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Les tourbillons de la Strudengau
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Sarmingstein (Strudengau)
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Celles et ceux qui naviguent en Strudengau sur le Danube haut-autrichien ou en longent les rives entre Grein et Persenbeug (rive gauche) ou Ybbs (rive droite), connaissent bien évidemment cette petite chapelle blanche sur la rive gauche entre Struden et Sankt Nikola/Donau. Ce bâtiment aux dimensions modestes est surmonté d’une plaque gravée dans le rocher et comportant en lettres d’or l’inscription suivante : « Kaiser Franz Joseph befreite die Schifffahrt von den Gefahren im Donau Wirbel durch Sprengung » (« L’empereur François-Joseph a libéré la navigation du danger dans le passage des tourbillons du Danube en faisant sauter à la dynamite [l’îlot rocheux de Hausstein]. La croix de la chapelle provient de la forteresse moyenâgeuse (XIIIe-XIXe siècles) qui a longtemps trôné au sommet de cet îlot proche de la rive méridionale avant d’être laissée à l’abandon au XVIe puis détruite en même temps que l’îlot au XIXe.

La forteresse de Hausstein, les tourbillons (« Strudel « et « Wirbel ») de la Strudengau et l’île de Wörth, plan de la fin du XVIIIe siècle. Des flèches et un pointillé indiquent la route fluviale (Naufahrt) à suivre pour franchir les passages dangereux.
Un examen rapide de la coque permit de constater que celle-ci avait été endommagée et prenait beaucoup d’eau dans sa partie arrière. Il fut donc décidé d’échouer le bateau en face du village de Sankt Nikola/Donau (rive gauche), sur le « Seiler im Sand », un banc de sable encore visible de nos jours. L’accident ne provoqua heureusement que quelques frayeurs au couple impérial et à l’équipage mais il a peut-être été une des raisons pour lesquelles les travaux de régulation et d’amélioration de la navigation sur le fleuve haut-autrichien à cette hauteur du défilé de la Strudengau2, ont été menés plus rapidement par la suite. Franz-Joseph et sa femme poursuivront courageusement leur voyage vers Vienne sur l’ « Hermine », un des bateaux qui suivaient le yacht impérial.
Il ne restait plus comme dernier obstacle qu’un récif, là où le courant courre à travers un méandre. Soudain, un bruit se fit entendre de l’arrière gauche du bateau, en même temps il y eut une secousse en provenance du même endroit. Le navire se souleva un peu de l’arrière puis retomba immédiatement dans sa position habituelle et glissa doucement, de nouveau dégagé, dans le courant. Tout danger semblait heureusement écarté. Le visage du commandant du navire était cependant devenu blême. Donnant la barre à son adjoint le premier lieutenant, il se précipita sous le pont dans la direction d’où étaient provenus le bruit et la poussée. J’attendais son retour avec impatience. Quelques secondes après il réapparaissait, me regarda avec le plus grand sérieux et hocha la tête. J’en savais assez. »
Notes :
1 Le bateau à vapeur fut construit en 1854 par les chantiers navals hongrois d’Althofen (Budapest)
Longueur : 55, 47 m
Largeur : 8, 08 m/14, 58 m
Tirant d’eau : 1, 60 m
Moteur Escher & Wyss de 500 (chevaux) actionnant deux roues à aube.
Port d’attache : Vienne
Il est racheté par la DDSG en 1866 et navigue sous nom d’origine pour cette compagnie. Il est équipé d’un nouveau moteur en 1872 et mis au rebut en 1924.
2 L’impératrice Marie-Thérèse de Habsbourg (1717-1780), arrière grand-mère de François-Joseph avait déjà fait effectuer des travaux à cette hauteur du fleuve dans les années 1770-1780.