Brǎila, porte du delta

 » En ce temps, le port n’avait point de quai, et on pouvait avancer de dix et vingt pas, jusqu’à ce que l’eau vous arrivât à la poitrine. Pour entrer dans une barque, il fallait traverser de petites passerelles en bois ; les voiliers, ancrés au loin, frottaient leurs coques contre des pontons qui contenaient un bout du grand pont fait de billots et de planches. Une fourmilière de chargeurs turcs, arméniens et roumains, le sac au dos, allait et venait en courant sur ces ponts qui pliaient sous le poids.  »

Panaït Istrati, Kyra Kiralyna

La ville roumaine de Brǎila (km 170) symbolise la porte du delta du Danube. Lieu de batailles acharnées dès le Moyen-Âge, Brǎila était surnommée autrefois la ville des restaurants et des belles filles et fut au début du vingtième siècle la capitale européenne des Tsiganes.

Place des pécheurs

La place des pécheurs autrefois

C’est le lieu de naissance de l’écrivain Panaït Istrati (1884-1935) qui fait dans certains de ses romans (Codine, Kyra Kirilyna…) des descriptions colorées et attachantes de sa ville natale et de ses populations multiculturelles. La grande actrice roumaine d’origine grecque et directrice de théâtre Maria Filotti (1883-1956) est également née à Brǎila. Le théâtre municipal porte son nom.

Maria_Filotti_Theatre,_Braila

Théâtre Maria Filotti

Centre commercial fondé en 1368, elle demeurera une place forte ottomane pendant près de trois siècles, de 1544 à 1828. Brǎila est rattachée à la principauté de Valachie suite au Traité d’Andrinople (1829). Le Traité d’Andrinople, nettement favorable à la Russie, renforce considérablement et pour longtemps la position russe dans le delta du Danube. La forteresse est détruite. Les villes portuaires de Galaţi et Brǎila obtiennent le statut avantageux de ports francs ce qui prélude au développement des activités économiques de la Valachie et de la Moldavie. Ce sera « l’âge d’or économique ». Le monopole du commerce des marchands et négociants turcs dans le delta avait toutefois déjà été rompu en 1784 avec des concessions du point de vue des libertés commerciales offertes aux étrangers. En 1838, le Royaume-Uni, en plein essor industriel et croissance économique mais devant faire face à un un déclin de son agriculture, signe avec L’Empire ottoman le  » Traité de Ponsonby ».

Le port de Brǎila est accessible grâce à la chenalisation du bras de Sulina, au trafic maritime de petit tonnage. La principale activité économique locale reste centrée sur la transformation des roseaux du delta en papier et en matériau de construction et d’autres industries annexes.

Jeune grande ville Brǎila connait un nouvel « âge d’or » grâce à la rénovation de son centre historique, à ses infrastructures éducatives et culturelles (Université, musées) ainsi qu’au développement du tourisme dans la région du delta.

Statue de Panaït Istrati à Brǎila

Musée de Brǎila : www.muzeulbrailei.ro

 

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