Nikopol (Bulgarie), ou le souvenir d’un désastre chrétien

 

Nikopol (km 597, rive droite) appartient aujourd’hui à la Région bulgare de Pleven. C’est une petite ville paisible d’environs 10 000 habitants. Un bac la relie à Turnu Mǎgurele (Roumanie).
coordonnées géographiques :
Latitude : 43° 42′ nord
Longitude : 24° 54′ est

 

 

Prise de la forteresse de Nikopol par les troupes russes en 1877

Cette petite cité bulgare est connue pour la victoire de l’empereur romain Trajan sur les Daces. En l’honneur de celle-ci la ville est appelée « Nicopolis ad Istrum, la ville de la Victoire sur le Danube inférieur ». En 629 une forteresse est érigée par les armées romaines d’Orient sur l’ordre de l’empereur byzantin Héraclius Ier (vers 575-641). La ville se tient à la frontière nord de cette empire. Après la conquête ottomane de l’empire bulgare le dernier tsar bulgare se réfugie dans la forteresse de Nikopol qui tombe aux mains des assaillants en même temps que la ville en 1395. C’est aux abords de Nikopol que l’armée des Chrétiens subit trois ans auparavant une de ses défaites les plus retentissantes.

Church_of_Saints_Peter_and_Paul,_Nikopol,_Bulgaria,_Tsvetan_Tsolov

Église Saint-Pierre et Saint-Paul de Nikopol (droits réservés)

Pendant la présence ottomane, la forteresse sera consolidée et la cité connaît un développement économique et culturel pendant plusieurs siècles. La ville est prise par les troupes russes en 1877.

« Nikopol. C’est au bord de cette ville du Danube, qui n’est plus aujourd’hui qu’un village, que le Sultan Bajazet — dit La Foudre — a anéanti en 1392 l’armée des Chrétiens, conduite par le roi Sigismond de Hongrie ; les chroniqueurs de l’époque et le témoignage du grand voyageur Schiltberger, le Marco Polo bavarois, mettent surtout l’accent sur l’élégance méprisante avec laquelle la cavalerie française, sans se préoccuper d’aucun plan stratégique, se jeta, tête baissée et en rangs serrés dans la défaite. Dix siècles auparavant, dans la province de Nikopol, s’était installé un groupe de Goths, parmi lesquels l’évêque Wulfila, dont la traduction de la bible en gotique marque le début des littératures germaniques. D’une certaine façon c’est de ces rives, où ne subsite plus aucune présence allemande, qu’est parti le germanisme, se déplaçant vers l’Ouest, puis bien des siècles plus tard revenant à nouveau vers l’Est, comme un fleuve qui inverse son cours, pour se retirer enfin à l’Ouest, repoussé par d’autres migrations, préludant à des ères nouvelles. »
Claudio Magris, Danube, « La bible des Goths »

 

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