

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Julius Fučík (1872-1916)

GEORGESCU, George (1887-1964) : le génie musical du Delta
Violoncelliste et grand chef d’orchestre roumain né dans le delta du Danube à Sulina. Il étudie au Conservatoire de Bucarest puis à Berlin avec Hugo Becker où il suit également les cours de direction et de composition. Après avoir joué avec le quatuor Marteau, il doit se tourner pour des raisons physiques vers la direction d’orchestre et travaille avec Arthur Nikisch à Leipzig. Il dirige l’Orchestre Philharmonique de Berlin en 1918 et rentre en Roumanie pour fonder la Philharmonie d’État George Enescu de Bucarest qu’il dirigera jusqu’à sa mort. Professeur au Conservatoire de la capitale roumaine (1950-1953), directeur de l’Opéra (1922-1940), admiré pour l’expressivité de ses interprétations, il fait de la Philharmonie d’État de Bucarest l’un des meilleurs orchestres au monde.
➤ Voir sa biographie détaillée sur ce site.

GULAK-ARTEMOVSKY, Semyon Stepanovitch (1813-1873)
Le cosaque Zaporozhye sur le Danube, opéra comique
Chanteur (baryton), acteur, compositeur et dramaturge ukrainien, neveu du poète Petro Gulak-Artemovsky et proche du poète Taras Shevchenko, Semyon Stepanovitch Gulak-Artemovsky passa toute sa vie professionnelle en Russie. Son opéra comique Le cosaque Zaporozhye sur le Danube fut créé à le 26 avril 1863 au théâtre de Saint Pétersbourg.

GODÁR, Vladimír (1956)
Compositeur, musicologue et écrivain slovaque né à Bratislava. V. Godár a écrit en particulier des oeuvres  symphoniques, de musique de chambre et de musique sacrée ainsi que d’excellentes musiques de film. Ses travaux de recherches musicologiques ont permis la redécouverte d’oeuvres de compositeurs slovaques du XIXème siècle.
www.vladimirgodar.wz.cz

HAYDN, Joseph (1732-1809)
Joseph Haydn est originaire du petit village de Rohrau, à proximité du Danube en Autriche orientale, non loin de la frontière hongroise. Sa maison natale est transformée en un charmant et simple petit musée avec une agréable cour intérieure. Une saison de concert de musique de chambre y est proposée. Le compositeur étudia dans ses jeunes années dans la petite ville de Hainburg sur le Danube où son grand-père Matthyas Haydn et sa famille résidèrent auparavant.

Société Haydn de Vienne : www.haydn-gesellschaft.at

Paul Henrion (1817-1901)

HENRION, Paul (1817-1901)
Une rencontre dans le Danube (1864), opéra comique, livret de Jules de WAILLY

Paul Henrion est tout d’abord apprenti horloger et comédien ambulant. Il  écrit près de 1 300 chansons dont 600 romances qui sont publiées par l’éditeur Colombier. 

Il compose également plusieurs œuvres lyriques sans grand succès et un nombre conséquent de pièces de salon pour piano. Paul Henrion est avec Ernest Bourget et Victor Parizot, l’un des fondateurs de la Société des Auteurs, Compositeurs et Éditeurs de Musique (SACEM).

HODY, Jean (1935)
Le songe du Danube
Pianiste et compositeur français

HOMOLOVÁ, Zuzana (1948)
Stála Andulka pri Dunaji (Andulka au bord du Danube), chanson traditionnelle slovaque
Zuzana Homolová, de son vrai nom Dobromila Baloghová, est née à  Ružomberok en Slovaquie.

Andulka au bord du Danube,
Lavait ses jambes blanches,

Tout en lavant ses jambes
Elle accouchait d’un joli garçon,

Mon garçon, que le courant t’emporte,
Et je resterai une  vierge pure.

Une mégère passant par là,
Alla trouver le seigneur.

Qu’attendez-vous, seigneur,
Pour arrêter Andulka ?

Andulka, ouvre vite cette porte,
Père et mère te le demandent.

Je sais bien que ce ne sont père et mère,
Mais deux bourreaux qui viennent à moi.

Arrachez-moi les yeux bourreaux,
Et coupez-moi la tête.

Car j’ai bien mérité de mourir,
C’est mon neuvième fils que je fais ainsi périr.

HUMMEL, Johann Nepomuk (1778-1837)
Johan Nepomuk Hummel est né en Slovaquie à Bratislava (Presbourg en allemand, Pozsony en hongrois) dans une famille de musiciens. Ce fut l’un des plus brillants virtuoses de piano de son temps et un prolifique compositeur.

The Project Hummel : www.jnhummel.info

IGELHOFF, Peter (1904-1978)
De son vrai nom Rudolf August Ordnung, pianiste et compositeur  autrichien né à Vienne. Il compose des chansons dans les années 30 puis après la seconde guerre mondiale pendant laquelle il fut envoyé sur le front par les Nazis qui jugeaient que ses oeuvres étaient trop influencées par la musique américaine. Il écrivit par la suite 
de nombreuses musiques de film.
Sa chanson « Le capitaine du bateau à vapeur de la société danubienne de navigation » (1936) est une de ses plus célèbres compositions.
https://youtu.be/pAxGc6QHpB0

ILIEV, Diko (1898-1985)
Dunavsko Horo
Compositeur et chef d’orchestre bulgare très populaire, né à Oryahovo, petite ville  sur le Danube.

IVANOVICI, Josif (1854-1902)
Valurile Dunării, (DonauwellenLes flots du Danube), valse, 1880

Ce compositeur d’origine serbe, né dans l’ancien empire austro-hongrois à Timisoara (Roumanie), fut lauréat du Grand Prix de Composition de l’Exposition Universelle de Paris en 1889 dans la catégorie marche.

Il étudia en Roumanie à Galaţi (Moldavie roumaine) avec Alois Riedl et à Iaşi avec Emil Lehr puis exerça en tant que directeur d’harmonies militaires au bord du Danube, et à Bucarest. Il composa des fanfares, des marches, des valses, des chansons et divers potpourris (La vie de Bucarest, Un rêve sur la Volga, Nathalia, Abendtraüme, Der Liebesbote, Sur le bord de la Neva…) inspirés du folklore roumain.

J. Ivanovici écrivit pour un orchestre d’harmonie la valse Les Flots du Danube en 1880 et en fit également une version pour piano qu’il publia en 1880 et dédia à la femme de son éditeur bucarestois Emma Gebauer. Cette oeuvre devenue célèbre a été souvent confondue avec Le Beau Danube Bleu de Johann Strauss. Ses adaptations orchestrales furent réalisées par le compositeur français Emile Waldteufel en 1886 (d’après la version pour piano) et ultérieurement par Constantin Bobescu (1899-1992). L’oeuvre a fait l’objet ultérieurement de nombreux autres arrangements y compris pour des musiques de film comme celle du compositeur américain Saul Chaplin (1912-1997) pour  « The Jolson story » d’Alfred E. Green (1889-1960).

JANÁČEK, Leoš (1854-1928)
Dunaj, (Le Danube), poème symphonique composé entre 1923 et 1928

Le poème symphonique Dunaj du compositeur morave L. Janáček a été écrit dans les années 1923-1928. Mais il semblerait que ce soit lors d’un séjour à Bratislava, en mars 1923, à l’occasion duquel il assiste à la création de son opéra Kat’a Kabanová, que le compositeur décide d’écrire un poème symphonique sur le Danube, fleuve qu’il considérait d’abord comme slave. Bedřich Smetana avait déjà précédé le musicien morave dans cette voie avec son poème symphonique épique Vltava, plus connu sous le nom allemand de Moldau. Janáček préfère, de son côté, traiter, le sujet d’une autre manière et représenter le Danube sous les traits d’une femme avec toutes ses passions et ses instincts.

Si l’on en croit le témoignage de son élève, le musicien Osvald Chlubna (1893-1971), assistant du compositeur, une esquisse autographe aurait été achevée dès mai 1925. Janáček lui-même déclara un jour qu’il considérait sa partition comme achevée mais il l’évoqua par ailleurs comme une oeuvre exigeant encore une période de maturation. La mort du compositeur vint cependant interrompre ce processus de composition. Osvald Chlubna achèvera par la suite Dunaj et c’est sous cette version qu’elle sera jouée jusqu’au travail récent de restitution de l’oeuvre dans sa version originale par les musicologues tchèques Leoš Faltus, Milan Štědron et Otakar Trhlík.

Le contexte qui inspire cette oeuvre et son programme sont polysémiques : l’une des idées directrices est la glorification du fleuve «des Slaves». Des annotations figurant sur la partition du deuxième mouvement de la symphonie citent des extraits du poème Utonulá (La noyée) de la poétesse tchèque Pavla Kričková. En outre, le poème « Lola » de Soňa Spálová dissimulée sous le pseudonyme d’ Alexander Insarov, est joint à la partition.

Le recours à la viole d’amour ainsi que l’emploi d’une soprano dans le troisième mouvement sont probablement liés au caractère érotique du sujet. L’usage d’un groupe de trois et quatre timbales, usage qui pose de grands problèmes sur le plan acoustique, doit peut-être être rapporté au Danube en tant que fleuve. Le premier feuillet du quatrième mouvement a été perdu ce qui a posé des problèmes pour la reconstitution de la version originale de la symphonie.

Selon Leoš Faltus « on ne connait pas les raisons précises pour lesquelles L. Janáček aurait choisi d’intituler cette symphonie Dunaj. Ce titre évoque-t-il pour le compositeur le cours du temps qui emporte tout, les tragédies, les joies et les espoirs ou bien simplement le fleuve qui, monumental, continue inlassablement à couler ? »

Sources :
Leos Faltus, extrait des actes du colloque de 2008 « Leoš Janáček, création et culture européenne », Paris, L’Harmattan – 2011

Sur la musique de Leoš Janáček (en français) : www.musicabohemica.org

KARAS, Anton (1906-1985)
Compositeur autrichien (austro-hongrois), joueur de cithare dans les Heuriger (auberges populaires typiquement viennoises souvent tenues par des vignerons). Il est choisi par le réalisateur Carol Reed pour être le directeur musical de son film « Le troisième homme » (1949). Le succès considérable du film change radicalement la vie du musicien. Après avoir été invité chez lui par C. Reed à Londres puis dans le monde entier, il revient à Vienne mais sa gloire et sa récente richesse suscitent la jalousie de ses compatriotes viennois, alors dans une sombre période. De plus la cithare n’était plus l’instrument à la mode. Ils s’acharnent à l’empêcher de réaliser son projet de tenir un Heuriger. En 1962-1963 Karas et sa femme s’installent à Kitzbühel et ouvrent une maison d’hôte luxueuse que fréquentèrent les stars et l’aristocratie, du champion autrichien de ski légendaire Tony Sailer au duc et à la duchesse de Windsor.

KAUER, Ferdinand (1751-1831)
Das Donauweichen (La nymphe du Danube)
Singspiel sur un texte de Karl Friedrich Hensler (1761-1825) en forme de conte folklorique romantico-héroïque avec des arias (1797) d’après une légende de l’antiquité. Sa création eut lieu à Vienne le 11 janvier 1798, au théâtre populaire de Leopoldstadt dont F. Kauer en était l’un des chefs d’orchestre. L’oeuvre eut un immense succès dans la capitale autrichienne, succès qui se propagera Europe au début du XIXème siècle où elle fut l’un des ouvrages les plus joués du répertoire. Elle fut en particulier révisée et représentée par Goethe à Weimar, en Finlande, grand duché de l’empire russe à cette époque (première oeuvre lyrique mise en scène dans ce pays à Viipuri en 1826) et en Russie sous le titre de Леста, днепровская русалка (Lesta, la nymphe du Dniepr). L’écrivain russe Nicolaï se serait inspiré de La Nymphe du Danube pour écrire son conte Une nuit de mai ou la noyée (Les soirées du Hameau, nouvelles ukrainiennes) dont à son tour le compositeur Rimski-Korsakov a tiré un livret pour son opéra du même nom.
Ferdinad Kauer, compositeur prolifique, perdit, lors des inondations du Danube à Vienne en 1830, la totalité de ses biens y compris la plupart des manuscrits de ses oeuvres.

KAUFMAN, Nikolaï (1925)
Compositeur, musicologue et ethnomusicologue bulgare né à Ruse. Auteur de recherches sur la musique dans les rites funéraires des peuples installés le long du Danube (1990).

KODÁLY, Zoltán (1882-1967)
Tiszan innen, Dunan tul (En-deçà de la Tisza, au delà du Danube), aria du singspiel Háry János
Duo de Háry János avec sa fiançée Örze n°8 tiré du Singspiel Háry János, opus 15. Le titre complet exact est Les aventures de Háry János, de Nagyabony au Burg de Vienne. L’oeuvre a été composée entre 1925 et 1927 et complétée en 1951. Le livret est tiré d’un poème humoristique de Janos Garay (1812-1853), Le vieux soldat. Ce poème restera populaire jusqu’au XXème siècle dans toute la Hongrie.

Compositeur, pédagogue et ethnomusicologiste hongrois, né à Kecskemét et mort à Budapest. Il est avec B. Bartok l’un des créateurs de l’école musicale hongroise contemporaine basée sur des sources de musique traditionnelle et l’un des plus importants compositeurs d’oeuvres pour choeur du XXème siècle. Toutes les oeuvres de ce musicien sont des odes à la vie et Kodály n’est asservi à aucune école ou mode tout en étant imprégnées de la tradition la plus ancienne dont le compositeur était un excellent connaisseur.
Háry János est une ode à la paysannerie hongroise.

Háry
 » En-deçà de la Tisza, au-delà du Danube,
Au delà de la Tisza,
est un gardien et ses chevaux,
Son petit cheval bai est attaché
Avec une cordelière de manteau,
Sans couverture, près de son maître.

Örze
 » En-deçà de la Tisza, au-delà du Danube,
Au delà de la Tisza,
est un bouvier et son troupeau,
Il fait paître ses boeufs,
Et attend sa belle sur un lit d’herbe.

Háry
 » En-deçà de la Tisza, au-delà du Danube,
Au delà de la Tisza
Est un berger et son troupeau,
C’est là qu’on fait la meilleure fricassée,
Qu’il mange avec sa petite fourchette
Et sa cuillère de bois,
Dans la marmite.

Háry  et Örze
En-deçà de la Tisza, au-delà du Danube,
Au delà de la Tisza
Est une petite cabane sous un bouleau,
C’est à elle que je pense toujours,
Vers elle que soupire mon coeur
Et le coeur de celui que j’aime. « 

La dernière strophe du duo est reprise dans le choeur final du Singspiel.

Sources : kodaly.hu

KREMSER, Eduard (1938-1914)
Am blauen Donaustrand, lieder (Kremser Album, Band II, 1913)
Compositeur, arrangeur, chef de choeur, chef d’orchestre autrichien né à Vienne. Il collecta, à la demande de la municipalité, les lieders et les oeuvres instrumentales de musique populaire viennoise et les publia sous forme d’albums. Cette musique est au au coeur de la tradition musicale populaire de la capitale autrichienne. Eduard Kremser fut membre d’honneur de la prestigieuse « Wiener Gesellschaft der Musik » (Société Viennoise de la Musique).

KUSTARICA, Emir (1954)
« Oh Danube, ma Danube ! »

On connait la passion du réalisateur pour les musiques des Balkans, sa proximité et sa complicité avec de nombreux instrumentistes !
« Oh Danube, ma Danube ! »
Emir Kustarica & friends, BMG Music
Un enregistrement réalisé avec The No Smoking Orchestra et la Fanfare Ciocarla.

LANNER, Joseph (Franz Karl) (1801-1843)
Compositeur et violoniste viennois qui est avec son ami Johann Strauss I le plus grand compositeur de danse de l’époque Biedermeier. Les deux musiciens sont  d’ailleurs surnommés les pères de la valse viennoise.

LǍTĂRETU, Maria (1911-1972)
Dunare cu valuri line, Le Danube avec ses douces vagues, chanson
Chanteuse populaire roumaine, contemporaine de Maria Tǎnase

LEHÁR, Franz (1870-1948)
An der graue Donau, (Sur le beau Danube gris), valse

Franz Lehar (1870-1948)

Dernière valse de concert composée par F. Lehár en réaction aux désillusions et à l’incompréhension que tous les amateurs de cette danse ressentaient devant l’évolution des goûts, elle est le miroir de l’histoire grandiose de ce genre. Ironiquement, le compositeur lui donna le nom de Sur le beau Danube gris.

« À Komorn [Komárno] une autre plaque, en deux langues, informe qu’ici est né  Franz Lehár, maître d’un illusionnisme au carré et d’une musique de consommation dans laquelle la nostalgie des valses de Strauss, malgré une maestria pleine de gaité, se corrompt en une vulgaire désinvolte. L’illusionnisme de l’opérette, qui réduit la vie à la réplique « Garçon ! du champagne ! » ne cache pas cependant que ce n’est là qu’un brillant mensonge, le masque et la simulation du brio. Cette industrie du cynisme galant et sentimental, c’est du carton-pâte, qui, sans se donner de grands airs, détourne du sérieux de la vie. »
Claudio Magris, Danube,  « Tristement magyar »

Compositeur austro-hongrois né au bord du Danube à Komárom, (Komárno, aujourd’hui en Slovaquie) et mort à Bad Ischl (Autriche). D’abord violoniste, puis chef de divers orchestres militaires dont ceux de Budapest (1898) et de Vienne (1899-1902), Franz Lehár se tourne finalement vers l’opérette et trouve là sa véritable voie. Il obtient déjà un franc succès avec son opéra Kukuška (Leipzig, 1896) et parvient à la gloire avec Die lustige Witwe, (La veuve joyeuse,Vienne, 1905), une des opérettes les plus jouées au monde avec celles de Johann Strauss. Suivent notamment Der Graf von Luxemburg (Le Comte de Luxembourg, Vienne, 1909), Der Zarewitsch, (Le Tsarévitch, Berlin, 1927) et Das Land des Lächelns, (Le Pays du sourire, Berlin, 1929). On décèle dans ces œuvres non seulement de fortes influences slaves, mais aussi celles du folklore des divers pays d’Europe centrale.

F. Lehár eut recours aussi bien à la valse viennoise qu’à des danses plus modernes et fit appel au grand orchestre romantique enrichi parfois d’instruments pittoresques comme le célesta ou la balalaïka. Il fut le premier à faire chanter certains airs sur des évolutions chorégraphiques. Franz Lehár a également composé des musiques de film, deux concertos pour violon, des sonates pour piano, quelques soixante-cinq valses, plus de cinquante marches et quatre-vingt-dix mélodies.

LEONARD, Herbert (1945)
Il neigeait sur le Danube bleu, chanson (1968)
Chanteur de variété français

LISAC, Josipa (1950)
Gdje Dunav ljubi nebo…
Chanteuse croate né à Zagreb

LISZT, Franz (1811-1856)
Missa solemnis « Graner Messe » (Messe de Gran)écrite pour la consécration de la Basilique saint Adalbert d’Esztergom en 1856
Né à Doborján en Hongrie (aujourd’hui Raiding dans le Burgeland autrichien) le 22 octobre 1811, mort à Bayreuth le 31 juillet 1886. Son père, Adam Liszt est intendant d’un domaine du prince Esterházy. Sa mère, Maria Anna Lager est la fille d’un boulanger autrichien établi en Autriche à Krems dans la Wachau au bord du Danube. Aussi il serait plus juste de parler à l’égard de Liszt, bien qu’il ait toujours revendiqué ses racines hongroises, de compositeur austro-hongrois.

Franz Liszt (1811-1856 )

Il reçoit ses premières leçons de piano avec son père et, en 1820, joue à Sopron et à Pozsony (Bratislava) dans le palais du prince Esterházy. L’année suivante, son fils ayant obtenu une bourse auprès de l’aristocratie hongroise, Adam Liszt l’accompagne à Vienne. Franz prend des cours avec Karl Czerny pour le piano et de composition avec Antonio Salieri.

Le 13 avril 1823 il joue à Vienne et à Pest et laisse une forte impression. En automne de cette même année, sa famille s’installe à Paris mais le directeur  du Conservatoire, Luigi Cherubini refuse toutefois de l’inscrire comme élève. Il suit alors les leçons de Ferdinando Paer puis celles d’Antoine Reicha.

En 1825 a lieu à l’Opéra de paris la création de Don Sanche, une oeuvre lyrique en un acte. Il publie les Études pour piano en 1826. Jusqu’à la mort de son père, en 1827, Liszt voyage, donne des concerts en France, en Angleterre, en Suisse et vit de leçons de musique. Les événements de 1830 lui inspirent une esquisse de symphonie révolutionnaire.

Liszt est impressionné lors de la première audition de la Symphonie Fantastique de Berlioz. Il entend Paganini (1831) et Chopin l’année suivante, se lie d’amitié avec lui et fréquente Lamartine, Hugo, Heine et  Berlioz.

En 1834 le musicien hongrois fait connaissance de George Sand et fait partie du cercle de la comtesse de Plavigny, Marie d’Agoult. Le couple s’installe alors à Genève où le musicien enseigne le piano au conservatoire. Le 18 décembre 1835 leur fille Blandine vient au monde. Après sa séparation d’avec le musicien, Marie d’Agoult publiera, sous le pseudonyme de Daniel Stern, des romans, des articles sur la musique, l’art, la politique, et sur la révolution de 1848. Elle prend partie pour la démocratie, contre le pauvreté, pour l’émancipation des femmes et tient un salon très célèbre à Paris.

Liszt revient plusieurs fois à Paris, puis à l’automne 1837 s’installe avec Marie d’Agoult à Bellagio en Italie où nait leur seconde fille Cosima (qui épousera Hans Bülow en 1857, puis Richard Wagner en 1870). Ils restent en Italie (Rome, Milan, Venise) jusqu’à la fin de 1839.

Une tournée de concerts commençant par un récital à Vienne a lieu cette même année, en solidarité avec les habitants de Pest, victimes de la terrible crue du Danube au printemps 1838 et d’une épidémie de peste. Pest fut presque entièrement détruite. Ce fut la plus grosse inondation que connut la Hongrie et le gouvernement hongrois qui siégeait alors à Presbourg (Bratislava) dut en appeler à la solidarité internationale. Marie d’Agoult étant tombé malade, Liszt préfèrera rentrer en Italie. Leur fils Daniel naît le 9 mai 1839 à Rome.

À partir de décembre 1839, de nouveaux voyages le conduisent en Hongrie et ailleurs en Europe. Le titre de Maître de chapelle à la cour de Weimar lui est proposé et le compositeur accepte. En 1846 une tournée l’emmène de nouveau en Hongrie et se termine par des concerts en Russie (Kiev, Odessa, Elisabethgrad). Les années 1839-1844 sont celles de sa consécration comme virtuose du piano. Il devient le pianiste le plus admiré et le mieux rétribué du moment. En 1844, Le couple se sépare. Liszt entretient une liaison avec la princesse Sayn-Wittgenstein, née Carolyne Ivanovska et épouse d’un prince russe.

Les journées révolutionnaires de 1848 inspirent au compositeur Les Forgerons, la cantate Ungaria, l’Arbeiterchor.

En février il s’installe à Weimar. Carolyne von Sayn-Wittgenstein le rejoint. Il dirige les premières représentations de nombreux opéras, en particulier  de Lohengrin, le 28 août 1850.

À Weimar, il compose douze poèmes symphoniques, les symphonies Faust et Dante, les concertos pour piano, les Rhapsodies hongroises, les deux premiers volumes d’Album d’un voyageur, une sonate, de la musique religieuse.

Il écrit la messe solennelle dite Graner Messe pour la consécration en 1856 de la basilique saint Adalbert d’Esztergom (Gran en allemand) sur le Danube et le Psaume XIII.

Le musicien démissionne du poste de directeur de la musique de la cour de Weimar  en 1858  et se brouille avec Wagner l’année suivante.

En 1860, Joseph Joachim et Johannes Brahms publient dans le journal «Echo» de Berlin leur célèbre condamnation de la «Neudeutsche Schule» et par conséquent des musiques de Liszt et de Wagner.

En octobre 1861 le couple peut se marier religieusement. Liszt quitte alors Weimar et donne à sa vie et à son oeuvre une tournure mystique, peut être sous l’influence de sa compagne.

La Légende de Sainte-Elisabeth de Hongrie, l’Oratorio Christus, la Missa choralis, la Messe hongroise du couronnement et le Requiem sont composés.

En janvier 1869 il ouvre un cours annuel de perfectionnement au piano à Weimar mais séjourne chaque année en automne à la Villa d’Este à Tivoli.

En 1871 on le nomme et le rémunère comme Conseiller royal. En 1873 le cinquantenaire de sa carrière est fêté à Budapest. Il est nommé président de la toute nouvelle Académie de musique créée la même année (1875).

Le compositeur meurt en juillet 1888 pendant son séjour à Bayreuth à l’occasion des représentations des opéras de Wagner.

MAHLER, Gustav (1860-1911)
Situé à la période charnière du XIXème et du XXème siècles, Gustav Mahler initie la transition vers le post-romantisme et le modernisme. Le compositeur autrichien bouleverse le genre symphonique et devient l’un des symboles du romantisme exacerbé.

Issu d’une famille juive modeste de Bohême du sud, Gustav Mahler étudie au Conservatoire de Vienne où il suit notamment les cours d’harmonie de Robert Fuchs et de composition de Franz Krenn. C’est à cette occasion qu’il rencontre Bruckner. Mahler occupe ensuite différents postes de chef d’orchestre et de directeur musical en Europe centrale et en Autriche. Son génie de l’orchestration est remarqué lorsqu’il dirige Mozart, Beethoven et Wagner à l’opéra de Prague, salle qu’il quitte en raisons de conflits avec l’administration et les musiciens. Sa nomination comme directeur musical de l’opéra de Vienne, capitale alors en pleine ébullition artistique, constitue l’apogée de sa carrière. Dans le désaccord qui oppose les conservateurs (brahmsiens) aux progressistes (wagnériens), Gustav Mahler choisit son camp, celui de Wagner, compositeur qui le fascine par la révolution musicale qu’il porte. Victime d’antisémitisme malgré sa conversion et son épanchement pour le mysticisme catholique, il quitte Vienne et fini sa carrière à l’orchestre philharmonique de New York.

Par leurs dimensions monumentales, la démesure de l’effectif orchestral, la volonté d’embrasser un monde, les symphonies de Mahler constituent des chefs d’œuvre du romantisme. Jouant sur les contrastes entre trivialité et gravité, il excelle dans l’écriture contrapuntique, libre, dissonante et de plus en plus audacieuse.

De son vivant, c’est davantage son talent orchestral que son génie de compositeur qui sera célébré. Par l’évolution subtile de principes à laquelle son œuvre participe, il influence notamment Schönberg ou Chostakovitch.

L’œuvre de Mahler en 6 dates :

  • 1884-1885 : Lieder eines fahrenden Gesellen (Chants d’un compagnon errant)
  • 1888-1896 : Symphonie numéro 1 «Titan»
  • 1888-1894 : Symphonie numéro 2  «Résurrection»
  • 1901-1904 ; Kindertotenlieder (Chants pour des enfants morts)
  • 1903-1904 : Symphonie numéro 6 «Tragique»
  • 1908-1909 : Das Lied von der Erde (Le Chant de la Terre)

La vie de Mahler en 6 dates :

  • 1883-1885 : second Kapellmeister à l’Opéra de Kassel, il y rencontre Johanna Richter à qui il dédie les Lieder eines fahrenden Gesellen.
  • 1886 : Il dirige à l’opéra de Prague des représentations de Mozart, Gluck, Beethoven et Wagner
  • 1888-1891 : directeur musical de l’Opéra Royal de Budapest.
  • 1897- 1908 : Il dirige l’opéra de Vienne.
  • 1901 : il épouse Alma Schindler.
  • 1908 : Il dirige au Metropolitan Opera de New York.
    Sources :
    Radio France, France-Musique : www.francemusique.fr

MANDICEVSCHI, Eusebie (1857-1929)
Compositeur, chef d’orchestre, chef de choeur et musicologue autrichien originaire de Bucovine et mort à Vienne, plus connu sous le nom de Eusebius Mandyczewski.

MARTINI, Jean-Paul Egide (1741-1816)
Ce contemporain de Joseph Haydn, né en Allemagne, à fait ses études au séminaire jésuite de Neuburg-sur-le-Danube puis s’est installé en France où il occupa des fonctions importantes pour l’ancien régime et à la Restauration. Son oeuvre est aujourd’hui complètement tombée dans l’oubli à l’exception notoire de sa chanson Plaisir d’amour.

MORENO (?)
Les flots du Danube, d’après l’oeuvre de I. Ivanovici
Musicien tsigane, guitariste, originaire de l’est de la France.

Ce fleuve métaphorique ne serait-il pas, avant tout celui des tsiganes, des minorités et de tout être humain qui se confronte durant toute son existence à l’absurdité des frontières ?
Les flots du Danube (CD Moreno Boléro – 1996, CDAL 175)

MOZART, Wolfgang Amadeus (1756-1791)
Bien que né à Salzbourg l’italienne, baigné par les eaux de la Salzach, affluent du Danube, Mozart a passé la plus grande partie de sa vie dans la capitale de l’empire des Habsbourg.
Il n’existe pas de pièce spécifique du musicien autrichien inspirée par le fleuve mais… qui sait ! Il est arrivé plusieurs fois à Mozart de descendre le Danube en bateau pour se rendre à Vienne depuis Linz.

MÜHLBERGER, Karl (1857-1944)

Karl Mühlberger (1857-1944)

Chef d’orchestre d’harmonies militaires autrichien et compositeur né en Wachau à Spitz/Donau. Karl Mühlberger a étudié avec le musicien tchèque Karel Komzák et au Conservatoire des Amis de la Musique de Vienne avec Josef Hellmesberger.
Sources :
www.vms.bz.it

NIKODIJEVIC, Marko
Cvetic, kucica… (Petite fleur, petite maison…)

Compositeur serbe contemporain, Marko Nikodijevic évoque dans cette oeuvre le dessin d’une petite fille kosovare de 5 ans dont le corps a été retrouvé dans le Danube en 1999.

NONO, Luigi (1924-1990)
Post-Prae-ludium per Donau (1987) pour tuba et électronique live
Oeuvre composée en 1987 et créé la même année dans le cadre du festival de musique contemporaine de Donaueschingen (Allemagne) et dédiée à Giancarlo Schiaffini. À l’occasion de la première, donnée le 17 octobre 1987 à Donaueschingen (d’où le nom du fleuve dans le titre), le compositeur écrivit : « Si le déroulement de la composition est arrêté dans les moindres détails, la notation en revanche ne sert que de base pour l’interprète. Les nouvelles possibilités techniques qu’offre un tuba à six pistons donnent l’occasion au musicien de produire accidentellement d’autres occurrences sonores au-delà de ce modèle. La transformation électronique des sons n’est introduite dans la composition qu’avec modération et de manière différenciée. Le joueur de tuba doit écouter tous les procédés d’amplification du son, les assimiler et y réagir. C’est cette interaction entre la notation préétablie, une nouvelle technique de jeu et la musique électronique live  qui donne naissance à une interprétation vivante. »
Sources :
Programme Ars Musica, 1992

PLEYEL, Ignace Joseph (1757-1831)

Ignaz Joseph Pleyel (1757-1831)

Pianiste, chef d’orchestre, compositeur, éditeur et remarquable facteur d’instrument contemporain  et ami de Mozart, né en Basse-Autriche sur la rive gauche du Danube, dans le joli petit village entouré de vignobles de Ruppersthal, aux portes de la Wachau en amont de Vienne. Il fut l’élève tout d’abord du compositeur tchèque établi dans la capitale autrichienne J. K. Vaňhal puis de J. Haydn à Eisenstadt. En 1777 le comte Ladislas Erdödy le prend à son service. Il voyage en Italie, prend la succession de Franz Xaver Richter, musicien originaire de Moravie, comme Maître de Chapelle à la cathédrale de Strasbourg en 1789, se rend ensuite à Londres où il dirige les Professionals Concerts et interprète lui-même ses propres oeuvres. Pleyel semble avoir eu maille à partir avec les autorités révolutionnaires en 1793 mais il s’établit malgré tout à Paris en 1795, ouvre un magasin de musique et d’instruments et fonde sa propre maison d’édition. Pleyel inaugure en 1808 sa fabrique de piano y associant son fils Camille à partir de 1815.

Ce fût l’un des compositeurs les plus joués, publiés et arrangés de son temps. Une grande salle de concert de Paris porte son nom. On peut aussi visiter sa maison natale à Ruppersthal aujourd’hui transformée en petit musée géré par la Société Internationale Ignaz Pleyel.
Musée I. J. Pleyel de Ruppersthal et Société International Pleyel : www.pleyel.at

PORUMBESCU Ciprian (1853-1883)
Zȃna Dunarii (La fée du Danube) pour piano
La malurile Prutului, (Sur les rives du Prut), valse pour soliste, choeur et piano, 1877

Compositeur, violoniste,  chef de choeur et pédagogue roumain né et mort, à l’âge de 29 ans en Bucovine. Il fut élève au conservatoire de Czernowitz (Bucovine austro-hongroise) et de Vienne où il suit les cours de Franz Krenn et d’Anton Bruckner. Ses oeuvres sont jouées par les orchestres populaires de la capitales et ses chansons sont reprises par les jeunes étudiants de son pays comme hymnes à la liberté.
En raison de ses convictions politiques en faveur de la Roumanie, il doit retourner en Bucovine. Son opérette Crai Nou (La nouvelle lune), écrite en 1882, devient une des oeuvres les plus jouées de ce répertoire dans les années 1900. Le conservatoire de Bucarest porte son nom.

RUBINSTEIN, Anton Grigoryevitch (1829-1894)
Compositeur, pianiste, chef d’orchestre et pédagogue éminent né en Ukraine
« Lorsqu’après 1871, je descendis le Rhin de Mayence à Rotterdam, j’eus l’impression que ce fleuve peut couler paisiblement ; ses luttes sont terminées, il n’a plus désormais qu’à laisser flotter au fil de ses eaux les ladies anglaises et les  misses américaines qui notent au crayon, dans leur Baedecker, le roc de la Loreley, le Stolzenfels ou le Rolandseck… Mais lorsque j’ai descendu le Danube de Vienne à Galatz et que j’ai observé les passagers du bateau, où se trouvaient mélangés des Allemands, des Hongrois, des Serbes, des Roumains, des Turcs, des Russes, j’ai compris que là se jouerait encore une terrible tragédie, dont dépendra la paix de l’Europe. »
Pensées et aphorismes d’Anton Rubinstein, Le Ménestrel n°8 du 25/02/1900, p. 60

RÜEGG, Mathias (1952)
Donauwalzer, arrangement de la valse du Beau Danube Bleu de Johann Strauss
L’oeuvre apparait dans le cd consacré à Johann Strauss « ALL THAT STRAUSS, First New Year’s Concert in Jazz » du Vienna Art Orchestra.
Vienna Art Orchestra : www.vao.at

SCHÄCHTER, Rafaël  (27 mai 1905-1944)
Pianiste, compositeur et chef d’orchestre
, né à Brăila dans la communauté juive. Il fait ses études à Brno puis au Conservatoire de Prague. Il est forcé d’interrompre ses activités musicales à l’arrivée des nazis puis est interné au camp de Terezín (Bohême du nord)  en 1941 où il organise de nombreuses manifestations musicales, dirige 35 fois l’opéra « La fiancée vendue » de B. Smetana, « Le Baiser » du même compositeur, des oeuvres lyriques de Mozart et le Requiem de Verdi à plusieurs reprises en reconstituant à chaque fois le choeur après la déportation de ses membres. Il est lui-même déporté en 1944 au camp de concentration d’Auschwitz et meurt avec de nombreux autres prisonniers du camp de Terezín dès son arrivée. Le charisme et le talent de R. Schächter aida les prisonniers du camp à affronter l’horreur de leur situation et à ne pas désespérer.

SCHANDL, Ernst (1920-1997)
Musicien, compositeur et pédagogue autrichien né à Gmünd et mort à Krems-Stein sur le Danube. Il a écrit de nombreuses oeuvres (marches) en hommage au Danube, très populaires dans la Wachau et en Basse-Autriche.

SCHENCK, Johannes (env. 1656 – 1712)
L’Écho du Danube, six sonates pour viole de gambe et basse continue
Compositeur né à Amsterdam vers 1656, si l’on en croit son certificat de mariage, Johannes Schenck est un éminent joueur de viole de gambe et compositeur de l’ère baroque sur la vie duquel nous avons relativement peu d’informations. La plupart des oeuvres qui sont parvenues sont d’une grande virtuosité. À 40 ans il est engagé par le prince électeur de Palatinat Johann Wilhem II dont la cour se tient à Düsseldorf sur le Rhin comme musicien de chambre de la cour. Il en devient ensuite intendant en 1710. Il accompagne un an plus tard le prince électeur à Francfort pour les fêtes couronnement de Charles VI.

L’empereur autrichien Léopold Ier de Habsbourg était un musicien averti et lui-même joueur de viole de gambe et compositeur. Aussi J. Schenck conçut-il le projet de se rendre à Vienne et solliciter l’empereur. Malheureusement pour le virtuose hollandais, Léopold Ier de Habsbourg décéde peu de temps après l’arrivée de J. Schenck et ses projets ne purent se réaliser. Il dut rentrer à Düsseldorf.

La suite de sonates intitulées L’Écho du Danube pourrait avoir été composée en vue du voyage à Vienne et initialement destinées  à l’empereur autrichien. Selon certaines sources musicologiques cette suite aurait pu être écrite à Neuburg sur le Danube. L’oeuvre n’est-elle pas précisément dédicacée au baron de Diamanstein, le superintendant de la musique de la cour ? Le manuscrit de ces oeuvres, probablement celui apporté par J. Schenck à Vienne et aujourd’hui conservé à la Bibliothèque de l’Albertina, ne porte pas la mention du titre L’Écho du Danube contrairement à l’édition plus tardive publiée à Amsterdam par Estienne Roger. Un titre comme une évocation nostalgique d’un voyage sur les bords du Danube et d’une rencontre ratée avec un empereur musicien ?

Les six sonates de cette suite seront également éditées sous ce titre à Paris chez Le Clerc et Boivin en 1742. J. Schenck a intitulé une autre de ses oeuvres Les Nymphes du Rhin.

Sources :
Ces informations proviennent du livret du CD consacré à des
oeuvres pour viole de gambe de Johannes Schenck enregistrées par Lorenz Duftschmid (CPO 999 682-2) et du booklet de l’enregistrement réalisé par Hille Perl, The Music of Johan Schenk (DHM 88691903812)

SCHÖNBERG, Arnold (1874-1951)

Arnold Schoenberg

Compositeur, peintre et théoricien viennois. Arnold Schoenberg a toujours considéré sa musique comme l’héritière authentique de la tradition classique et romantique allemande. Celui qui proclamait : « il y a encore beaucoup de bonnes musiques à écrire en do majeur » fut pourtant l’initiateur d’une révolution atonale sans précédent.

Autodidacte, Arnold Schoenberg fait ses armes en arrangeant et en orchestrant des opérettes et des chansons populaires. À partir de 1894, il bénéficie des conseils d’Alexander Zemlinsky – son futur beau frère – qui lui enseigne l’art du contrepoint. Fasciné par la musique de Richard Wagner et de Johannes Brahms. A. Schoenberg compose des œuvres de jeunesse dans la tradition romantique allemande. De cette époque, il laisse notamment l’une de ses pièces maîtresses – La nuit transfigurée – composée à l’âge de 26 ans.

Une fois franchi le seuil vers l’atonalité, A. Schoenberg entame une période de création intense où il amène l’émancipation de la dissonance à son paroxysme. C’est dans cette période dite d’ »atonalisme libre » que s’inscrivent le mélodrame Erwartung et son Pierrot Lunaire. Au début des années 1920, le compositeur met au point le dodécaphonisme sériel qu’il applique dans ses œuvres jusqu’à pousser le procédé à sa plus extrême virtuosité.

Exilé à Paris puis aux États-Unis où il se consacrera à l’enseignement jusqu’à la fin de sa vie, Arnold Schoenberg fut conscient d’avoir opéré une rupture musicale avec le passé même s’il restait persuadé d’être un conservateur qu’on avait forcé à devenir révolutionnaire.

Arnold Schoenberg en 6 dates :

  • 1882 : Arnold Schoenberg commence à étudier le violon et le violoncelle.
  • 1901 : épouse Mathilde Zemlinsky, sœur de son ancien professeur et s’installe à Berlin.
  • 1903 : fait la connaissance de Gustav Mahler  à Vienne et entame une carrière de professeur.
  • 1910 : Arnold Schoenberg commence à enseigner à l’Académie de musique de Vienne et se tourne vers la peinture expressionniste.
  • 1911 : achève son Traité d’Harmonie dédié à la mémoire de Gustav Mahler et s’installe pour la seconde fois à Berlin où il rencontre Ferruccio Busoni.
  • 1933 : reconverti au judaïsme, il émigre aux Etats-Unis où il devient professeur à Boston puis à New York.

Arnold Schoenberg en 6 œuvres :

  • 1897 : Quatuor à cordes en ré majeur
  • 1899 : Nuit transfigurée
  • 1903 : Pelléas et Mélisande opus 5
  • 1911 : Gurrelieder
  • 1912 : Pierrot Lunaire opus 21
  • 1936 : Concerto pour violon et orchestre opus 36

Sources :
documentation de Radio France : www.francemusique.fr

SCHRAMMEL, Johann (1850-1893)
Violoniste (élève de  Joseph Hellmesberger), compositeur viennois et créateur avec son frère Josef de la « Schrammel Musik » dont les mélomanes de la capitale autrichienne se délectent encore de nos jours lors de nombreux manifestations dans les restaurants et les Heuriger où le vin coule joyeusement dans les verres. Il est vrai qu’à Vienne le vin ne va pas sans musique et vice-versa ! Il s’agît d’une authentique culture musicale viennoise d’une grande popularité qui  puise ses origines dans la musique traditionnelle autrichienne et se confondra avec le répertoire de Wiener Lieder.

SCHRAMMEL, Josef (1852-1895)
Violoniste et frère de Johann Schrammel. Il fonde avec celui-ci et le contraguitariste Anton Strohmayer en 1878 un trio puis un quatuor (2 violons,  petite clarinette en sol ou « picksüßes Hölzl » et une contra-guitare) lorsque le clarinettiste Georg Dänzer se joint au groupe qui acquiert une immense popularité et joue non seulement pour la bourgeoisie viennoise mais aussi pour l’aristocratie. À la mort de G. Dänzer, la petite clarinette est remplacée par un accordéon. Johann Schrammel est l’auteur de l’une des plus célèbres marches autrichiennes Wien bleiblt Wien. De nombreux ensembles continuent à perpétrer cette tradition jusqu’à aujourd’hui.

Josef Schrammel (1852-1895)

SCHUBERT, Franz (1797-1828)
Auf der Donau (Sur le Danube), D. 553, op.21 n°1, texte de Johann Mayrhofer,
Auf der Strom (Sur le fleuve), D. 943, op. posth. 119, sur un texte de Ludwig Rellstab
Der Schiffer (Le marinier) D. 536 n° 2
Der Schiffer, D 694, texte de F. von Schlegel,
Am Strome (au bord du fleuve) D. 39, opus 8/4, texte de Johann Mayrhofer
Der Strom (Le fleuve) D. 565
Der Fluss (La rivière) D. 693
Lied eines Schiffers an die Dioskuren, D. 360, opus 65 n°1, texte de Johann Mayrhofer
Schiffers Scheidelied, D. 910, texte de J. Schober

Compositeur autrichien, peut-être le plus viennois de tous les grands musiciens autrichiens. La nature est une immense source d’inspiration et de consolation inépuisable pour Franz Schubert et ses amis de son cercle intime, poètes, peintres et musiciens de la capitale qui aiment se promener ensemble et tenir des académies dans les environs de Vienne. Plusieurs de ses lieder sont consacrés à l’élément liquide, au fleuve, aux rivières et à leur environnement.

D’une certaine manière on peut dire que le Danube est perceptible dans de nombreuses oeuvres du compositeur en tant que source d’inspiration. Franz Schubert séjourna régulièrement non loin du fleuve, au château d’Atzenbrugg, près de Tulln, en amont de Vienne, pendant les étés de 1820 à 1823. Il y était invité avec quelques autres artistes par son ami Franz von Schober. Promenades et fêtes musicales et poétiques étaient au programme de ces joyeuses journées estivales.
Le château d’Atzenbrugg, restauré par la municipalité se visite et des concerts y sont régulièrement organisés.

On attribue cette phrase à Schubert à propos de Beethoven : « Il sait tout, mais nous ne pouvons pas tout comprendre encore, et il coulera beaucoup d’eau dans le Danube avant que tout ce que cet homme a créé soit généralement compris. »

Der Schiffer (Le batelier), lieder opus 21, D. 536 n°2 pour voix et piano
Texte de Johann Baptiste Mayrhofer (1787-1836)

Im Winde, im Sturme befahr ich den Fluß,
Die Kleider durchweichet der Regen im Guß ;
Ich peitsche die Wellen mit mächtigem Schlag,
Erhoffend, erhoffend mir heiteren Tag.

Die Wellen, sie jagen das ächzende Schiff,
Es drohet der Strudel, es drohet das Riff.
Gesteine entkollern den felsigen Höh’n,
Und Tannen erseufzen wie Geistergestöhn.

So mußte es kommen, ich hab es gewollt,
Ich hasse ein Leben behaglich entrollt ;
Und schlängen die Wellen den ächzenden Kahn,
Ich priese doch immer die eigene Bahn.

Drum tose des Wassers ohnmächtiger Zorn,
Dem Herzen entquillet ein seliger Born,
Die Nerven erfrischend – o himmliche Lust,
Dem Sturme zu trotzen mit männlicher Brust.

Dans le vent et la tempête je traverse la rivière,
La pluie trempe mes habits ;
Je fouette les vagues avec des coups puissants,
Espérant, espérant une journée radieuse.

Les vagues poursuivent le bateau qui gémit,
Les tourbillons le menacent, les récifs le guettent.
Des pierres dévalent des hauteurs rocheuses,
Et les sapins soupirent comme des fantômes à l’agonie.

C’est ainsi que cela devait être, je l’ai voulu,
Je hais une vie qui se déroule agréablement ;
Et même si les vagues mordent mon bateau,
Je voudrais louer encore ce chemin.

Qu’elle gronde la colère impuissante de l’eau,
De mon cœur jaillit une source bénie,
Rafraîchissante – ô plaisir céleste,
Affronter la tempête avec un cœur d’homme.

« La vision comparative que Mayrhofer donne du paysage du fleuve en amont de Vienne reflète exactement, et aujourd’hui encore, le caractère de cet endroit. »
Dietrich Fischer-Diskau, Les lieders de Schubert, Diapason Robert Laffont, Paris, 1977

SIEBERT, Adolphe (1899-1991)
Chef d’orchestre autrichien. Il fait ses études et vit à Vienne jusqu’en 1938. Ayant la réputation d’infatigable travailleur, il se consacre aux opérettes et aux valses viennoises. Il émigre ensuite en France et travaille pendant 25 ans pour France-Musique en tant que producteur. Comme chef d’orchestre, il dirige sa propre formation et devient le premier chef permanent de l’orchestre lyrique de la radiodiffusion française. Réputé être un infatigable travailleur, il était féru d’opérettes viennoises et de valses autrichiennes. L’essentiel de sa discographie est consacré à ce répertoire.
A. Siebert anime régulièrement au cours des années 70 des émissions sur France-Musique, émissions intitulées « Du Danube à la Seine » puis « Concert Promenade » jusqu’en 1991 émission qui a choisi pour indicatif « Un café viennois » du compositeur Robert Stolz.

STOLZ, Robert, (1880-1975)
Drei von der Donau (Les trois du Danube), opérette, Vienne, 1947
Träume an der Donau (Rêveries au bord du Danube), lieder pour voix et orchestre

Compositeur prolifique et chef d’orchestre autrichien originaire de Graz (Styrie), considéré comme le dernier représentant de la valse viennoise et de l’âge d’argent de l’opérette. R. Stolz a également écrit de nombreuses musiques de films y compris pendant son séjour au États-Unis où il avait émigré en 1938 et où il conquit, en tant qu’ambassadeur de la musique viennoise, Broadway. Il revint à Vienne après la guerre (1946) et compose presque jusqu’à la fin de sa vie laissant une oeuvre considérable d’environ 50 opérettes, une centaine de musiques de film et de nombreuses pièces dont le succès ne s’est pas démenti jusqu’à aujourd’hui.

Ses domaines de prédilection étaient ceux de la «petite» opérette agréable et amusante et de la chanson viennoise. Sa musique est avant élégante, pétillante et toujours d’une grande expressivité. Comme chef d’orchestre il fut un infatigable interprète des oeuvres de la dynastie Strauss, Joseph Labitzky, Franz von Suppé, Joseph Lanner, Carl Michaël Ziehrer…

« Si je ne ressens rien dans mon coeur, la musique n’atteindra pas les auditeurs ; on ne convainc que si l’on ressent et croit soi-même. Mon plus grand souhait, c’est que mes mélodies continuent de vivre dans le coeur des hommes. Je saurai alors que j’aurai accompli ma tâche et que ma vie n’aura pas été inutile. »
Robert Stolz

« Du sollst der Kaiser meiner Seele sein… », Une des plus belles mélodies de R. Stolz chanté par la soprano autrichienne Angelika Kirschläger

STRAUSS, Johann, père (1804-1849)

STRAUSS, Johann, fils (1825-1899)

STRAUSS, Josef (1827-1870)

STRAUSS, Edouard (1835-1916)

Donaulieder, valse opus 127 (Johann Strauss I)

An der schönen blauen Donau (Sur le beau Danube bleu), valse opus 314 (Johan Strauss II)
Vom Donaustrande (De la grève du Danube)polka tirée de l’opérette Carnaval à Rome, opus 356 (Johann Strauss II, 1873)
Donauweibchen (La nymphe du Danube), valse opus 427 sur des mélodies de l’opérette Simplizius (Johann Strauss II)
Am Donaustrand (Sur la grève du Danube), improvisation pour voix et piano (Johann Strauss II)

On trouve également parmi les autres titres des valses, danses et autres oeuvres de la famille Strauss de nombreuses évocations des grands fleuves comme Die Lorelei – Rhein Klänge, valse opus 154 (J. Strauss I), Die Moldauerklänge, (J. Strauss I), Die Lava – Ströme, valse (J. Strauss II), Wellen und Wogen, Sirenen (J. Strauss), Neva, polka (J. Strauss), An der Moldau, polka française de l’opérette La Chauve – souris (J. Strauss II), An der Wolga, polka-mazurka opus 425 (J. Strauss II), An der Elbe, valse opus 477 (J. Strauss II).

Johann Strauss I
Johann Strauss I (Johann Strauss père) est un compositeur autrichien particulièrement apprécié pour ses valses, genre qu’il contribue à populariser avec son ami Joseph Lanner et son rival Carl Michaël Ziehrer. Ils établissent les bases d’un genre musical qui permettront aux fils Strauss de fonder une véritable dynastie. On trouve parmi ses oeuvres les plus populaires la Marche de Radetzky et la valse de la Lorelei Rheine Klänge.

Johann Strauss (I) est le père de Johann Strauss (II), Josef Strauss et Eduard Strauss, de deux filles, Anna, née en 1829 et Thérèse née en 1831. Son fils, Ferdinand, né en 1834, décède à l’âge de dix mois.

Les parents de Johann Strauss I, tenaient une auberge. Sa mère meurt brutalement lorsqu’il a 7 ans. Cinq ans plus tard c’est son père qui se noie dans le Danube. Sa belle-mère cherche alors à placer le jeune garçon comme apprenti chez un relieur, Johann Lichtscheidl. Il prend des leçons de violon et d’alto en complément de son apprentissage qu’il termine en 1822. J. Strauss I étudie en parallèle la composition avec Johann Polischansky et obtient une place dans l’orchestre local d’un certain Michael Pamer. Il quitte cette formation pour rejoindre un quatuor à cordes connu sous le nom de Quatuor Lanner. C’est un ensemble de chambre formé par un rival potentiel, Joseph Lanner et les frères Karl et Johann Drahanek. Ce quatuor à cordes qui joue des valses viennoises et des danses populaires allemandes se transforme en un petit orchestre à cordes dès 1824.

Johann Strauss prend la direction de cet ensemble à l’issue du carnaval de la même année assurant en même temps la direction d’un second orchestre plus  réduit, formé en raison du succès du premier. En 1825, il décide de créer son propre ensemble et commence à composer après avoir réalisé qu’il peut aussi s’inspirer du succès de son rival afin de mettre fin à ses propres problèmes financiers. Il se place dès lors en concurrent officiel de Lanner et devient rapidement un des plus célèbres compositeurs de danses à Vienne. Il part en tournée avec son orchestre en Allemagne, aux Pays-Bas, en Belgique, en Angleterre et en  Écosse.

Lors d’un voyage en France en 1837, J. Strauss entend un quadrille et, séduit par cette danse, commence immédiatement à en écrire. Puis il importe cette danse en Autriche lors du carnaval de 1840, événement à partir duquel elle devient populaire. Le voyage en France démontre l’extraordinaire audience de la musique de J. Strauss dans les différents milieux sociaux. Son projet ambitieux de jouer sa musique en Angleterre à l’occasion du couronnement de la reine Victoria en 1838 se réalise.

Strauss se marie avec Maria Anna Streim en 1825 dans la paroisse de l’église de Liechtenthal à Vienne. Ce mariage est relativement instable, en raison de ses absences prolongées, de ses fréquentes tournées à l’étranger. Il prend une maîtresse, Émilie Trambusch, avec laquelle il aura huit enfants. Cette situation a probablement marqué les premières compositions de son fils Johann alors que son père avait formellement interdit à ses enfants de prendre des cours de musique. Avec la déclaration de paternité d’une fille née de sa liaison avec sa maîtresse, sa femme demande le divorce en 1844. Elle permet à son fils Johann de poursuivre activement sa carrière musicale.

En dépit de ses problèmes familiaux, Johann Strauss père continue à effectuer de nombreux voyages dans les îles britanniques, demeurant toujours prêt à écrire de nouvelles oeuvres pour des organisations de charité. Ses valses s’inspirent de danses populaires et sont précédées d’une courte introduction avec peu voire même sans lien avec la structure précédente. Elles sont généralement suivi d’une courte coda et d’une conclusion agitée. Johann Strauss II, quant à lui, développera et étoffera la structure de la valse, utilisant  pour sa musique un nombre d’instruments plus conséquent que les oeuvres de son père.

J. Strauss I est parmi les premiers compositeurs avec Joseph Lanner, à composer des oeuvres en leur donnant des titres individuels, comprenant qu’il est indispensable de rendre ses compositions immédiatement reconnaissables et d’en garantir par la même occasion un succès éditorial et durable. Il est aussi un des premiers musiciens à défendre, à l’occasion de ses concerts dans la salle de bal Sperl de Vienne, le principe de collecter un droit d’entrée fixe.

J. Strauss I meurt à Vienne en 1849. Il est d’abord enterré au cimetière de Döbling aux côtés de son ami et rival Joseph Lanner. En 1904, leurs dépouilles sont transférées dans les tombes d’honneur du cimetière central de Vienne. L’ancien cimetière de Döbling porte  désormais le nom de parc Strauss-Lanner.

Berlioz lui-même dit du « Père de la Valse Viennoise » que « Vienne sans Strauss c’est comme l’Autriche sans le Danube ».

Johann Strauss II

Ach, welch ein Leben !
klar und helle,
wie die Welle
sprudelt es dahin !

Frauen und Reben,
herbe, wilde,
süsse, milde,
duften hier und blüh’n !

Zieht dich die Zaubermacht
lieblicher Augenpracht
hin an den Strand der Donau,
ja, da gibt es kein Entflieh’n !

Ah, quelle vie !
claire et transparente,
telle une vague
elle pétille jusque là-bas !

Femmes et vignes,
austères, sauvages,
suaves, douces,
embaument ici et fleurissent !

Le pouvoir magique
de la charmante splendeur des yeux
attire sur la grève du Danube,
oui, impossible de s’y soustraire !

Am Donaustrand (Sur la grève du Danube), improvisation pour voix et piano.
Texte de Ignaz Schnitzler (1939-1921), librettiste de l’opérette Le baron tsigane (1885)
Publié comme supplément dans le premier cahier de la revue viennoise An der schönen, blauen Donau du 15 janvier 1886.
Cette petite pièce divertissante contient des extraits de la valse du Beau Danube bleu opus 314 (première partie) et de la valse des Femmes viennoises opus 423. Le manuscrit de cette oeuvre a malheureusement été perdu.

Johann Strauss fils a souvent joué les oeuvres de son père déclarant ouvertement son admiration pour sa musique malgré leur rivalité, rivalité entretenue par la presse d’alors. Johann Strauss père refusa par contre de se produire au Casino Dommayer où son fils avait débuté. Il contraria même ses débuts de carrière mais il fût vite relégué au second rang derrière son fils en terme de popularité.

« Il n’est pas dans mes intentions de me mesurer avec insolence au génie de mon père. »

«Je suis certain que mon père dans la tombe se réconciliera avec moi si je sais prouver que je ne suis pas indigne de ma profession d’artiste.»

« C’est étrange mais votre musique reste aussi jeune que vous. Après tant d’années, elle n’a pas pris une ride. »
Propos de l’empereur François-Joseph de Habsbourg à propos de la musique de Johann Strauss fils.

Polka Von Donaustrande, tirée de l’opérette le Carnaval de Rome et interprétée par la soprano autrichienne Andre Kirschlager

À propos de la valse du Beau Danube bleu

Voir également l’article spécifique consacré à cette oeuvre sur le site.

Johann Strauss II a 42 ans lorsque, à la demande du directeur de l’association chorale de Vienne, il compose sa valse du Beau Danube bleu. Les premières paroles sont médiocres mais de circonstances.

Lors de l’exposition universelle de Paris de 1867 Johann Strauss est invité à l’ambassade d’Autriche. On lui demande d’ajouter une valse à son programme musical. Il fait acheminer de Vienne la partition du Beau Danube bleu et obtient avec cette nouvelle version un tel triomphe que les éditeurs viennois, dans les semaines qui suivent, ne parviennent qu’avec difficulté à répondre à la demande.

Le beau Danube bleu se constitue de cinq valses qui s’enchaînent, toutes précédées d’une introduction. Elles se concluent par une coda, correspondant ainsi au plan habituel fixé par les Strauss.

L’atmosphère magique qui se dégage de ce morceau tient à plusieurs éléments :

– une orchestration irréprochable et raffinée, utilisant dans l’introduction les sonorités des cors extrêmement enveloppantes et «romantiques», très proches de celles de Brahms et de la grande tradition romantique viennoise.

– le thème de la première valse qui s’impose par son dessin d’une grande souplesse, permettant de donne une grande unité à l’œuvre. Il apparaît dès l’introduction, et revient textuellement dans la coda.

– les nombreux changements de tonalités d’une valse à l’autre (et au sein de chacune) évitent subtilement l’impression de répétition.

Le Beau Danube bleu (deuxième version du texte) 

Danube bleu
Si, comme un dieu,
On t’a chanté,
Coeur exalté,
C’est que tes flots,
Rires ou sanglots,
Portent la vie et l’amour
Tout le long de ton parcours !

Quand vient le printemps,
Tu vois en passant
La Bavière
Tout entière,
En couples heureux,
Sous l’effet joyeux
De la bière,
Vivre, ardente, sous tes yeux.

Et même au lointain,
L’écho des refrains,
De tes rives
Nous arrive
On boit et l’on rit !
Sous un ciel exquis,
Tout avive
Le bonheur des coeurs épris !

Mais la forêt magique,
Les soirs mélancoliques,
En de sombres musiques,
A ceux de tes flots mêlent ses bruits !
Et lorsque tes eaux grondent,
Les sapins te répondent
Et leurs voix se confondent
En un chant tragique, dans la nuit

Alors dans certains vieux manoirs,
On voit glisser des ombres
Ce sont des fantômes en nombre
Venant les revoir !
Légendes de tristesse,
L’esprit plein de détresse,
De vous fuir on se presse,
Car plus loin, bientôt voici l’espoir !

Voici Vienne, à l’accueil prometteur !
Salut, Vienne, au séjour enchanteur !
Voici la volupté, le désir,
La joie et le plaisir !
Enlacés passionnément,
Voici tous les amants,
Valse de Vienne,
Qui dansent éperdument
Sur tes airs prenants
De magicienne !
Arrêtons-nous un peu,
Ecoutons les aveux
Perdons la tête !
C’est du fleuve d’amour, du beau Danube bleu,
La fête !

Ô vous, les tziganes rêveurs,
Aux chants berceurs,
Pleins de douceurs,
Suivez d’un archet merveilleux
Son rythme mystérieux !
Follement,
Tendrement,
Dans l’ivresse
Des caresses.
Jouez et chantez !
Inventez
De nouveaux refrains,
Sans souci des lendemains !

Car le Danube va suivre son cours,
Comme le bonheur, il passe… il court !
Il emporte tout avec lui,
Vers d’autres destins, il s’enfuit !
Les matins,
Gardant des tons incertains,
Il reflétera l’azur
Au midi d’un ciel pur !
Mais le soir,
Il entendra les noirs
Sons tristement cadencés,
Les plaintes des amants délaissés !
Mais va… va… toujours
Au fil des jours !
Qu’importent
Ceux que tu fais pleurer !
D’autres, sur tes bords,
Viendront s’adorer !

Danube bleu
Si, comme un dieu,
On t’a chanté
Coeur exalté.
C’est que tes flots
Rires ou sanglots,
Portent la vie et l’amour
Tout le long de ton parcours !

SUPPE, Franz von (1819-1895)
Dolch und Rose oder das Donaumädchen (Dolch et Rose ou la fille du Danube), musique de scène, 1844
Création au Théâtre de Josefstadt le 30 novembre, livret de F. X. Told.

VOLKMANN, Robert (1815-1883)
Visegrád, 12 musikalische Dichtungen (12 poèmes musicaux), Op. 21
Der Schwur, Waffentanz, Beim Bankett, Minne, Blumenstück,Brautlied, Die Wahrsagerin, Pastorale, Das Lied can Helden, Der Page, Soliman, Am Salomonsthurm – Élegie

WALDTEUFEL, (Charles)-Emile (1837-1915)
Les sirènes, valse (1878)

Orchestration de la valse de Josif Ivanovici Les flots du Danube (1886)
Compositeur, pianiste et chef d’orchestre français né à Strasbourg dans une famille de musiciens. Il étudie le piano avec sa mère, d’origine bavaroise puis intègre la classe d’Adolphe Laurent au Conservatoire de Paris. Nommé pianiste de la cour de Napoléon III en 1865 il devient ensuite puis directeur des bals nationaux dont il dirige la musique à Paris et en province. Le compositeur se marie avec la cantatrice Célestine Dufau en 1871. Après la guerre de 1870, on le présente au prince de Galles (futur Edouard VII), ce qui lui permet de faire connaître ses oeuvres en Angleterre, en particulier ses valses qui sont éditées. Son audience s’élargit en Europe et au-delà, dirige à Berlin, Paris reçoit une invitation à se produire à New York mais la décline. 

Émile Walteufel est chargé de réaliser en 1886 la version pour orchestre de la valse de Josif Ivanovici Les flots du Danube.

Waldteufel n’est pas directement lié au Danube mais il peut être considéré comme l’un des plus grands compositeurs de valses après la famille Strauss et Carl Michaël Ziehrer. Il en a écrit plus de 180.

WEBERN,  Anton (1883-1945)
Compositeur et chef d’orchestre autrichien né à Vienne. D’abord élève en piano, violoncelle et théorie avec Edwin Komauer, il fait ensuite des études de philosophie et de musicologie à l’université de Vienne. En 1906, il y termine sa thèse de doctorat et manifeste son intérêt pour la polyphonie ancienne et ses jeux d’écriture. Webern commence à composer, sans doute sous l’influence de Wagner. Sa rencontre avec Arnold Schoenberg, dont il devient le premier et le plus dévoué disciple, est décisive. Avec son condisciple et ami Alban Berg, il forme le premier cercle des élèves de Schoenberg, et va suivre l’évolution stylistique de son maître, de l’atonalité à la dodécaphonie, ajoutant à chaque fois un degré de radicalité supplémentaire aux inventions théoriques de Schoenberg. De 1908 à 1914, Webern est chef d’orchestre à Vienne et en Allemagne. Il compose en 1909, les Six Pièces pour orchestre opus 6, qui sont sa seule pièce pour grande formation. En 1913-1914, s’ouvre la période des oeuvres brèves : on peut parler d’expressionnisme de la concision. Entre 1917 et 1921 sont écrits de nombreux cycles pour voix. Le compositeur renonce à l’accompagnement pianistique pour le petit ensemble ou la clarinette qu’il affectionne particulièrement. De 1927 à 1938, il est chef d’orchestre à la Radio autrichienne de Vienne mais la montée du nazisme bouleverse sa vie : sa musique est assimilée à de « l’art dégénéré ».  Schoenberg s’est exilé, Berg meurt en 1935 et Webern reste seul dans la ville, perdant ses emplois de musicien.  À la fin de la guerre un soldat américain le tue, à la suite d’un tragique méprise, alors que le compositeur sortait fumer un cigare à l’extérieur, malgré le couvre-feu, à la suite d’un repas chez son gendre. Son oeuvre sera redécouverte très rapidement par les musiciens de la génération de 1925 : Boulez, Maderna, Nono, Stockhausen, Pousseur… qui fonderont à leur tour « l’École de Darmstadt » et le « sérialisme intégral » sur les techniques de composition mise au point par Webern pendant l’entre-deux-guerres. Le pointillisme et la concision, caractéristiques de l’écriture webernienne, seront également systématiquement imités par les jeunes compositeurs des années 1950, qui ont longtemps tenu Webern pour le plus important des trois viennois.

Sources :
Ircam – Centre Pompidou, 2005

WEINER, Léo (1885-1960)
Toldi, poème symphonique
Compositeur hongrois, né et mort à Budapest. Il fut professeur de composition au Conservatoire de la capitale hongroise.

XENAKIS, Yannis (1922-2001), compositeur, architecte ingénieur né dans la communauté grecque de Brǎila (Roumanie)
Réfugié en France et travaille avec Le Corbusier comme ingénieur puis poursuit se recherches musicales avec le soutien d’Oliver Messiaen en s’intéressant à de nouveaux champs musicaux, spatiaux et acoustiques. Son héritage musical de plus de 150 oeuvres est considérable.

ZAWINUL, Joe (1932-2007)
Symphonie Stories of the Danube, 1993

Musicien autrichien éclectique, d’origine hongroise, tchèque et tsigane, fondateur avec Wayne Shorter et Miroslav Vitous du groupe légendaire de jazz-rock « Weather Report ».
Sa symphonie Stories of the Danube est une commande de la « Brucknerhaus » de Linz. L’oeuvre a été créé la même année pour l’ouverture du Festival Bruckner.

ZIEHRER,  Carl Michaël (1843-1922)
Donausegen (valse) opus 446, Von der Donau zur Spree (Du Danube à la Spree), valse opus 502, Stromabwärts (En aval) valse, opus 141, Gruss an Pest (Salut à Pest), polka opus 140, Wacht an der Donau ! (Veille sur le Danube !), marche opus 385
Compositeur et chef d’harmonies militaires né à Vienne. Son père finance ses études au conservatoire de la capitale autrichienne. Il suit les cours dans cette institution du grand théoricien de la musique, compositeur et organiste Simon Sechter qui fut  également le professeur d’Anton Bruckner. L’éditeur viennois Haslinger l’engage pour diriger les concerts à la salle de Diane après un échec financier avec Johann Strauss fils (1863). En 1870, C. M. Ziehrer accepte, durant trois années, le poste de chef de l’harmonie du 55ème régiment d’infanterie, forme ensuite un orchestre pour l’exposition universelle de Vienne de 1873 puis fonde un journal musical (1874) et dirige une nouvelle harmonie militaire (1875-1877). A la suite d’un conflit avec Edouard Strauss pour le nom de son orchestre, il part diriger en Allemagne et en Europe de l’Est. En 1893, C. M. Ziehrer  représente l’Autriche à l’exposition universelle de Chicago et poursuit par une grande tournée américaine.

C. M. Ziehrer participe à la création du Wiener Tonkünstler Orchestra, formation qui donnera naissance à l’Orchestre Symphonique de Vienne. L’empereur François-Joseph lui confie la direction des bals de la cour impériale dont le dernier a lieu sous sa direction en 1914. C’est le seul directeur de cette prestigieuse institution qui n’appartint pas à la famille Strauss.

Si ses opérettes, par leur aspect « régional » ont connu un retentissement relativement limité à l’international, ses oeuvres instrumentales et ses lieder sont par contre parmi les plus réputés de ces genres musicaux.

C.M. Ziehrer dont la carrière ressemble à celle de Johann Strauss père, excepté ses années où il déploya des activités de chef d’harmonies militaires, fut le grand rival des fils de ce dernier. Compositeur prolifique il a écrit 23 opérettes, environs 210 polkas, 84 marches, plus de 130 valses, de nombreux pots-pourris et autres danses.

Eric Baude, © Danube-culture, droits réservés,  mise à jour avril 2019

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