Hristo Botev, poète et révolutionnaire bulgare (1848-1876) à bord du «Radetzky», bateau à vapeur de la D.D.S.G.

Le 26 mai 1876, le Radetzky, un bateau à vapeur autrichien de la D.D.S.G. transportant des passagers, remonte paisiblement le Danube de Galatz à Turnu-Severin conformément à ses horaires et à son plan de navigation.

Aux embarcadères de Giurgiu, Turnu-Magurele et Corabia s’embarquent des groupes de bulgares en costumes traditionnels d’ouvriers (de jardiniers selon d’autres sources) chargés de bagages ce qui n’est guère surprenant en soi dans le contexte danubien de cette époque. Soudain, dès les amarres largués de l’escale de Rahovo, le groupe de bulgares se met à ouvrir de grandes caisses et des valises censées contenir des outils de travail et en sortent à la place des armes à la stupéfaction des autres passagers.

Leur jeune chef, le poète bulgare Hristo Botev, alors âgé de 28 ans, donne l’ordre au capitaine du bateau austro-hongrois, Dagobert Engländer, de le débarquer avec ses hommes près de Kozloduj, d’où ils espèrent pouvoir lancer leur lutte contre l’occupant ottoman et permettre à la Bulgarie d’acquérir son indépendance.

Les révolutionnaires bulgares qui ne montrent aucune animosité envers les autres voyageurs et le capitaine, lui remettent avant de quitter le navire, un certificat écrit en français attestant qu’il a obéi aux révolutionnaires bulgares sous la contrainte afin d’éviter d’éventuels ennuis de leur part. Les plus réputés parmi les voyageurs du vapeur témoignent dans ce même document que le capitaine a agi sous la contrainte et que les passagers ont tous été traités avec déférence. Malheureusement pour les révolutionnaires bulgares, les gendarmes turcs, les fameux Bachi-Buzuks ont remarqué le manège du vapeur et des hommes de Botev et ils donnent l’alerte.

Christo Botev sera tué le 1er juin sur le mont Okolchiza par les ottomans après quelques jours de combat. Dans leur traversé des villages bulgares occupés, très peu d’hommes sont venus grossir les rangs des révolutionnaires bulgares. Des deux cents insurgés aucun ne survivra. Quant au capitaine du «Radetzky», Dagobert Engländer, il continua à naviguer sur le Danube puis fêtera, en 1908, sa quarantième année au service de la D.D.S.G. comme inspecteur en chef de la direction générale de la compagnie autrichienne de navigation sur le Danube.

En 1918, le Radetzky fut mis hors service et détruit en 1924 par la D.D.S.G.
En 1925, Dagobert Englender renvoya en Bulgarie les objets du bateau qu’il avait soigneusement conservé : un drapeau, un cachet, la permission originale, une copie du rapport, un exposé détaillé des événements du 17 mai 1876, une copie de la lettre de Botev en français adressée au capitaine et aux passagers, deux planches de bord du Radetzky sur l’une desquelles se tenait Hristo Botev lorsqu’il  l’obligea à lui transférer le commandement du bateau afin de pouvoir débarquer sur le sol bulgare avec sa troupe près de Kozloduj.

La réplique du Radetzky

La réplique du  » Radetzky « 

Pour commémorer cet évènement, un bateau fut aménagé après la deuxième guerre mondiale en une parfaite réplique du «Radetzky» par de jeunes communistes bulgares. Ce bateau historique remonta le Danube avec un équipage vêtu d’uniforme d’époque de la D.D.S.G. de Rusé à Kozloduj où il fût accueilli solennellement par le gouverneur d’État bulgare. Le bateau se rendit ensuite à Vienne. Ce navire dressa sur ce trajet hautement symbolique le pavillon  des navires de l’ancienne monarchie austro-hongroise.

La réplique du Radetzky abrite désormais un musée consacré à la vie et l’oeuvre du poète révolutionnaire bulgare.

C’est à proximité de Kozloduj que le Danube atteint sa largeur maximale de son cours.

Sources : www.la-bulgarie.fr/bateau-radetzki

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