Le parc du Prater de Vienne : entre nature et divertissement

Comme tout bon Viennois Mozart eut l’occasion d’aller se promener dans le grand parc du Prater.

MOZART, Wolfgang Amadeus (1756-1791)
Gehn wir im Prater, gehn wir in d’Hetz (Allons au Prater…)
Canon KV 558 en si bémol majeur (2 septembre 1788)
https://youtu.be/BoL2NUnldDU 

Le Prater est mentionné dans des sources écrites de la Renaissance en l’an 1403. Il occupe alors une superficie bien plus importante que celle d’aujourd’hui et une grande partie des terrains sont des marécages dus à la présence de plusieurs bras Danube. Ces terrains appartiennent à divers monastères et paroisses.

Chasse au Prater, collection de la Bibliothèque Nationale d’Autriche, Vienne

En 1560, l’empereur Maximilien II de Habsbourg (1527-1576), fait clôturer ces bois et ces prés et les transforme en réserve de chasse réservée aux membres de la Maison des Habsbourg. La noblesse n’est autorisée à s’y rendre qu’au mois de mai, et ce bien évidemment « sans pistolet ni chien ».
Peu après son couronnement, le jeune monarque Joseph II (1741-1790), fils aîné de Marie-Thérèse d’Autriche et de François de Lorraine décide en 1766 d’ouvrir une partie du parc au public sauf la Hirschau qui demeure interdite et est réservée à l’élevage du gibier.

Cerfs en hiver dans le parc du Prater, 1840, collection de la Bibliothèque Nationale d’Autriche, Vienne

Ce qui n’empêche nullement certains visiteurs de franchir la clôture pour y organiser des rencontres galantes et discrètes ou éventuellement pour s’y battre en duel en toute tranquillité. Cette ouverture au public du Prater fut suivie par un réel engouement des Viennois pour ce nouvel espace accessible et, par beau temps, de longues files de fiacres s’y rendent. Toute la ville ou presque se donne alors rendrez-vous au Prater.
Joseph II fait également bâtir la Lusthaus (La maison du plaisir) par un architecte autrichien d’origine française qu’il apprécie, Isidore Canevale (1730-1786). Le terrain choisi fut celui d’une cabane de chasse, aux abords d’un ancien bras du Danube, le Wiener Wasser qui a été par la suite transformé en plan d’eau.

Dans le parc du Prater, 1810, collection de la Bibliothèque Nationale d’Autriche, Vienne

Le nouveau bâtiment fut surélevé pour éviter les inondations fréquentes et destructrices. Les nombreuses parois vitrées et les portes ont été dessinées afin de permettre à la nature de pénétrer facilement dans le bâtiment. Les murs sont peints avec une couleur verte. On s’y donne rendez-vous, on y discute, mange, joue, on y écoute de la musique, flirte… Cinq allées partant de ce bâtiment sont aménagées et complètent l’allée principale, ce qui permet également à l’empereur de mieux  faire surveiller son peuple. La Lusthaus et ses abords abritent une grande fête en 1814 organisée en l’honneur de la victoire sur Napoléon, manifestation à laquelle les soldats autrichiens de retour chez eux sont conviés.
La Lusthaus abrite toujours un excellent restaurant ainsi qu’un espace où sont organisées de nombreuses manifestations culturelles.
www.lusthaus-wien.at

La Lusthaus pavoisée pour les fêtes de 1814, collection de la Bibliothèque Nationale d’Autriche, Vienne

Les grands cafés du Prater

  Les premiers cafés et restaurants du Prater remontent au XVIIIe siècle. Trois établissements sont érigés dans les années 1786 sur l’allée principale. Le premier propose initialement des concerts de musique classique. Beethoven s’y produit en 1814, Joseph Lanner en 1824. Mal géré ou déficitaire, l’établissement change 21 fois de propriétaire entre 1854 et 1938 et sera détruit par les bombardements alliés en 1945.
Le deuxième café était encore plus vaste et plus chic que le premier. C’est à la valse que sont dédiés les concerts qui s’y dérouleront au XIXe siècle. Johann Strauss junior et ses deux frères le fréquente à plusieurs reprises. À côté du bâtiment principal se trouvent une salle de billard, un buffet, un grand salon avec son propre scène pour un orchestre, quatre autres salons ainsi qu’un un jardin d’hiver. L’établissement subit le même sort que le premier café à la fin de la seconde guerre mondiale.
Le troisième café fonctionne toute l’année. De grandes fêtes y sont également organisées, auxquelles participent des musiciens célèbres. Ce café est transformé en « Singspieltheater » pouvant accueillir jusqu’à 5 000 personnes (1871). L’entrepreneur et impresario Anton Ronacher (1841-1892) rachète le restaurant en 1877 et y fait représenter des opérettes et des spectacles de variétés. Le café est lui aussi touché par les bombardements à la fin de la seconde guerre mondiale et définitivement démoli en 1962 pour laisser la place au « Brunswick Bowling Hall ».

La Schweizerhaus, une institution gastronomique viennoise

« J’étais hier au Prater  en compagnie du vice-chancelier, le comte Schönhorn. C’est un parc ravissant  à l’étendue resplendissante. Nous avons jugé bon de quitter la grande allée à cause de la poussière et de nous diriger vers la forêt. Nous nous sommes arrêtés dans une petite auberge qui, d’après mon compagnon, s’appelle « Zur Schweizer Hütte ». Il y a des centaines d’années, un ermite vendait ici du poisson et des champignons aux chasseurs impériaux qui venaient s’y reposer. Les domestiques étaient des Suisses du Sundgau, réputés pour l’excellence et la loyauté de leur conduite, et le nom « SchweizerHütte » aurait été conservé depuis cette époque. Le propriétaire actuel est un homme d’un grand calme qui fait frire habilement des petits poissons à la broche et sert un délicieux jus de sureau que nous avons bu dans deux cruches … »
Lady Worthley Montaigu, 1766

La Schweizerhaus a été construite en 1868 sur l’emplacement de la  « Zur Schweizer Hütte« , un lieu fréquenté initialement par des chasseurs originaires de Suisse (d’où son nom) qui y recevaient l’aristocratie du Saint Empire Romain Germanique. Elle est rachetée en 1920 par un jeune boucher de 19 ans d’origine tchèque, Karl Kolarik (1901-1993). Celui-ci y installe une cuisine qui permet aux clients d’observer la préparation des plats. Le bâtiment est détruit à son tour pendant les bombardements alliés de 1945. La famille Kolarik reprend ses activités en 1947 accueillant sa clientèle dans un ancien wagon de la Grande Roue et dans une cabane en bois de vigneron.  Ce restaurant saisonnier (de mi-mars à fin octobre), une des adresses gastronomiques les plus populaires pour les amateurs de cuisine viennoise et bohémienne copieuse accompagnée de bières légendaires, demeure dans la possession de la même famille depuis 1920.
www.schweizerhaus.at

   Outres de nombreux et  impressionnants feux d’artifice qui sont tirés régulièrement depuis un emplacement spécifique du Haut-Prater, toutes sortes de tentatives et expériences scientifiques, parfois réussies, ont eu lieu dans le cadre du parc. Après le britannique Charles Hyam et l’artificier autrichien Johann Georg Stuwer en 1784, l’aéronaute français Jean-Pierre Blanchard (1753-1809) tente d’effectuer le premier vol libre en ballon depuis l’Autriche mais c’est d’abord un échec. Le public qui a du payer un droit d’entrée, est en colère et l’aéronaute doit être protégé de la foule par la police. Le 6 juillet 1791, il réussit toutefois à s’envoler du Prater jusqu’à Groß-Enzersdorf sur la rive gauche du Danube. Puis c’est au tour de l’horloger et génial inventeur Jakob Degen (1760?-1848) de s’envoler avec une machine volante à ailes mobiles actionnées par ses propres forces le 13 novembre 1808, réussissant le premier vol libre au-dessus du Prater. Huit ans plus tard, en 1816, le même Degen qui a inventé entretemps une hélice mécanique, fait monter un premier hélicoptère (sans pilote) jusqu’à une hauteur de 160 mètres.

Inauguration du Danube régularisé à Vienne en 1871, sources l’Illustration

Les grands travaux de régulation du Danube dans les années 1870 permettent la disparition quasi totale des marécages. À l’occasion de la grande Exposition universelle de Vienne en 1873, une partie des terrains du Prater sont défrichés et de nouveaux chemins sont aménagés pour les promeneurs.

Pavillon de Perse, exposition universelle, 1873, collection du Wien Museum

Les bâtiments construits pour l’Exposition Universelle seront par la suite démolis, à l’exception de quelques-uns d’entre eux qui sont transformés en ateliers et loués à des artistes. Les bâtiments sont partiellement détruit en 1945. Le parc du Prater se trouve en zone d’occupation soviétique après la seconde guerre mondiale mais les Russes autorisent les Britanniques à y accéder et à y organiser des courses hippiques.

August Schäffer (1833-1916), En revenant de l’exposition universelle, huile sur toile, 1875, collection de la Galerie Nationale Autrichienne, Vienne

Le quai du Prater (Praterkai) a été aménagé en zone industrielle vers la fin du XIXe siècle. La zone de Freudenau est transformée en port fluvial. Des résidences sont construites le long du canal du Danube, un ancien bras du fleuve aménagé et des villas sont édifiées pour héberger de riches industriels anglais venus en Autriche profiter de la croissance économique. Ces derniers affectionnent particulièrement le Prater, car ils peuvent y pratiquer leurs sports favoris comme le cricket.

L’entrée de « Venedig in Wien », photo de 1895, Collection de la Bibliothèque Nationale d’Autriche, Vienne

Le parc d’attractions

Gabor Steiner (1858-1944), directeur de théâtre, impresario et créateur du parc d’attractions Venedig in Wien (Venise à Vienne), inauguré en 1895, fait construire en 1897 la Wiener Riesenrad (Grande Roue de Vienne), un an avant le cinquantième anniversaire du règne de l’empereur François-Joseph de Habsbourg par les ingénieurs britanniques Walter Bassett Bassett (1864–1907) et Harry Hitchins.

La Grande Roue historique en 1897 avec ses trente nacelles, collection de la Bibliothèque Nationale d’Autriche, Vienne

Elle est fermée durant la premier guerre mondiale, sert comme poste d’observation militaire et faillit être détruite en 1916 mais le coût prohibitif de sa démolition incite le nouveau propriétaire des lieux à y renoncer. Elle brûle à l’occasion des bombardements de la ville en 1944 et sera reconstruite en 1953 en n’intégrant toutefois que 15 des trente nacelles qui équipaient la Grande Roue Viennoise d’origine. Elle est alors restituée aux héritiers d’Édouard Steiner, propriétaire qui en avait été dépossédé en 1938 à l’occasion de la promulgation de lois antisémites lors de l’Anschluss

La discrète église Maria Grün, lieu de de pèlerinage

À l’opposé du parc d’attraction, presque invisible, la discrète petite église Maria Grün, cachée dans son écrin de verdure près de l’allée d’Aspern et du Danube du Danube fut autrefois un haut-lieu de pèlerinage. Elle a été construite sur les plans de Josef Münster (1869–1946), architecte de la ville de Vienne en 1924 et consacrée le 21 décembre de la même année. Le bâtiment a été endommagé à plusieurs reprises pendant la seconde guerre mondiale par des bombardements qui visaient la zone industrielle et le port voisins de Freudenau. Restaurée par la suite elle fut réouverte au service religieux en 1948. Elle possède un orgue depuis 1985 et a été de nouveau entièrement rénovée en 1989. Maria Grün reste une destination privilégiée de pèlerinage pour les habitants d’origine croate de Vienne et du Burgenland.

L’église Maria Grün, photo droits réservés

Le Prater et le cinéma
La plupart des toutes premières projections et spectacles cinématographiques ont lieu à Vienne en 1896 dans le cadre du parc d’attractions « Venise à Vienne » ouvert en 1895. Mais ce n’est qu’au tout début du XXe siècle que sont construites au Prater des petites salles de cinémas indépendantes. Gustav Münstedt diffuse des films dans une  salle adjacente de sa Prater Hütte à partir de 1904 puis dans la grande salle. 5 cinémas jouissent d’une situation de monopole jusqu’en 1920, année où est inauguré la salle de cinéma du cirque Busch dans les anciens locaux de celui-ci. Toutes les salles  à l’exception du Lustspieltheater seront détruites en 1945 par les bombardements alliés.

Le Prater dans le patrimoine  littéraire, cinématographique et musical : une féconde source d’inspiration

Le Prater apparaît souvent dans les romans, romans policiers, nouvelles, pièces de théâtre, récits et poèmes d’auteurs autrichiens et étrangers. Quelques-uns d’entre eux sont traduits en français parmi lesquels La Ronde, Le sous-lieutenant Gustel d’Arthur Schnitzler (1862-1931), La nuit fantastique, L’amour d’Erika Ewald de Stefan Zweig (1881-1942), Le Flambeau dans l’oreille – Histoire d’une vie 1921-1931 d’Elias Canetti (1905-1994), Un autre Kratki-Baschik (récit) d’Heimito von Doderer (1896-1966), Ashantee de Peter Altenberg  (1859-1919),  Histoire d’une fille de Vienne racontée par elle-même de Josephine Mutzenbacher (1906), roman érotique attribué postérieurement à Felix Salten (1869-1945), La Pianiste d’Elfriede Jelinek (1946), Le Tabac Tresniek de Robert Seethaler (1966)…

Quelques films :

Merry-go-round (Erich von Stroheim, 1923)
Pratermizzi (Gustav Ucicky, 1927)
Prater (Willy Schmidt-Gentner, 1936)
WiennerinnenSchrei nach Liebe (Kurt Steinwendner, 1952)
Im Prater blüh’n wieder die Bäume (Hans Wolff, 1958)
Lo Strangolatore di Vienna (Guido Zurli, 1971)
Exit… nur keinPanik (Franz Novotny, 1980)
Malambo (Milan Dor, 1984)
The living Daylights (John Glen, 1987)
Der Prater – Eine wilde Geschichte, documentaire (Manfred Corrine, 2008)
Der Räuber (Benjamin Heisenberg, 2010)
Der Prater, documentaires en trois parties (Peter Grundei, Roswitha Vaughan, Ronald Vaughan, 2016)
Mein Prater, reportage pour la télévision (Franz Gruber, Andreas Dorner, 2017)
G´schichten aus dem Wiener Prater, documentaire  (Thomas Rilk, musique Ernst Molden, 2017)

Quant à la Grande-Roue emblématique, elle figure aussi dans de nombreux films de cinéastes ayant pris pour cadre Vienne et son patrimoine culturel comme Le Troisième Homme de Carol Reed (1949), d’après le scénario et le roman de Graham Greene et Tuer n’est pas jouer (1987) de John Glen qui fut lui-même assistant monteur pour le Le Troisième Homme.

En littérature… (langue allemande) et en musique 

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Altenberg, Peter, « Sonnenuntergang im Prater », in Märchen des Lebens, Berlin, S. Fischer, 1908
Altenberg, Peter, Extrakte des Lebens, Gesammelte Skizzen 1898–1919, Hg. von Werner J. Schweiger. Wien und Frankfurt, Löcker/S. Fischer, 1987
Amanshauser, Gerhard, Als Barbar im Prater, Autobiographie einer Jugend, Salzburg–Wien–Frankfurt, Residenz, 2001
Amon, Michael, Wehe den Besiegten, Wien, echomedia, 2013 (= Wiener Trilogie der Vergeblichkeiten 2)
Andersen, Hans Christian, « Nur ein Geiger », in Gesammelte Werke Bd. 9, 10 und 11, Leipzig, Karl Lord, 1847
Artmann, H.C., « blauboad 1/brodaschbiagelgalerie », in gedichteaus bradensee. Salzburg, O. Müller, 1958
Artmann, H.C., Wenn du in den Prater kommst, Berlin, Volk und Welt, 1988
Auernheimer, Raoul, Laurenz Hallers Praterfahrt, Berlin, S. Fischer, 1913
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Bartl, Fritz, Der Wurstelprater, Ein wienerisches Epos, Wien, Titan, 1946
Bartl, Hans, Der Eifersüchtige im Wurstelprater, Posse mit Gesang, Wien, C. Fritz, 1885
Bayer, Karl, Ein Engagement im Prater, Gelegenheitsstück mit Gesang, [UA 21.April 1862]
Bayer, Karl, Der/Ein Praterscheiber, Singspiel mit Gesang. Musik Karl Kleiber, Handschrift [UA 31. Mai 1862]
Bayer, Karl, Der 1. Mai oder Die Wettfahrer im Prater, Musik arl Kleiber, [UA 1. Mai 1862]
Bayer, Karl, Ein Praterwurstel, Musik Karl Kleiber, [UA 6. Juli 1862]
Bayer [Karl?] Die schönen Praterwirthstöchter, Posse mit Gesang. Handschrift. [k.A.]. Blank (?) Die Praterhirschen, Scherz mit Gesang, Handschrift. [k.A.]
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Le Prater en musique
« Le Prater est un contrepoint de Vienne, c’est le plus ancien parc d’attractions d’Europe, et c’est une immense salle de décompression, une salle d’illusion, une salle de promesses dans laquelle on peut laisser le quotidien de la ville derrière soi. La définition du Viennois ne peut se passer du Prater, le Prater fait partie de lui-même. »
Zusana Zapke, historienne de la musique, Wien-Museum magazine, mars 2020

 Le Prater est une histoire dans l’histoire de la musique de Vienne. Dans ce parc, ses établissements gastronomiques et ses lieux de distraction se sont croisés, se croisent et parfois se mélangent les amateurs de la valse, du foxtrot, du jazz, de la chanson viennoise (Wienerlieder), de la Schrammelmusik » et du Singspiel si populaires, de l’opérette, de la musique pop, aujourd’hui du rap et hip hop…. Tout y est concentré, y compris toutes les formes de musique innovantes et les plus expérimentales. L’histoire de la valse s’est aussi déroulée dans le parc du Prater avec les fils Strauss, Joseph Lanner et des compositeurs locaux. D’autres musiciens ont dédié à celui-ci quelques-unes de leur oeuvres comme Ralph Benatzky, Emmerich Kálmán, Franz Lehar Edmund Eysler, Robert Stolz avec sa célèbre chanson et musique de film « Im Prater blühn wieder die Bäume » (« Au Prater les arbres fleurissent de nouveau ») composée en 1916. Aucun parc au monde n’a engendré un tel élan musical !

 Vienne, ses faubourgs, le Prater et le Danube…

« Un petit bras du Danube sépare la Léopoldstadt ou ville de Léopold, de Vienne propre. On y trouve quelques rues larges et droites, le superbe jardin Augarten et le bois charmant dit le Prater. Le faubourg et le joli quartier de Jaegerzeil, semblable aux anciens boulevards de Paris, sont situés sur une île au nord de la ville. Tous les autres s’étendent sur une ligne demi-circulaire qui va de sud-est à nord-ouest.
   Les deux faubourgs de Weissgoerber et d’Erberg, peuplés de grands manufacturiers, s’étendent le long du Danube à l’est de la ville ; entre ces faubourgs est le palais d’été du comte Razumowsky avec un jardin anglais, vis-à-vis le Prater. Les points de vue sont si bien pris, que le prince de Ligne a dit du possesseur de ce lieu charmant : « Il a su faire entrer tout le Prater  dans son jardin… » 

« L’Augarten, dont Joseph II ouvrit l’entrée au peuple, offre un coup d’oeil imposant par la magnificence un peu monotone, à la vérité, de ses grandes allées d’arbres, bien couvertes et bien alignées. Devant un vaste édifice qu’on trouve à l’entrée, et qui, sous de grandes galeries très bien décorées, présente au peuple de Vienne un grand nombre des restaurateurs, est une place circulaire, environnée de hauts marronniers où l’on trouve toute sorte de rafraîchissements. Les allées de l’Augarten conduisent à un cours, le long duquel règne une agréable prairie. Cette partie du jardin est environnée d’une terrasse au pied de laquelle coule le Danube. De ce point élevé, l’oeil parcourt des bois et des habitations champêtres, une foule de hameaux et de villages semés dans de riants vallons. Des groupes de collines couronnées de bocages, contrastent avec de vastes prairies où paissent de nombreux troupeaux. Cette scène d’enchantement est terminée par la vue de Brigitt. Cette forêt, qui forme la partie sauvage et romantique du jardin, s’étend à une lieue, et est traversée, dans toute sa longueur, par le Danube dont les bords offrent de délicieuses promenades. À l’entrée de ce bois, sur l’une des rives du fleuve, nombre de maisonnettes procurent au peuple qui s’y promène en foule, les jours de fêtes surtout, les plaisirs de la bonne chère, assortis à l’aisance plus ou moins grande de ces diverses classes.
   Les cabanes sont également répandues dans les prairies et sur le rivage du fleuve. Les instruments qui se font entendent dans toutes les parties du bois ajoutent à la gaité qu’inspire la table.
   En traversant le Danube qui sépare cette partie de la forêt, on trouve sur la partie opposée où ce fleuve se divise en plusieurs branches, un grand nombre d’île, les unes ombragées par des bois épais, d’autres couvertes de bocages riants ou de prairies émaillées. Toutes sont animées par le chant de divers oiseaux et par les bondissements des cerfs, des daims, des chevreuils. À l’extrémité de la forêt disparait entièrement le Danube pour faire place à à un charmant hameau composé de petites maisons à un seul étage, agréablement construites et peintes en dehors.
   Malgré la réunion de tant d’agréments dans le jardin d’Augarten et dans ses dépendances, il est moins varié que le Prater. C’est un vaste pré, couvert de forêts que partage une belle allée d’une lieue de long. Sur l’un des côtés, le seul qui soit fréquenté, cette forêt présente l’aspect d’un village, par un grand nombre de maisonnettes et de cabanes ajustées dans les bois. Ce sont des cafés turcs, chinois, italiens, anglais ; ce sont des salles de bal, de billard : tout cela est peint et décoré de mille manières. Sous l’ombrage se mêlent, avec une agréable confusion, princes, militaires, bourgeois, moines, grisettes : la cour elle-même vient s’y populariser. Les jolies femmes ne s’y montrent qu’au soleil couchant. Outre les cabanes consacrées au plaisir de la gourmandise, une infinité de tables sont répandues ça et là dans le bois, et l’on y sert toutes sortes de rafraîchissements. Les sons du cor, de la flûte, et d’autres instruments à vent se font entendre dans toutes les parties du bois.
   Pendant qu’on s’y livre à la joie des milliers de voitures de toute espèce qui rivalisent de rapidité dans leur course, des chevaux barbes, anglais, espagnols, traversent en tout sens la grande allée par laquelle on entre dans le bois, et qui aboutit à un pavillon, le but de ces courses. On retrouve là le Danube, et sur ses bords, un cours planté d’arbres.
   Pour ajouter au charme de cette promenade, on y donne, dans diverses occasions, de superbes feux d’artifice ; un bel amphithéâtre particulier est consacré à ce divertissement. Chaque allée des avenus de la forêt offre des perspectives ingénieusement ménagées, telles que la vue des hameaux, de quelques parties de la ville, du fleuve et de la montagne.
   Ajoutons que cinq cents cerfs, très peu timides, tantôt se promènent à côté des voitures, et tantôt s’enfuient en bondissant à travers les bois.
   Certes, ce Prater est bien autre chose que le pitoyable bois de Boulogne ou les monotones Champs-Élysées de Paris… »

Conrad Malte-Brun, ANNALES DES VOYAGES, DE LA GÉOGRAPHIE ET DE L’HISTOIRE, 1810

   « Le Prater est, pour les Viennois, ce que sont les Champs-Élysées pour les Parisiens, Hyde-Park pour les Anglais. C’est là que la fashion, noble et bourgeoise, se plaît dans la belle saison, à parader, soit à cheval soit en voiture, dans tout l’éclat de toilettes qui empruntent à nos modes leur élégance et leur caprice. Le Prater est à deux cents pas du faubourg du Jaegerzeil, situé sur la même île que le Leopoldstadt et le superbe jardin d‘Augarten. De magnifiques prairies, des faisanderies bien boisées se rencontrent là, ensemble. Du temps de Joseph II, les daims, les sangliers y vivaient de compagnie. Les accroissements considérables de ce parc sont dus particulièrement à ce monarque. Je ne sais quel courtisan voulait qu’il en interdit l’entrée au peuple pour que les grands seigneurs n’y trouvassent que leurs pairs. « Eh mon dieu ! répliqua le prince, il me faudrait donc, pour ne rencontrer que les miens, aller, vivant, m’enfermer dans les caveaux des Capucins. » Il fit détourner un bras du Danube qui séparait le faubourg du Parc. Hors de Jaegerzeil quatre grandes avenues conduisent au Prater : deux à gauche sont peu fréquentées, la troisième, qui aboutit au château d’où partent, dans les fêtes, les feux d’artifice, l’est beaucoup. C’est là que des guinguettes de formes gracieuses, construites en bois et dont le seuil offre plusieurs tables, invitent les promeneurs à se reposer. On y joue, on y boit, on y mange à l’ombre de majestueux arbres, sous les rameaux desquels l’artisan et le petit bourgeois oublient leurs soucis et rêvent quelquefois le bonheur. La quatrième est livrée à la haute aristocratie ; les piétons y trouvent, comme aux Tuileries, des chaises pour se reposer, des cafés, en plus grand nombre et peut-être aussi plus élégants, pour s’y rafraîchir et jouir de la vue des équipages armoriés, des brillantes cavalcades qui, à certains jours, se pressent en ce lieu. C’est en avril, mai, septembre et octobre, et surtout le lundi de Pâques que le Prater est envahi par la foule opulente et titrée. C’est là que les princes, les courtisans, les riches seigneurs luttent de magnificence ; c’est là que les jeunes dandys appartenant au beau monde, viennent déployer toute leur science hippique et faire admirer les allures superbes de leurs destriers dont la généalogie n’est pas moins noble que la leur.
   Le lundi de Pâques est pour le Prater ce qu’étaient, pour les Champs-Élysées, les jours de Long-Champs, quand nous avions encore un Long-Champs… »
Le Danube illustré, Édition française revue par H.-L. Sazérac., H. Mandeville, Libraire-Éditeur, Paris, 1849, pp. 12-13

« À Vienne, le dimanche qui suit la pleine lune du mois de juillet de chaque année, ainsi que le jour d’après, est un véritable jour de fête, si tant est qu’une fête ait jamais mérité ce nom. Le peuple en est le visiteur et l’acteur tout en un ; et si des gens du monde s’y rendent, ce ne peut être qu’en leur qualité de membre du peuple. Il n’y a là aucune possibilité de se distinguer ; du moins en était-il ainsi il y a quelques années encore.
Ce jour-là, la Brigittenau, reliée à l’Augarten, à la Leopoldstadt et au Prater par une suite ininterrompue de distractions, fête sa kermesse. Entre deux Sainte-Brigitte, le peuple des ouvriers compte ses bonnes journées. Longtemps attendue, la fête des saturnales finit par arriver. Alors la bonne et paisible ville est saisie par le tumulte. Une marée humaine remplit les rues. Bruits de pas, murmures de gens en train de converser que vient traverser ici où là une exclamation bruyante. Les différences sociales ont disparu ; civils et soldats se côtoient  dans ce mouvement. Aux portes de la ville, la poussée s’accroît. Après avoir gagné, perdu, puis regagné du terrain, on parvient enfin péniblement à s’extraire. Mais le pont du Danube offre de nouvelles difficultés. Victorieux là encore, deux flots qui se croisent l’un au-dessus de l’autre, le vieux Danube et la houle toujours plus grosse du peuple, le Danube coulant vers son ancien lit tandis que le flot du peuple, échappé à l’étranglement du pont, se déverse tel un vaste lac mugissant, submergeant tout sur son passage. Un nouvel arrivant trouverait ces signes inquiétants. Mais il n’y a là que joyeuse effervescence, plaisir déchaîné.
Déjà, entre la ville et le pont, des charrettes d’osier se sont avancées pour les véritables hiérophantes de la fête que sont les enfants des domestiques et des ouvriers. Surchargées, elles n’en fendent pas moins au grand galop la marée  humaine qui s’entrouvre juste devant elle pour se refermer aussitôt après, insouciante et indemne. Car il existe à Vienne une alliance tacite entre les voitures et les hommes  : ne pas écraser, même en pleine course, et ne pas se faire écraser, même si l’on ne fait pas attention le moindre du monde… »
Franz Grillparzer, Le musicien des rues, Éditions Jacqueline Chambon, Paris, 2000, traduction de Jacques Lajarrige, publié en allemand dans l’Almanach Iris en 1848  

   « Le Prater, qui vit les chasses des prince au Moyen-Âge et fut ouvert dès 1766 au public, a été un parc admirable, et le reste, parce qu’il est très vaste, en ses parties préservées : il a vu défiler toutes les étoiles de Vienne et passer plus d’une fois, dans l’hiver 1930, un promeneur qui était Robert Musil. Mais on y a construit un stade, un hippodrome, les encombrants bâtiments de la Foire de Vienne (au-delà desquels on accède à des terrains vagues et à des fabriques qui longent le Canal du Danube, où quelques chalands, portant parfois des noms russes, sont à l’ancre). Et le « Wurstlprater », le Prater de la Grande-Roue, le célèbre Lunapark, n’a été reconstruit après la guerre que très partiellement et de façon, dit-on, trop organisée. Il est vrai qu’un dimanche d’avant-printemps n’y offre pas un spectacle très gai. Il y avait là quelques rares touristes, des soldats, des amoureux, des familles, un public clairsemé ; des garçons tournaient sur les tournantes pistes de « karting », l’air hébété; à côté de stands de tir presque vides, des Hongrois (vrais ou faux émigrés de 1956 ou revenants de l’Empire) vendaient des spécialités de leur pays. Dans le soir qui tombait, du haut de rochers de carton anfractueux, de souples squelettes invitaient la clientèle à un voyage au pays de l’horreur ; un manège tournoyait encore, dont les sièges étaient des vases de nuit de fer blanc bosselé. Dans le coin des enfants, près d’un petit train immobile et vide, qu’était censé conduire un mannequin de cire emprunté à une vitrine de mode, une réplique minuscule de la Grande-Roue s’élevait, emportant lentement dans les airs, mue ç bras d’homme ou peu s’en faut, un seul couple de clients assis face à face dans une nacelle ; un gros homme au visage jaune et bouffi, vêtu de noir, impassible (peut-être un fripier comme on en croise encore dans la Judengasse ?) et une petite fille. Ils ont dû faire deux fois, trois fois leur tour dérisoire ; quand la nacelle était au sommet de sa course, elle ne s’élevait guère plus haut que les arbustes voisins. Ils ne disaient mot. La petite fille n’eut pas un sourire… »
Philippe Jaccottet, Autriche, 1966

Eric Baude pour Danube-culture, octobre 2020, © Danube-culture, droits réservés

Sources :
DEWALD, Christian, LOEBENSTEIN, Michael, Prater, Kino, Welt. Der Wiener Prater und die Geschichte des Kinos, Verlag Filmarchiv Austria, Wien, 2005
MALTE-BRUN, Conrad, ANNALES DES VOYAGES, DE LA GÉOGRAPHIE ET DE L’HISTOIRE ; OU COLLECTION des Voyages nouveaux les plus estimés, traduits de toutes les langues européennes ; Des Relations originales inédites, communiquées par des Voyageurs Français et Etrangers ; Et des Mémoires Historiques sur l’origine, la Langue, les Moeurs et les Arts des Peuples, ainsi que le Climat, les Productions et le Commerce des Pays jusqu’ici peu ou mal connus ; ACCOMPAGNÉES D’un Bulletin où l’on annonce toutes les Découvertes, Recherches et Entreprises qui tendent à accélérer les progrès des Sciences Historiques, spécialement de la Géographie, et où l’on donne des nouvelles des Voyageurs et des extraits de leur Correspondance.Avec des Cartes et des Planches gravées en taille-douce, PUBLIÉES PAR M. MALTE-BRUN, Correspondant de l’Académie Italienne, de la Société d’Émulation de l’Île-de-France, et de plusieurs autres Sociétés savantes et littéraires, Seconde Édition, revue et corrigée.TOME HUITIÈME., À PARIS, Chez F. Buisson, Libraire-Editeur, rue Gilles-Coeur, n° 10., 1810
GRILLPARZER, Franz, Le musicien des rues, Éditions Jacqueline Chambon, Paris, 2000, traduction de Jacques Lajarrige, publié en allemand dans l’Almanach Iris en 1848
JACCOTTET, Philippe, Autriche, L’Atlas des Voyages, Éditions Rencontre, Lausanne, 1966
Begleitende Broschüre zur Sonderausstellung « LiteraTOUR durch 250 Jahre Prater »vom 24.10.2016 bis Ende Februar 2017, für den Inhalt verantwortlich: Mag.arch. Georg Friedler, Textzusammenstellung DDr. Gertraud Rothlauf, Ausgabe ,1/2016, Bezirksmuseum Leopoldstadt, Wien
DEWALD Christian, LOEBENSTEIN, Christian, SCHWARZ, Werner Michael, Wien in Film, Stadtbilder aus 100 Jahren, Wien Museum, Czernin Verlag, Vienne 2010
Wiener Prater, Wikipedia
www.bezirksmuseum.at
www.wienmuseum.at

Prater, 1888, atelier Hans Neumann, collection de la Bibliothèque Nationale d’Autriche, Vienne

Vienne et le Danube : la fontaine de Pallas Athéna du parlement autrichien et les quatre divinités fluviales de l’ancien empire des Habsbourg

   La construction de cette fontaine, conçue initialement par Theophil Hansen, n’a commencé qu’en 1898 suite à une controverse sur un premier projet qui prêtait à polémique et qui fut rejeté. La fontaine est inaugurée en 1902. Les sculptures en marbre de Laa an der Thaya (Basse-Autriche) ont été réalisées par Carl Kundmann (1838-1919) pour Athéna, l’Elbe et la Moldau, celles du Danube et de l’Inn par Hugo Haerdtl (1846-1918) et les deux statues des pouvoirs législatif et exécutif par Josef Hermann Tautenhayn (1837-1911).

La fontaine de Pallas Athéna devant le Parlement autrichien, photo libre de droits

   Au centre de cette fontaine, debout sur une colonne antique, avec une lance dans la main gauche et la déesse de la victoire Niké dans la main droite se tient la déesse grecque de la sagesse Athéna.3 De part et d’autre du pied de la colonne sont assises sur des socles à la stabilité évidente, deux personnages féminins, allégories du pouvoir législatif et exécutif avec pour le pouvoir législatif à gauche un livre de loi à gauche et pour le pouvoir exécutif à droite, un glaive tenu de la main droite debout entre ses jambes .

    Quatre sculptures dominant deux bassins surélevés et se référant aux dieux ou demi-dieux de la mythologie grecques, enfants d’Okeanos et de Thétys4, son épouse et personnifiant les quatre principaux fleuves de l’Empire autrichien, reposent en dessous des allégories du pouvoir législatif et exécutif. Elles sont entourés de par et d’autre de chérubins ailés chevauchant des dauphins.  

   Faisant face au boulevard du Ring qui ceinture le centre historique de Vienne, les deux premières statues, une déesse et un dieu, symbolisent le Danube (Die Donau) et son affluent l’Inn (Der Inn) tandis que de l’autre côté, leur tournant le dos, deux autres déesses, dont les regards semblent contempler le Parlement, représentent l’Elbe (Die Elbe) et la Moldau (Vltava).5

L’Inn (à gauche) et le Danube, photo, droits réservés

   L’Inn apparaît sous la forme d’un dieu à demi allongé, aux cheveux et à la barbe abondants, en pleine force de l’âge, au corps puissant, musclé et dénudé jusqu’au bassin que couvre un large manteau. Il appuie son flanc gauche sur une amphore couchée de laquelle s’écoule de l’eau. Son regard est tourné, par dessus son épaule, vers sa partenaire, die Donau (le Danube). 

Die Donau (Le Danube), une déesse sûre d’elle-même et confiante dans sa propre condition féminine.

   Le fleuve qui porte le genre féminin en langue allemande, cours d’eau le plus long de la monarchie autrichienne, est ici symbolisé par une élégante déesse au torse et à la poitrine harmonieux et nus. On peut y percevoir une apothéose des courbes évoquant les nombreux méandres et bras secondaires du fleuve sur une grande partie de son cours. Une étoffe plissée s’enroule à la hauteur de son avant-bras gauche et recouvre une grande partie de sa jambe droite. La tête penchée et tournée vers l’Inn, sa main droite touchant son épaule dans un geste sensuel, elle semble rayonner de dynamisme, d’ouverture et de confiance en elle, jouant à l’évidence de par son attitude et son expression un rôle déterminant dans sa rencontre  et son dialogue avec son partenaire, une posture éminemment féministe à laquelle la plupart des femmes du XIXe ne pouvait encore accéder.

Elbe und Moldau : une communauté sereine

Les allégories de l’Elbe et de la Moldau se tiennent quant à elle face au bâtiment du Parlement. Elles sont sculptées sur le modèle des anciennes représentations de la déesse Aphrodite, protectrice de l’amour, de la beauté, du plaisir et de la procréation. La Moldau s’appuie sur l’épaule et le bras droit de l’Elbe, s’abandonnant à celle-ci dans une confiance absolue. Il émane des attitudes de ces deux sculptures se tenant par leurs mains reposant sur une amphore couchée d’où s’écoule également de l’eau en abondance et similaire à celle se trouvant au milieu de l’Inn et du Danube, une grâce et une tendresse féminine ainsi qu’un sentiment d’humeur paisible et joyeuse donnant l’impression d’une communauté familiale sereine et cultivée.

 L’Elbe et la Moldau (Vltava), photo © Manfred Werner-Tsui, droits réservés

   À contrario de la plupart des représentations allégoriques habituelles symbolisant le Danube qu’on trouve le long du fleuve et dont la statue du célèbre Danubius de la fontaine d’Albrecht (Albrechtsbrunnen) devant le palais de l’Albertina réalisée par Moritz von Loehr (1810-1874)et inaugurée en 1869 est un des exemples les plus flagrants de la puissance dominatrice que l’homme a attribué la plupart du temps aux grands fleuves, on  se trouve ici dans une toute autre dimension.

Le Danube et Vienne (Vindebona), fontaine d’Albrecht (Albrechtsbrunen), photo © Benoît Prieur – CC-BY-SA

L’intention des allégories fluviales de la fontaine de Pallas Athéna est avant tout de valoriser l’élément féminin, et à travers celui-ci, d’évoquer une atmosphère imprégnée d’amour pour la vie qu’engendre leur présence. Le message délivré insiste également sur la nécessité d’une unité intérieure et de cohésion des différents territoires traversés par les fleuves considérant ceux-ci comme les membres d’une même famille appartenant à la monarchie autrichienne.

Eric Baude, pour Danube-culture, © droits réservés, avril 2020

Notes :
1 Le style néo-grec du bâtiment n’est pas sans rappeler le Walhalla, un monument à la gloire de la civilisation germanique édifié à la demande du roi Louis I
er de Bavière ( ) sur les plans de l’architecte Leo von Klenze (1784-1864) entre 1830 et 1842 et situé sur une colline de la rive gauche du Danube allemand, à la hauteur de la petite cité de Donaustauf. Ou encore le bâtiment de l’Assemblée Nationale (Palais-Bourbon) à Paris.
2 Theophil Edvard von Hansen, d’origine danoise, naturalisé autrichien et anobli par l’Empire des Habsbourg, fut l’un l’un des architectes les plus actifs de son temps dans la capitale autrichienne. Inspiré par l’architecture grecque de l’Antiquité et son séjour à Athènes, il est connu pour ses réalisations du Konzertverein, prestigieuse salle de concerts de l’Orchestre philharmonique de Vienne et également salle de bal à l’acoustique quasi idéale, de la bourse, de l’Académie des Beaux-arts, du Musée d’histoire militaire…
3 Le sculpteur a-t-il voulu consciemment que la déesse de la sagesse tourne le dos au parlement ? Certains Viennois en ont fait un sujet de plaisanterie, laissant entendre que  la sagesse n’était pas une vertu majeure du parlement autrichien…
4 Père de tous les fleuves et ainé des Titans, fils d’Ouranos (le ciel) et de Gaïa (la terre). Okeanis et Thétys donnèrent naissance à une très nombreuse descendance  ainsi qu’en témoignent Hésiode dans sa Théogonie :
« Téthys donna à l’Océan des Fleuves au cours sinueux, le Nil, l’Alphée, l’Éridan aux gouffres profonds, le Strymon, le Méandre, l’Ister [Le Danube] aux belles eaux, le Phase, le Rhésus, l’Achéloos aux flots argentés, le Nessus, le Rhodius, l’Haliacmon, l’Heptapore, le Granique, l’Ésépus, le divin Simoïs, le Pénée, l’Hermus, le Caïque aux ondes gracieuses, le large Sangarius, le Ladon, le Parthénius, l’Évènus, l’Ardesque et le divin Scamandre.
Téthys enfanta aussi la troupe sacrée de ces Nymphes qui, avec le roi Apollon et les Fleuves, élèvent sur la terre l’enfance des Héros ; c’est Zeus lui-même qui les chargea de cet emploi : Pitho, Admète, Ianthé, Électre, Doris, Prymno, Uranie semblable aux dieux, Hippo, Clymène, Rhodie, Callirhoë, Zeuxo, Clytie, Idye, Pasithoë, Plexaure, Galaxaure, l’aimable Dioné, Mélobosis, Thoë, la belle Polydore, Cercéis au doux caractère, Pluto aux grands yeux, Perséis, Ianire, Acaste, Zanthé, la gracieuse Pétréa, Ménestho, Europe, Métis, Eurynome, Télestho au voile de pourpre, Crisia, Asia, l’agréable Calypso, Eudore, Tyché, Amphiro, Ocyroë et Styx qui les surpasse toutes, telles sont les filles les plus antiques de l’Océan et de Téthys ; il en existe beaucoup d’autres encore, car trois mille Océanides aux pieds charmants, dispersées de toutes parts, habitent la terre et la profondeur des lacs, race illustre et divine ! Autant de Fleuves, nés de l’Océan et de la vénérable Téthys, roulent au loin leurs bruyantes ondes : il serait difficile à un mortel de rappeler tous leurs noms ; les peuples qui habitent leurs rivages peuvent seuls les connaître. »
Hésiode, Théogonie, traduction de l’abbé Bignan, 1841
5 La Moldau est le nom allemand pour désigner la Vltava, fleuve désormais tchèque qui prend sa source dans la Forêt de Bohême (Šumava) et qui après avoir traversé Prague, conflue avec l’Elbe en Bohême du Nord à la hauteur de la ville de Mělník.
6 Les allégories des affluents du Danube (Inn, Salzach, Enns, Traun, Morava, Mur, Raab, Tisza, Sava, Drava) sont de Johann Meixner (1819-1872). Les statues de l’Inn et de la Drava ont été installées dans le Burgarten. La Morava a disparu.

Bibliographie :
Renate Wagner-Rieger, (sous la direction de), « Die Wiener Ringstraße. Bild einer Epoche », in Die Erweiterung der Inneren Stadt Wien unter Kaiser Franz Joseph, Band 1, Steiner, Wiesbaden, 1969-1981
Renate Wagner-Rieger, (sous la direction d, « Die Wiener Ringstraße, Bild einer Epoche », in  Die Erweiterung der Inneren Stadt Wien unter Kaiser Franz Joseph, Band 4, Steiner, Wiesbaden, 1969-1981
Felix Czeike, Wien, « Kunst und Kultur-Lexikon », in Wien, Stadtführer und Handbuch, Süddeutscher Verlag, München, 1976,
Felix Czeike, Wien, « Innere Stadt, Kunst-und Kulturführer », Wien, Jugend und Volk, Dachs-Verlag, Wien 1993
Gerhardt Kapner, « Freiplastik in Wien », Wien, Jugend & Volk, Wien 1970
Justus Schmidt, Hans Tietze, Dehio, A. Schroll, Wien (Bundesdenkmalamt: Die Kunstdenkmäler Österreichs), 1954
Emmerich Schaffran, Wien, Ein Wegweiser durch seine Kunststätten, 1930
www.parlament.gv.at

Photo © Lilienfeld, droits réservés 

Vienne et le Danube : une relation complexe

« Vienne, Capitale de toute l’Autriche, & célèbre par la résidence qu’y ont fait depuis longtems les Empereurs. Elle tire son nom du Wien ou Widn, ruisseau qui coule à l’Occident de ses murs. Selon mes propres Observations (car je ne rapporterai que celles que j’ai faites moi-même), elle est au 48. degré & 14 minutes de Latitude. »
MARSIGLI (1658-1730), Louis Ferdinand, Comte de, Description du Danube, depuis la montagne de Kalenberg en Autriche, jusqu’au confluent de la rivière Jantra dans la Bulgarie, Contenant des Observations géographiques, astronomiques, hydrographiques, historiques et physiques ; par  Mr. Le Comte Louis Ferd. de Marsigli, Membre de la Société Royale de Londres, & des Académies de Paris & de Montpellier ; Traduite du latin., [6 tomes], A La Haye, Chez Jean Swart, 1744

« Vienne est située dans une plaine, au milieu de plusieurs collines pittoresques. Le Danube, qui la traverse et l’entoure, se partage en diverses branches qui forment des îles très agréables; mais le fleuve perd lui-même de sa dignité dans tous ces détours; et il ne produit pas l’impression que promet son antique renommée. Vienne est une ville assez petite, mais environnée de faubourg très spacieux ; on prétend que la ville, renfermée dans les fortifications, n’est pas plus grande qu’elle ne l’était quand Richard Cœur de Lion fut mit en prison non loin de ses portes. »
Baronne Germaine de Staël, De l’Allemagne, Londres, 1813, Charpentier, Paris, 1839, préfacée par Xavier Marmier

   « Mélange (prononcé mélannche), ce mot qui désigne le café viennois à la crème, c’était, en ce fin-de-siècle, le mot-clef de la ville entière ; galimafrée de races où déjà la germanique disparaissait sous la cohue slave, turque, juive, ruthène, croate, serbe, roumaine, galicienne ou dalmate. Et les Autrichiens, jusque-là souffre-douleur des plaisanteries bismarkiennes, commençaient à devenir les arlequins d’une sorte de Mardi Gras oriental, dont la capitale constituait le décor permanent.
   Ce carnaval durait d’un bout de l’année à l’autre, à peine interrompu par une deuil de Cour, par une bronchite de l’Empereur, ou par l’écho, dans une des casemates voûtées où était tapie la plus vieille administration du monde, de quelque coup de feu mettant fin à la fin carrière d’un haut fonctionnaire surpris en flagrant délit d’espionnage au profit du tzar.
   Habitée par cent peuples, Vienne 1900 ne se divisait qu’en deux univers : les admis au Palais, les hoffähig, et les exclus. »
Paul Morand, « Vienne 1895 », Fin de siècle, L’imaginaire Gallimard, Paris, 1963

   « On lit sur un panneau de signalisation à l’entrée de Nußdorf, un quartier périphérique de Vienne au bord du Danube : « Dernière métropole danubienne, avant d’arriver à Budapest ». Seul un Viennois peut avoir écrit cette phrase. Le viennois est en effet méchant, il est fâché contre tout, bien évidemment la plupart du temps avec lui-même et la haine est par conséquence sa vertu préférée. Mais si il y a quelque chose que le Viennois déteste encore plus que lui-même et les autres habitants de sa ville défigurée par les cacas de pigeons c’est l’eau. Il n’y a rien que le Viennois abhorre plus que l’eau ! »
Andreas Dusl, « Wien am Inn », Ein etymologischer Essay, Das Wiener Donaubuch, Ein Führer durch Alltag und Geschichte am Strom, Édition S, Wien, 1987, p. 133
   Le Danube avec ses inondations répétitives, a fait payer par le passé à la capitale autrichienne et à sa population des quartiers riverains comme celui de Léopoldstadt (mais c’est aussi le cas pour Budapest et d’autres villes danubiennes) un lourd tribut en vies humaines.

   C’est une des raisons, avec la volonté d’améliorer la navigation et par conséquence de faciliter le transports des marchandises et des passagers, pour laquelle son cours a été sévèrement détourné, rectifié, canalisé, éloigné d’une ville dont la périphérie s’étend aujourd’hui de part et d’autre d’un fleuve anthropisé et qui ne ressemble plus guère à celui d’il y a moins de deux siècles.

Autre grand évènement de l’histoire du Danube viennois en forme de revanche contre le fleuve : l’inauguration du Danube canalisé en 1875

Le Danube est endigué sur la presque totalité de son parcours autrichien à trois exceptions près et ne retrouve provisoirement sa liberté qu’en aval de Vienne et ce jusqu’à Bratislava. La partie exclusivement autrichienne de ce tronçon naturel faillit pourtant, elle aussi disparaître, avec le projet de construction d’une gigantesque centrale hydroélectrique à la hauteur de la petite cité médiévale de Hainburg (rive droite, km 1884) dans les années 1980. Ce projet fut heureusement abandonné après la mobilisation de la population et des écologistes. Le fleuve irrigue, entre les deux capitales, distantes d’environ 60 km, le magnifique territoire du Parc Naturel des Prairies Alluviales Danubiennes, situé principalement sur la rive gauche, des faubourgs de Vienne jusqu’au confluent de la March (Morava) avec le Danube au pied ds ruines de la forteresse médiévale de Devín.

De nombreux bras morts et des anciens canaux pénètrent dans le Parc National des Prairies Alluviales Danubiennes, photo © Danube-culture, droits réservés

La capitale impériale n’a jamais fait vraiment confiance au grand fleuve. Elle s’en est prudemment éloignée ou plutôt ses responsables se sont obstinés à éloigner le fleuve de son coeur par de gigantesques travaux d’aménagement, en particulier au XIXe siècle, époque où Vienne connait quelques-unes des inondations les plus catastrophiques de son histoire. Seul un Danube au cours principal canalisé, de bateaux de croisière et de ports de plaisance bétonnés, de production d’énergie et de transport fluvial, traversé par des ponts, ferroviaires, routiers et autoroutiers, fleurtant avec les hautes tours du nouveau quartier de Kaisermühlen sur la rive gauche, effleure désormais la capitale.

Un rare petit oasis de poésie sur la rive droite du fleuve viennois, en amont de la centrale hydroélectrique de Freudenau,  photo © Danube-culture, droits réservés    

Vienne et ses habitants, comme la plupart des citadins, apprécient pourtant la présence du fleuve et celle de la nature mais sous une forme domestiquée, apaisée, apprivoisée. Le visiteur qui y arrive pour la première fois ne peut être que surpris et dérouté lorsqu’il cherche le Danube sur un plan du centre ville. C’est le Donaukanal qu’il rencontre, un ancien bras du fleuve urbanisé (un nouveau projet d’aménagement est en cours) et bordé de nombreux bâtiments historiques, de pistes cyclables reliées (une grande réussite viennoise !), de routes et d’autoroutes, de murs tagués, de cafés en tous genres aux terrasses accueillantes, de petits jardins alternatifs, d’embarcadères, d’un bateau piscine, de rives encore une fois goudronnées, du réseau du métro, de quais sacrifiés aux voitures et, en s’éloignant vers l’aval, toujours bordé de routes et de pistes cyclables, d’une ribambelle colorée de cabanes de pêcheurs qui adoucissent la sévérité monotone du paysage urbain. C’est dans ce canal que se jette au centre ville la Vienne (Die Wien), cette petite rivière qui descend joyeusement des collines boisées des environs de la capitale, de la « Forêt viennoise » (Wienerwald) et qui a légué son nom à la ville. Combien la toponymie est redevable aux cours d’eau !  Entièrement canalisée, elle se jette dans le Donaukanal à la hauteur du bâtiment Urania, construit en 1910 par un élève d’Otto Wagner, Max Fabiani (1865-1962) et dont le nom rappelle qu’il est aussi, avant d’être un cinéma et un café, un laboratoire astronomique.

L’immeuble Urania domine le confluent de la Wien avec le Danube, photo © Danube-culture, droits réservés

Bras principal du fleuve au Moyen-Âge, longtemps fréquenté par les bateliers et leurs embarcations ainsi que par les pécheurs puis devenu par la suite secondaire et dénommé « Petit Danube », ce canal a été aménagé pendant les années 1870-1874 pour protéger la ville, à la suite des graves inondations de 1862.

L’autre Danube est ailleurs !
De nombreux indices de sa présence sont certes visibles mais le bras principal lui-même est bien invisible au coeur de la ville. Ce ne sont que le grand parc très fréquenté du Prater et certains quartiers périphériques industriels et encore populaires, qui voisinent ainsi sur la rive droite avec lui. Même du Prater, ouvert au public par l’empereur Joseph II de Habsbourg, désormais amputé d’une partie de son territoire, on ne l’aperçoit guère aujourd’hui sauf si l’on choisit de faire un tour de la célèbre grande roue ou des manèges plus récents dont les nacelles illuminées montent et descendent à une vitesse vertigineuse.

Carte du Prater et de la ville en 1830 ; un Danube au cours encore sinueux et une multitude d’îles

Le Danube à Vienne se conjugue au pluriel

Le Danube lui même ou bras principal (navigation de croisière, transport fluvial et installations portuaires, promenades, pistes cyclables, lieux de loisirs…)

Le Nouveau Danube (loisirs nautiques, baignades, plages, pistes cyclables, promenades…), séparé du Danube par l’île artificielle du Danube (Donauinsel) avec une réplique de phare, qui commence en amont de Vienne, au km 1938,10 et finit  en aval au km 1915,8 à la hauteur du Parc National de la Lobau.

La trilogie danubienne viennoise actuelle : le Danube et son tracé rectiligne, le Nouveau Danube, à droite du fleuve séparé de celui-ci par l’île du Danube longiligne (Donauinsel), le bras mort du Vieux Danube en forme d’arc-de-cercle avec ses deux îles (Grosse Gänsehäufel, Kleine Gänsehäufel) propice aux baignades. Quant au canal du Danube, ancien bras aménagé, il serpente dans la ville (à gauche) et longe le Prater, photo Wikipedia

Le bras mort du Vieux Danube (loisirs nautiques, baignades, pêche, plages, parc aquatique, promenades, bars et restaurants au bord de l’eau) avec ses deux îles, Großer Gänselhäufel et Kleine Gänsehäufel. Un des espaces préférés des Vienne pendant la belle saison !

Le Donaukanal ou « Canal du Danube », seul élément fluvial avec la Wien à trouver réellement sa place au centre de la ville.

Vue du « Petit Danube » avant sa transformation en canal et du pont Ferdinand, 1828, peinture de C. L. Hoffmeister, collection Musée de la Ville de Vienne

Un ersatz de fleuve ?
Le grand fleuve impérial d’autrefois, « découpé » et aménagé, méconnaissable, ne serait-il plus qu’une succession de mythes, de souvenirs et d’images littéraires éloignées de la réalité, un arrière-plan de cinéma, un décor de théâtre et de festivals, une suite de valses, une île et des plages artificielles, des bases de loisirs aquatiques, des quais tristes et bétonnés, des installations portuaires en périphérie, des succession d’entrepôts, d’usines hydroélectriques aux écluses gigantesques, des autoroutes, des ponts, un parc national piégé sur la rive gauche dans l’environnement urbain où subsistent quelques souvenirs des guerres napoléoniennes et un canal abandonné  où des enfants viennois en « classe verte » visitent des expositions sur la biodiversité et tentent de se réconcilier avec la nature, un réseau impressionnant de pistes cyclables, des chemins ou des allées de jogging très fréquentées, un espace naturiste (FKK) ? Le Danube ne servirait-il plus que de faire-valoir à un tourisme fluvial pour visiteur pressé de rejoindre on ne sait quel ailleurs ?
Que reste t-il de l’esprit du Danube d’autrefois à Vienne ? Rien ou si peu ! Ce qu’on voit désormais c’est un ersatz du fleuve sauvage d’autrefois, un Danube urbain corrigé par la main prométhéenne de l’homme. Amoureux du Danube, passez votre chemin sans vous arrêter à Vienne !

Rive droite : un Danube fonctionnel aménagé et malheureusement urbanisé à outrance, ici le port où accostent de nombreux bateaux de croisière, photo © Danube-culture, droits réservés

Le Danube viennois est peut-être le moins esthétique, le moins romantique des Danube autrichiens. Même à Linz celui-ci a meilleure allure, exception faite des rives conquises par le port industriel et les industries métallurgiques de la rive droite.
Le Danube viennois peut se contempler à la rigueur d’en haut des 484 m du Kalhenberg, des 425 m du Léopoldsberg ou des 542 m du Hermannskogel. Mais sur les quais monotones et bétonnés, le Danube est-il encore un fleuve ? Oubliés les paysages harmonieux en amont de la capitale et le Danube des belles Strudengau, Nibelungengau ou de l’harmonieuse Wachau.
À Vienne, Le Danube n’est décidément plus le Danube !

Les nouveaux quartiers de la rive gauche (Kaisermülhen) et au premier plan l’île du Danube. Malgré l’élégance de certains buildings, bien peu de poésie et d’originalité dans les nouveaux aménagements de l’île et de la rive gauche. photo © Danube-culture, droits réservés

Un bac pour changer de rive et d’atmosphère ?
On peut encore de nos jours, ô bonne surprise, traverser le Danube avec un dernier bac accessible aux voitures à la périphérie amont de Vienne, de Klosterneuburg à Korneuburg ancienne cité de chantiers navals. La petite route qui y mène depuis Klosterneuburg circule dans un environnement de résidences secondaires parfois croquignolesques mais toujours bien entretenues, presque toutes perchées sur des pilotis, inondations obligent !

Le bac à fil à l’allure typique, est évidemment aussi très apprécié des cyclistes et autres randonneurs qui sillonnent à vive allure les bords aménagés du fleuve en particulier le weekend.

Eric Baude, révisé le 30 janvier  2020, © Danube-culture, droits réservés


Lectures viennoises…

La liste ci-dessous n’est évidemment pas exhaustive tant les littératures viennoises et sur Vienne sont abondantes.

Vienne sous Napoléon…

   « La ville de Vienne proprement dite est petite, mais elle est entourée d’immenses faubourgs, cernés d’un simple mur trop faible pour stopper une armée…L’archiduc Maximilien les avait donc abandonnés, retirant toutes ses troupes derrière les fortifications de la ville… »
Marbot

   « Vienne (était) entourée d’un puissant mur, de construction régulière et moderne, de fossés profonds et d’un chemin couvert, mais sans ouvrage avancé. Il y a un glacis ouvert, et les faubourgs sont construits à la distance requise par les règlements militaires. Ces derniers sont très étendus, et, depuis l’invasion des Turcs (!), entourés de retranchements, couverts d’ouvrages en maçonnerie. L’ensemble constitue une espèce de camp retranché, fermé par de solides portes… »
Savary

Au Prater
   « Le Prater, que je n’ai vu que lorsqu’il était dépouillé de sa verdure, n’avait pas perdu pour autant toute ses beautés ; les jours de neige surtout, il présente un coup d’oeil charmant, et la foule venait de nouveau envahir ses nombreux cafés, ses casinos et ses pavillons élégants, trahis tout d’abord par la nudité de leurs bocages. Les troupes de chevreuils parcourent en liberté ce parc où on les nourrit, et plusieurs bras du Danube coupent les îles, les bois et les prairies. À gauche commence le chemin de Vienne à Brünn. À un quart d’heure de lieue plus loin coule le Danube (car Vienne n’est pas plus sur le Danube que Strasbourg sur le Rhin). Tels sont les Champs-Élysées de cette capitale. »
Gérard de Nerval (1808-1855), Vienne, Récit, Éditions Magellan, Paris, 2010.

   G. de Nerval séjourne à Vienne du 19 novembre 1839 au 1er mars 1840. Il a trente ans. Il arpente la ville, son centre, ses parcs dont le fameux parc du Prater, va au spectacle, fait des rencontres et s’aperçoit qu’on le surveille dans ses moindre allées et venues !

   « Le Danube était un fleuve gris, plat et boueux qui traversait très loin de là le second Bezirk1, la zone russe où gisait le Prater écrasé, désolé, envahi d’herbes folles au-dessus duquel la Grande Roue tournait lentement parmi les fondations des manèges de chevaux de bois, semblables à des meules abandonnées, de la ferraille rouillée de tanks détruits que personne n’avait déblayés et d’herbes brûlées par le gel aux endroits où la couche de neige était mince. »
1 Bezirk, arrondissement de Vienne
Graham Greene, Le Troisième Homme, Éditions Robert Laffon, Paris, 1950

   « Vivre et laisser vivre, telle est la sagesse de Vienne, tolérance libérale qui peut tourner à l’indifférence cynique, comme disait Alfred Polgar à « Mourir et laisser mourir. » Le cimetière Biedermeier de Sankt Marx est complètement à l’abandon. Sur les tombes dévorées de rouilles, les ornements de fer partent en morceaux et les inscriptions s’effacent, l’adjectif « éternels » accompagnant le mot « regrets » se dissout dans l’oubli. C’est une forêt d’anges sans tête, avec une végétation envahissante qui recouvre les sépulcres, des stèles prises dans la jungle : un ange au flambeau renversé et portant la main à la tête en signe de douleur indique la tombe où on avait enseveli Mozart : les chrysanthèmes qu’une main a déposé sur ce modeste cénotaphe sont tout frais… »

Les Bains de Diane au bord du Canal disparus…
   « Cette énorme bâtisse longeant le canal du Danube, au n° 95 de l’obere Donaustrasse, est le siège d’I.B.M. Une plaque, à l’entrée principale, rappelle que c’est à cet endroit, dans les locaux des bains de Diane, qui aujourd’hui n’existent plus, que Johann Strauss (fils) a exécuté pour la première fois, le 15 février 1867, Le beau Danube bleu.

Les Bains de Diane au bord du bras du Danube transformé ultérieurement en canal, gravure de l’époque

   Les bains de Diane étaient certainement plus attrayants que cette espèce de grosse boite, mais les calculatrices et les cerveaux électroniques installés à présent dans cet ancien temple de l’éphémère, dans lequel toute une civilisation demandait à la légèreté d’écarter la tragédie ne troublent pas le tournoiement de cette valse qui, comme l’a génialement vu Stanley Kubrik dans 2001 Odyssée de l’espace, exprime l’unisson du rythme et du souffle des mondes… »
Claudio Magris, « Odyssée de l’espace », in Danube, Éditions Gallimard, Paris, 1988

   « Le Danube n’est pas bleu (décidément !), comme le voudraient les vers de Karl Isidor Beck qui ont inspiré à Johann Strauss le titre séduisant et mensonger de sa valse. Le Danube est blond « a szöke Duna », comme disent les Hongrois, mais ce blond est une galanterie magyare ou française : Le beau Danube blond, l’appelait Gaston Lavergnolle en 1904. Moins exalté, Jules Verne avait envisagé d’intituler un de ses romans Le Beau Danube jaune. Jaune de boue — car l’eau se trouble au bas de cet escalier… »
Claudio Magris, Danube, Éditions Gallimard, Paris, 1988

Sur Vienne…

ALTENBERG, Peter, Nouvelles esquisses viennoises, Éditions Actes Sud, Arles, 1994

BORSI, Franco et GODOLI, Ezio, Vienne, architecture 1900, Éditions Flammarion, Paris, 1985

CANETTI, Elias, Écrits autobiographiques, Éditions Albin Michel, Paris, 1998

GREENE, Graham, Le Troisième Homme, Éditions Robert Laffont, Paris, 1950

JANIK, A. et TOULMIN, S., Wittgenstein, Vienne et la modernité, Perspectives critiques, Éditions PUF, Paris, 1981

JELINEK, Elfrida, La Pianiste, Éditions J. Chambon, Paris, 1989

JESENSKA, Milena, Vivre, Éditions Lieu commun, Paris ?, 1985

KAFKA, Franz, Oeuvres complètes, Bibliothèque de la Pléiade, Éditions Gallimard, Paris, 1976

KRAUS, Karl, Dits et contredits, Éditions Champs libres, Paris, 1975

LANDER, X. Y., Vienne, Collection Points Plan Planète, Éditions du Seuil, Paris, 1989

LERNET-HOLENIA, Alexander, Le comte Luna, Christian Bourgeois éditeur, Paris, 1994

LEMAIRE, Gérard-Georges (textes choisis et présentés par), Le goût de Vienne, Éditions du Mercure de France, Paris, 2003

MAGRIS, Claudio, Le Mythe et l’empire dans la littérature autrichienne moderne, Éditions de L’Arpenteur, Paris, 1991

MAGRIS, Claudio, Danube, Éditions Gallimard, Paris, 1988

MUSIL, Robert, L’homme sans qualités, Éditions du Seuil, Paris, 1957

POLGAR, Alfred, Théorie des cafés, Tome 2, Éditions Eric Koehler/Éditions de l’IMEC, Paris, 1997

ROTH, Joseph, Conte de la 1002ème nuit, Éditions Robert Lafont, Paris, 1956

ROTH, Joseph, La crypte des capucins, Éditions du Seuil, Paris, 1983

SCHORSKE, Carl E., Vienne fin de siècle, politique et culture, Éditions du Seuil, Paris, 1983

VON DODERER, Heimito, Les Démons, L’Étrangère, Gallimard, Paris, 1965

WORTHLEY MONTAGU, Lady, Lettres d’ailleurs, Éditions José Corti, Paris, 1997

ZWEIG, Stefan, Pays, villes, paysages, écrits de voyage, Éditions Belfond, Paris, 1996

Pêches danubiennes traditionnelles : le « Daubel », un art de la pêche en voie de disparition

La pêche avec un « Daubelboot » illustre une technique de pêche traditionnelle qui existerait depuis plus de trois cents ans sur le Danube autrichien, le canal du Danube et la Morava (March) et qui s’apparente à la pêche avec un carrelet.

« Daubelboot » et son « Daubel », photo Danube-culture, droits réservés

Le « Daubel » est un filet de pêche actionné à partir d’un bateau (Daubelboot), d’une barque, d’une cabane de pêcheur sur les rives ou simplement par un pêcheur directement les pieds dans l’eau.

« Daubel » fixé sur une barque, source Musée de la pêche de Vienne

Le « Daubel » s’abaisse ou se lève au moyen d’un câble métallique auquel est relié une poulie et une manivelle qu’on actionne manuellement ou par un petit moteur pour attraper les poissons.

La manivelle du « Daubel »est ici située à l’intérieur du Daubelboot, photo Danube-culture, droits réservés

Le poisson qui se trouve juste au-dessus du filet est capturé dans une sorte de poche creuse et carrée tendue sur des barres élastiques ou des arcs plus longs que les diagonales du filet. Ils sont attachés aux quatre coins du filet ou sont coincés dans les quatre manches de la dite croix. Les plus grands « Daubel » ont une longueur de 4, 50 mètres. En Basse-Autriche, un maillage du « Daubel » d’au moins 40 mm est obligatoire.

En aval de Vienne, à hauteur de Schwechacht (rive droite) sur un des bras morts, photo Danube-culture, droits réservés

Le  « Daubel » est baissé ou levé après un certains temps dans l’eau au moyen d’un treuil et d’un rouleau de renvoi, qui est monté au sommet d’une simple grue. Afin d’augmenter le volume de la pêche, de courtes clôtures en bois sont souvent collées au-dessus des « Daubelplatzes » (emplacement réservé au « Daubel ») perpendiculairement à la rive, de sorte qu’un « Fischeinstand » (bassin de pêche) artificiel se forme, où le poisson est alors capturé plus facilement.

Un confort sommaire mais une tranquillité absolue ! Photo Danube-culture, droits réservés

Les embarcations munies d’un « Daubel » ou « Daubelboot », autrefois très prisées et appartenant à des familles qui se les transmettaient de génération en génération, ne sont autorisées que sur un périmètre restreint du Danube viennois, à la hauteur de l’île du Danube (rive gauche du fleuve). 

Daubelboot viennois avec en arrière-plan la colline du Leopoldsberg (424 m) appartenant au massif du Wienerwald, source Musée de la pêche de Vienne

Il n’existe plus de pêcheur professionnel sur le Danube viennois, autrefois bien plus poissonneux qu’aujourd’hui.

Patente de pêche pour le Danube et ses affluents attribuée par Maximilien Ier d’Autriche, 1506, source Wiener Stadt und Landesarchiv Wien

Musée de la pêche de Vienne :
  www.fischereimuseum.at

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